Premières souffrances.

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Depuis combien de temps étais-je enfermé dans cette pièce ? Des heures ? Des jours ? Je n'en savais rien du tout. On ne m'avait même pas apporté de quoi me nourrir et je me trouvais toujours enchaîné à ce lit dans une pièce plongée dans la pénombre. Le temps me paraissait si long...

-Eric...

Où es-tu mon vampire ? Me cherches-tu ? Je me sens si faible sans toi... J'ai besoin de ta présence, de ta chaleur qui m'enveloppe comme un cocon protecteur. Je veux voir ton si beau visage, plonger mes yeux dans les tiens qui sont si doux quand ils sont posés sur moi, passer mes doigts dans tes cheveux sombres comme la nuit... Oui, je veux te voir plus que tout !

-Eric... Eric, Eric... Viens me chercher ! terminai-je dans un sanglot.

J'essayais de l'appeler grâce à notre lien. Je ne me rappelais que trop bien de ma petite séance de plaisir solitaire dans mon bain, le jour de ma transformation définitive en calice. Cependant, je ne savais pas pourquoi mais ça ne semblait pas fonctionner. Je n'entendais pas sa voix me répondre et surtout, c'était difficile à expliquer mais je ne ressentais plus sa présence en moi, je ne sentais plus cette connexion qui faisait que l'on pouvait ressentir nos émotions respectives. Notre lien était-il rompu par notre séparation ? Cette pensée insupportable me fit verser des larmes, je ne pouvais plus m'arrêter. Je n'entendis même pas le bruit de la porte qui s'ouvrit et je sursautai violemment en sentant que l'on me caressait doucement la joue. Je tournai alors la tête et découvris qu'il s'agissait de Nael.

-Ca ne fait que vingt-quatre heures que tu es ici et tu es déjà dans un sale état, dit-il, ayant l'air compatissant en tordant un torchon blanc au-dessus d'une petite bassine remplie d'eau.

Il me le passa sur tout le visage et j'en gémis de bien-être. Je ne m'étais même pas rendu compte que je faisais sans doute de la fièvre. Je ne pensais qu'à mon vampire et au vide douloureux dans mon cœur et mon esprit.

-Sébastian. Je t'ai apporté à manger. Je suis désolé que personne ne l'ait fait avant. Je pensais naïvement que ma famille s'occuperait de toi durant mon absence...

Il soupira, les yeux baissés.

-Enfin, je suis là maintenant et moi, je vais m'occuper de toi, dit-il en me souriant.

Nous n'étions éclairés que par la lumière qui venait du couloir, il partit donc appuyer sur l'interrupteur, illuminant enfin cette pièce avant de fermer la porte. Je le vis ensuite venir se pencher sur le côté du lit sur lequel je me trouvais et j'entendis un bruit métallique.

-Voilà. J'ai desserré tes chaînes, tu peux t'asseoir.

Etonné, je tendis mes deux bras en même temps et découvris qu'effectivement, l'un ne bloquait plus l'autre. Je m'assis donc comme demandé. Il m'aida à bien me positionner en plaçant un oreiller derrière moi et je le vis prendre un plateau sur lequel étaient posés une assiette remplie de ce qui ressemblait à un ragoût dont l'odeur était alléchante, une pomme coupée en quartier et un grand verre d'eau. Il le mit sur mes cuisses.

Sans tarder, j'attrapai la fourchette et j'étais sur le point d'attraper une première bouchée quand je stoppai brusquement mon geste. Et si la nourriture ou la boisson contenait une drogue ? Je l'entendis soupirer avant de prendre ma fourchette et d'attraper quelques légumes qu'il porta à sa bouche. Il prit ensuite mon verre, but une petite gorgée et le reposa.

-Je te l'ai dit, nous ne te voulons aucun mal, Sébastian. Tu peux manger sans crainte.

"Aucun mal" ? Alors que l'on m'avait enlevé en sachant que cela provoquerait de la souffrance chez mon vampire et moi-même ?! Etrange de dire cela... Mais j'avais si faim qu'il ne m'en fallut pas plus pour céder à cette tentation culinaire et commencer à manger. Après tout, Eric m'avait prévenu qu'un calice devait plus se nourrir et je n'avais rien manger depuis la veille, apparemment. Nael avait parlé de vingt-quatre heures enfermé ici...

Malgré la situation qui aurait coupé l'appétit de n'importe qui d'autre, je mangeai tout avec satisfaction. Ca me fit beaucoup de bien. Des légumes parfaitement cuits dans une sauce onctueuse et légèrement piquante, de la viande rouge, un fruit mûre comme il faut... Tout était très bon. Alors que je buvais doucement mon verre d'eau, Nael me retira le plateau et le posa sur le sol.

-C'est bien. Comment te sens-tu ? me demanda-t-il.

-Je me sens faible, sans énergie mais d'avoir mangé m'a fait du bien.

Il hocha la tête en me souriant. Il avait l'air gentil, compréhensif et avenant même s'il me retenait prisonnier. Son vampire me faisait bien plus peur que lui alors peut-être pouvais-je me risquer à poser des questions ? Je désirais savoir pourquoi l'on me désirait du mal ainsi qu'à mon vampire pour atteindre John. Je trouvais cela si injuste ! Surtout que je ne connaissais pas vraiment ce vampire bourru qui s'était montré assez dur avec mon meilleur ami !

-Nael... Pourquoi Sergueï veut-il se venger de John ?

Je le vis baisser les yeux avant de se diriger de nouveau vers la porte qu'il ouvrit. Il sembla attraper quelque chose et effectivement, je le vis revenir avec une chaise. Il s'installa à côté du lit, ce qui me fit plaisir, être seul attaché dans cette pièce à ne pas savoir quoi attendre exactement était si angoissant... Je n'étais absolument pas contre avoir de la compagnie, surtout si c'était un autre calice comme moi qui semblait gentil malgré les circonstances. Ou alors, j'étais peut-être juste naïf...

-Sergueï est le créateur de John Dubois. L'origine du problème est là mais je vais commencer par le début pour que tu comprennes mieux.

Je me figeai. Hein?! « Le créateur de John » ?!

-Mon vampire a mis longtemps avant de me rencontrer. La solitude a fait malheureusement partie de sa vie jusqu'à ce qu'il me trouve. Il n'a gardé aucun lien avec son créateur ni avec sa famille. Sa condition vampirique l'a isolé encore plus puisqu'il se refusait tout lien avec un humain. N'oublions pas que durant des siècles, on exécutait les gens pour très peu de raisons, alors un homme qui ne vieillit plus et ne se nourrit pas de la même manière qu'un humain aurait attiré trop l'attention sur lui. Il a longtemps vécu entre la Russie, sa patrie de naissance, et la France, sa patrie d'adoption.

Il fit une pause, les yeux tristes, semblant perdu dans ses pensées avant de reprendre :

-Durant la fin de l'année 1812, Sergueï a rencontré John en Russie alors que ce dernier était soldat pour l'Empereur Napoléon. Il a remarqué ses qualités et a décidé de devenir son prisonnier en se laissant prendre après s'être attaqué à un soldat sans honneur qu'il avait vu auparavant frapper une femme pour lui voler sa nourriture. Ce qu'il désirait, c'était transformé John afin qu'il devienne son compagnon en attendant de rencontrer son calice, dit-il dans un sourire triste.

Je comprenais sa tristesse. Parler de l'ex de son vampire ne devait pas être facile...

-Il faut comprendre qu'à l'époque, mon amant était plus...

Il soupira, ne trouvant certainement pas le terme adéquat pour le décrire.

-Sombre... Différent. Oui, différent d'aujourd'hui. Il était plus dur, plus violent et sans beaucoup de scrupules. Il était toujours ainsi lorsque je l'ai rencontré. Autant te dire que notre rencontre a été explosive ! s'exclama-t-il dans un rire joyeux. Surtout qu'à ce moment-là, j'étais un combattant, un soldat de la confrérie et j'étais persuadé que ma mission de protéger les humains contre « ces monstres » était la plus juste qui soit ! Je pense toujours qu'il est de mon devoir de protéger ceux qui en ont besoin mais je me suis rendu compte que tous les vampires n'étaient pas mauvais, seulement certains comme chez les humains. Il faut sans doute de tout pour faire un monde... Pour en revenir à John, Sergueï, une fois prisonnier et en France, s'est sauvé de sa cellule, l'a enlevé et transformé contre son gré. Ils ont... été amant pendant une très courte période. Et puis, John n'arrivant pas à se faire à ce qu'il était devenu, s'est rebellé contre son créateur et mon amant l'a emprisonné pendant plusieurs jours, le laissant seul sans pouvoir s'abreuver, en espérant le convaincre plus vite d'accepter la situation... Le père de John et ses hommes l'ont retrouvé et l'ont délivré. Ils ont au passage, blessé grièvement Sergueï qui a réussi à se sauver de justesse.

Le jeune homme aux cheveux noirs s'arrêta une nouvelle fois comme si cela était douloureux de parler de ce qu'avait vécu son vampire mais je voulais savoir.

-Que... s'est-il passé ensuite ? demandai-je, impatient.

-Sergueï s'est retrouvé très affaibli. Le père de John l'avait transpercé à l'abdomen avec son épée. Il perdait beaucoup de sang et devait se cacher pour ne pas être retrouvé par la famille Dubois. Il a survécu en se cachant dans la forêt mais il était si faible qu'il n'arrivait pas à attraper d'animaux afin de se nourrir. Comme tu dois le savoir, le sang est régénérateur pour les vampires, il avait besoin de boire pour guérir. Au bout de quelques jours, ne tenant plus, il s'est dirigé vers la ville la plus proche... Une nuit, cherchant un chien des rues ou même une boucherie, il est passé dans une ruelle peu peuplée et il est tombé sur un jeune couple qui rentrait chez eux... L'homme était blessé. Sergueï a senti l'odeur de son sang...

Ho mon dieu... Je devinais malheureusement la suite.

-Affaibli comme il l'était, il n'était déjà plus lui-même et il n'a pu se retenir. L'odeur du sang l'a rendu fou. Il les a attaqués et il a bu jusqu'à les tuer... Une fois rassasié, il a rapidement retrouvé ses esprits et l'horreur de ce qu'il avait fait l'a frappé violemment. C'est là qu'il a entendu des pleurs.

Ho non...

-Ne pensant qu'au sang, il ne l'avait pas vu mais la jeune femme portait un panier dans lequel dormait leur bébé. Il était tombé sur le sol lorsque Sergueï les avait attaqués. Ca avait été si rapide... Mon vampire a alors pris l'enfant avec lui. Il se refusait à le laisser ainsi, seul et vulnérable et à cette époque-là, il n'était pas sûr que quelqu'un s'occuperait bien de lui. C'était une époque dure. A l'orphelinat, les enfants étaient bien loin d'être dorlotés mais à vrai dire, de ce côté-là, je ne suis pas sûr que les choses aient réellement changé, aujourd'hui... Et surtout, Sergueï considérait qu'il avait désormais une dette envers ce petit être dont il venait de tuer les parents. Alors il l'a adopté, il l'a élevé et cet enfant est devenu son fils, puis le mien. C'est ce qui l'a changé et l'a sauvé, je dirais, en plus de moi sans vouloir me mettre en valeur, dit-il dans un petite rire. En vérité, nous l'avons élevé ensemble puisque Sergueï m'a rencontré seulement trois mois après... cela. Depuis, il veut se venger de John. Pour lui, c'est de sa faute s'il a tué les parents de notre enfant. Il s'en veut toujours, tu sais. Même après avoir élevé Théo et lui avoir apporté une stabilité et de l'amour, il culpabilise encore... Et même si je ne suis pas d'accord avec ses agissements actuels, en tant que son compagnon, son calice, je le soutiendrai quoi qu'il arrive. S'il a besoin de cette vengeance pour se sentir enfin en paix, alors je ne peux lui interdire.

Sur ces derniers mots qui planaient dans l'air en détruisant mes derniers espoirs de peut-être obtenir de l'aide de Nael, il se leva et le visage triste, prit le plateau avant de se diriger vers la porte. Il n'éteignit heureusement pas la lumière avant de sortir. Comme lui, je n'avais plus envie de parler, je ne savais pas quoi dire après tout ce que j'avais entendu. Je lui étais en tout cas reconnaissant pour ses explications qui m'éclairaient mais aussi, de ne pas resserrer mes chaînes, je pouvais ainsi me positionner de manière plus confortable sur le lit. Je me rallongeai d'ailleurs en entendant la porte se refermer.

John... La cause de mes malheurs et de ceux de Lucas ? Je soupirai. Non... Je ne devais pas me mettre à penser comme mon ravisseur, comme ce Sergueï ! C'était la rancune et le traumatisme sans doute, qui le faisaient penser ainsi ! Il lui fallait à tout prix un coupable et au lieu de se voir comme ledit coupable puisque c'était tout de même lui qui avait enlevé John et l'avait transformé contre son gré, il préférait rejeter la faute sur le créateur d'Eric ! Parce que c'était plus facile, tout simplement !

Il y avait quand même quelque chose de rassurant dans tout ça. Si Serguei ne s'était jamais réellement remis d'avoir tué les parents de cet enfant, c'est qu'il n'était pas aussi mauvais que je l'avais d'abord imaginé. Mais alors, que comptait-il faire exactement à John ? Et surtout à Eric ? Pour mon vampire et moi-même, je savais qu'il voulait que l'on souffre du manque lié au lien. Si Eric était tourmenté, alors John le serait également. Allait-il se contenter de ça, nous concernant ? Quel était réellement son plan ? Ses intentions envers nous tous ? Je réalisais également que Lucas serait sans aucun doute concerné tôt ou tard par sa vengeance. Non... Eric... Mon vampire... Qu'allons-nous tous devenir ?

-Sébastian.

Je sursautai. Cette voix... Entièrement absorbé par mes pensées, je n'avais pas entendu la porte s'ouvrir. Sous le choc, je me tournai alors lentement vers la personne qui m'appelait, sachant qui j'allais voir. J'avais reconnu cette voix et je ne comprenais rien du tout... J'étais complètement perdu. Mon cœur se serra davantage lorsque mes yeux se posèrent sur le visage familier que je redoutais de découvrir et qui me sourit gentiment.

-Thomas ?...

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Défi
Satis Anomalia

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Soyez des clones,
Perdez vos neurones.
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~Erratum~
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SAtis Anomalia




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Naya

Les cuisines, ton manager aime bien appeler ça « la prod » – « le lobby », pour ce qui est du curetage des chiottes – qui sait, ça le flatte peut-être dans son statut de chaînon stratège d’une big multinationale, toi pour autant que tu saches ça t’a jamais empêché d’assembler correctement les petits pains du Big Mac, et vu ce qu’on te paie pour le faire ça te fait pas de mal, un peu de sémantique.
Il est dix-huit heures quand tu prends ta dernière commande, un double cheese sans le cheese et pas de salade dans le Big Tasty please.

Aux fourneaux, le rire de Ruben refait tourner les steaks sur eux-mêmes.

Tu lui harponnes un bras dans les vestiaires, y’a longtemps que vous vous êtes pas fait une petite bouffe juste tous les deux quand même, si on compte pas les burgers engloutis en deux minutes à la pause déjeuner.

Comme d’habitude Ruben te balance une date en l’air et comme d’habitude ton sourire résigné lui revient en boomerang. Sans te regarder, il s’enfonce sous sa capuche en silence, et slalome tout schuss entre les flaques d’automne poisseuses.

De retour chez toi, ton 20m² te tire la gueule et le ciel a des allures de punition collective. Y’a des coquillettes mutantes sous cellophane dans le frigo, de la poussière sur les plinthes, ta mère dépose à peine un pied sur le seuil qu’elle dégaine déjà le bidon d’Ajax et la paire de gants en caoutchouc rose qui va avec…

Ton père est là aussi, à cinq mètres de ta mère, distance nonchalante, et le trousseau de la Meriva qui tinte vaguement entre ses doigts, derrière son dos. Ça t’étonnera toujours, l’espèce de froid cordial qu’il y a entre eux, cette façon qu’ils ont de s’accommoder l’un de l’autre comme on s’accommode d’un parasite, deux inconnus bourrés de pudeurs hostiles pourtant largement dépassées, et même plutôt deux fois qu’une, il y a plus de vingt ans de ça.

Tu les as jamais vus autrement que comme ça d’ailleurs, depuis bébé. Depuis que ton père a aventuré sa coupe mulet comme MacGyver entre les jambes d’une minette trop consentante, à l’hiver 91. C’était en plein mois de février : il a prétendu être coincé au bureau à cause du blizzard dehors et toi t’avalais ta morve et tes petits pots de légumes devant Dragon Ball Zed-Zed-Zed – du moins c’est ce que ta mère te rappelle à chaque fois qu’elle touche l’enveloppe de la pension, des restes aigris jusqu’aux pattes d’oie.

« Bon, on la descend cette commode ? », te demande ton paternel, aux aguets comme un employé Darty alors qu’au loin ta mère bougonne – mais il est bouché ce siphon ou quoi ? – à quatre pattes sous l’évier.

Tes parents ont fait deux heures de route depuis Tours pour récupérer cette commode dont tu ne te sers pas – à part pour t’y cogner le petit orteil quand t’es à la bourre. Tu l’as eu du pote d’un pote qui te l’a exposée comme un coupé-cabriolet huit tiroirs toutes options – « Un vrai fourre-tout, j’te dis. » – et toi t’as sauté sur l’occase comme on saute sur tout ce qui bouge quand on a envie de meubler son appart, des projets en vrac plein la cervelle.

Tu lui as envisagé quelque dessein prospère à la lueur du petit chandelier de l’entrée, tout ça pour réussir à en tirer que dalle au final : ça fait un an que tu la regardes tous les jours s’encrasser de poussière à force de trôner sur ton chemin sans jamais savoir comment l’aborder.

Un peu comme ton père.

D’ailleurs, ça ne t’étonne pas qu’il accepte que tu la lui refourgues.

« Mais elle est pas vieille cette commode, Catherine…»

« Non, elle est pas vieille, Patrick. », ta mère : acerbe à tendance exaspérée, côté passager.

« Elle est pas du tout vielle. En la faisant poncer, y’a largement moyen d’en faire quelque chose de bien. Largement. », ton père : la foi aux poumons, mains posées à plat sur la portière du coffre.

Ta mère l’ignore, te prend dans ses paumes, bisous mon chéri, appelle-moi toutes les semaines hein, travaille-bien, ne sors pas tard, embrasse Ruben pour moi, et n’oublie pas d’apporter les papiers à la CAF, Guillaume, yeux fâchés puis yeux tristes, tu vas me manquer mon bébé, et ton père qui sifflote par-dessus le volant, qui guette le vide avec conviction. Il attend que ça se passe, que tu te casses, pendant que les minutes, les Parisiennes et leurs talons lui filent autour. Pendant que ta mère pleure comme si t’étais mourant et qu’il la regarde de loin, comme ça du coin de l’œil – si ça continue c’est lui qui va se mettre à chialer devant la note du parking.

Et seulement quand tu te penches vers lui pour le remercier, là seulement ça lui prend : il t’encercle de son bras velu, grasse tapette à l’épaule, et quand tu te délaces d’un coup il a des yeux fiers ; il se redresse et te tape même la bise.

La bise.

T’en rigoles encore dans ton canapé devant Manchester-Milan en direct-live. Au fond du couloir, la commode a laissé comme un renfoncement évanoui dans le mur, une empreinte fantôme pile dans ta ligne de mire.
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Qalbi
Inspirer de fait réelle.
La méchanceté de l' Homme se construit avec son passé. Comment on m'a appris à me sentir vivante ? C'est une histoire banal à vos yeux mais à mes yeux ce sont mes épreuves,mon vécu. Personne ne peut savoir comment et la vie de chacun jusqu'au moment où on l'apprend. J'ai du faire des choix être battu ou être violé. Il m'a fallut du courage, beaucoup de courage pour surmonter le côté dure de la vie, je vous la donne à présent c'est votre tour.
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