Chapitre XXXIV : Retour à la case départ, Partie 1

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 Cela faisait plusieurs jours que nous nous reposions chez les deux Hulotes et profitions des délices que pouvaient offrir une île paradisiaque. J'avais pu me recentrer sur moi-même et reprendre toute mon énergie, aidée par nos longs bains de soleil et nos sessions baignade. Gnas était grandement responsable de ma remise sur pied, il faut dire que chacune des journées que nous passions ici était entrecoupée de nos ébats, qui devenaient de plus en plus savoureux; désormais habituées l'une aux envies de l'autre.

 Sa passion et son désir me réconfortaient avec ce que j'étais et ce que je pouvais être; je me rendais par ailleurs bien compte que tout ce qu'elle me donnait, me rendait plus forte et plus sûre de moi, plus que jamais je n'avais pu l'être, avec ou sans épée dans la main. Notre complicité n'était plus à remettre en doute, et je sentais au fond de moi, que si mes sentiments n'avaient pas toujours été d'une grande stabilité, Gnas faisait naître en moi quelque chose de nouveau : l'amour.


 C'est en repensant à notre première rencontre, à son premier sacrifice pour moi, que je prenais entièrement conscience de ce qui irradiait d'elle en permanence; sans trop le remarquer, elle m'aimait et l'avait sûrement toujours fait. Bien que cette sensation prenait de l'ampleur au sein même de mon corps et de mon âme, je ne me sentais encore pas assez forte pourtant, pour lui avouer que j'étais prête à ne faire qu'un avec elle, et pour toujours.

 Cela ne l'empêchait pas de continuer à prendre soin de moi et de me dévorer un peu plus chaque jour. Je passais mon temps à me blottir contre elle, je fondais littéralement sous ses étreintes, ne pensais qu'à son sourire, je me languissais d'elle dès que son corps s'éloignait du mien; selon Tne', je commençais même à roucouler davantage qu'un Hulote en mal d'amour.


 Ce dernier par ailleurs, s'était un peu impatienté de pouvoir retrouver Decadrys, dont je connaissais désormais le nom, et préparait donc avec grande hâte la suite de notre périple ; qui, bien entendu, entendait un passage dans la forêt où sa dulcinée l'attendait sûrement. Sans que ce détail ne nous dérange, nous acceptions son idée, prévoyant d'ici peu notre départ de l'auberge.

 Gnas et moi, avions donc profité de cette dernière après-midi pour nous enfuir et aller faire l'amour une fois encore dans la caverne ensablée qui avait vu naître notre puissante envie de l'une envers l'autre. Ce n'était qu'au crépuscule, sous un soleil ocre et orange, que nous rejoignions enfin notre logis, où nous retrouvions Tne' et le couple Hulote en train de converser, le tout animé par une sensation de crainte inhérente à leurs tons.


 Nos hôtes semblaient très préoccupés et pour cause, Noctalya qui durant ces derniers jours ne s'était jamais réveillée avant que le soleil ne soit entièrement couché, se trouvait elle aussi dans la pièce commune et semblait bien plus alerte que quelqu'un que l'on vient de tirer du sommeil. Nous prenions place avec les autres près de la cheminée, où la discussion semblait maintenant s'enflammer autant que les rondins de bois dans l'immense foyer. Les regards s'étaient apaisés le temps de nous saluer, tandis que la houle verbale allait reprendre son cours.



 "C'est une catastrophe si cela se produit. Notre monde pourrait même courir à sa perte... Scandait Noctalya furieuse.

- Que se passe-t-il ? Interrogeais-je l'assemblée, voulant comprendre de quoi parlaient-ils.

- Il se passe que la Reine Sombre est en train de déplacer ses armées sur Mithreïlid, et a déjà engagé des combats sans précédent un peu partout. Me répondait Ghast.

- Mais ce n'est pas tout... Poursuivait Tne'.

- En effet, cette dernière, outre massacrer la population a commencé à incendier de vastes parcelles de forêts aux quatre coins de Teysandrul.

- Mais... Et tes copines les féliciennes Tne' ? Ne vont-elles pas devoir partir à la guerre ? Venait de lancer Gnas, assez compatissante.

- Et bien pour l'instant...

- Leur sylve n'est pas encore menacée. Apprenant cette terrible nouvelle, votre ami s'est empressé d'indiquer à Noctalya la position de leur village pour qu'elle puisse s'assurer de leur situation. Fort heureusement, leur région est épargnée.

- Mais vous avez fait l'aller-retour si vite ? S'étonnait Gnas.

- En volant, il faut peu de temps pour atteindre cette forêt. En l'espace de quelques heures c'était fait, rien de bien fou, ouh.

- J'avais oublié ce détail. Mais nous...

- Nous ne devons pas traîner. Reprenais-je, en interrompant Gnas. Je comprends que Tne' s'inquiète. Moi même je suis secouée par ces nouvelles. Connaissant l'étendue de la folie de ma mère...

- Votre mère ? S'exclamaient en cœur le couple Hulote.

- Et oui.. Fatalement ce monstre n'est autre que ma mère. Avouais-je quelque peu déconcertée.

- On ne choisit pas ses géniteurs, après tout, ouh. Ma pauvre enfant.

- Mais qu'est-ce que vous comptez faire ? Nous interrogeait Ghast.

- Cela me semble lipi... pinli... clair. Arguait rapidement Gnas. Nous allons nous rendre chez cette cinglée et la cogner jusqu'à ce qu'elle arrête une bonne fois pour toute.

- Je suis d'accord. Acquiescions-nous à l'unisson, Tne et moi.

- Mais c'est de la folie. La ville risque d'être en ébullition, et c'est en imaginant que vous arriviez jusque là-bas en un seul morceau.

- Je ne peux...

- Evi' ne peut pas rester la fille d'une personne pareille. Me coupait Gnas. Elle est la cause de tous ses problèmes, moi, je ne veux que l'aider. Si en plus nous sauvions Mithreïlid, nous deviendrions des héros ET en plus Evi' serait délivrée d'un sacré fardeau. Pas vrai mon Evou' ? Me souriait-elle.

- Evou', haha... Ricanait Tne'.

- Tu as raison, puis ensemble, elle ne nous arrêtera pas. Soutenais-je Gnas.

- Tout de même. Vous risquez de croiser des cohortes partout sur votre chemin. S'inquiétait Ghast.

- Je ne m'en ferai pas si j'étais vous. Lâchait Tne'. À elles deux, elles peuvent presque affronter chacune une armée, mais ensemble... Il levait les yeux au ciel. Priez juste pour qu'elles luttent pour le bon camp, sinon, je ne vois pas qui peut les arrêter.

- Que d'éloges. Mais vous semblez bien sûr de vous, ouh.

- Je ne considère pas spécialement ça comme étant un compliment. Soulignait Tne'. Être capable de massacrer sans broncher plusieurs milliers de soldats, ça n'a rien de bon. Peut-être que pour une fois, cela pourra s'avérer être bénéfique.

- Ne sois pas jaloux comme ça. Murmurait Gnas. Tu ne t'ai jamais retrouvé face à l'une de nous, je ne vois donc pas où est le problème.

- Je ne serais sûrement plus là pour en parler, si tel avait été le cas.

- Donc... ? Insistait Gnas.

- Donc quoi ?

- Donc tu es content. Dis que tu es content. Maugréait-elle en fronçant les yeux.

- Je suis content. Soufflait-il sans le moindre enthousiasme, sous le regard un peu attisé de Gnas. Je suis très content ! Oh ça va, hein.

- Au bonheur.

- À la bonne heure... La reprenait-il. Mais c'est pas grave.

- Quoi qu'il en soit. Le voyage va vous prendre du temps. Vous comptez y aller directement ?

- Nous ne pouvons pas laisser le continent se faire juguler par Irasandre. Qui sait quelle idée a-t-elle réellement en tête. Une guerre sans rien de caché derrière... J'en doute fortement. Qui plus est, si elle détruit les forêts, cela n'est pas sans raison. Quelque chose d'autre se trame. Soufflais-je.

- Si en plus d'autres clans se rassemblent sous sa bannière, sous la crainte ou la menace... Cela pourrait être pire pour tous les habitants pacifiques de Mithreïlid. Rétorquait Tne'.

- On dirait... On dirait qu'elle cherche à reproduire le siècle de la Grande Nuit.

- Cent ans de massacre ? Tout mais pas ça. Notre histoire en a déjà trop souffert. Tous les ouvrages en témoignent. Qu'est ce qui avait empêché cela de se conclure complètement ? Questionnait Tne'.

- Vous nous demandez, mais personnellement, je n'en sais sûrement pas plus que vous, ouh. Certains écrits relatent que c'est Herylisandre, qui avait déclenché cette dernière.

- Herylisandre ? Clamais-je.

- N'était-elle pas la déesse de la Justice ? C'est bien ce que vous m'avez dit.

- C'est bien ça. Seulement, la Justice ne vaut rien si elle ne tranche qu'en faveur d'un seul camp, et dans le cas de la Grande Nuit, le mauvais ; c'est tout, ouh. Celle qui la défit et empêcha que le continent ne sombre dans une ère de ténèbres, c'était Teïnelyore. Malheureusement, la dernière fois que quiconque la vit, c'était dans le même désert où elles se sont entre-tuées.

- N'aurait-elle pas eu de successeur ? Ou même des membres de son clan ? Quelqu'un qui partageait ses idées ?

- Hul racontait souvent que l'ethnie de Teïnelyore avait disparue, pourchassée par les disciples enragés d'Herylisandre. Comme beaucoup d'autres tribus ayant guerroyées à ce moment-là. Néanmoins, il en va sans dire qu'Irasandre est sa fille, et que vous, ouh...

- Je suis sa petite-fille ? Cette famille... C'est une vraie calamité. Pensais-je. Si tel est le cas, je pourrais au moins inverser l'ordre des choses.

- Ce ne serait pas la première fois qu'une famille tourne mal et que les descendants de cette dernière doivent rétablir la paix en son sein.

- Irasandre est une grande adepte de magie noire. C'est bien le souci supplémentaire et en même temps ce qui nourrit mes craintes.

- Il n'y a pas de temps à perdre Evi'. Cela va vite devenir un problème pour tout le monde, sinon.

- Puis à force d'en entendre parler de cette Ira-truc, je commence moi aussi à en avoir marre. Soulevait Gnas. Au moins, quand elle ne sera plus, Mithreïlid ne connaîtra peut-être plus jamais la guerre !

- Je vais de suite vous préparer un sac de vivres. S'empressait de crier Ghast en se dirigeant vers la cuisine.

- Ouh. Je vous aimais bien moi, ça va me manquer de jeunes aventuriers comme vous, ouh.

- Si nous partons, il faut que nous vous payons.

- Oh certainement pas, ouh ouh. Pouffait Noctalya. Vous partez affronter l'ennemi de tout le continent. Vous nous paierez quand vous reviendrez et j'insiste sur votre retour. Vous devez survivre !

- C'est fort sympathique... Mais nous ne sommes pas sûrs de...

- Ouh ouh. M'interrompait-elle. Nulle place n'est laissée au doute. Nous croyons en vous, ouh. Après ce qu'a dit Tnemesnap, je suis certaine que vous pouvez changer les choses. Filez préparer vos bagages. Dame Evialg, faites bonne usage de ma tenue, je vous la lègue. Elle est aussi somptueuse qu'elle vous protégera, elle en a vu des péripéties, ce n'est pas dans une garde-robe qu'est sa place.

- Mais c'est...

- N'insistez pas. Elle est à vous, ouh.

- Merci. M'inclinais-je."



 Nous nous affairions à rejoindre nos chambres, j'aidais Gnas à emballer ses affaires. Quelque peu mélancolique de devoir quitter ce lieu, je sentais les larmes me monter aux yeux. Gnas le pressentait et me venait me serrer contre elle.



 "Je serais toujours avec toi à présent. Je te promets que nous reviendrons ici toutes les deux. Tout se passera pour le mieux. Elle accompagnait ses mots d'un baiser langoureux et plantait son regard dans le mien."



 Je savais que je pouvais lui faire confiance. Mais je ne pouvais m'empêcher d'imaginer le pire, j'avais si peur de la perdre ou même de mourir. C'était comme si désormais, je pouvais vraiment y perdre à m'éteindre définitivement. Je me lovais contre Gnas, souhaitant seulement que tout se passe bien. Nous terminions de ballotter les quelques guêtres et babioles que Gnas avait dû accumuler quand elle avait vécu seule. Nous quittions la pièce bien douillette et retrouvions Tne' en bas.


 Ghast revint en faisant léviter un barda plein de nourriture devant lui, qu'il nous confia. Tandis que Noctalya arriva elle aussi, tenant du mieux qu'elle le pouvait un petit objet en bois qu'elle tendait désormais à Tne'.



 "Cher ami Tnemesnap. J'aimerais que vous emportiez avec vous un appeau. Si jamais il devait vous arriver malheur, soufflez-y. Peut-être n'entendrez vous aucun son en sortir, mais les rapaces à proximité, eux, l'entendront. Ces derniers me préviendront et je viendrais vous aider aussi vite que mes ailes me porteront. C'est entendu ?

-Entendu. Récupérait-il en même temps la babiole. Merci encore de m'avoir conté l'histoire de notre peuple.

-Merci à vous, ouh. Merci de l'avoir écoutée."



 Tous deux nous saluaient une dernière fois, alors que Noctalya allait se réfugier dans les ailes de son mari, attristée de nous voir partir. Nous sortions de la grande pièce, puis de l'auberge et enfin atteignions le pont qui reliait cette superbe île à notre dangereux destin. Personne n'avait prononcé un seul mot depuis le départ, nous nous contentions avec Tne' de suivre Gnas, qui, le nez tendu vers les étoiles, nous guidait vers le village arboricole que je ne connaissais pas encore. Ce n'est qu'après une longue journée de marche et quelques heures après la nuit tombée que nous pénétrions dans la forêt abritant le peuple des féliciennes.

 Le sens de l'orientation de Gnas ne lui avait pas fait défaut, nous arrivions en vue des immenses cimes et de la canopée où vivaient les femmes-félines. Arrivés au pied d'un bosquet légèrement dégarni, Tne' hurla la tête levée vers les feuillages et c'est ainsi que deux colosses en fourrure nous accueillirent, reconnaissant notre chétif camarade - à ma plus grande surprise - et nous escortèrent vers une plate-forme au sommet des arbres. Une fois tout en haut, les deux créatures reprirent leurs apparences normales. Je découvrais alors cette tribu, à mon tour, qui ne semblait peu encombrée par la pudeur.


 On nous priait d'attendre, sous le ciel étoilé et complètement dégagé. Gnas m'attrapait la main et me désignait plusieurs constellations, celles qui lui avaient permis de se souvenir comment venir jusqu'ici. Je restais abasourdie, parce que dans la forêt, réussir à voir les étoiles avec un toit de feuillage était plutôt complexe. Néanmoins, je n'en étais pas moins impressionnée, surtout en me retrouvant nez à nez avec toute cette immensité paisible, la tête au-dessus des plus grands arbres. Ma surprise n'allait pas s'arrêter là.

 Trois feliciennes métamorphosées arrivaient à nous. Tne' jetait son sac au sol, et fonçait droit sur l'une d'entre elle, celle dont l'imposante tête était garnie d'une coiffe gigantesque, constituée de pierres précieuses et de multiples fleurs. J'allais m'avancer, de crainte que Tne' ne soit en train de vouloir mener un assaut seul, contre ces trois monstres, cependant, Gnas me retenait en douceur.


L'immense bête que Tne' visait, ouvrait en grand ses bras, tandis que notre compagnon, sautait du plus haut qu'il le pouvait. La créature bidèpe l'y accueillait et bouche contre bouche, reprenait sa forme humanoïde et se laissait tomber en le rattrapant, notre nabot tout collé contre elle. Je me retournais vers Gnas, l'air ébahi.



 "Ne me regarde pas comme ça. Moi aussi je suis étonnée. Enfin, même sous le choc.

-C'est...

-Improbable ? Complètement.

-Décidément, il sera toujours surprenant celui-là.

-Oui enfin, pour certaines choses peut-être... Pour d'autres un peu moins. Regarde. Gnas m'invitait à scruter à mi-hauteur nos nouvelles hôtes. Tu as vu leurs poitrines ? Toujours à l'air et si grosses. Elle se palpait à travers sa tunique.

-Ne t'inquiète pas. La tienne est parfaite quand même. Riais-je. Cela dit, tu avais raison. Il y a bel et bien des détails pour lesquels il est complètement prévisible.

-Maître Gnas !! Maître Gnas ! S'approchait en criant vers nous une des deux autres femmes. Vous êtes revenue ! S'exclamait-elle, les yeux brillants.

-Arrête, je t'ai déjà dit que je n'étais pas ton maître. Evialg je te présente Yzidrys. Yzidrys, voici Evialg, mon amoureuse.

-Waouh ! Vous devez être sacrément forte pour être sa chérie, pas vrai ?

-Et bien... J'hésitais à répondre, je me sentais un peu prise d'assaut par les cris de cette jeune félicienne.

-Ne fais pas ta timide. Glissait Gnas en me mettant la main aux fesses. Montre-lui comment tu dégaines ton épée.

-Bon, et bien soit."



 Je songeais à la plage, à la couleur et au son dégagés par ma lame ce jour-là... J'espérais ne pas avoir à nouveau cet enfer bruyant face à moi. Je me concentrais quelques instants, et laissais mon énergie fluctuer en moi. Dans un éclair lumineux, mon épée se matérialisait, sous le regard bouleversé de la femme.

 Elle était aussi claire qu'une perle, toute aussi scintillante, sa forme elle cependant n'était plus du tout la-même; moi qui croyais générer une épée, je venais de faire apparaître une demie-lune crantée dont la garde était assez grande pour y mettre mes deux mains. Puis la laissais s'évaporer dans le même halo de lumière.



 "WOUAAAAAAAH ! Mais c'est incroyable !! S'exclamait Yzidrys admirative. Ohlala j'aimerais tellement pouvoir faire ça moi aussi..

-Tu te transformes bien en félin géant toi. Lançait Evi'. C'est aussi un sacré chouette don, non ?

-Dis-donc Maître Gnas. En plus d'être une femme douée, votre chérie, elle est super gentille.

-Pas du tout. Répondait Gnas, attirant mon regard vers elle. Elle est parfaite. M'embrassait-elle avec tout son cœur.

-Owwwww. Yzidrys était aux anges. Vous êtes si belles toutes les deux. Je suis tellement jalouse de vous ! Clamait-elle en nous souriant.

-Gnas. Je me retirais de ses lèvres. Qui est la troisième femme qui s'est détournée de nous tous ?

-Hmmmm. Je suppose que tu parles de Meladrys, la fille de l'ancienne grande prêtresse. Celle qui a voulu tuer notre cher nabot-ailé. Avant que je ne l'en empêche en fait.

-Ah... Je comprends qu'elle se soit éloignée de Tne', assister de si près à leurs bécotages, non merci mais...

-Je pense qu'elle ne nous aime pas du tout, en fait. Disait simplement Gnas sans aucune animosité. Elle est très con... conver... Hmmm. Tu sais quand tu veux que les choses restent comme avant ?

-Conservatrice ?

-Oui voilà. Elle estimait que Tne' était un danger. Elle riait à ses propres mots puis reprenait. Bref, elle ne voulait pas qu'il puisse dire où sa tribu vivait et donc voulait le zigouiller puisque lui savait.

-Peut-être devrait-on aller la voir toutes les deux, non ? Cela pourrait arranger les choses ? Lui suggérais-je.

-Oui, si tu veux. De toute façon, Tne' il n'y a plus rien à en tirer. Regarde le s'emmitoufler dans les seins de sa calcinée. On ne pourra pas l'en retirer, je suis sûr qu'il en deviendrait violent si nous essayions.

-Dulcinée, Gnas, dulcinée. La corrigeais-je en riant. Bon et bien allons-y. Bonsoir. Susurrais-je à la félicienne dont je m'étais rapprochée et qui ne semblait pas vouloir nous faire face.

-Hmmm. Bonsoir. Se forçait-elle à répondre.

-Je suis...

-Une étrangère, oui, je sais. Mais je n'en ai que faire, c'est de vous que viendra notre perte. De toute façon, je ne faisais qu'escorter. On a plus besoin de moi, ici. Elle finissait sa phrase, et se laissait tomber, se rattrapant quelques mètres plus bas.

-Et bien... Tu avais raison Gnas. Elle n'a pas l'air très avenante.

-Ne vous inquiétez pas madame Evialg ! Moi je vous connais à peine et je vous apprécie déjà ! Gloussait la "disciple" de Gnas.

-Bon par contre ce n'est pas tout mais... Gnas baillait. Nous n'avons pas dormi la nuit dernière, je ne pense pas que Tne' et la Grande Prêtresse ne nous parlerons davantage ce soir, ils ont l'air bien occupés alors que NOUS SOMMES ENCORE LÀ. S'exclamait d'une voix plus forte Gnas, sans même les faire réagir. Tu crois que tu pourrais nous conduire à une hutte libre ?

-Oh bien sûr, mais vous n'avez pas de griffe alors il faudra sauter, d'accord ? Souriait Yzidrys.

-Nous te suivons. Acquiesçais-je, saisissant le bout des doigts de Gnas."



 C'est ainsi qu'en quelques bonds, nous atteignîmes une cabane fixée à un gigantesque tronc, dans laquelle nous nous engouffrâmes pour y découvrir une épaisse paillasse moelleuse, sur laquelle nous nous installâmes enchevêtrées l'une sur l'autre. Avant que nos yeux ne se ferment.

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