Chapitre XXVIII : Chacun le sien, Partie 1

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 Suite à mon excès de colère vis-à-vis de Hérylisandre, Félicie s'était attachée à moi, et s'était ouverte à moi : je connaissais toute sa vie, son enfance, ses exploits ainsi que les tourments qu'elle avait dû affronter. Ne sachant pas quoi faire, elle m'avait proposé son aide durant mes patrouilles, que j'avais volontiers accepté, nous avions ainsi pu nous rapprocher et devenir très intimes.


 Elle avait fini par me proposer que nous nous affrontions afin de nous entraîner. J'avais pu découvrir l'impressionnante force qui transcendait son être. Sa métamorphose m'avait donné du fil à retordre, néanmoins, je me rendais bien compte que la puissance que j'avais en moi ne semblait pas connaître de limite, si ce n'est celle de ma raison. Cela me forçait à modérer mes frappes, car mon opposante, bien que toujours motivée à apprendre de nos échauffourées, ne guérissait pas instantanément de mes coups. Cependant, elle était déterminée à progresser, et ses compliments à l'égard de mes talents me poussait à lui fournir le meilleur enseignement que je pouvais être en mesure de lui fournir.

 Après quelques jours, elle me demanda si il lui était possible de rejoindre la garde de Bourg-en-Or, bien que cette requête était alléchante, j'y voyais une sorte d'emprisonnement personnel, cela me cantonnerait encore plus à ma tâche, et je ne voulais pas passer ma vie ici. Je mettais laisser le temps d'y réfléchir, et je lui avais donné rendez-vous dans une des tavernes de la cité afin de lui exprimer ma réponse.


 Le fameux soir était enfin venu, je l'attendais avec deux chopes. Enfin elle arrivait. Je la voyais s'avancer à travers la foule joviale du lieu. Sa démarche avait évolué si vite durant ces quelques jours, elle était plus sûre d'elle, sûrement consciente d'être en possession d'une nouvelle puissance. Elle me remarquait, me souriait et me rejoignait.


 "Ah ! Tu as tout prévu, moi qui avais la gorge sèche, on ne te la fait pas à toi !

- Héhé, que veux-tu, boissons et grande nouvelle font souvent la paire. Je lui rapprochais sa chope, elle s'asseyait face à moi en se mettant en tailleur sur le banc, levait son verre, nous trinquions puis buvions une grande lampée de bière. Bon, j'ai réfléchi à ta proposition.

- Ah ! Elle était très enthousiaste. Dis-moi tout !
- Je ne veux pas que tu rejoignes la garde.

-Ah... Mais... Son visage rarement ridé par la contrariété venait de se noircir, elle avait posé son godet, et me regardait de travers.

- Mais à la place, je te propose que nous partions toutes les deux à l'aventure, sans nous fixer d'objectif en particulier, juste d'errer, et de découvrir des régions qui nous sont inconnues, qu'en dis-tu ?

- J'ai eu tellement peur, j'ai cru que tu me détestais et que tu voulais que je parte moi aussi !

- Non, je t'adore, tu le sais Félicie !

- Ben oui, mais là... J'ai quand même eu un peu peur. Elle récupérait à deux mains le récipient, et le terminait d'un seul trait. Je vais m'en chercher une de plus, je t'en prends une ?

- Avec plaisir ! Je finissais la boisson moussante. Voilà. "


 Elle s'en allait vers le comptoir, je prenais le temps de la regarder se dandinner tout en se frayant un chemin. Cette femme avait tout pour elle : charmante, adorable, drôle, exotique, un pouvoir incroyable, puis sa compagnie était toujours agréable. Je me demandais si je n'étais pas en train de m'éprendre un peu de Félicie. Des locaux me saluaient. Enfin, elle était de retour.


 "Voilà pour vous madame la Vice-Commandante. Elle déposait le contenant face à moi. J'y pensais, tu ne vas pas regretter de partir d'ici ? Tu as quand même une sacrée position sociale, puis j'imagine que ça paye bien en plus !

- Ce n'est pas vraiment ce qui me motivait dans ce travail, même si tu as raison, c'est un sacré apport. Mais non, je ne pense pas me sentir mal à l'idée de partir sur les routes. Puis je serai avec toi, donc, c'est encore mieux. Je lui faisais un clin d'œil.

- Toi dis-donc... Elle me renvoyait la malice, et plaçait sa main sur la sienne, et la retirait, légèrement gênée. Ahem, moi alors, je me laisse emporter.

- Tu sais, cela ne me gênait pas, au contraire même.

- Tu es si directe, haha. Elle riait malicieusement. Ce n'est pas comme si nous n'avions jamais pratiqué le corps-à-corps après tout.

- Tu l'as dit, nous sommes déjà expertes en la matière ! Après, je ne veux pas te rendre mal à l'aise. Je suis un peu tout feu tout flamme, puis... Je suis assez affamée.

- Hahaha ! Je te jure, pourquoi faire dans la sutilité quand il suffit d'être franche ? Moi, je ne sais pas. Je n'y ai jamais pensé, même si j'avoue avoir un peu flashé sur un des membres des chasseurs, je suis toujours restée muette. Mais bon, je ne crois pas être réticente à...

- À ? La regardais-je fixement.

- Bah... À... Enfin tu vois ?

- Non, je ne vois pas, explicite ta pensée. Lui murmurais-je.

- Hé bien. Ses longs poils se dressaient, ses oreilles se raidissaient et ses iris devenaient encore plus fin. Je ne suis pas réticente à l'idée d'essayer d'avoir un rapport... Un rapport. Elle se clarifiait la voix après avoir ingurgité une grosse gorgée. De découvrir le sexe avec quelqu'un comme toi.
- Ah bon ? Disais-je en rapprochant mon visage du sien.

- Oui, tu me plaîs bien toi aussi. Enfin toi, je ne voulais pas signifier que...

- Tu me plais toi aussi, tu n'as pas à t'en faire. Mais il ne faut pas te mettre la pression, sinon tu risques de vivre ça bizarrement. Tu sais, cela va faire bientôt quatorze cycles que je n'ai pas eu le moindre contact physique avec qui que ce soit. Cela va être une re-découverte pour moi aussi, je pense !

- C'était une femme déjà à l'époque ?

- Oui... Même si c'était particulier, car nous étions très amoureuses l'un de l'autre.

- Ah, c'était avec Mylteïne ? Tu ne vas pas te sentir embarrassée ? Tu as encore beaucoup de souvenirs sur le cœur, j'imagine.

- C'est sûr, mais, je doute qu'elle aurait souhaité que je me morfonde toute ma vie. Puis, je me dois de savourer les instants présents moi aussi.

- Ah ça, tu l'as dit ! Tu veux que nous...

- Oui... Je suis tellement échaudée que je commence à fondre. Lui confessais-je. J'espère que tu parlais bien de ça...

- Moi aussi... D'en parler, même brièvement, je ne sais pas... Je t'imagine déjà nue.

- C'est pervers, ça !

- Roooh. Mais non. Enfin, peut-être. Comment je pourrais le savoir, je suis une novice en la matière moi !

- Je te charriais. Je crois que c'est la première chose que je fais en regardant une femme qui m'attise.

- Donc depuis tout ce temps...

- Hé oui...

- HAHAHA ! C'est le guérisseur qui se fout de l'onguent ! Quand je pense que j'ai failli croire que tu trouvais ma remarque déplacée !

- Mais non. Haha."


 Un silence s'installait entre nous, nous échangions des regards timides, nous finissions nos breuvages sans ne plus rien dire. Nos yeux s'alignaient, je laissais ma main aller chercher la sienne. Elle hésitait un peu, puis finalement la saisissait. Nous quittions la table toujours muettes, rejoignions la mezzanine de l'étage qui menait aux différentes chambres. Le palier était vide, nous atteignions la porte de la chambre que je réservais au cycle, me servant de dortoir les soirs où j'étais trop ivre pour rentrer jusqu'à la caserne. Je m'adossais à l'ouverture, Félicie arrivait face à moi, puis toujours sans un mot, nos visages se rapprochaient et nous entamions notre danse.

 Depuis Mylteïne, une éternité semblait s'être écoulée, je redécouvrais le bonheur que conféraient nos premiers baisers échangés, toujours sur le plancher qui déservait les habitations privatives, elle s'accrocha à moi et se hissa contre moi. Je la soulevai sans difficulté, nos fronts s'entre-choquaient, ses mains glissaient tendrement contre mes joues, tandis que ses lèvres s'ouvraient afin de permettre à sa langue de venir s'etremêler avec la mienne. Je me servis de mon coude pour ouvrir la porte, nous pénétrions dans la chambrine, je refermai d'un coup de talon et amenai Félicie sur le grand lit qui nous attendait.

 Je l'étendai délicatement, et retirai mes vêtements en quelques instants. Ma partenaire s'était redressée et avait posé sa bouche sur ma poitrine. Elle boulangea mes seins de ses mains fines et habiles. Je me contentai de passer mes doigts dans sa crinière rousse et blanche, saisissant sous mes phalanges les pointes effilées et duveteuses de ses oreilles. Je relevai son visage d'une main, et commençai à délier les nœuds retenant sa tenue, m'apparaissèrent ses épaules surmontées d'un pelage noisette ainsi que son buste bombé et enjôleur. Ses iris fendus devinrent ronds et d'un noir profond, elle se leva et termina de se déshabiller.


  Sa longue queue touffue gigotait tout en dessinant des cercles devant mes yeux, puis vint m'enrouler la cuisse, tout en me tractant vers Félicie. Nous nous retrouvâmes face à face. Les deux orbes sombres se transformèrent en deux failles obscures. Son visage s'illumina de joie et de gourmandise, je ne savais pas comment démarrer cette délicieuse valse. Aussi je lui fis signe de s'asseoir sur le bord du lit. Je m'agenouillai face à elle, et découvris une toison blanche et douce, surmontant ses petites lèvres et son clitoris.

 J'embrassai l'intérieur de ses cuisses, elle vacilla, et lentement, je dirigeai ma langue vers son pubis. Je commençai alors à suçoter cette petite boule de chair, la lappant avec désir, je voyais ses griffes s'étendre et aggriper la couverture, elle se crispa et poussa de légers râles suaves, une de ses mains empoigna l'arrière de mon crâne, suivant mes mouvements d'une timide pression. Mes doigts englobèrent ses hanches, je l'attirai par à-coups et augmentai le rythme de mes succions. Ses gémissements s'amplifièrent et m'attisèrent, je quittai un de ses flancs et déposai une de mes paumes sur mon clitoris, que je massai avec vigueur. À l'instar de Félicie, je mouillais désormais abondamment.

 Pour ne pas jouir trop vite, la femme-féline m'invita à m'étendre sur la surface moelleuse, elle se mit tête-bèche au-dessus de moi, et me masturba du bout de ses coussinets. La sensation provoquée était incroyable, je n'avais jamais senti une telle texture, j'avais l'impression d'être massée par du coton. Je tendis le cou pour pouvoir atteindre le sexe de Félicie, dont un filet scintillant coulait, jusqu'à ce qu'il atteigne mon visage. Je plaçai ma bouche contre son intimité, effectuant des va-et-viens rapides avec ma langue, provoquant d'importants spasmes chez elle.

 Ma partenaire, un peu plus confiante écrasa son bassin contre mes lèvres, et le remua frénétiquement, elle prit appui sur mes abdos et se déhancha de plus en plus vite. Sa cyprine se déversait sur moi, j'étais engluée dans son plaisir, tandis qu'elle poussait désormais des couinements perçants. Se rendant compte du bruit qu'elle faisait, elle plongea son regard entre mes cuisses, je sentis son souffle brûlant contre ma peau, elle haletait de plaisir, et ne contrôlait même plus ses mains qui avaient glissé contre ma jambe, ses griffes s'étaient plantées dans ma peau. L'extase commença à s'emparer de moi.

 Elle finit par rapprocher sa bouche de mon clitoris, et je sentis sa langue râpeuse s'accrocher à mes lèvres et à ma perle excitée. Mon sang s'écoulait en fines gouttes de ma cuisse, néanmoins, cela me rendit folle. Le plaisir procuré par cet écoulement écarlate se lia à l'intense jouissance donnée par le cunnilingus que Félicie exécutait. À mon tour, je faisais onduler mon bassin, gémissant sous les assauts buccaux de ma partenaire. J'essayais de retarder mon orgasme, je tentais donc de dissocier les différentes formes de plaisir qui me faisaient tourner la tête. Je voulais faire perdre l'esprit à Félicie, aussi, je visualisais les objets sexuels que Mylteïne possédait dans sa chambre, une goutelette de sang quitta ma peau, et rejoignit ma paume. L'accessoire y apparaissait selon le souhait de mon imagination, aussi l'imbibais-je de la cyprine abondante de ma partenaire, et bientôt, je l'insérais lentement en elle.

 Sa réaction fut immédiate, elle planta ses griffes plus profondément dans ma chair et poussa un glapissement strident. Je poursuivais les léchouilles sur son clitoris tout en les accompagnant de brefs mouvements de poignet, m'envolant moi aussi vers le septième ciel. Nous remuions et virevoltions l'une contre l'autre.

 Tous nos membres vibraient, nos voix se mêlaient dans une mélodie dédiée au plaisir intense, nous convulsions et enfin, nous jouissions, presque au même instant. Je retirai l'accessoire du vagin de Félicie, qui s'évanouissait. Je restais couchée, complètement inerte et épuisée par cet orgasme incroyablement puissant, tandis qu'elle, se retournait vers moi, et se lovait contre ma peau. Nous étions en sueur, nos souffles encore coupés, mon visage était trempé par la jouissance.

 Bien que Mylteïne avait su agrémenter son savoir sexuel d'un amour ardent, Félicie, elle, sans le savoir, m'avait fait découvrir une strate de l'extase indescriptiblement jouissive.

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