Des Yeux d'Azur

de Image de profil de Francis DzzyFrancis Dzzy

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Il est parfois amusant de constater les différents aspects que peut prendre la vie selon la situation. Parfois elle est belle, parfois elle est triste, parfois elle est amusante, parfois elle est déprimante… Tous autant d’aspects qui s’affrontent et se contredisent de jour en jour selon la situation dans laquelle chacun se trouve. Là par exemple, je trouve la vie comme quelque chose de frustrant, d’énervant et qui porte à réflexion et toi tu dois sûrement la voir comme une entité horrible, cruelle et terriblement injuste, n’est-ce pas ?


Cette sensation est tellement hypocrite tu ne trouves pas ? Je veux dire… La vie est avant tout un cadeau non ? Un cadeau offert par je-ne-sais quoi de divin et qui nous offre d’infinies possibilités, celle de vivre, de sentir, de voir, de goûter, de ressentir, de toucher. C’est un feu d’artifice de sensations toutes plus incroyables les une que les autres ! Bien sûr, on ne s’en rend pas forcément compte vu qu’on est habitué à tout cela, c’est ça qui est dommage, on ne saisit pas la vie à pleine dent, on ne la ressent pas telle qu’elle est !


On ne ressent que son fond et non sa forme, sur la forme c’est quand même quelque chose d’exceptionnel, surtout dans notre cas, les plantes ou les minéraux ne doivent pas voir les choses de la même façon que nous…


Sur le fond par contre, elle peut tout aussi bien mener à la joie qu’à la tristesse, au rire qu’aux pleurs, à la satisfaction qu’à la déception, à la joie qu’au regret, à la sérénité qu’au suicide. C’est ça que je trouve hypocrite chez nous, on se focalise sur des choses qui altèrent notre vie mais… au fond, ne restons nous pas les mêmes ?


Toi tu es toi, tu es à ta place, moi je suis moi, je suis à ma place. Moi face à toi, toi face à moi, yeux dans les yeux. On est si différent et pourtant si proche, c’est tellement…incroyable !

Sur la forme, notre vie est la même mais sur le fond, elle est radicalement différente, du moins c’est le constat que j’en tire vu notre différence de perception de la situation actuelle. D’ailleurs si la situation avait été différente, si je ne t’avais pas rencontrée ici, face à moi et toi si tu ne t’étais pas égarée et donc pas retrouvée face à moi, notre perception de la vie aurait été sensiblement différente qu’à l’heure actuelle, c’est évident. Tu aurais sans doute trouvé la vie moins cruelle, tu aurais eu moins de regret, tu aurais eu moins peur. Moi je l’aurais trouvé sûrement moins frustrante, moins déprimante.


 


Je ne te connais pas, ni d'Ève ni d’Adam.


Tu ne me connais pas, ni d’Ève ni d’Adam.


 


Je ne t’ai jamais vue, j’aurais pu te confondre avec une autre, toi de même, tu aurai pu me confondre avec un autre.


La situation a voulu que l’on se rencontre et maintenant les choses sont ainsi, on ne peut rien y faire, cela ne sert à rien d’être triste ma petite… Tu crois que j’ai choisi, que j’ai dirigé les évènements pour nous mener l’un à l’autre ? Ce n’est pas vrai, si j’en avais eu le choix, j’aurais choisi de ne jamais te rencontrer, du moins pas tel que je suis, j’aurais aimé être quelqu’un d’autre avant de te rencontrer. Tel que je suis, la situation ne pouvait nous mener qu’à cela, moi à cette place, toi à celle-ci, l’inverse aurait été complètement stupide, absurde et surtout impossible. Ce doit être ça qu’on appelle le destin. Le lien de causalité menant à des évènements qui conduisent notre vie, qui changent constamment notre façon de la percevoir, la fatalité.

Oui tu as raison, la vie est cruelle, terriblement cruelle, savoir qu’on ne contrôle pas soi-même sa propre vie est terriblement déprimant. J’aurais aimé ne jamais me retrouver ici, face à toi et je suppose que c’est la même chose pour toi, n’est-ce pas ? Que puis-je faire désormais ?Que peux-tu faire désormais ?


Renoncer ? Ce n’est pas aussi facile… Je dois le faire et tu le sais.



Non…Non. Ne pleure pas, s’il te plaît. Sèche-moi ces larmes, je n’y suis pour rien moi ! Tu n’as pas le droit de me faire subir cela, moi qui partais enjoué, qui avait bien débuté ma journée, qui était heureux, voilà que tu la ruines pitoyablement en me faisant ce regard ! Ces yeux d'azur ne devraient pas pleurer, ils n’auraient jamais dû se poser sur moi, je n’aurai jamais dû poser les miens sur toi.


Je suis désolé… Mais les choses sont ainsi. Et c’est ainsi qu’elles devaient être, nous sommes parfaitement à notre place tous les deux.


J’aurai aimé mieux te connaître avant d’en arriver à de telles extrémités avec toi. Je ne te connais pas, je ne t’ai jamais vue, je ne sais rien de toi, je ne sais même pas comment tu es arrivée là. Je me souviens juste être arrivé, t’avoir vue, avoir eu peur et avoir su tout de suite ce que je devais faire.


Peut-être avais-tu une vie heureuse jusqu’à aujourd’hui, peut-être as-tu une famille, un mari, des enfants, tous qui t’attendent impatiemment à la maison et qui veulent déguster le repas du soir avec toi dans la bonne humeur, dans la joie de tous-les-jours. Peut-être vis-tu une vie comme la mienne, peut-être te poses-tu les mêmes questions que moi… Je sais que tu as des sentiments, que tu vis, que tu tiens autant que moi à la vie… Mais les choses sont ainsi…


 


….


 


C’est marrant, au début je trouvais juste la vie frustrante, maintenant je la trouve tout simplement horrible et tout cela uniquement à cause de ce dialogue que je viens d’entretenir avec toi. Moi qui te trouvais si différente auparavant, j’ai désormais l’impression que tu te rapproches plus de moi que n’importe quel autre être qui existe sur cette Terre. Et tout cela juste par ce dialogue, par cette rencontre.


Maintenant j’éprouve du regret, de la peur même.


Nous sommes liés, c’est le sentiment que j’ai.


Tu continues à pleurer et pourtant je continue, avec moins d’entrain certes, mais je continue…


 


Tes yeux azurs me supplient, je les regarde, je me détourne, je ne veux pas voir cela. J’active le mécanisme, tu sens ton cœur t’emballer, le mien te suit. J’ai peur, tu cries, tu hurles, le courant commence à t’emporter. Je suis un assassin, tu es la victime, c’est dans l’ordre des choses.


Au final, notre vie est la même, autant sur le fond que sur la forme. A la différence que moi… par ce geste, je mets un terme à la tienne.


Je suis désolé.


 


Le corps de l’araignée glisse, elle tente tant bien que mal de se rattraper aux parois mais le courant est trop fort, trop puissant, il ne tarde pas à la rattraper et à l’emporter. Elle flotte, se débat, mais en vain, le siphon ne tarde pas à l’aspirer. Dans un ultime geste de survie elle se raccroche à la paroi, tente de remonter à la surface, mais une dernière vague traitresse la bouscule et la fait lâcher prise . Elle disparaît dans l’obscurité. Et c’est ainsi que le jeune homme assista à la fin de celle qui s’était égarée dans sa baignoire.


Il put prendre son bain.

ExpérimentalDialogueMeurtreVictimeAssassin
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En réponse au défi

Des mots peuvent en cacher d'autres !

Lancé par Ceryse
Aujourd'hui est un nouveau jour et nouveau jour est synonyme de nouveau défi !

Je vous propose donc aujourd'hui de m'écrire une Nouvelle à chute.
Je vous explique ...

J'aimerai que vous me racontiez une histoire (jusque là tout va bien ?) qui ait du sens, simple et courte. Cependant la fin de votre histoire doit comporter une chute surprenante voir même complètement déroutante ! Soyez créatif !

Seul contrainte: Impressionnez-moi !

Commentaires & Discussions

Des Yeux d'AzurChapitre9 messages | 2 ans

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