Chapitre 19C: septembre - octobre 1770

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Quinze jours plus tard, alors que Camille était sortie du lit en bonne santé depuis déjà quelques temps, l'on fit poser Auguste fils avec sa petite sœur, Auguste père ayant fait venir un peintre spécialement pour les immortaliser.

Marie–Louise, solidement fixée dans ses mailles, fut installée sur les genoux de son frère vêtu d'une belle robe blanche, tandis que l'artiste commençait son travail. Très vite, le petit garçon perdit patience, je pense surtout que sa sœur était trop lourde pour lui. Son père l'empêcha de quitter son siège, pour ne pas obliger l'artiste à recommencer. Auguste fils pleurait, son père haussa le ton, ce qui ne fit qu'augmenter les cris de l'enfant. Bientôt Marie–Louise s'agita, ouvrit les yeux, et calma de son regard son frère qui lui caressa les joues. À la surprise générale, bien que quelques fois, il fallut lui donner une gourmandise pour le convaincre de rester sage, le petit garçon ne bougea presque pas durant les deux heures que le peintre consacra pour accomplir son œuvre.

Je restais la journée avec ma sœur et je rentrais chez mon frère le soir tombé. Tentant de mieux connaître la femme qu'allait épouser Louis, je discutais avec elle lors des repas, j'apprenais qu'elle était issue de la moyenne bourgeoisie, mais c'était surtout Louis qui m’informait sur elle.

Madeleine Aubejoux, vingt–sept ans, issue d'une famille de cuisiniers, son père travaillait pour le roi et sa grand–mère aurait servi Louis XIV. Deuxième de sa fratrie, elle avait quatre frères et sœurs. Nous parlâmes un peu, mais Madeleine était plutôt réservée avec moi, alors que plutôt extravertie avec son époux.

Alors que je me rendais chez ma sœur, celle – ci me questionna sans même me saluer :

—'' Vous saviez vous, qu'Auguste était marié avant moi ?

—'' Non. Répondis-je quelque peu choquée par cette nouvelle inattendue.

—'' Il me l'a sous – entendu ce matin, en me reprochant d'être la femme la plus insupportable qu'il n'ait jamais eu. De savoir que des femmes avant moi ont vécues avec lui, cela me choque...

—'' Qui était t-elles ?

—'' Je n'en sais rien. Me répondit Camille à bout de nerf.

—'' Je vais lui demander.

—'' Non ! Je vous en prie... Il va encore me reprocher des tas de choses...

—'' Il n'est plus si effacé votre mari, alors? C'est moi qu'il critiquera de façon négative, pas vous.

J'allais lui demander. Il refusa de me donner des noms, et me pria de sortir de son bureau. Qui aurait pu savoir à part lui ? Sa sœur. Camille avait le droit de savoir l'identité des femmes mortes pendant leur mariage avec son mari, et si Auguste était un meurtrier ? J'allais demander l'adresse à Camille, qui se souvenait d'un logis à la façade bleue rue de la paix.

Très vite, nous retrouvâmes l'appartement où vivaient les parents et la sœur d’Auguste.

Nous nous y rendîmes avec Camille et ses deux bambins, persuadées de pouvoir trouver la réponse à cette question si légitime. La sœur cadette d'Auguste, Adélaïde, se montra très gentille et répondit le plus simplement du monde à notre question.

— En été 1765, Auguste se maria à une certaine Anne Hautefeuille, qui mourut quelques mois après, d'une phtisie foudroyante. Puis cinq mois après, il épousa Marie-Josèphe dont le nom de famille ne me revient pas, qui décéda d'une gangrène, enceinte de sept ou huit mois, un an après.

Nous remerciâmes Adélaïde, qui en profita pour saluer sa petite nièce, qui le lui rendit bien en lui offrant son premier sourire.

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