Partie 4

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— N’y touchez pas ! s’exclama soudain une voix.

La jeune fille recula d'un bond. En se tournant, elle remarqua un haut paravent, à côté duquel se trouvait une psyché dont la glace était brisée.

— Je suis désolée, s’excusa-t-elle. Je ne voulais pas vous alarmer.

Un hululement aigu se fit entendre, suivi d’une série de claquements. Belle comprit qu’il s’agissait d’une mise en garde. Elle s'éloigna de quelques pas, prête à fuir en cas de danger.

— Je m’appelle Belle, reprit-elle d’un ton prudent. Mon père a trouvé refuge dans votre château après s’être blessé. Vos serviteurs ont eu la gentillesse de le soigner.

La jeune fille marqua une pause, les sens aux aguets. Mais la Bête ne réagit pas.

— Il m’a racontée ce qui vous est arrivé… Nous voudrions vous aider. Nous connaissons une guérisseuse qui pourra peut-être briser le maléfice.

— Il n’y a qu’une seule façon de briser le maléfice.

La voix qui s’élevait des profondeurs de la pièce ressemblait davantage à un croassement. Belle ne put s’empêcher de s’interroger sur l’apparence de la créature qui s’y cachait.

— C’est ce que Big Ben nous a expliqué. Toutefois…, nous aimerions essayer.

Elle observa la rose dont les pétales avaient commencé à tomber.

— S’il existe une chance de vous libérer de ce sortilège, si infime soit-elle, ne souhaiteriez-vous pas la saisir ?

Derrière le paravent, la créature remua. Belle aperçut son ombre se dresser contre le mur.

— Je crois que vous devriez essayer. Ne serait-ce que pour vos amis…

Un nouvel hululement résonna dans le boudoir. Le cri était teinté d’un tel désespoir que les yeux de Belle se remplirent de larmes.

— S’il-vous plaît, insista-t-elle. Laissez-nous vous aider. Nous ferons tout ce qui sera en notre pouvoir pour vous délivrer.

— Pourquoi ?

Prise de court par la question, la jeune fille resta coite un instant.

— Parce que personne ne mérite un tel sort…, dit-elle enfin.

Un long silence s'étira durant lequel personne n'osa prononcer un mot. Face au mutisme de son hôte, Belle allait se retirer, lorsque la Bête se décida à sortir de l'ombre. Une créature fascinante s'approcha alors d'elle. Contrairement à ce qu'elle avait imaginé, elle n'avait rien d'un monstre, bien au contraire. La Bête, comme les résidents de son château l'avaient appelée, semblait tout droit sortie d'un des contes de fées que sa mère lui lisait.

Dressée sur de puissantes serres, elle avait le buste d'un aigle, des ailes de chauve-souris, une tête de chouette et des bois magnifiques qui touchaient presque le plafond. Elle était certes impressionnante, mais en aucun cas monstrueuse. En cet instant, Belle éprouva même une profonde compassion pour cette créature qui vivait cachée depuis des années. Attirée par l'ambre qui brillait dans ses yeux, Belle fit un pas en avant. Aussitôt, la créature battit en retraite.

— Ne partez pas ! implora la jeune fille. Je vous demande pardon, je ne voulais pas vous effrayer.

La Bête agita ses ailes plus noires que la nuit mais ne bougea pas.

— Je vais aller sur le balcon, proposa Belle. Peut-être pourriez-vous m'y rejoindre pour contempler les étoiles ? Le ciel est magnifique, ce soir.

Belle franchit la porte-fenêtre sans quitter la créature du regard. Une fois dehors, elle prit une grande inspiration pour se donner du courage. La nuit était claire et l'air s'était rafraîchi. Un frisson la parcourut tandis qu'elle étudiait les étoiles. Des bruits lui parvenaient depuis le boudoir et Belle pria pour que la créature ne retourne pas se tapir au fond du château. Au bout de quelques minutes toutefois, une ombre majestueuse glissa sur le balcon et la Bête apparut à ses côtés. Avec précaution, elle déposa un châle en laine sur les épaules de la jeune fille.

— Vous allez avoir froid, dit-elle d'une voix caverneuse.

— Merci, répondit Belle.

Les doigts griffus de la Bête agrippèrent le garde-corps en pierre. Belle devait se tordre le cou pour l’observer. Ses yeux dorés fixèrent longuement le ciel avant de retomber.

— Comment vous appelez-vous ? demanda Belle.

— Grace.

— C'est un joli prénom.

La jeune fille sourit mais la Bête semblait perdue dans ses pensées.

— Il me vient de ma mère, expliqua-t-elle après un moment. Elle est morte en me mettant au monde.

Belle porta la main à son cœur.

— Je suis désolée, déclara-t-elle, bien que ces simples mots ne suffisent pas à exprimer son chagrin.

La Bête poussa un hululement empreint de tristesse, puis elle reporta son attention sur Belle.

— Aucune guérisseuse ne pourra me soigner, vous savez. Mais je vous remercie de m'avoir proposé votre aide. Personne avant vous ne l'avait jamais fait.

Incapable de répondre, Belle posa sa main sur les doigts griffus de sa nouvelle amie. La créature tressaillit à son contact mais ne s’enfuit pas. Son regard glissa sur leurs mains jointes, et une larme se forma au coin de son œil. La gorge nouée, Belle resserra son étreinte autour de ses doigts. Elles restèrent ainsi pendant un long moment, à contempler la toile mauve du ciel, bercées par le chant nocturne des oiseaux. Quand soudain, un terrible fracas retentit sous leurs pieds.

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