Chapitre 4

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Je tendis à Charles le verre d'eau qu'il accepta de bonne grâce, puis dépliai le bout de papier. Une série de chiffres y était écrite en pattes de mouche. J'avais peine à distinguer les cinq des six.

- Qu'est-ce qu'il y a de noté ? me demanda Carmen en essayant de me piquer la feuille.

Repliant le papier, je le glissai dans la petite poche cachée sur le coté de ma jupe.

- Son numéro de téléphone, je suppose. Pourquoi voudrait-il que je l'appelle ? interrogeai-je, plus pour moi que pour mes collègues.

Edouard surgit de son bureau à ce moment là.

- Je t'expliquerai tout cela, cet après-midi, Nina, m'annonça-t-il d'un ton paternel.

Il tira sur ses bretelles et jeta un regard du côté de son fils.

Les narines frémissantes, ce dernier se contenta de baisser les yeux et de serrer les mâchoires.

- Tu vas bien mon fils ? lui demanda tout de même son père.

Charles releva la tête et eut l'air d'avoir toutes les peines du monde à garder son calme.

- Tout à l'heure tu m'annonçais qu'il n'arriverait que la semaine prochaine, et là, je le vois planté au milieu de la pièce avec ta chère Nina.

Choquée d'être mêlée à leurs histoires alors que je n'avais rien fait, je lançai un regard noir à Charles. J'eus le temps d'intercepter le sourire satisfait de Géraldine.

« Garce. »

- Ensuite, il me casse la gueule et toi, tu l'invites à faire causette dans ton putain de bureau !

Il avait dit ce dernier mot en éructant et en se levant brusquement de sa chaise.

Edouard se frotta la joue. Il n'avait pas l'air outré de la manière dont son fils lui parlait.

- Nous en reparlerons lorsque tu te seras calmé, déclara-t-il.

Charles voulut dire quelque chose mais fut interrompu par la main que son père leva pour l'arrêter.

- Je compte sur toi pour briefer Nina et Carmen sur les suites de l'enquête. Moi, je vais aller me prendre un café. Inutile de vous préciser que la réunion est annulée.

D'un pas tranquille, il reprit le chemin de son bureau et referma la porte derrière lui, dans un doux claquement. 

Charles était à nouveau livide. Il s'affala sur sa chaise et passa sa main valide sur son visage en soupirant.

Je m'accroupis pour être à sa hauteur et posai une main sur son bras non blessé.

- Charles, tu as besoin de quelque chose ?

Il ferma les yeux et pencha la tête vers l'arrière. Il respira calmement pendant plusieurs secondes puis ouvrit les yeux et me regarda. Il déglutit.

- Ezio est... sans pitié, Nina. Je t'en prie, fais attention, me dit-il d'un ton désespéré qui me donna la chair de poule.

Je levai les yeux vers Carmen et la découvris en train de me fixer avec inquiétude elle aussi.

Pour être honnête, à cet instant précis, je ne comprenais plus rien. Lui demander ce qu'il voulait dire par là était totalement inutile. Je préférais attendre –avec impatience, –l'après-midi pour être fixée.

Le « ding » de l'ascenseur me fit tourner la tête.

Mike en émergea. 

Il avait des allures de Clark Kent, avec sa stature musclée, ses cheveux bruns et ses lunettes à monture noire carrée.

Il de dirigea vers nous d'un pas rapide et nous salua à peine, avant de s'enquérir de l'état de son patient.

Il l'examina rapidement, puis sortit de son sac à dos de secours une écharpe blanche qu'il entoura autour de son torse, en veillant à maintenir son coude droit immobile afin que son épaule ne bouge pas.

- Tu as l'épaule légèrement déboîtée, Charles, lui dit-t-il. Rien de grave, mais il va falloir que tu fasses un tour à l'hôpital. Ta main m'inquiète davantage, je pense que tu as plusieurs os cassés, mais il faut absolument que tu fasses une radio.

Il referma son sac et annonça :

- Applique du froid sur ta pommette et ta lèvre. Je vais t'envoyer quelqu'un pour t'aider à y aller.

Charles grimaça.

- Je peux me débrouiller tout seul, merci.

Carmen et moi échangeâmes un regard entendu.

Mike se contenta de sourire et d'acquiescer, puis nous salua de nouveau et repartit.

- Eh bien ! Tu as de la chance que ces meubles soient de la merde, lança Carmen. Sinon, tu aurais plus qu'une épaule déboîtée comme blessure ou des os brisés, crois-moi. L'autre jour, mon frère...

- Carmen, souffla Charles, exaspéré.

- Oui, oui, excuse-moi.  

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