Partie 3

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Le cœur de Belle se brisa. Comment avait-on pu infliger un tel sort à ces pauvres gens ? La jeune fille n'était peut-être pas très sociable, elle préférait souvent la compagnie des livres à celle de ses semblables, mais une telle cruauté la révolta.

— Il y a toujours de l'espoir, répliqua-t-elle. Vous ne devez pas abandonner. (Elle se tourna soudain vers son père.) Papa, te souviens-tu de cette guérisseuse que nous avions fait venir pour Maman ?

Le front de Maurice se plissa.

— Je ne sais pas, ma Chérie… Elle n’avait rien pu faire pour ta mère.

— Parce que le mal dont elle souffrait n’avait rien de magique ! (Elle se tourna à nouveau vers l’horloge et le chandelier.) Nous connaissons une guérisseuse, ce n’est pas vraiment une sorcière mais elle est réputée pour soigner les maléfices. Je suis sûre qu’elle pourra vous aider !

Big Ben secoua la tête.

— C’est très gentil à vous, mais j’en doute. Il n’y a qu’un seul moyen de briser le sortilège…

— Ça ne coûte rien d’essayer ! reprit Belle, qui n’était pas décidée à renoncer. Papa, s’il-te-plaît ?

— D’accord…, soupira ce dernier. Mais Belle, ne te fais pas de faux espoirs.

La jeune fille acquiesça et planta sa fourchette dans un morceau de poulet.

— De combien de temps disposons-nous ? demanda Maurice à ses nouveaux amis.

— Quelques semaines, tout au plus, répondit Lumière.

— Dans ce cas, je partirai demain à l’aube.

— Mais vous êtes blessé, fit remarquer Big Ben.

— Je pourrais venir avec toi, proposa Belle, mais Maurice secoua la tête.

— Nous n'avons qu'un cheval, et je préfère que tu restes ici. Tu y seras en sécurité. Quant à mon bras, ce n’est rien qu’une petite foulure, ça va aller.

Belle n'insista pas, craignant que son père change d'avis.

— Je ferais mieux d’aller me reposer, conclut-il en se levant. Bonne nuit, ma Chérie.

Il déposa un baiser sur la tempe de sa fille et quitta la pièce, accompagné de Big Ben. Belle se retrouva seule avec le chandelier.

— Souhaitez-vous également aller dormir ? s’enquit-il.

— Non, répondit Belle. (Elle hésita un instant.) A vrai dire, je…

— Oui ? l’encouragea Lumière.

— J’aimerais beaucoup rencontrer votre Maîtresse. Croyez-vous qu’elle accepterait de me voir ?

— Ça ne coûte rien d’essayer, répondit-il avec un sourire espiègle.

Belle se leva et suivit Lumière dans le corridor. A la vue de nouvelles statues, la gorge de la jeune fille se serra. Lumière surprit son regard mais ne fit aucun commentaire. Tout avait déjà été dit. C’est donc en silence qu’ils se rendirent dans l’autre aile du château. Aucun chandelier ne brûlait ici. Seuls les rayons blafards de la lune éclairaient les couloirs qu’ils empruntaient. Après avoir changé de direction à plusieurs reprises, ils s’arrêtèrent devant une porte à double-battant, ornée de feuilles sculptées.

— Elle est ici, annonça Lumière. Je ne veux pas vous décourager mais il se peut qu’elle refuse de vous parler.

Belle hocha la tête, consciente du supplice que devait endurer la créature qui se trouvait de l’autre côté.

— N’élevez pas la voix et ne faites aucun geste brusque, lui recommanda le chandelier.

La jeune fille acquiesça et frappa doucement à la porte avant de l’ouvrir.

— Bonjour ? dit-elle en entrant dans la pièce.

Il s’agissait d’une chambre à la décoration soignée. Une épaisse moquette recouvrait le sol et des tentures vaporeuses pendaient des hautes fenêtres par lesquelles filtrait le clair de lune. Belle avança sur la pointe des pieds, se rappelant les paroles du chandelier.

— Je ne veux pas vous faire de mal, reprit-elle d’un ton rassurant. Je voudrais simplement vous parler.

Un mouvement dans la pièce attenante attira son attention. Belle pénétra dans un boudoir élégamment meublé d’un divan, d’un guéridon et d’un buffet. Une rose couverte d’un dôme de verre reposait sur le guéridon disposé près de la fenêtre ouverte sur un balcon. Un vent frais agitait les voilages tandis que Belle se penchait pour observer la fleur de plus près. Suspendue dans les airs, la rose d’un rouge profond étincelait d’un éclat argenté. Fascinée, Belle tendit la main vers le dôme.

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