Chapitre 2

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J'eus la chance de pouvoir me garer juste en face de l'ascenseur menant directement à l'étage dédié au MHG.

La raison pour laquelle nous avions un ascenseur dédié, était que la plupart du temps, lorsque nous partions en ronde nocturne, nous étions...chargés.

Disons, bien armés.

Alors pour éviter de croiser les salariés couche-tard qui rodaient encore dans le bâtiment, nous empruntions cet ascenseur qui ne fonctionnait qu'avec un badge personnel.

Mon compagnon n'avait pas ouvert la bouche depuis que nous avions pris la route. Il était tellement immobile que j'avais l'impression de transporter une statue de cire.

Étrangement, le malaise que j'avais ressenti un peu plus tôt en sa présence avait légèrement diminué. Ce petit trajet avait finalement ressemblé à une cohabitation, certes forcée, mais sereine.

Sans plus me préoccuper de mon passager, je sortis du véhicule et verrouillai les portières. Bien évidemment, il m'attendait déjà devant l'ascenseur.

Comme à son habitude, le sous-sol était bondé de voitures, mais fort heureusement je ne croisais pas Michel, le gardien. Celui-ci avait tendance à me draguer -très -ouvertement, ce qui avait eu pour conséquence de me mettre encore plus en retard, ces derniers jours.

Mon « invité », adossé au mur, croisa les bras et jeta un coup d'œil ironique à mon sac.

« Mais où est ce foutu badge !? »

Ne tenant pas compte de son raclement de gorge impatient, je continuais à le chercher. Au bout d'une minute qui me parut interminable, je lui lançai :

- Vous savez transformer une abeille en fleur mais pas ouvrir un pauvre ascenseur ?

Il haussa un sourcil. 

Haussant les épaules, je m'apprêtais à renverser le contenu de mon sac par terre, lorsqu'il me l'arracha des mains.

- Hé ! M'offusquai-je. Vous vous prenez pour qui, là ? Rendez-moi mon sac.

- Je pense avoir été assez patient avec toi, marmonna-t-il en sortant mon badge avant d'ouvrir l'ascenseur.

Je récupérai mon sac avec détermination.

- Vous êtes vraiment insupportable, lançai-je en pénétrant dans l'ascenseur à mon tour.

- T'as encore rien vu, ma belle.

Comme il me tournait encore le dos, je lui fis une grimace, bien puérile, mais qui me fit un bien fou.

Il me jeta une nouvelle fois son regard ironique et je compris qu'il n'était pas dupe.

Maudissant la chaleur qui me montait aux joues, je tendis la main, paume vers le haut, afin de récupérer mon badge.

- Je vais le garder encore un peu, me dit-il.

- Non. C'est un badge personnel, j'en ai besoin pour aller et venir !

Il me sourit.

- Moi aussi.

Je me mordis la lèvre.

- Ce n'est pas mon problème, vous verrez ça avec Edouard !

L'ascenseur émit un petit son pour annoncer que nous étions arrivés à destination, mettant fin à notre querelle enfantine.

Avant même que les portes ne s'ouvrent complètement, je me précipitai hors de l'ascenseur.

Aussitôt, la couleur criarde du comptoir de l'accueil m'agressa les yeux.

« Mon Dieu, ce jaune... »

Je croisai le regard accusateur de Géraldine, la secrétaire. Elle ne m'avait jamais aimée. Je ne saurais dire pourquoi, mais à chaque fois que je lui demandais quelque chose, elle ne me répondait que plusieurs secondes de silence gênant plus tard, et d'un ton de commandant en chef...

Sans plus tenir compte de son regard courroucé, je continuais mon chemin en direction du bureau d'Edouard Mercier.

Je n'entendais pas les pas de mon compagnon -et accessoirement, voleur de badge -, mais savais parfaitement qu'il me suivait de près.

Contrairement à toutes les portes de l'étage qui étaient en verre, celle du bureau d'Edouard était en bois massif. Elle s'ouvrit violemment, et Charles, son fils, en surgit.

Sa silhouette athlétique, haute et fine, avait une grâce féline. Ses cheveux blonds lui arrivaient aux épaules et étaient constamment attachés en catogan.

Pour l'heure, il semblait hors de lui. Les yeux exorbités et le visage rouge, il sortit du bureau.

Lorsqu'il m'aperçut, sa colère sembla redoubler d'intensité.

« Super... »

- Dis donc, toi ! Tu sais quelle heure il est ? Je te préviens,...commença-t-il en me pointant du doigt, avant de s'interrompre en remarquant la présence de mon compagnon.

Les yeux fous, Charles s'avança d'un pas vers lui.

- Espèce de sale fils de pute, rugit-il. Qu'est-ce que tu fous là !?

Avant que je ne puisse comprendre ce qui se passait, il lança son poing.

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