Chapitre I : Sérénade de l'Ombre (Evialg)

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 Face à moi, l'océan se déchaînait, tandis que derrière moi, c'était ma propre âme qui semblait se déchirer sous une tempête que je ne pouvais plus maîtriser. J'avais été trop loin, j'avais engendré trop de morts, j'étais finalement devenue ce que je haïssais le plus : une tueuse, une bouchère. Je ne saurais m'expliquer autrement qu'en repensant à mon souvenir le plus lointain. Cependant, voilà où j'en étais. J'avais à peine commencé à agir par moi-même, j'avais déjà les mains tâchées de sang.

 Lorsque j'essayais de remonter dans ma mémoire afin d'expliquer pourquoi ou comment j'en étais arrivée là, je songeais à ma jeunesse, aussi terrible et floue qu'elle ait pu être. D'ailleurs, je me demandais si, dénuée d'une quelconque innocence je pouvais réellement parler d'enfance?

 Quel âge avais-je à ce moment-là ? Je crois m'en souvenir bien que cela soit brouillon et confus dans mon esprit. Je ne devais avoir que quinze cycles solaires. J'étais une petite fille qui vivait seule avec une femme, étant sûrement ma mère. Elle prenait plaisir à m'élever, son sourire que je garde en mémoire le prouvait, du moins je le croyais.

  On m'appela Evialg, bien que je n'en sois pas complètement certaine, cela en l'honneur d'une Divinité qui devait être étroitement liée avec moi. Cette dernière symbolisait la plus grande source de puissance du Monde, mais tout ça m'était flou... Je m'épanouissais au milieu de monstres hirsutes et de créatures de pierre immenses, pullulant dans cette zone, les affrontant jour après jour. Les quelques personnes que je connaissais n'avaient pas grand mal à me reconnaître. J'avais des cheveux magenta et de grands yeux blancs.

 J'accomplissais avec régularité les cultes envers ma divinité, m'obligeant à traverser les montagnes pour prier dans un temple dédié au culte d'un Dragon. Ma foi m'aurait dictée une voie belliqueuse, néanmoins, je refusais de massacrer et de tuer les aventuriers peu nombreux, passant aux alentours de notre demeure, ne serait-ce que pour ne pas ressembler aux démons, qui d'après Mère étaient de la pire espèce de vauriens vivants dans notre monde, ne semant que haine et panique sur leur passage. Tout était question de malhonnêteté.


 Aujourd'hui, était mon grand moment, j'allais enfin partir de moi-même vivre l'aventure. Nous partions donc ma génitrice et moi ce jour-là sur notre monture, emportant un grand sac de provisions et de tissus. La direction que nous prenions était celle d'une cité dont les remparts semblaient de loin être ceux d'une ville noyée par la mort, par la souffrance. Je frissonnais en apercevant les nuages épais et ténébreux recouvrant les Landes Sombres, m'interrogeant nerveusement sur la raison qui aurait pu expliquer pourquoi nous nous y dirigions.


 Arrivées en vue des murs de la morne ville, ma mère descendit de la monture, et me tendit les bras pour que je la suive à mon tour. Je m'éloignai inconsciemment, voulant chasser deux créatures humanoïdes dissimulées derrière un rocher. Je luttai pour les mettre en pièce, et fière de mon exploit, je voulus l'annoncer. Mais lorsque je sortis de derrière l'imposante pierre, je n'aperçus que la poussière soulevée par la monture, repartant au loin. Je m'écroulais au sol en larmes. Insultant celle que je croyais être ma mère, de toutes les ignominies qui me passaient par la tête.

 Paniquée, assoiffée et affamée, je devais errer dans les landes depuis sûrement plusieurs jours. J'avais fini par abandonner l'idée de quitter cette terre désolée, j'attendais que la mort vienne me récupérer dans ses bras gelés, assise sur une pierre, pleurant les quelques dernières larmes de mon corps. Le morne silence qui m'accompagnait depuis trop longtemps était finalement rompu par le fracas de lourds pas venant vers moi. Peut-être venait-on me sauver ?! Je me mettais à faire des grands gestes avec le peu de force qu'il me restait.

 Seulement, de plus près, je remarquais des lances immenses, portées par des hommes en armures sombres et arborant un macabre drapeau. Je me mis à courir, du plus vite que je le pus, mais trébuchai et m'écrasai au sol. J'étais épuisée. Derrière moi, j'entendais des rires moqueurs et sentais que quelqu'un m'approchait. Une main me saisit par les cheveux, j'hurlai, mais on me passa un foulard en travers du visage afin de m'empêcher de crier.

 Tout en me contractant je fis un bond de côté, saisissant à ma taille mon épée. L'un d'eux sourit, puis sauta au sol. Il se dressa en face de moi et pointa vers moi sa lance. Je me glissai habilement sur ses côtes, lui déchirant l'abdomen d'un coup. Il s'écroula et deux autres gardes se dressèrent face à moi, je m'apprêtai à m'élancer pour les abattre, quand je sentis un coup derrière mon crâne. Je tombai à terre, et là, plus rien.


 Plusieurs heures ou jours plus tard, j'ouvrais les yeux, les mains bloquées par de lourdes menottes, elles-mêmes accrochées par une chaîne au plafond, ayant mes jambes entravées par un système pareil à celui me brisant les poignets. Il faisait plutôt sombre et l'endroit dégageait une odeur désagréable. Je devais être retenue dans des cachots… Mais pourquoi, qu'avais-je fait ?

 Toujours tiraillée par la faim et la soif, je remuai, de sorte à ce que l'on me remarque ou pour le moins que l'on constate que j'étais vivante. Le bruit métallique des chaînes contre la pierre se mélangea à un bruit nouveau. Une lame ou un autre objet en fer devait traîner sur le sol, quelqu'un venait donc.


 La silhouette était enfin perceptible, portant à la main une torche et dans l'autre une planche en bois sur laquelle étaient posés un morceau de pain et un pichet. L'ombre ouvrait la cellule, et se débarassait de son flambeau sur un reposoir appliqué au mur. Je voyais son visage, celui d'un jeune homme, cependant ses yeux étaient comme empli d'une violence aigue et d'une méchanceté débordante. Il passa ses mains derrière ma tête, détachant le tissu m'empêchant de respirer pleinement.

 Je prenais une grande bouffée d'air depuis fort longtemps, mes poumons semblaient imploser tellement ils avaient été comprimés jusqu'alors. Il m'amena à la bouche le morceau de pain, je le croquai avec engouement, mais j'eus plus de mal à l'avaler, constatant qu'il était rassis, moisi. Je le mangeai avec dégoût. Il mit ensuite face à mes lèvres le pichet, qu'il versa tout d'abord délicatement, puis me vida dessus violemment, renversant l'eau sur tout mon corps, me faisant frissonner tant elle était froide. Il laissa le bout de bois en feu dans la cellule, et partit.


 Toujours fatiguée, j'essayais de fermer les yeux pour me reposer mais la lumière m'en empêchait. Je ne réussis à m'assoupir que lorsqu'elle s'éteignit, le combustible complètement consumé. Malgré la position horriblement inconfortable, je pouvais enfin dormir et avais le sentiment de reprendre un peu de force. Mon repos n'allait pas durer.


 Je fus réveillée par une gifle violente. Deux hommes ricanaient très désagréablement. L'un d'eux s'exclama :

 « Finalement, tu es bien plus jolie que tu ne le paraissais, pourtant te regarder te rouler au sol, c'était plutôt marrant. Qu'en dis-tu Trezc ?

- Effectivement, l'autre jour, on aurait dit qu'elle ressemblait bien plus à un porcelet qu'à une fille. Il se mit à rire bruyamment.

- Oui c'était tout à fait ça, un porcelet se roulant dans la poussière. Il suivit son camarade dans leur délire puis reprit. Bon et si on s'amusait un peu avec elle maintenant ?

- Ne me touchez pas ! Criai-je, en me débattant du plus que je le pouvais. Bande de porcs ! Dès que je me serais libérée, j'aurais votre peau ! Vous m'entendez !

- On t'entend ça, oui. Mais enchaînée comme tu l'es, je ne vois pas ce que l'on risque.

- Puis les ordres sont clairs. Lâchait l'autre. Faites-la souffrir.

- Quoi ? Mais de qui sont vos ordres, de qui ?! Désespérais-je, ne comprenant pas ce que j'avais fait pour me retrouver ici.»


 L'un d'eux s'approchait de moi, mais je lui crachais au visage, tout en lui hurlant de partir. Voulant à tout prix l'éloigner de mon corps.

 «Mais c'est qu'elle résiste la peste, je me serais plutôt contenté de ne pas résister si j'avais été toi.»

 Il arborait un sourire odieux, sortait une dague fine de son ceinturon et s'en servait pour découper d'un éclair argenté les liens de mon haut de tunique, me coupant légèrement sous le cou. Ses deux mains se plaçaient sur ma chair, me la touchant vicieusement. Je criais autant que je le pouvais, sans pour autant avoir un quelconque espoir « d'alerter » qui que ce soit ; je me trouvais dans la cité du mal et de l'agression, ceux qui m'entendraient, au mieux viendraient se divertir de ma situation désastreuse.


 C'est ainsi que le désespoir s'empara de moi.


 L'autre garde passa derrière moi, me mordant le cou à pleine dents et plaçant ses mains sur mes hanches. Je les sentais descendre et atteindre le haut de mon pagne, qu'elles déchirèrent, me mettant à nue. Je les suppliai d'arrêter, le souffle coupé par la panique et le stress.


 Cependant, ils n'en firent rien et retirèrent leurs bas. Je me mis à pleurer sous la violence de leurs étreintes, mon corps forcé par ces deux malades, exploité tel celui d'une esclave. Tout juste assez mûr, pour apaiser tous les fantasmes de ces monstres sans cœur ni âme ; je pleurais toutes les larmes de mon corps, éprouvant un profond dégoût et me laissant aller à une terrible envie de mourir et en même temps de me venger.

 " Je vous tuerai. Je vous tuerai tous. "

 Mon souffle se tarissait, je me tordais de douleur, je m'abandonnais aux griffes du désarroi. Je finissais par m'évanouir.


 « Pourquoi moi ? »


 Parfois il m'arrivait de rêver. De revoir le soleil, de vivre, de m'épanouir, mais l'obscurité m'emmenait loin de mes rêves et me ramenait à cette cruelle réalité. Je continuais de subir régulièrement, les sévices sexuels de ces malades et fourbes, parfois, je n'en étais pas consciente : mon âme n'était plus, j'avais cessé d'espérer, j'allais mourir, je le voulais et le devais, j'étais souillée. Malgré cette envie d'abandonner, de ne plus penser, je sentais crépiter en moi une énergie émanant de la haine que je portais envers tous ces fous.


 Un jour, alors que je perdais mes songes dans l'obscurité de ma cellule, l'un des gardes s'approcha de moi et m'asséna une gifle. Elle m'avait semblée plus violente que toutes les précédentes, peut-être plus brutale. Il venait sûrement pour assouvir son vice, se plaçant comme tous les autres, derrière moi. J'entendais la boucle de sa ceinture heurter le sol, le bruit strident de l'écho du métal sur la pierre se transforma en un immense frisson sillonnant mon dos. Quelque chose en moi venait de s'éveiller. Quelque chose brûlait désormais en moi.

 Tandis qu'il souhaitait profaner mon corps et faire souffrir ma chair, et que de ce fait j'allais encore vouloir m'abandonner à la mort, je fis violemment éclater les chaînes me restreignant les jambes. Je le repoussai, puis par une acrobatie, je me défis de mes liens en les rompant. Virevoltant dans l'air, je retombai sur le garde, malaxant son crâne de mes doigts et le projetant violemment dans les grilles, volant à leur tour en éclats. Je cherchais frénétiquement de quoi me vêtir, mais je ne trouvais rien pour me couvrir.

 Cela n'importait plus désormais, je massacrerai qui me retiendrait, et nue. Rien ne pouvait plus m'en empêcher.


 Je prenais instinctivement possession d'une nouvelle puissance parcourant sauvagement mes veines, je fis alors apparaître une longue épée dans ma main. Elle était blanche, immaculée, il en émanait une aura apaisante. Une douleur me déchira le dos, je m'affaissai sur le pavage froid. Mon dos se fendit, tandis que de vives effusions sanguines enveloppèrent ma peau gelée. J'avais l'impression que mes os cherchaient à quitter mon corps, et que j'allais mourir de douleur, mais non. Deux ailes pâles et lumineuses venaient d'éclore de ma peau.


 Qu'avais-je fait pour que cela se produise ? Quel était ce sentiment qui me consumait de l'intérieur ? Pourquoi m'avait-on fait subir toutes ces horreurs ? Était-ce ça l'injustice ?


 Je n'avais pas le temps de penser. J'allais noyer mon âme dans le sang de ces monstres, je le désirais intensément. La colère satisfaisait actuellement mon esprit, bien plus que nul autre sentiment ne l'avait jamais fait. Il n'y avait à cet instant dans ma tête plus aucune place pour la pitié ou le pardon. Je relâchais ma fureur avec violence pour faire sauter tous les murs du bâtiment pénitencier. Les gardes s'attroupèrent pour me faire face, comme paniqués, tourmentés par mon improbable évasion. Leurs yeux s'ouvrèrent, tandis que leurs têtes volèrent sous ma lame.

 La terre sous mes pieds tremblait, je soulevais le pavage à chacun de mes pas, courant frénétiquement, je bondissais sur chaque personne se retrouvant face à moi. Je reconnaissais finalement parmi les troupes affolées, les visages vicieux et l'odeur purulente des deux hommes qui avaient été les premiers à me salir, à me souiller.

 Je stoppai ma course et m'approchai d'eux lentement, je fis disparaître mon épée de lumière. Ils étaient terrifiés. Ma haine s'amplifia. Leurs expressions faciales deveninrent livides comme la mort. Je plantai ma main dans le torse de l'un des deux. Saisissai à pleine main ses organes, que j'extirpais violemment hors de son corps. L'autre se mit à courir afin de fuir sa mort, mais je bondis en vitesse, le fauchai en lui brisant les jambes, le regardai ramper quelques instants. Je le relevai en le soulevant par le cou. Je le positionnai contre un mur, il gesticulait afin de se libérer de la strangulation, cependant, ses efforts demeuraient vain. Ses cris étouffés de terreur coupèrent le souffle de tous les témoins de la scène, instaurant un silence morose dans la Milice.


 « Je suis la puissance. Tu le comprends, ça ? »


 J'armai mon poing et le lui écrasai dans le visage, son sang jaillit dans tous les sens. Je fis réapparaître ma lame lumineuse, me retournant face aux soldats restants, et me ruai sur eux. La bâtisse vola en éclat. Le sang et les corps démembrés tapissaient chaque dalle du sol. Cette ville allait être témoin d'un carnage sans limite.

 Durant toute une nuit et machinalement, je tuai quiconque je croisais, femmes et hommes, enfants et vieillards, coupables et innocents. Tous étaient à mes yeux, responsables de ce qui m'était arrivé. Tous auraient pu m'aider et me faire quitter cette geôle où je n'aurais pas dû être enfermée. Mais personne n'avait répondu à mes hurlements de détresse. Aujourd'hui, tous allaient payer.


 Mon désarroi s'atténuait progresivement, et, comme si je me réveillais d'un mauvais rêve, j'ouvrais les yeux. J'étais couverte du sang d'un millier de personnes, tournant sur moi-même, au milieu d'une place quelconque, au centre d'un carnage sans nom, j'avais semé la mort dans ses formes les plus terribles. Mes larmes coulaient à flots. Mon cœur battait anormalement vite. Mon souffle devenait totalement incontrôlable.

 Mon estomac se tordit, je tombai à genoux, vomissant le pain rassi avalé la veille. Mon corps tremblait, je pleurais, me roulant dans les tièdes flaques poisseuses, faites du liquide écarlate. J'étais nue, et glacée par l'air nocturne qui se déplaçait dans les artères ensanglantées de cette cité. Je voyais tous les corps inanimés partout autour de moi... Qu'avais-je-fait ? Je ne pouvais m'imaginer capable de faire ça, ce n'était pas possible. Je devais être en train de vivre un cauchemar.


 Ce fut cette vision infernale, qui appela mon désir d'oublier, et qui finalement, me conduisit jusqu'à cette île inconnue, comme guidée par mon instinct. Traversant des plaines verdoyantes, marchant à travers de vastes forêts, je finis par arriver à ces falaises, surplombant la mer bleue, cette dernière aussi furieuse que mon esprit.


 C'est ainsi que mon souvenir se terminait, que je repris le cours de mes pensées. Je fermai les yeux, étendai les bras. Derrière moi, les multiples bruits émanant d'un bosquet paisible se mélangeaient aux claquements des vagues sur les parois érodées. La brise marine, remplissait mes poumons d'un air pur, l'odeur du sel pénétrait mes narines.

 Devant moi, ce dernier paysage, qui se devait d'être le début de ma longue fin. Je me retrouvais ici. Les mains tachées du sang de tant de personnes... Tandis que je me pressais le corps, je le découvrais au même moment. Comme si j'en prenais la possession pour la première fois. Mais de quoi, de qui ?


 Je fis trois pas en avant, atteignant le bord de la paroi, puis me laissai tomber. Je ne sentis que le contact d'un rocher solide, me brisant l'abdomen, écrasant ma poitrine et broyant tous mes organes. La caresse de l'eau, liée aux sveltes mouvements des vagues, donnait une dernière fois à mon corps l'impression d'être en vie.


 Hors de moi, les marées se succédaient, le soleil réchauffant cette plage de son éclat sans défaut, l'eau nettoyant à chacun de ses mouvements les galets ronds de cette étendue sablée, le vent marin balayant le ciel de ses nuages.

 Qu'était cette sensation ? De l'eau ? Une forte odeur salée me soulevait l'estomac. On était en train de me traîner hors de mon grand bain. Je sentais une présence, mes yeux s'ouvraient difficilement, inondés et brûlés par l'iode. Une silhouette floue remuait au dessus de moi, qu'était-ce ? La forme se déplaçait et saisissait mes mains, mon cœur était inactif, mon souffle avait disparu.

 J'entendais des vagues et sentais la chaleur timide du soleil. Où pouvais-je bien me trouver ? Le froid humide qui me hantait, laissait place à une agréable sensation de chaleur. Ma poitrine se réchauffait sous la pression de deux mains délicates. Deux petites ailes se dessinaient sous mes yeux. Qu'est ce qu'il se passe ? Qui suis-je ? Où suis-je ?

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