Toi . . .

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Elle sortait de chez elle, un sac à la main, le sourire aux lèvres. Sur son chemin, les voisins la regardaient avec tristesse, certains chuchotaient.

Elle les ignorait pourtant. Elle avançait, la tête haute.

Les passants se retournaient sur son passage. Ils se disaient qu’elle était une de ces femmes.

Mais qu’avait-elle donc ? Cette femme, comme beaucoup d’autre avait quelque chose de bien visible sur elle, des bleus, des traces, des coupures.

Oui, cette femme était battue. Mais, pourquoi ? Comment cela se faisait-il que personne ne l’aide ?!

Et bien ce n’est pas si simple.

Cet enfer avait commencé cinq ou six mois auparavant. Elle ne comptait plus à présent. L’homme qui lui servait de compagnon venait de rentrer comme chaque soir vers les coups de huit heures. Il ne semblait pas de très bonne humeur. Elle était donc allée le voir, lui demander comment il allait, comment sa journée s’était-elle passée.

Cela ne se passa pas exactement comme prévue.

Alors qu’elle avançait dans le salon, cet homme s’était affalé sur le canapé, les chaussures pleines de boue et sur le tapis fraîchement nettoyé.

Elle vue rouge assurément. Elle commença alors à élever la voix. L’homme fit de même. Il ne sait que faire ça, crier plus fort pour montrer qui est le « chef ».

La dispute continua ainsi pendant un temps. L’escalade de la violence continua son avancée. Puis, l’homme en eut marre d’elle. Elle ne faisait que crier, il n’était pas d’humeur, il fallait la remettre à sa « place ».

Que fit-il alors ?

Oh et bien, la seule chose qui lui passa par la tête. Il la frappa de toutes ses forces. Elle s’écroula au sol, impuissante. Sa joue la brûlait. Elle sentit des larmes rouler sur ses joues.

L’homme s’excusa platement, dit qu’il ne voulait pas ça ! Qu’il était épuisé, que c’était un peu trop pour lui. Il l’aide à se relever, lui met un peu de crème sur la joue, l’embrasse tendrement.

Elle s’excuse aussi et se laisse faire. C’était aussi un peu de sa faute pensa-t-elle. Elle n’aurait pas dû le pousser jusque là.

La vie reprend alors son court habituel.

Puis un second soir, une nouvelle dispute éclate. L’homme la frappe une seconde fois. Cependant, il ne l’aide pas, il ne l’embrasse plus, il n’est plus aux petits soins pour elle. Il la menace même.

Pourquoi n’est-elle pas partie demandez-vous ? C’est malheureusement bien simple, elle se sent coupable. Elle pense qu’elle est responsable. Que c’est de sa faute. Elle ne devrait pas le pousser à se point après tout !

À partir de là, la voilà piégée dans une spirale infernale. Impossible de s’en libérer. Frappée de plus en plus souvent, elle n’arrive pas à partir. Elle l’aime. Sans lui elle n’est rien.

Ses amis essayent de l’aider, de la persuader pour la sauver. Elle commence petit à petit à adhérer à leurs idées.

Alors un soir, elle prépare ses affaires, prête à partir à jamais !

Malheureusement, alors qu’elle allait passer la porte, l’homme est rentré.

Il l’a vu. Il l’a frappé. Il l’a menacé. Il a menacé ses amis.

Elle a abandonné l’idée de s’enfuir. Elle a peur. Peur de lui. Peur pour ses amis.

Il ne la laisse plus voir personne. Il l’a frappe toujours.

Elle pourrait appeler au secours mais elle a trop peur. Beaucoup trop peur. Alors elle se soigne du mieux qu’elle peut, elle essaye de faire taire la dépression qui la prend. Mais chaque soir, elle pleure. Elle pleure jusqu’à s’endormir.

Elle ne supporte plus cette vie. Elle ne supporte plus tout ça.

Personne ne peut l’aider. Personne ne peut arrêter cet homme.

Un soir, elle lui apprend qu’elle est enceinte de lui.

Il ne sait plus quoi répondre. Mais la réponse est toujours la même au final. Il la frappe. L’oblige à avorter.

Cette petite chose qui aurait put grandir en elle venait de la quitter alors qu’elle partait de l’hôpital. Elle rentre et pleure.

Alors quand elle est dans la rue, elle voit bien vos regards tristes, elle entend bien vos chuchotements pourtant elle garde le sourire pour vous tromper.

Elle ne veut pas inspirer la pitié.

Mais quand elle rentre à sa prison, à son enfer, elle pleure, elle se fait mal, elle veut partir, elle veut mourir.

Cependant, un jour, un jeune homme de son âge s’approche d’elle. Un immense sourire aux lèvres.

Elle, sur ses gardes acceptent tout de même de l’écouter.

Il lui avoue que depuis plusieurs jours, il la regarde, il pense être tombé amoureux.

Cette révélation a l’effet d’un coup de poing pour elle.

Elle aimerait dire oui. Sortir de ce cauchemar lui est enfin possible. Pourtant elle hésite.

Et si . . . Et si son compagnon les retrouvait ? Et s’il faisait du mal à ce nouvel homme qui lui a ouvert une porte qu’elle ne peut ignorer comme ça.

Il s’excuse alors platement en voyant le manque de réponse de son vis-à-vis. Il lui donne son numéro et s’en va ainsi, la laissant dans le trouble le plus total.

Quelques jours passent. Elle repense au jeune garçon. Elle y pense de plus en plus à vrai dire.

Puis un soir, après avoir reçu un énième coup, elle décide de lui envoyer un message. Elle lui dit qu’elle n’est pas sûre de l’aimer mais qu’elle a besoin d’aide surtout. Elle lui explique en quelques lignes la situation.

Le lendemain, elle retrouve le jeune homme avec une petites valises contenant des effets personnels et quelques vêtements.

Il l’emmène chez lui. Il appelle la police, leur explique tout et soigne la femme. Elle reste cependant méfiante. Il le comprend. Ce sera sans doute très dur pour elle de refaire confiance à un homme à présent.

Quelques jours passent. La plainte a été émise, le bourreau a été arrêté, le jugement va bientôt être porté.

Elle va mieux. Ses blessures guérissent, le jeune homme s’occupe d’elle, elle revoit ses amis, sa famille. Elle est à nouveau heureuse.

Et ce sourire qui trône sur son visage, celui-là est vrai.

Le temps lui semble long jusqu’au jugement mais il faut ce qu’il faut après tout. Cet homme sera jugé, il finira certainement en prison. Elle n’a plus rien à craindre, elle peut recommencer à vivre.

Le jour-J arriva enfin. Le tribunal apposa à l’homme une peine de cinq ans de prison.

Elle était libérée. Enfin. Enfin !

Sa vie reprit là où elle s’était arrêtée. Elle reprit le travail, put sortir de nouveau avec ses amis, draguer, se faire draguer.

Mais ce jeune homme qui l’a sauvé ne la laisse pas indifférente à présent.

Est-ce de l’amour qu’elle ressent ? Ce sentiment inexplicable qu’elle avait oublié depuis le temps. Peut-être . . .

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