Chapitre IX : La joie des Petits-crocs, Partie 3

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 Il ne fallut pas longtemps à Félicie pour devenir célèbre, ses parents qui avaient réussi à dépasser son jeune âge, lui avaient autorisée d'arrêter de venir au marché avec eux, lui permettant de s'incorporer à des groupes d'aventuriers, nettoyant la zone environnant Draconica des populations hostiles d'humanoïdes ou créatures en tout genre. Il fallait bien reconnaître que lorsqu'elle se transformait, la jeune fille pouvait faire front à une dizaine d'ennemis, les déchiquetant sans aucun effort.


 Maîtriser sa métamorphose n'avait cependant pas été chose aisée pour Félicie, car si les premiers déclencheurs avaient été une colère indescriptible mélangée à une peur effroyable, elle sentait que cette force sommeillait en elle, aussi essaya-t-elle de se laisser gagner par cette rage, de retrouver les sensations qui l'avaient submergée cette nuit-là, sauf qu'elle n'y parvint pas, aussi décida-t-elle de s'entraîner, elle grimpa tous les arbres de la forêt, courut dans la campagne, pratiqua le lancer de couteaux, mania la hache, l'épée, la lance, cela pendant plusieurs longues semaines de suite.

 Cependant rien n'y faisait, retrouver son état d'esprit pré-métamorphose lui semblait impossible... Impossible donc, pour Félicie de réussir à retrouver sa forme colossale, aussi choisit-elle de changer de méthode, elle partit donc une fois encore en pleine nuit, à l’affût des créatures qui rôdaient dans la cambrousse proche de sa maison, il lui fallut être patiente une fois encore, car les monstres en question ne devenaient braves que lorsque l'air nocturne était froid et que la patrouille humaine n'effectuait plus de ronde.

 Les informations qu'elle avait pris le temps de recueillir auprès des gardes et habitants ayant subi des attaques, la renvoyaient à chaque fois aux mêmes détails : des sifflements et une odeur pestilentielle. Félicie guetta donc de longues heures durant, elle s'était postée dans la brousse, les fesses écrasant les herbes folles et sa queue virevoltant entre les tiges vertes ; parfois elle était alerte, parfois elle perdait son regard dans la nue étoilée, puis finissait par se rappeler qu'elle devait rester vigilante. Malheureusement, comme tous les félins, la jeune fille n'échappait pas à des crises soudaines de torpeur, qui la faisaient rapidement s'endormir sans qu'elle ne puisse lutter. C'est d'ailleurs ce qu'il advint alors qu'elle était en train de contempler les deux lunes, qui venaient de se croiser dans le ciel drapé de lumières scintillantes.

 Félicie s'affala dans la verdure, froissant les fleurs et plantes autour d'elle, s'enroulant sur elle-même, et plongea dans un sommeil de plomb. Elle eut assez de temps pour rêver, jusqu'à ce que son rêve s'emplisse d'une odeur infecte, la faisant se réveiller en sursaut. Bien que le fumet putride qui était dans son voyage onirique persistait, s'y ajoutait un sifflement désagréable, aussi ouvrit-elle les yeux.

 Tout autour d'elle, dansaient les créatures à l'origine de tous ces désagréments sensoriels, la femme féline était sous le charme du ballet qui se passait juste devant elle. Les bestioles montées sur des petites boulettes vertes, agitaient leurs lianes servant de bras au rythme du mouvement effectué par leurs têtes rondes surmontées d'une couronne de fleurs multicolores, la jeune fille était émerveillée par ce spectacle, jusqu'à ce que les danseurs ouvrent en grand leur gueule végétale, laissant apparaître des rangées de dents épaisses, ressemblant à des ronces tressées, que les herbacés farouches tendaient dans sa direction.

 Désormais bien consciente, Félicie prit appui au sol et avec une grande grâce, s’éjecta en arrière afin de ne plus être encerclée. Les petits monstres végétaux s'affairaient à la suivre compulsivement, toujours gigotant et sifflant. La jeune fille n'était pas du tout entravée par la luminosité très faible qu'imposait cette heure tardive, aussi distinguait-elle très bien la formation choisie par les créatures, synchronisées et organisées entre elles. C'était bien la première fois que Félicie put imaginer qu'une plante fut dotée d'intelligence, néanmoins, malgré le déplacement ordonné des créatures, l'acrobate dégaina son épée, et tailla en copeaux et lambeaux ses opposants.

 En elle, rien ne se passa, pas d'excitation soudaine ou de poussée d'adrénaline qui aurait pu lui permettre de se transformer, seule la campagne fut agitée par un grondement féroce, qui semblait parvenir de l'orée de la forêt bordant les champs sauvages. La prairie entière se mit à vibrer, les herbes furent secouées de toute part, tandis que l'air se remplit d'une mélodie cristalline et perçante, qui, au premier abord ressemblait au doux sifflotement des plantes mais se transforma rapidement en réel enfer auditif, car ce n'était plus une dizaine de créatures qui entonnait l'air, mais une centaine, émergeant du sol herbeux.

 Avec le bruit terrible arriva désormais aux narines de Félicie, la concentration de la puanteur dégagée par tous ses adversaires. Elle qui avait un odorat hors-du-commun et incroyablement développé, cette pestilence était une vraie torture. Néanmoins, toujours aussi sereine, bien que gênée par ce brouhaha puant, la jeune femme s'élança et tout en courant à grande allure, découpa et déchiqueta toutes les plantes hostiles qu'elle croisa.

 Bientôt, le bruit diminua puis s'évanouit. Le vent frais nocturne débarrassa la plaine de sa fétidité, tandis que la clameur des lucioles et insectes de nuit reprit place aussi vite qu'elle avait disparu. Franchement dégoûtée par le manque de sensation que lui avait procuré cet affrontement, Félicie tourna immédiatement les talons et se résigna à rentrer chez elle, il lui faudrait trouver une autre solution.


Cependant, la forêt hurla une seconde fois, les bruissements des buissons et branchages s'intensifiaient et semblaient annoncer l'arrivée de quelqu'un ou quelque chose, Félicie refit face à la sylve, tandis qu'enfin une forme émergeait de la pénombre forestière. Une créature végétale fit son apparition au clair de Lune, celle-ci devait mesurer trois fois la hauteur et dix fois la largeur de la fille, son corps ressemblait à un énorme sac rebondi et tout vert, surmonté d'une couronne fleurie plate qui cachait une gueule ronde garnie de pics ronceux, tandis qu'elle se déplaçait très lentement, en glissant sur le sol, tout en battant l'air à l'aide de multiples lianes épaisses et très longues.

 Toujours aussi peu impressionnée, Félicie chargea tête baissée vers le monstre, elle lacéra les lianes qui lui étaient projetées droit dessus, jusqu'à atteindre le ventre rond de la plante géante, l'épéiste tenta deux coups directement placés vers le réservoir, qui cependant ricochèrent sur la peau grasse et tendue. Elle esquiva décontenancée plusieurs frappes rapides et puissantes assénées par les fouets couleur émeraude.

 Peut-être n'avait-elle pas cogné assez fort, imagina-t-elle, aussi elle essaya à nouveau de se frayer un chemin jusqu'à la panse, elle leva la lame au-dessus de sa tête et alors qu'elle pensait appliquer une sentence fatale, l'acier s'englua au contact du monstre, Félicie voulut arracher l'épée de sa prison gluante, sauf qu'elle n'y parvint pas, et à sa grande surprise, des lianes l'avaient saisie par les pieds et les bras, et l'emmenaient directement vers la gueule béante, de laquelle une odeur ignoble et une lueur mauve parvenaient.

 La jeune fille luttait pour se défaire, mais rien n'y fit, et elle fut engloutie par l'immense plante carnivore, elle tomba tête la première dans une pataugeoire infecte, elle se releva aussi vite, mais se piqua sur la paroi qui était recouverte des mêmes pointes qui garnissaient le contour de la bouche ronde du monstre herbeux, l'estomac verdâtre donnait l'impression qu'il allait se rétracter sur sa prisonnière. Félicie n'avait plus du tout le même état d'esprit que quelques instants auparavant, elle commençait même à être désespérée de sa situation qui ne semblait plus pouvoir s'améliorer. Elle imaginait déjà être empalée de toute part par les ronces qui l'entouraient, puis digérée par cette bestiole aussi ridicule que dangereuse.

 C'est à cet instant, au moment où elle se voyait déjà morte, qu'elle sentit le même frisson que celui qui lui avait déchiré le corps dans la forêt. Mais cette fois c'était différent, aucune douleur ne lui traversa le corps, elle oublia même la déchirure que l'épine gastrique lui avait causée quand elle avait voulu se relever, elle savait qu'elle était sur le point de se transformer. La métamorphose ne se fut pas attendre, elle eut même l'impression de la provoquer.

 À peine eut-elle recouvré son apparence bestiale et massive, qu'elle plongea une de ses pattes massives en direction de la source de la lumière mauve, elle en arracha une gemme brillante, puis elle tailla les pics de ronce, et attaqua à coups enragés de griffes la paroi de l'estomac, cette dernière céda quelques assauts après et, sous effet de la pression explosa dans une gerbe gluante et poisseuse. Félicie se tenait illuminée par une lueur magenta, au cœur de cet écœurant spectacle, alors que les voisins réveillés par le sifflement strident et les hurlements provenant des bois s'étaient regroupés face au monstre, tous armés de fourches ou autres armes « domestiques », ces derniers équipés étaient cependant tous crépis par le dégoûtant liquide expulsé. La jeune femme, elle, était restée focalisée sur la pensée qui lui avait permise de se métamorphoser : la prochaine fois se disait-elle, j'y arriverai du premier coup.


Vaincre ce monstre végétal fut le premier exploit accompli par Félicie, bien qu'elle considéra la pierre précieuse luisante trouvée dans les entrailles de la créature comme un trophée, elle finit par se rendre à Draconica où elle la confia à un géologue afin qu'il l'étudie. Néanmoins, les semaines passaient et Félicie n'eut plus aucune nouvelle de ladite gemme brillante. Cependant, elle n'avait pas réellement eu le temps de songer à cet artefact, trop occupée à débarrasser jour après jour les campagnes, forêts et montagnes berçant Draconica, des populations hostiles de créatures qui y nichaient.

 Félicie était jusqu'alors connue pour être la « mignonne petite fille des marchands », ce premier titre disparut rapidement ; bientôt toutes les chansons dans les tavernes de la cité ainsi que celles des villages et hameaux, tous les contes et poèmes que l'on clamait ça et là, ainsi que tous les aventuriers du coin, ne parlaient plus que de la « Guerrière Féline » ou de la « Griffe Étincelante » , la gamine seulement âgée de trois ans, était devenue l'idole et l'espoir de tous les habitants de la région.

 Toujours très courtisée, la jeune fille ne cessait pas de repenser à la nuit fatidique de son existence, et refusait toute avance qui lui était permise d'entendre. Aussi, les dix cycles qui suivirent, furent pour Félicie l'occasion de s'illustrer par de multiples exploits : elle chassa les monstres marins et permit à la cité de développer une calanque gigantesque, elle débarrassa les mines d'une civilisation de rongeurs bipèdes et en ouvrit les boisseaux remplis de pierres précieuses, elle surveilla les convois marchands et les défendit de toutes les attaques... Draconica prospéra comme jamais depuis qu'elle avait été bâtie.


 La région Ouest-Maritime de Mithreïlid, avait trouvé sa salvatrice, sa bienfaitrice ; tant est si bien que son treizième cycle fut fêté en plein cœur de Draconica, toute âme vivante qui peuplait cette région était là pour acclamer la magnifique Félicie, la puissante Félicie. Outre une nouvelle tenue de combat spécialement fabriquée pour épouser ses formes et ses différences physiques, son deuxième présent fut d'avoir une statue immense sculptée dans une pierre noire tachetée d'éclats blancs à son effigie, trônant face au donjon de la cité. L’œuvre d'art, haute de plusieurs mètres représentait Félicie sous sa forme à moitié humaine et sous son aspect bestial, son apparence initiale étant assise en tailleur à côté de son aspect bestial, hurlant les bras en l'air, toutes griffes sorties.

 La femme-féline se retrouvait au pied d'elle-même, contemplant ses propres représentations, elle ronronnait à plein régime, étant incapable de maîtriser cette réaction. Elle caressait du bout de ses doigts la roche lisse, se disant que ses treizièmes premières années de vie venaient de prendre forme. Épuisée par ce bain de foule et secouée par les cadeaux qu'elle avait reçu, elle voulut s'éloigner du centre de la ville, et décida d'aller finir la soirée dans une des tavernes de Draconica : « L'écume des Terres ».

 On ne manqua pas à son arrivée d'entonner une brève chanson, qui, outres quelques détails guerriers, glorifiait surtout son charme et la générosité de ses formes. Bien que d'habitude le refrain l'énervait au plus haut point, elle le chantait à tue-tête avec les Draconicains bien éméchés par l'alcool et enivrés par sa présence. Néanmoins, le caractère candide qui animait Félicie étant plus jeune, avait laissé place à une irascibilité particulièrement farouche, tant et si bien que si elle adorait dans son enfance discuter avec les autres personnes, elle préférait désormais s'isoler le plus souvent qu'elle le pouvait. La jeune femme s'approcha du comptoir et y commanda deux tonnelets de la fameuse « écume des terres », qu'on lui servit et qu'elle emporta sous les bras, avant de chercher un recoin bien sombre du lieu, où elle put se saouler en paix.

 Bien entendu, quand on est une personne célèbre, il est difficile de passer inaperçue, et surtout, tant un grand nombre de personnes vous adulent et vous adorent, tant on en rencontre toujours une ou deux qui ne vous apprécient pas, voire qui vous détestent. Cette nuit-là, tandis que Félicie était en train de perdre la clarté de son regard, embué par les vapeurs d'alcool et grisé par la fatigue à travers les fenêtres sales de cette taverne, deux ombres massives s'étaient rapprochées d'elle.

 Bien que ses sens soient bien plus affûtés que ceux de quiconque, entre l'allégresse du moment, la fierté qu'elle avait pour elle et le malaise provoqué par le tumulte des Draconicains, elle ne prêta pas attention à l'approche des deux compères, au point d'en rater leurs premières phrases, jusqu'à ce qu'une secousse la sorte de son état comateux.


 « En plus tu nous ignores ! Grognait le premier homme.

- Tu comprends, quand on a sa statue en plein cœur de la cité, on peut se permettre de ne plus faire attention aux autres. Soulignait le second d'un ton mesquin.

- Saluuut. Hic. Répondait Félicie en essayant de réveiller son cerveau, tout en étant secouée par le hoquet de l'ivresse. Bah. Qu'est ce qui ne va pas ? Hic. Vous en faîtes une tête. Hic. Vous avez eu un hic ? Hic.

- Tu te fous de nous ?! S'agaçait son premier interlocuteur, devenant rouge comme une pivoine. Tu te prétends forte, mais si ce n'est ton joli minois, tu n'as rien d'autre pour toi.

- Toutes ces histoires ce sont du flan, nous, on sait bien que tu n'es qu'une muse qui profite de son momentané succès. Ricanait le deuxième homme.

- Moi ? Hic. Ah oui je m'amuse. La jeune femme répondait, mais était désormais sûre d'être saoule, ne comprenant pas la moitié de ce que ces deux hommes fâchés lui criaient dessus. Mais vous, hic, pas trop. Vous voulez que je me dési... Oula. Déshabille ? Hic. Le dernier qui me l'a demandé, il a fini. Hic. Il a fini comment déjà ? Hic. Attendez. Félicie cessait de parler, et se retournait vers sa table, ou elle empoignait le dernier tonnelet, le remuait pour s'assurer qu'il contienne encore un peu de boisson, et l'amenait au-dessus d'elle, avant de ne le renverser, du mieux qu'elle le put vers sa bouche. Je suis sûre, hic, je suis sûre, que ça va, hic, aller mieux maintenant. Booooooooarp. Échappait de sa bouche un rot monstrueux.

- Oh toi, je vais te... L'homme s'élançait poing tendu vers Félicie.

- Tu ne vas rien faire du tout. Venait-elle de bloquer l'assaut sans broncher. Je demande, je demande juste un peu de calme, et vous les affreux vous débarquez là et... Elle se grattait la tête. Qu'est ce que je disais déjà ? Ah oui, bon, vous arrêtez de me chercher des noises, et... Et, tout ira bien, voilà. Lâchait-elle, accompagné d'un sourire qui témoigne qu'elle avait trop d'alcool dans le sang, un œil entrouvert et l'autre à moitié fermé.

- Tu dis ça, parce que tu sais que tu ne peux rien faire contre nous en réalité. S'était rapproché le deuxième détracteur. Nous on veut juste te cogner un peu, histoire que tu te rappelles où est ta place.

- Bah ! Ma place elle est au centre-ville, y a même ma, ma... Ma statue qui y est. Haha. Puis sans vous frustrer, je me suis battue contre beaucoup plus gros et effrayant que vous. A part votre haleine peut-être, là... Là je dis que vous avez fait un sacré effort. C'est quoi ? C'est jus de caniveau ? Fumet d'étable ? Elle rigolait seule à s'en étouffer. Ah non, je sais ! HAHAHAHA. Tu as dû lécher le derrière plein d’excrément d'un Piegorille. Hahaha. Mais regarde ta tête, elle est toute rouge. Finissait-elle sa phrase les larmes aux yeux.

- Oh c'est trop ! L'aventurier frustré allait chercher son glaive à son ceinturon, et l'élançait directement dans les côtes de Félicie, il crut avoir touché puis qu'elle venait d'abaisser la tête subitement, provoquant l'arrêt de toutes les discussions alentours. Tu fais moins la maline maintenant !

- HAHAHAHAHA. Et tu croyais avoir transpercé mon ventre ? Feignait-elle jusque là avant de dévoiler sa tunique trouée de part en part, mais sans déplorer une seule égratignure. Je pense ce qu'il te faut, c'est un peu de mousse, ça te détendra, tiens. Elle se retournait en un éclair, récupérait le petit tonneau qu'elle venait tout juste de terminer, et le détruisait sur le front de son agresseur, qui tombait au sol, face la première. Bon et le crapaud, il a soif lui aussi ? Adressait-elle au second bonhomme qui était devenu tout pâle.

- Pas vraiment non. Lâchait-il peu fier, en reculant lentement. Faites comme si de rien n'était, je fuis.

- Couard. Beurp.

- Ah dis donc, quelle force. Lançait une nouvelle voix. Je ne sais pas si j'aurais préféré être à la place du récipient ou du receveur. Le nouvel arrivant s'était baissé à hauteur de l'inconscient, pour constater qu'il respirait toujours, puis il la regardait. Vous avez soif encore ?

- Hmmmm. Félicie inspectait son interlocuteur, qui n'avait pas l'air belliqueux à son égard. Mon... Ma foi, pourquoi pas.

- Tu veux venir te joindre à nous ? Mon escouade est là-bas. Il désignait à la femme-féline une table autour de laquelle conversaient deux femmes et un homme. Nous allons vers le Nord, nous sommes donc de passage depuis quelques jours dans le coin, et si j'en crois les chansons et la nouvelle sculpture en ville, c'est toi la Griffe Étincelante, non ?

- Oui mon petit monsieur. En chair et en poils. Elle se penchait pour faire une révérence mais manquait une fois de plus de tomber, déséquilibrée. On peut aller s'asseoir ? Je suis fatiguée.

- Oui, bien sûr ! Riait discrètement l'homme d'âge mûr qui avait bien obsvervé la scène, constatant qu'elle avait évité de peu la chute. »


 Félicie fut introduite au groupe, on lui offrit à boire, on lui demanda de raconter ce qu'elle avait fait, et si elle en savait plus sur qui était elle. Une foule de questions qui manqua de peu de l'assommer, jusqu'à ce que l'une des guerrières du groupe lui révèle que ces quatre aventuriers étaient en quête d'un Dragon, qu'ils traquaient depuis bien longtemps. Avant même qu'on ne lui propose, Félicie s'imaginait déjà chasser un Dragon, et voir des paysages différents que ceux qu'elle connaissait déjà. Elle repensait aussi au jour où elle avait vu ce gros oiseau voler dans le ciel, peut-être était-ce un Dragon, peut-être était-ce un signe.

 Malgré les litres d'alcool qui circulaient dans son corps, elle écouta sans faillir tout ce que le groupe avait à lui apprendre sur la créature mythique. Elle était plus déterminée que jamais à partir pour cette traque.

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