Partie 2

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Les secondes s'égrenèrent dans la nuit. Alors que Belle allait frapper à nouveau, la porte s'ouvrit. Elle prit une grande inspiration et entra. Les battements de son cœur s'étaient calmés mais elle restait aux aguets. La jeune fille n'était pas du genre à se laisser impressionner, pourtant, elle devait reconnaître que cette demeure l'intimidait.

— Bonjour, lança-t-elle dans la demi-pénombre du grand hall. Il y a quelqu'un ?

Personne ne répondit, mais Belle ne se découragea pas.

— J'ai vu de la lumière, je sais qu'il y a quelqu'un, reprit-elle d'une voix plus assurée. Je suis à la recherche de mon père, je pense qu'il est ici. L'avez-vous vu ?

Seul le silence lui répondit. Belle se hasarda à gravir l'escalier de marbre, se souvenant que les lumières qu'elle avait aperçues provenaient de l'étage supérieur. Les larges couloirs recouverts de tapis étaient flanqués de statues étranges. Elle croisa tour à tour un chat au pelage gris figé en pleine course, un serviteur se grattant la tête et un gentilhomme chuchotant à l'oreille d'une dame qui riait aux éclats. Belle eut l'impression désagréable que ces statues n'en étaient pas réellement, et qu'il était arrivé quelque chose aux habitants de ce château. Quelque chose de terrible.

Elle envisageait de faire demi-tour quand un éclat de rire lui parvint. Tendant l'oreille, la jeune fille distingua alors des tintements aigus et des bruits de voix. Belle les suivit et ne tarda pas à entrer dans un vaste séjour brillamment éclairé. Un feu brûlait dans la cheminée. De la musique s'échappait d'un gramophone. Et au milieu de la pièce, assis au bout d'une table couverte de victuailles, se trouvait son père.

En pleine conversation avec une horloge et un chandelier, l'homme riait à gorge déployée, une cuisse de poulet à la main. Belle fronça les sourcils face à ce déconcertant spectacle. Elle qui s'était fait tant de souci pour son père, voilà qu'elle le trouvait confortablement attablé dans le séjour d'un somptueux château ! Croisant les bras sur sa poitrine, elle se racla la gorge. Trois paires d'yeux se tournèrent vers elle, et quand il l'aperçut, Maurice bondit de sa chaise pour se précipiter sur elle.

— Belle ! Oh, Belle, comme je suis content de te voir ! dit-il en serrant sa fille contre lui. J'ai envoyé Philibert te chercher mais j'avais peur que ce vieux canasson ne retrouve pas le chemin.

Sa fille l'observa un instant et vit qu'un bandage entourait son bras droit. Toute trace de contrariété disparut.

— Papa, est-ce que tu vas bien ? Qu'est-il arrivé ?

— Oh, c'est une longue histoire ! Viens t'asseoir, je vais te raconter.

Belle s'exécuta et prit place autour de la table. L'horloge et le chandelier, qui l'observaient toujours, reculèrent en silence.

— N'ayez pas peur, mes amis, reprit Maurice à leur intention. Je vous présente ma fille, Belle. Elle ne vous fera aucun mal.

Les deux compères se détendirent et lui firent une brève révérence.

— Tiens, ma Chérie. Mange un peu de poulet, tu dois avoir faim après ce long trajet.

Belle accepta le plat que son père lui tendait et déposa un morceau de blanc dans son assiette. Le chandelier s'avança d'un pas timide pour verser de l'eau dans son verre.

— Merci, dit-elle du bout des lèvres.

Et dès qu'elle lui eut adressé la parole, son visage de cire s'illumina. Belle lui rendit son sourire puis adressa un regard bienveillant à l'horloge, restée en retrait.

— Vous voyez ? déclara Maurice, l'air content de lui.

— Papa, reprit Belle après avoir bu une gorgée, qu'est-ce que tu fais ici ? Quel est cet endroit ?

— Oh, ma Chérie... C'est une bien triste histoire, dit l'homme en secouant la tête.

Pendant les minutes qui suivirent, Belle l'écouta lui raconter comment, après s'être blessé en tombant de cheval, son père avait trouvé refuge dans ce château à priori abandonné. Maurice espérait pouvoir s'y reposer avant de reprendre la route mais quand il avait découvert ce qu'il contenait, il avait envoyé Philibert la chercher. Il savait que sa fille serait émerveillée en voyant cette demeure et ses habitants, elle qui aimait tant les histoires de magie.

Maurice lui expliqua que la princesse qui régnait sur ces terres avait été ensorcelée. Une sorcière envoyée par sa sœur l'avait transformée en bête et avait changé les habitants du château en statues et en objets. Big Ben et Lumière, qui avaient pris soin de lui, en faisaient partie.

— Seigneur..., souffla Belle lorsque son père eut fini son récit. Que pouvons-nous faire pour vous ?

L'horloge et le chandelier échangèrent un regard et Lumière eut un sourire triste.

—Rien, j'en ai peur, soupira celui-ci. Seul l'amour véritable pourra briser le sortilège.

— L'amour véritable ?

— Notre maîtresse doit se faire aimer en dépit de son apparence pour que le maléfice soit levé.

Une larme de cire roula sur son visage allongé. Belle fronça les sourcils. Elle sentait que le chandelier ne lui disait pas tout. Alors qu'elle allait l'interroger, Big Ben la devança.

— Malheureusement, il est trop tard, dit-il d'une voix de baryton. Les pétales de la rose enchantée ont commencé à tomber. Lorsque le dernier se détachera, nous serons prisonniers du maléfice à jamais.

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