Chapitre 0 - Introduction

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Je regarde avec dégoût l'imposante machine, créatrice de machination et de conflits.
Outil de pouvoir, de création, de destruction, outil à la fois omnipotent et omniprésent dans la vie de tous...
J'étais la cible comme des centaines, des milliers, des millions d'autres. Manipulé comme manipulable, par le biais d'hommes en noir, en blanc, en bleu, de bien des couleurs vestimentaires.

Aujourd'hui, je me trouve face à mon destin. Poussé par ces hommes, ces femmes, ces enfants, ces vieillards, je vais devoir prendre en main la bête, au risque de provoquer une guerre, une apocalypse, ou bien pire encore...

- Allez-y. C'est un ordre, vous êtes le nouvel Administrateur.
Ils me répétaient ça, avec leurs grandes armes, leurs gros calibres. Après tout, je peux choisir de signer ou non ce terrible contrat, je peux accepter cette obligation, et ainsi être craint de tous, ou refuser, m'apportant indéniablement des souffrances bien au delà des limites du supportable.
- D'accord.

Je pense de façon aveugle. Du moins, c'est ce que je pense.

Après quelques secondes, je m'approche de l'impressionnante machine, dont la seule vue provoque des montées de psychoses. Je peux me souvenir de tous les massacres, toutes les guerres, toute la souffrance qu'a provoqué ce gigantesque amas de câble et de circuits.
Un genre de dictateur suprême sans époque, sans âme, et contrôlé par un être possédant parfois un coeur, parfois un esprit, parfois les deux, parfois aucun.

Devant moi, le grand écran principal. Derrière moi, des dizaines de soldats armés. Et c'est maintenant que tout se joue...

|INITIALISATION_SYSTEME-CONFIGURATION_DU_NOUVEL_ADMINISTRATEUR|
|........................................................................................................................|
|...ENTREZ_LE_NUMERO_IDENTITAIRE_DU_NOUVEL_ADMINISTRATEUR...|
|ID:________________________________________________|

Ils ont toujours étés dans la simplicité. Mon identité...
L'identité coule dans les veines des gens. L'identité... elle est sous le bras gauche.
Trente-deux chiffres, seize lettres.

|ANALYSE_EN_COURS...|
|ID_VALIDEE.|
|INITIALIZATION_OF_SYSTEM...|
|INITIALIZATION_GRAPHIC_INTERFACE...|
|Bienvenue, M. Patrick. Analyse terminée. Signez pour compléter.|

Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas si je dois. Contrôler cette machine infernale peut apporter tant de malheur sur les gens que j'aime, que j'apprécie, que je connais à peine, ou que je ne connais même pas... elle peut m'attirer tant de haine...
Mais telle est la nature humaine. Recevoir trop de pouvoirs amène irrémédiablement à l'abus. L'envie d'aider, de changer les choses, de tout rendre parfaitement correct... tout le monde sait que c'est impossible. Que l'homme finira toujours par faire une erreur, qui l'enverra directement jusqu'à un doux siège de soie, entourré d'esclaves et de gardiens armés.

Je me retourne quelques secondes, le temps de regarder les spectateurs. Leurs yeux emplis d'excitation, d'avidité, d'espoir, de joie, de tant de sentiments... des exaltations remarquables et remarquées...

Je signe.

...

| Bienvenue au Pouvoir. |

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Défi
lisous2004

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Clo06

Pendant longtemps, je ne trouvais pas les mots pour m’exprimer oralement. Ils restaient coincés dans ma gorge, ils ne pouvaient sortir. Je ne savais dire que « oui » ou « non » (rarement), « merci », (surtout « merci »).
Pour exprimer ma peine, mon désarroi, mon désespoir, ma souffrance, j’étais seule face à moi-même.
Personne pour me réconforter, personne pour me donner confiance. Je n’avais que moi-même pour me construire, une autodidacte en somme.
Je ne savais qu’écrire, cela me soulageait. J’adorais les mots. J’aimais écrire des lettres. J’écrivais des poèmes surtout, et j’adorais Verlaine. La poésie m'amenait vers un monde meilleur auquel j’aspirais. Mais j’aimais aussi les dissertations, les mots croisés, le scrabble, tout ce qui se rapportait aux mots. A contrario, j’étais nulle dans tout ce qui ressemblait à un chiffre.
Et puis, j’ai dû apprendre à « sortir » mes mots : lors des concours professionnels devant cinq jurés, j’ai dû me faire violence. Pour dire « non » au travail, je me suis fait violence aussi. Et j’y suis parvenue. Je peux dire que j'en étais fière !
Aujourd’hui encore, j’aime les mots. Ils soignent mes maux, certains ont évolué en fines cicatrices, à peine visibles à l’œil nu et à cœur nu, mais d’autres sont arrivés.
Et ce soir, pendant que j’écris ces mots, mon cœur saigne encore. Combien de blessures du cœur puis-je supporter ? Je ne sais pas, mais je continue à écrire, car écrire met un baume à mes blessures, les anesthésie. Écrire me transporte dans un autre monde, loin des soucis et de mes misères. C’est une fuite, un besoin vital, qui m’empêche de sombrer dans une mélancolie fatale. Je me recrée un monde avec les mots et je fantasme avec les mots.
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Défi
DieJobu

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- Oui. Non. Tais-toi. Je dois raccrocher.
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- Arrête.
- Nina ? Je te manque ?
Nouveau silence.
- Oui tu me manques. Je donnerais n'importe quoi pour que tu sois là avec moi. C'est complètement stupide, ça n'a même pas de sens ... Mais je pense à toi tout le temps. Tous les jours j'attends ton message, ton appel. Tu es la première personne à laquelle je pense en me réveillant le matin, je ferais n'importe quoi pour me réveiller à nouveau à tes côtés. Et ce que tu m'offres, c'est trop peu. J'ai besoin de plus venant de toi. Je sais, tu ne veux pas ... C'est trop bête, laisse tomber. Fais comme si je n'avais rien dit.
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