Partie 1

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Belle n'était pas une jeune fille comme les autres. A un âge où les demoiselles se mettaient en quête d'un mari, Belle préférait passer ses journées à lire des histoires merveilleuses. En ce doux après-midi d'automne, elle traversait le village d'un pas léger, le nez plongé dans un épais volume relié de cuir.

La semelle de ses ballerines glissait sur les pavés humides tandis qu'elle virevoltait entre les passants qui la saluaient. Car malgré sa singularité, tout le monde aimait Belle. Comment ne pas aimer une fille qui portait aussi bien son prénom ? Gaston, le chasseur du village, comptait parmi ses admirateurs les plus audacieux. Il l'attendait aujourd’hui devant le pont qui traversait le cours d'eau au-delà duquel la jeune fille habitait.

— Bonjour, Belle ! lança-t-il quand elle le dépassait.

— Bonjour, Gaston, répondit-elle machinalement, car elle avait l'habitude que le chasseur vienne l'importuner.

— Je vais faire un bout de chemin avec toi, si tu permets.

Belle haussa les épaules, le nez toujours dans son bouquin. Marchant à son côté, Gaston s'éclaircit la gorge.

— Tu as sûrement dû apprendre que j'allais me marier ! annonça-t-il d'un ton tonitruant.

— Toutes mes félicitations, répliqua-t-elle, placide.

— Ne veux-tu pas savoir qui est l'heureuse élue ? demanda-t-il en lui barrant la route.

Cette fois, Belle fut contrainte de lever la tête.

— Non. Mais je suis sûre qu'elle sera parfaite pour toi !

Puis elle contourna son imposante carrure et lui ferma la porte au nez. Belle savait ce qu'il attendait, elle voyait clair dans son jeu, et jamais elle ne lui aurait donné la satisfaction de l'interroger. Gaston était peut-être un chasseur émérite mais en matière de séduction, il avait la subtilité d'un primate...

Après s’être assurée qu'il était parti, Belle s'installa devant la cheminée et reprit sa lecture. Son père, avec lequel elle vivait seule depuis le décès de sa mère, s'était absenté pour se rendre à une foire où il devait présenter sa dernière invention. Alors qu'il ne devait rentrer que dans un jour ou deux, Belle reconnut le hennissement de Philibert au loin. Elle se précipita dehors pour accueillir le cheval qui galopait vers elle d'un air affolé.

— Philibert ! Que se passe-t-il ? Où est Papa ?

Elle jeta un œil vers la forêt d'où Philibert venait mais ne vit aucun signe de son père. Le cheval hennit à nouveau puis frappa le sol de ses sabots. Belle comprit qu'il était arrivé quelque chose et que Philibert était venu l'alerter. Elle fonça à l'intérieur pour prendre son manteau et ressortit.

— Mène-moi à lui ! ordonna-t-elle en se hissant sur son dos.

Aussitôt, sa monture fit demi-tour puis galopa en direction de la forêt. Le cœur de Belle battait à un rythme effréné tandis qu'ils s'enfonçaient dans l'épaisse végétation. Le bois était de plus en plus dense à mesure qu'ils avançaient, si bien que plus aucun rayon de soleil ne perçait le feuillage des arbres.

Le cœur de la forêt était sombre et des bruits inquiétants leur parvenaient. Pour autant, Philibert ne ralentit pas sa course et continuait de filer à travers les fourrés. Au bout d'un moment qui lui parut une éternité, Belle et sa monture empruntèrent un étroit sentier qui menait vers un portail en fer forgé. Le cheval s'arrêta devant la grille et poussa un râle impatient.

— Papa est ici ? demanda Belle.

Philibert agita la tête nerveusement.

— D'accord... Dans ce cas, allons le chercher.

Elle se laissa glisser au sol et ouvrit le portail qui n'était pas verrouillé.

— Viens, dit-elle en tirant le cheval par ses rênes.

Ensemble, ils remontèrent la longue allée conduisant à ce qui semblait être un château. Belle n'avait jamais entendu parler de quelqu'un habitant cette zone de la forêt, aussi s'étonna-t-elle de voir de la lumière briller à travers les fenêtres. L'imposante bâtisse, surmontée de tourelles qui pointaient vers un ciel crépusculaire, était plongée dans une brume éparse. Belle en distinguait à peine les contours mais à mesure qu'elle approchait, elle réalisait à quel point ce château était immense. Qui pouvait bien vivre en pareille demeure ?

Fascinée par l'architecture du bâtiment, la jeune fille prêtait à peine attention aux fontaines et statues qui se dressaient de part et d'autre de l'allée. Lorsqu'elle arriva enfin devant le château, Belle laissa Philibert derrière elle et gravit les marches menant à l'entrée. La porte en bois qui lui barrait le passage devait bien faire trois fois sa taille. D'une main tremblante, elle saisit le heurtoir doré et frappa deux coups.

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