Partie 5

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Belle et Grace accoururent dans la chambre et trouvèrent Lumière, venu les alerter.

— Votre Altesse ! s'écria-t-il, hors d'haleine. Un inconnu s'est introduit dans le château. Il est armé !

— Seigneur... Y a-t-il des blessés ?

— Non. Les serviteurs se sont réfugiés dans la cuisine et ont renversé le vaisselier pour l'empêcher d'y entrer. Mais il se dirige vers les chambres, votre Altesse, vous devez vous mettre à l'abri !

La princesse se tourna vers Belle, dont le teint était devenu livide.

— Mon père se trouve-t-il avec eux ?

— Non, Mademoiselle. Je ne l'ai pas vu depuis qu'il est monté se coucher.

Les yeux de la jeune fille s'agrandirent de terreur.

— Ne vous inquiétez pas, la rassura Grace. Nous allons le trouver. Venez avec moi.

Belle saisit les doigts griffus qu'elle lui tendait et ils quittèrent la pièce en hâte. Ils se rendirent dans l'autre aile du château, où Maurice se reposait. Belle se demanda si son père dormait toujours ou si le bruit du vaisselier s'écrasant au sol l'avait réveillé. Dans tous les cas, elle espérait qu'il n'avait pas quitté sa chambre et croisé l'homme armé.

Ils se précipitaient dans un large couloir quand Grace, qui les devançait de quelques pas, s'arrêta net. Belle eut tout juste le temps d'interrompre sa course avant de heurter ses ailes de plein fouet. Vêtu d'une tenue de chasse, l'intrus se tenait devant eux, son fusil pointé sur le buste de la créature. Belle étouffa un cri quand elle l'aperçut. L'homme n'avait rien d'un inconnu... Il s'agissait de Gaston.

— N'approchez pas, monstre ! vociféra-t-il, ses yeux brillants de haine.

Grace se dressa de toute sa hauteur et son ombre sembla s'étirer jusqu'aux bottes du chasseur. Gaston cilla face à la Bête. Il tenait si fermement son fusil que ses jointures blanchirent. A côté de la princesse, Belle osait à peine respirer. Elle craignait que Gaston ne tire au moindre geste.

Mille pensées se bousculaient dans son esprit. Où se trouvait son père ? Comment Gaston avait-il découvert le château ? Se pouvait-il qu'il l'ait suivie depuis le village ? Il en était capable… Après tout, Gaston était un chasseur, et il avait entreprit de faire de Belle sa proie. Il avait très bien pu attendre qu'elle sorte à nouveau de chez elle et la traquer jusqu'ici. Ce qui voulait dire que c’était à cause d'elle s'il les menaçait en cet instant. C'était elle qui, sans le vouloir, l'avait mené au château.

Belle sentit son estomac se tordre et son cœur tambouriner dans sa poitrine. Elle devait faire quelque chose. Elle ne pouvait pas laisser Gaston menacer la vie de ses amis. Si elle n'agissait pas au plus vite, l'un d'eux allait finir par être blessé, voire pire... La jeune fille fit un pas en avant, prête à s’interposer, mais Grace lui barra le passage.

— Restez derrière moi.

Belle voulut protester mais le regard sévère de la créature l’en dissuada. En un éclair, ses ailes noires comme les ténèbres se déployèrent. Effrayé par l'allure menaçante de la Bête, Gaston perdit son sang-froid.

La détonation perça les tympans de la jeune fille qui s’élançait déjà vers Grace pour l’écarter de la trajectoire de la balle. Ses doigts rencontrèrent l'épaule de la créature au moment où le projectile s’enfonça dans la chair de Belle. Une plainte lui échappa, mais la douleur n’était rien face à la perspective de voir sa nouvelle amie mourir par sa faute. Elle avait promis de lui venir en aide. Elle comptait honorer sa parole. Si elle ne pouvait pas briser le sortilège, elle pouvait lui sauver la vie. Peut-être son père finirait-il par trouver un moyen de lever le maléfice. Il ne fallait pas renoncer. Pas tant que le dernier pétale ne serait pas tombé.

Belle ne serait plus là, mais elle partait avec la satisfaction d’avoir fait tout ce qui était en son pouvoir pour aider son amie. Elle aurait aimé que quelqu’un en fasse autant pour sa mère. Si, à l’époque, elle avait pu se sacrifier pour que sa mère vive, elle l’aurait fait sans hésiter. Aujourd’hui, ce choix s'était offert à elle. Son sacrifice ne serait pas vain. Grace allait vivre. Peu importait la suite.

C’est sur cette pensée réconfortante que Belle ferma les yeux.

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