Premières révoltes.

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-Il est mort ?

-Mais non ! Il respire toujours et heureusement ! répondit une voix féminine qui semblait exaspérée.

-Ok. Il a l'air tellement mal en point. Ça ne devrait pas tarder...

À qui appartenaient ces voix ? Il devait y avoir deux personnes dans la pièce où je me trouvais toujours. Je me sentais si faible que je n'avais pas le courage d'ouvrir les yeux. Je sentais la sueur couler le long de mon visage. J'étais si mal... Je ne pouvais même pas tellement bouger, Thomas avait laissé les chaînes serrées, bloquant mes bras de chaque côté du lit et rendant ma position inconfortable.

-Qu'est-ce que vous faites ? s'écria une voix agacée que je reconnaissais avec soulagement.

-Ne t'inquiète pas, Nael. Nous sommes juste venus voir comment il allait.

-Toi, je te crois. Pas en ce qui concerne ton frère...

-Ho, Nael... Tu me brises le cœur, tu sais... J'étais véritablement venu voir comment il allait ! S'il était encore en vie ou non...

-Cette situation t'amuse, n'est-ce pas ? Toi et ton mépris pour les calices alors que nous ne choisissons pas notre destinée !

-Vous acceptez tous autant que vous êtes votre PUTAIN de destinée alors que vous pourriez la refuser et ne pas vous lier mais vous finissez toujours dans le lit de votre vampire... dit-il d'une voix pleine de mépris.

-Tu connais mon histoire pourtant. Tu sais que ma relation avec Sergueï a commencé de manière particulière et que je lui ai résisté le plus longtemps que j'ai pu. Mais le lien est si fort que nous ne pouvons le repousser trop longtemps, oui. Et puis, pourquoi combattre un sentiment si intense et si puissant ? Un amour éternel ? Quelque chose que tu ne connaitras jamais !

-Bon, vous deux ! On arrête là ! s'exclama la voix féminine autoritaire. Je présume que tu es venu t'occuper de lui. On te laisse dans ce cas. Adrien, allons-y !

Des pas se firent entendre avant celui d'une porte qui se referme. Un gros soupir vint prendre la suite.

-Désolé pour ça, Sébastian, dit Nael en s'approchant du lit. Tes chaînes ! Ho ! C'est pas vrai !

Je l'entendis actionner le manche et je sentis avec soulagement, mes chaînes se desserrer. Un gémissement passa ma gorge alors que je baissais enfin mes bras le long de mon corps, lesquels étaient tout engourdis.

-C'est Thomas, n'est-ce pas ? Normalement, personne d'autre n'est venu te voir... Je le surveillerai, ne t'inquiète pas.

-Humm... gémis-je en sentant un gant humide et frais se poser sur ma peau.

Il me le passa sur le visage avant de le rincer et de le laisser sur mon front.

-Bois, Sébastian. Tu en as besoin, dit Nael en pressant ce qui devait être une pipette contre mes lèvres.

Je fis ce qui m'était demandé et de sentir le liquide froid dans ma bouche et couler le long de ma gorge me fit beaucoup de bien.

-Je n'aime pas te voir ainsi... Ça me rappelle tellement de mauvais souvenirs... Je sais parfaitement ce que tu traverses mais sache que contrairement à moi lorsque j'étais dans ta situation, tu n'es pas seul. Je te protègerai autant que je le pourrai et j'essaierai d'atténuer tes symptômes dus au manque.

-Qui... étaient ces personnes... avec toi ? demandai-je d'une voix faible que je ne reconnaissais pas.

-Il s'agit de ma famille. Ce sont les descendants de ceux qui ont fait partie de ma vie lorsque j'étais humain. Je m'entends bien avec la plupart d'entre eux mais il y a quelques... exceptions.

-Comme cet Adrien ?

Un petit rire me répondit.

-Tu as tout entendu, on dirait !

Il soupira avant de reprendre.

-Oui... Adrien fait partie des membres de la confrérie qui pensent de manière archaïque et étroite d'esprit. Pour eux, tout est noir ou tout est blanc. Ils refusent de voir toutes les nuances qui existent pourtant ! Ils détestent ouvertement les vampires, quels qu'ils soient ! Et méprisent les calices... Tu l'as entendu. Pour Adrien, les calices devraient résister au lien. Il ne se rend pas compte de ce qu'est véritablement le lien et de sa puissance... J'étais comme lui autrefois. C'est pour cette raison que j'ai résisté à mon vampire le plus longtemps possible mais ça a été si dur ! Je me détestais pour ça, pour ne pas être insensible à ce qui se créait entre nous... J'ai même tenté de mettre fin à mes jours pour échapper à Sergueï et mon destin... Mon honneur de soldat de l'ombre me le commandait. Enfin, c'était ce que je croyais. Quel idiot j'étais...

J'étais choqué de ce que j'entendais. La vie de Nael avait dû être si compliquée ! J'avais de mon côté, si bien accepté ma situation que je ne m'étais même pas dit que les choses pouvaient être à ce point différentes pour d'autres calices ! Et c'est pour cette raison que j'avais été étonné que ça se passe si mal pour Lucas... J'avais tout accepté très rapidement parce que j'avais immédiatement vu ce lien comme une chance ! Je me sentais tellement seul... Pourquoi aurais-je repoussé Éric alors qu'il venait bouleverser ma solitude et combler mon cœur ?

Tout à mes pensées, la voix de Nael qui se fit entendre de nouveau, me ramena subitement à la réalité.

-Et puis, j'ai fini par comprendre qu'il n'y avait rien de mal, rien d'horrible à ce lien. Qu'il était même une chance et que tous les vampires n'étaient pas mauvais. Loin de là ! J'ai compris que le monde était finalement rempli de nuances, de belles nuances entre le noir et le blanc...

Suite à son explication, un silence régna quelques instants dans la pièce.

-La seconde personne... Qui était-ce ? demandai-je finalement.

-Il s'agit d'Olivia, la grande sœur d'Adrien. Elle n'est pas comme lui et j'en suis heureux. Lorsque je l'ai rencontrée, elle m'a accueilli à bras ouverts, heureuse de rencontrer un membre de sa famille, aussi ancien et particulier soit-il, dit Nael dans un sourire. Elle fait partie de ceux qui commandent. C'est une bonne personne. Enfin... Je ne devrais pas te dire ça parce que tu es prisonnier et attaché à ce lit.. Excuse-moi... Cette situation me perturbe.

-Pourtant... Tu me laisses attaché... Enfermé... Tu sais ce que je... ressens.. Tu pourrais me libérer... tentai-je faiblement.

J'avais rouvert les yeux et je vis du regret passer dans son regard. Nael était manifestement troublé. Il soupira et retira le gant de mon front. Il le fit ensuite tremper dans la petite bassine d'eau froide avant de le remettre sur ma peau. Ça me faisait du bien, ça soulageait ma fièvre...

-Sébastian... Je ne veux pas qu'on te fasse du mal mais... Sergueï est mon vampire et je me dois de le soutenir. Il n'a jamais oublié John et ce qui s'est passé entre eux. Il le tient pour responsable du meurtre qu'il a commis sur les parents de notre fils.

Je l'entendis encore soupirer.

-Tu sais, j'ai essayé de le dissuader d'accomplir sa vengeance. Sergueï est si têtu... Si malgré toutes ces années passées, il n'a jamais pu pardonner à John son rejet, s'il n'a jamais pu comprendre que la colère de John était tout à fait légitime parce qu'il avait été transformé contre son gré et qu'il ne pouvait pas prévoir que sa famille le retrouverait et blesserait grièvement mon vampire, ce qui causerait une soif intense et incontrôlable chez lui, alors je n'ai plus qu'à le laisser faire afin qu'il se sente mieux et passe enfin à autre chose ! J'ai essayé de l'en empêcher, de lui expliquer mais rien n'y a fait. Tout ce que je peux faire à présent, c'est être là et contrôler le peu que je peux contrôler, tout en limitant les dégâts.

Le cœur serré, je le vis se tourner soudainement vers la sortie. Il se leva ensuite et se dirigea vers elle.

-Tu écoutes aux portes, maintenant ? demanda-t-il sur un ton sévère en ouvrant cette dernière.

Sergueï... Sa présence et son aura particulière emplirent immédiatement la pièce, me glaçant sur place.

-Mon amour... Je ne peux rien te cacher, lui répondit-il de sa voix grave dans un sourire et sans se démonter une seule seconde.

Je le vis attraper Nael par la taille et le serrer un peu rudement contre lui.

-Fais gaffe, vampire ! Je peux encore te plaquer au sol et te punir comme il se doit ! N'oublie pas que je suis un soldat de la « Confrérie des protecteurs de l'ombre » !

Le sourire de Sergueï s'agrandit encore et ses mains descendirent sur les fesses de Nael qu'il empoigna franchement. J'étais un peu gêné de voir ça...

-Hé !! s'écria le calice en essayant de remonter les mains du vampire.

-Mais je n'attends que ça, mon amour. Punis-moi comme je le mérite, dit celui-ci d'une voix suave.

Ok... Je vis les joues de Nael s'enflammer, il avait l'air gêné et il le fixait de ses yeux écarquillés. Il finit par se détacher des larges bras qui l'entouraient. Il se détourna et je l'entendis se racler la gorge sous le petit rire du vampire.

-Je te l'ai déjà dit, tu ne gagneras jamais contre moi sur ce terrain-là, Любóвь[1].

-Ho ! Tais-toi ! Avoir du savoir-vivre ne veut pas dire « perdre », je te signale !

-Si tu le dis ! s'exclama Sergueï en rigolant.

Je le vis alors attraper la taille de Nael qui lui tournait le dos, revenant vers moi, et le stoppant dans son élan. Il le serra fort contre lui en déposant un baiser sur son cou. J'avais encore cette impression d'assister à un film, de ne pas être réellement présent dans la pièce, qu'il n'y avait qu'eux deux au monde et qu'ils m'avaient oublié.

-Ne sois pas fâché... dit-il sérieusement cette fois-ci.

Nael soupira et sembla se détendre.

-Je ne suis pas fâché. Je suis juste sur les nerfs... Tu sais que je n'approuve pas ce qui se passe. Sébastian et Éric ne méritent pas de souffrir. Et... tu sais ce que je pense de ta vengeance envers John...

Sur ces mots, Sergueï le lâcha et ses traits se durcirent.

-Oui, je le sais mais je ne suis pas de ton avis, dit-il d'une voix sévère, ses yeux ayant revêtu leur couleur dorée.

Heureusement, je le vis se reprendre rapidement. Ses yeux reprirent leur teinte humaine et il soupira, semblant s'adoucir.

-Écoute...

-NON ! C'EST TOI QUI VA M'ÉCOUTER ! NE ME MENACE PAS AVEC TES YEUX DE SUCEUR DE SANG DÉCÉRÉBRÉ COMME SI J'ÉTAIS INCAPABLE DE COMPRENDRE LA SITUATION ! JE LA COMPRENDS PARFAITEMENT ET TU SAIS CE QUE J'EN PENSE ! PUISQUE TU ES L'ÊTRE LE PLUS TÊTU AU MONDE, JE TE LAISSE ACCOMPLIR TA VENGEANCE MAIS NE ME DEMANDE PAS D'Y ÊTRE ENTHOUSIASTE ! JE DÉTESTE VOIR SÉBASTIAN DANS CET ÉTAT ! ET ÇA ME RAPPELLE TELLEMENT DE MAUVAIS SOUVENIRS ! TOUT COMME MOI À L'ÉPOQUE, IL NE MÉRITE ABSOLUMENT PAS CE QUI LUI ARRIVE ET MOREAU NON PLUS, ET TU LE SAIS ! HO ET PIS MERDE !

Sur ces paroles pleines de colère, Nael partit d'un pas précipité et claqua la porte derrière lui. À mon plus grand étonnement, un rire vint alors remplir la pièce.

-Que j'aime cet homme ! Jamais je ne me lasserai de lui et de son caractère passionné ! s'exclama Sergueï d'un ton joyeux en regardant la porte fermée.

Tout sourire, il se tourna vers moi. Sourire qui se fana en m'observant. Je devais être dans un état encore pire que je ne le croyais...

-Jeune calice, tu es dans un bien piètre état, me dit-il, confirmant mes réflexions. Je ne pensais pas que tu dépérirais si rapidement. Moreau doit être mal en point, lui aussi. Tout va plus vite que je ne l'imaginais et ce n'est peut-être pas plus mal. Ce sera vite fini et tu pourras retourner auprès de ton vampire.

-Vous... devriez écouter... votre calice... Votre colère contre John... n'a pas lieu... d'être. Il ne pouvait pas... savoir que les choses... tourneraient ainsi... et que vous seriez... blessé.

Il m'observa un moment, ne disant rien.

-Tu as du cran. Mais sache que tes paroles n'ont aucune valeur pour moi. Du haut de tes vingt-six années, tu n'es qu'un enfant à mes yeux, comparé à mes trois-cents-trente-deux ans d'existence sur cette terre.

-L'âge ne veut... visiblement rien dire... trouvai-je le courage de répliquer en pensant à mon vampire qui devait souffrir également à cause de lui.

Alors que je pensais qu'il allait sans doute se mettre en colère et que j'attendais avec peur sa réaction, je vis avec surprise un nouveau sourire se dessiner sur ses lèvres.

-Tu me fais penser à Nael. Je comprends qu'il s'attache à toi. Mais rien ne me dévira de mon plan, dit-il avant de me laisser à son tour.

En entendant la porte se refermer, mon cœur se serra étrangement. Je n'aimais pas être seul. J'avais peur et je me sentais de plus en plus mal. Il me fallait mon vampire... Éric... Mon si doux Éric... Dans quel état es-tu, toi aussi ? Est-ce que tu me cherches ? Est-ce que ton ami s'occupe de toi ? Est-ce que je pourrai revoir ton si beau visage ? Est-ce que... j'en aurai le temps ?

Des mots me brûlaient les lèvres. Il fallait que je les prononce. Il fallait que je les entende, même si ce n'était que pour moi.

-Je t'aime...

[1] = »amour » ou « mon amour » (le possessif peut souvent être omis si le possesseur est sujet de la proposition et donc lorsqu'il est évident)

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Défi
Satis Anomalia

Faites comme tout le monde,
Soyez des clones,
Perdez vos neurones.
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~Erratum~
Un jour l'amour viendra....
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SAtis Anomalia




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Naya

Les cuisines, ton manager aime bien appeler ça « la prod » – « le lobby », pour ce qui est du curetage des chiottes – qui sait, ça le flatte peut-être dans son statut de chaînon stratège d’une big multinationale, toi pour autant que tu saches ça t’a jamais empêché d’assembler correctement les petits pains du Big Mac, et vu ce qu’on te paie pour le faire ça te fait pas de mal, un peu de sémantique.
Il est dix-huit heures quand tu prends ta dernière commande, un double cheese sans le cheese et pas de salade dans le Big Tasty please.

Aux fourneaux, le rire de Ruben refait tourner les steaks sur eux-mêmes.

Tu lui harponnes un bras dans les vestiaires, y’a longtemps que vous vous êtes pas fait une petite bouffe juste tous les deux quand même, si on compte pas les burgers engloutis en deux minutes à la pause déjeuner.

Comme d’habitude Ruben te balance une date en l’air et comme d’habitude ton sourire résigné lui revient en boomerang. Sans te regarder, il s’enfonce sous sa capuche en silence, et slalome tout schuss entre les flaques d’automne poisseuses.

De retour chez toi, ton 20m² te tire la gueule et le ciel a des allures de punition collective. Y’a des coquillettes mutantes sous cellophane dans le frigo, de la poussière sur les plinthes, ta mère dépose à peine un pied sur le seuil qu’elle dégaine déjà le bidon d’Ajax et la paire de gants en caoutchouc rose qui va avec…

Ton père est là aussi, à cinq mètres de ta mère, distance nonchalante, et le trousseau de la Meriva qui tinte vaguement entre ses doigts, derrière son dos. Ça t’étonnera toujours, l’espèce de froid cordial qu’il y a entre eux, cette façon qu’ils ont de s’accommoder l’un de l’autre comme on s’accommode d’un parasite, deux inconnus bourrés de pudeurs hostiles pourtant largement dépassées, et même plutôt deux fois qu’une, il y a plus de vingt ans de ça.

Tu les as jamais vus autrement que comme ça d’ailleurs, depuis bébé. Depuis que ton père a aventuré sa coupe mulet comme MacGyver entre les jambes d’une minette trop consentante, à l’hiver 91. C’était en plein mois de février : il a prétendu être coincé au bureau à cause du blizzard dehors et toi t’avalais ta morve et tes petits pots de légumes devant Dragon Ball Zed-Zed-Zed – du moins c’est ce que ta mère te rappelle à chaque fois qu’elle touche l’enveloppe de la pension, des restes aigris jusqu’aux pattes d’oie.

« Bon, on la descend cette commode ? », te demande ton paternel, aux aguets comme un employé Darty alors qu’au loin ta mère bougonne – mais il est bouché ce siphon ou quoi ? – à quatre pattes sous l’évier.

Tes parents ont fait deux heures de route depuis Tours pour récupérer cette commode dont tu ne te sers pas – à part pour t’y cogner le petit orteil quand t’es à la bourre. Tu l’as eu du pote d’un pote qui te l’a exposée comme un coupé-cabriolet huit tiroirs toutes options – « Un vrai fourre-tout, j’te dis. » – et toi t’as sauté sur l’occase comme on saute sur tout ce qui bouge quand on a envie de meubler son appart, des projets en vrac plein la cervelle.

Tu lui as envisagé quelque dessein prospère à la lueur du petit chandelier de l’entrée, tout ça pour réussir à en tirer que dalle au final : ça fait un an que tu la regardes tous les jours s’encrasser de poussière à force de trôner sur ton chemin sans jamais savoir comment l’aborder.

Un peu comme ton père.

D’ailleurs, ça ne t’étonne pas qu’il accepte que tu la lui refourgues.

« Mais elle est pas vieille cette commode, Catherine…»

« Non, elle est pas vieille, Patrick. », ta mère : acerbe à tendance exaspérée, côté passager.

« Elle est pas du tout vielle. En la faisant poncer, y’a largement moyen d’en faire quelque chose de bien. Largement. », ton père : la foi aux poumons, mains posées à plat sur la portière du coffre.

Ta mère l’ignore, te prend dans ses paumes, bisous mon chéri, appelle-moi toutes les semaines hein, travaille-bien, ne sors pas tard, embrasse Ruben pour moi, et n’oublie pas d’apporter les papiers à la CAF, Guillaume, yeux fâchés puis yeux tristes, tu vas me manquer mon bébé, et ton père qui sifflote par-dessus le volant, qui guette le vide avec conviction. Il attend que ça se passe, que tu te casses, pendant que les minutes, les Parisiennes et leurs talons lui filent autour. Pendant que ta mère pleure comme si t’étais mourant et qu’il la regarde de loin, comme ça du coin de l’œil – si ça continue c’est lui qui va se mettre à chialer devant la note du parking.

Et seulement quand tu te penches vers lui pour le remercier, là seulement ça lui prend : il t’encercle de son bras velu, grasse tapette à l’épaule, et quand tu te délaces d’un coup il a des yeux fiers ; il se redresse et te tape même la bise.

La bise.

T’en rigoles encore dans ton canapé devant Manchester-Milan en direct-live. Au fond du couloir, la commode a laissé comme un renfoncement évanoui dans le mur, une empreinte fantôme pile dans ta ligne de mire.
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Qalbi
Inspirer de fait réelle.
La méchanceté de l' Homme se construit avec son passé. Comment on m'a appris à me sentir vivante ? C'est une histoire banal à vos yeux mais à mes yeux ce sont mes épreuves,mon vécu. Personne ne peut savoir comment et la vie de chacun jusqu'au moment où on l'apprend. J'ai du faire des choix être battu ou être violé. Il m'a fallut du courage, beaucoup de courage pour surmonter le côté dure de la vie, je vous la donne à présent c'est votre tour.
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