Chapitre 13

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Cinq zones avaient été entourées au stylo, sur les plans que nous avions trouvés. Très probablement par le tueur lui-même.

Ezio, debout devant le plan accroché au tableau, dans le bureau de Charles, nous expliquait qu'il ne fallait écarter aucune possibilité. Les cinq zones devraient être explorées.

Cependant, il nous fallait établir un ordre de priorité.

- Ce coin-là, dit-il en pointant du doigt le cercle le plus à droite, est beaucoup trop inondé.

Autour de la table de conférence, tous les regards étaient tournés vers lui.

Cette fois, c'était Edouard qui était en bout de table. Son fils était à ses côtés.

Ensuite, il y avait Carmen, David et moi, en face d'Ezio.

Sa manière de se mouvoir était hypnotique. Il parlait avec tout son corps. Chacune de ses fibres était engagée dans son exposé.

- Par là, ajouta-t-il en indiquant un autre point, c'est beaucoup trop fréquenté par les humains, ça m'étonnerait qu'un vampire aille tranquillement y tuer ses victimes. Nous en aurions entendu parler...

Les cinq points étaient des accès interdits.

Ezio était la seule personne, parmi nous, capable de nous y guider.

- Honnêtement, par là, poursuivit-il en pointant la zone tout en bas, c'est beaucoup trop étriqué, je ne vois pas comment on pourrait avancer. Je pense qu'on devrait garder cette zone pour la fin, après avoir exploré les autres points.

Il regarda un instant le plan.

- Donc je suggère que l'on commence par ce point ici, avant celui-là. Il est le plus proche. On explorera ensuite ces galeries inondées et enfin les deux derniers points, dont je viens de parler.

Il se retourna vers nous, puis croisa mon regard.

Je détournai les yeux.

- Merci, dit Charles. Ton passé de délinquant nous sert finalement à quelque chose.

Un silence s'installa.

- Charles..., commença Edouard.

- Je pense que tu es mal placé pour parler de délinquance, ma poule, l'interrompit Ezio en s'adressant à Charles.

Celui-ci s'empourpra violemment.

- Fumer quelques joints et rentrer bourré un samedi soir, n'a jamais fait de personne un délinquant ! rétorqua-t-il avec rage.

Il garda le silence un moment.

- On pourrait en revanche parler de ce que, toi, tu as fait.

Nos têtes faisaient l'aller-retour entre les deux hommes.

Ezio pâlit, et jeta un regard inquiet vers moi.

Il ouvrit la bouche, en se tournant vers Charles, et s'apprêtait à répliquer vertement, lorsqu'un coup donné sur la table fit sursauter tout le monde.

- Silence, maintenant ! cria Edouard, qui sortait rarement de ses gonds.

Il inspira et tenta de se calmer.

- Nous avons une affaire urgente à régler. Ce n'est pas le moment de régler vos comptes !

Il se leva.

- Je vous suggère à tous de rentrer chez vous et de prendre quelques heures de repos car vous allez devoir sillonnez des carrières souterraines pendant plusieurs heures... Charles, il est évident que tu ne pourras pas les accompagner. Pour les autres, vous serez épaulés par Thomas et Quentin.

Il se dirigea vers la porte et se tourna vers son fils :

- Charles, j'ai à te parler. Dans mon bureau. Tout de suite.

S'exécutant, celui-ci le suivit.

David, qui ne serait pas de l'aventure, partit à son tour, gêné.

Il ne restait plus que Carmen, Ezio et moi.

Et un silence lourd de sens.

- Je vais m'en griller une, lança Ezio, avant de quitter la pièce sans un regard.

Carmen me regarda :

- C'était tendu, là.

Il fallait absolument que je l'interroge. Elle était la seule personne pouvant me renseigner sans que j'aie besoin de trop la supplier.

- Carmen, commençai-je.

Elle écarquilla les yeux et se tendit.

- Dios, quand tu as ce ton là, ce n'est jamais bon pour moi...

Carmen était l'une des personnes les plus avenantes que j'avais jamais rencontrée. Sa nature ensoleillée incitait toujours les gens à lui être sympathiques.

Enfin, sauf Charles. Personne ne trouvait grâce à ses yeux.

A mes débuts d'enquêtrice, même si nous n'étions pas aussi proches que nous l'étions aujourd'hui, elle avait toujours su se montrer rassurante et de bon conseil. Un peu comme une grande sœur.

Elle n'avait que vingt-cinq ans, mais derrière son regard brun, on sentait une maturité et un vécu d'au moins quatre décennies.

Je ne connaissais pas grand chose de sa vie. Seulement que sa mère vivait à Madrid avec un nouveau mari, qu'elle avait un frère reporter et qu'elle n'avait plus eu de nouvelles de son père depuis au moins dix ans.

Mais je comprenais qu'elle veuille préserver sa vie personnelle.

Pour l'heure, j'avais besoin d'informations sur la vie personnelle d'autres personnes.

Je la regardai dans les yeux.

- S'il te plaît, Carmen. Je me sens comme une idiote. Il faut que tu me dises ce qui se passe entre ces deux-là.

Elle regarda ses ongles un instant, puis commença à tripoter une de ses créoles.

- Qu'est-ce que tu voudrais que je te dise ? Je ne sais pas à quoi ils faisaient allusion, tout à l'heure. Tu crois que Charles me parle ? Dios mio, tu sais bien comment il est !

Je savais que Carmen travaillait avec lui depuis trois ans.

Alors, elle devait certainement en connaître plus que moi.

- Mais tu as l'air de connaître Ezio, aussi, ajoutai-je.

Elle me lança un regard étonné.

- Bien sûr que je le connais, il a pratiquement toujours été là !

Ce fut à mon tour d'être surprise.

- Comment ça ? Tu veux dire qu'il travaille au MHG depuis longtemps ?

- Je veux dire qu'en tant que fils adoptif d'Edouard, il a souvent été présent, oui.

Quoi !?

J'étais estomaquée.

- Ezio est donc...

- Sí. Il est le frère adoptif de Charles.

Deux heures plus tard, j'étais dans mon bureau.

Installée confortablement dans mon fauteuil, j'avais les pieds posés sur le repose-pied qu'Ezio avait fait apparaître la veille.

Il ne m'avait d'ailleurs toujours pas rendu ma table.

J'aurais dû rentrer chez moi, et en profiter pour glaner quelques heures de sommeil.

Mais je n'y arrivais pas.

La révélation de Carmen, déjà, ne cessait de faire des bonds dans ma tête.

J'étais à milles lieux d'imaginer qu'Ezio et Charles avaient des liens familiaux. Certes, famille adoptive, mais tout de même.

Cela pouvait expliquer la relation particulière que semblaient entretenir Edouard et Ezio...

Je mordis dans mon sandwich à la tomate-mozzarella, qui n'avait le goût ni de l'une ni de l'autre, et continuai de regarder la vidéo sur mon téléphone.

Depuis que l'on avait découvert les plans des catacombes dans la péniche du vampire, mon esprit ne cessait d'imaginer ce que serait cette exploration dans les souterrains parisiens.

J'étais un peu inquiète, n'étant pas quelqu'un de très à l'aise avec les espaces étroits. Sans être claustrophobe, les rêves que je faisais ces derniers jours semblaient avoir crée une sorte de traumatisme en moi...

Je terminais mon repas tout en faisant défiler les vidéos YouTube. Je voulais en savoir un peu plus sur les catacombes, avant d'y aller avec l'équipe.

Sur les quelques vidéos en anglais qui semblaient de qualité, je cliquai sur la quatrième que j'allais visionner.

Les trois précédentes ayant été riches en conseils, cela ne pouvait pas faire de mal de récolter le plus d'informations possibles.

Cela faisait trois bonnes minutes que j'observais les deux explorateurs sillonner les galeries, lorsque mon regard fut attiré par un tag sur le mur, auquel l'un d'eux était adossé.

Mon cœur fit un bond et je lus à haute voix :

- CANUS.

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