Chapitre 13D: novembre 1764

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J'envoyais une lettre à Camille, pour ses dix – huit ans, en novembre.

Chère Camille,

Je vous souhaite un joyeux anniversaire, une bonne santé. Rien n'a changé ici, et j'espère de tout mon cœur que tout se passe bien à la maison, que tout le monde se porte bien.

Au moment où je vous écris, les cours sont terminés, et j'attends ma place pour aller me laver, moment que je n'aime pas, car l'eau est froide et nous n'avons le droit à aucune intimité. Les filles du dortoir sont bruyantes et dissipées, le soir, il est impossible de s'endormir sans entendre frapper à la porte de la chambre, glousser, discuter, et la bonne sœur qui s'énerve.

Bien à vous,

Louise

Il y avait une bonne sœur qui me faisait beaucoup rire, elle s'appelait sœur Anne, et elle nous enseignait principalement le latin. Une fois, elle me sermonna car je ne connaissais pas le chapitre de la Bible à apprendre pour ce jour–ci. Je dû me retenir de rire.

—''Mademoiselle, elle, Châteauroux, ou, si vous ne voulez, et, pas apprendre les leçons, on, la porte, ore, est ouverte, erte.’’

—''Oui madame.’’

Je regardais la neige tomber depuis ma fenêtre, tout était blanc, le chêne nu, et l'horizon dessinait toujours le même paysage, parfois effacé par la brume, un grand bâtiment : celui des garçons . Je les voyais parfois sortir dans la cour lorsque je travaillais, lorsqu'ils assistaient à leurs cours de sport. Nous n'y avions pas le droit, mais j'aurais aimé essayer une fois. Certaines fois, j'avais l'impression qu'ils me voyaient depuis en bas, alors je tournais la tête, quelques-uns avaient du charme...

Le temps passait, assez vite en vérité, en septembre je me demandais ce que je ferais en mars, et arrivée en mars, je me demandais ce que je ferais en septembre. Depuis septembre, une quinzaine de filles avaient été renvoyées pour mauvais comportement.

Au mois d'avril, Camille m'envoya une lettre.

Chère Louise,

Nous avons, le six avril, fêté l'anniversaire de Thérèse, la petite avait préparé une ballade avec sa maman, et nous avons tous été surpris lorsqu'elle nous l'a chanté, sans fautes et de bon cœur. Ici tout va bien, il fait beau mais je pense que vous avez le même temps que nous et avec Marguerite nous faisons des balades à Paris, Célestin commence à parler de mon mariage, mais je n'écoute pas tant que vous n'êtes pas rentrée, et puis je suis trop jeune, il m'agace. Un prétendant est venu hier (jeudi 10 avril), mais je lui ai clairement fait comprendre que ce n'était pas le moment. Je vous envoie des nouvelles dès la naissance du petit de France.

Camille.

Je ne lui répondis pas, ce n'était pas la peine. En revanche j'attendais avec impatience la lettre visant la naissance de l'enfant de France.

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