Chapitre 7 (2/7)

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Diegory engagea la conversation avec le médecin légiste, mais Elise n’y prêta pas plus d’attention. Le regard braqué sur la victime, elle repensait à son étreinte et à la force déployée par cette dernière pour la serrer dans ses bras. Aux mots qu’elle lui avait murmurés sans pouvoir la réconforter. À son corps qui s’était relâché, à bout de forces : la jeune femme avait glissé sur le côté, comme une poupée. Comme une poupée chiffonnée, oubliée. Oubliée ? Non ! Elle ne pouvait l’être.

Elise sortit son téléphone et composa le numéro inscrit sur le bout de papier qu’elle tenait à la main. Le cœur de l’agente battait aussi fort que la tonalité de retour d’appel à son oreille. Elle fixait le mur de l’autre côté de la pièce pour éviter les regards qui pesaient soudainement dans son dos. Après quatre bips, une voix masculine et haletante se fit entendre :

— Allô ? Mon amour ? Mon amour ? Dis-moi que c’est toi. C’est toi, n’est-ce pas ?

Il parlait si vite, le souffle court. L’enquêtrice percevait la peur et l’inquiétude dans ces questions, cependant, aucun mot ne franchit ses lèvres. Comment lui annoncer que sa femme, sa fille et son fils à naître n’étaient plus ? En cinq ans, elle avait dû affronter cette épreuve un nombre incalculable de fois. Alors, pourquoi n’y arrivait-elle pas  aujourd’hui ?

— Tu appelles qui ? l’interrogea Diegory.

En une fraction de seconde, l’inspectrice revint sur terre.

— Bonjour monsieur. Je suis l’agent Rivera du département des crimes violents. Nous avons retrouvé votre femme.

— Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu ! Où est-elle ? Est-ce qu’elle va bien ? Et ma fille ? Comment va ma fille ?

— Nous sommes actuellement à l’hôpital Vita-soin, je vais vous envoyer les coordonnées via un

— J’arrive ! la coupa l’inconnu. J’arrive, je suis là dans dix minutes, j’arrive ! Dites-leur que j’arrive.

Elise entendit le tintement d’un trousseau de clés, une porte claquer, des graviers se tasser puis raccrocha. Son coéquipier s’était planté devant elle, les sourcils froncés. Talyah entra, elle aussi, dans son champ de vision, interdite. Elise se doutait des questions qui ne tarderaient pas à venir et des reproches qui les accompagneraient.
« Et s’il s’agissait du tueur ? », « Et si c’était un piège ? », « L'équipe d’investigation n’a pas encore analysé le numéro ! », « Tu as utilisé une preuve matérielle sans en connaître l’origine ! », « Mais où as-tu seulement la tête ? »

— Comment as-tu trouvé le numéro ? s’enquit Talyah, troublée. Il n’était pas dans les fichiers…

— Ne me dis pas que tu as utilisé le numéro inscrit sur la cuve ? Et s’il s’agissait du tueur ? As-tu seulement pensé aux conséquences si cela avait été le cas ? Et qui nous dit que ce n’est pas lui, d’ailleurs ?

Diegory passa sa main sur son visage, comme pour chasser toutes ses pensées envahissantes, puis il reprit, tranchant :

— Tu n’es même pas en service ! Lucien va nous tuer. Cette fois, il va vraiment nous tuer, répéta-t-il en se massant les tempes.

Le médecin légiste n’avait perdu aucune miette de cet échange. Son regard bleuté fixait celui de l’enquêtrice. Il semblait attendre une suite.

— Elle ne l’aurait pas inscrit, encore et encore, si ce n’était pas important, commença l’agente.

— Et ces prénoms alors ? À quel point sont-ils importants pour qu’elle les grave dans sa chair ? Pourquoi n’étaient-ils pas sur la cuve ?

— Elle ne voulait pas qu’on les voie, continua Elise. Avec leur position, à moins de lui écarter les cuisses, on ne pouvait lire les inscriptions.

— Pures spéculations ! s’emporta Diegory.

— Techniquement, elle n’a pas tort, l’interrompit le légiste. Les prénoms ne sont pas à des emplacements visibles. De toute évidence, c’est à vous qu’ils étaient destinés.

— Ne l’encouragez pas, vous ! C’est sa place qu’elle risque, pas la vôtre !

— Cela ne change rien au fait que son hypothèse soit crédible, monsieur Keaton.

Diegory voulut répliquer, mais se ravisa devant le regard de sa coéquipière.

De son côté, Talyah suivait la conversation sans y prendre part. C’était la première fois qu’elle voyait les deux agents se quereller. Aux multiples mentions de Diegory, elle comprit que Lucien était à la racine du problème et que leur place à tous les deux était menacée. La jeune femme savait que l’inspectrice n’aurait pas mis en danger l’enquête en prenant un risque inconsidéré, tel que celui de contacter le meurtrier.

— Quand arrivera-t-il ? demanda Talyah, imperturbable.

— Dans moins de dix minutes, répondit l’agente.

— Alors nous devons l’intercepter avant qu’il ne descende à la morgue, conclut Talyah.

Diegory opina et tous trois prirent congé du médecin légiste. Celui-ci attendit qu’ils arrivent à la porte avant de mentionner qu’Elise Rivera portait les chaussons de l’établissement ainsi que le bracelet des patients et donc, qu’elle n’était pas accréditée à participer au compte rendu de l’autopsie. Contre son silence, il voulait que cette dernière lui explique sa théorie sur les inscriptions de la victime, ce que l’agente accepta.

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