Première surprise.

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-Mon calice...

Quoi ?!!

-John ?

Hein ?

John... Le "John" qui avait transformé Eric en vampire? Mais qu'est-ce qui était en train de se passer, là ? Et Lucas qui ne réagissait toujours pas ! Sa main était toujours inerte dans la mienne !

-Tu le connais ? demandai-je à Eric en me tournant vers lui afin d'avoir une confirmation.

Pour toute réponse, il me pressa légèrement l'épaule avant de partir en direction de la porte d'entrée. Je le regardai faire, ne comprenant absolument pas ce qui se passait.

-John, c'est bien toi, fit mon vampire avant de prendre l'inconnu dans ses bras durant quelques secondes.

Alors là, j'étais perdu ! Je pouvais néanmoins comprendre une chose importante en cet instant : nous n'étions pas en danger ! Soulagé, je me tournai vers Lucas qui sembla reprendre le contrôle de lui-même. Il cligna des yeux en secouant la tête comme pour reprendre ses esprits.

-Lucas ? l'appelai-je doucement.

Il se tourna enfin vers moi, les yeux un peu écarquillés.

-Je... Je me sens bizarre...

-C'est le lien qui se manifeste, fit la voix grave de l'inconnu qui commença à s'approcher de nous.

-Tu as trouvé ton calice ? Ho, John, je suis vraiment heureux pour toi, mon ami ! s’exclama Eric en lui posant amicalement la main sur l'épaule.

Nous étions toujours dans le noir et je ne voyais que leurs silhouettes, je ne pouvais pas encore distinguer ce « John ». Il fallait changer les ampoules et rallumer des bougies mais je ne voulais pas laisser Lucas avec cet homme. Mon amant dut sentir mon désarroi car, après avoir fermé la porte, il vint vers moi.

-Je vais rester avec lui, ne t'inquiète pas.

Je jetai un œil à mon meilleur ami qui avait l'air toujours un peu dans les vapes et je finis par me détacher doucement de lui. Ne voyant aucune réaction de sa part, je partis chercher ce qu'il fallait, le plus rapidement possible en faisant attention à ne pas tomber. Je ne pouvais même pas m'éclairer avec mon portable, je ne savais plus où je l'avais posé. Après avoir éteint les interrupteurs, -je ne voulais pas me brûler-, je commençai à changer toutes les ampoules. Je faisais le plus vite possible, j’étais mal à l’aise de laisser Lucas comme ça, même si Eric veillait sur lui. Une fois fait, je me dépêchai d'aller allumer la lumière dans le salon et là, je le vis.

Cet homme qui était entré chez moi d'une manière assez théâtrale, se trouvait derrière le sofa sur lequel était toujours assis Lucas. Il était très grand, à peu près aussi grand qu'Eric et bien bâti, lui aussi. Il avait des cheveux noirs coupés courts et un début de barbe montrant qu'il ne s'était pas rasé depuis quelques jours. Je pouvais remarquer qu'il avait un style élégant à l'ancienne, ses vêtements étaient classes mais paraissaient un peu d'un autre temps car il portait un très long manteau bleu marine qui avait une allure militaire et qui me rappelait celui que portait le personnage d'une de mes séries préférées, « Torchwood ». Il était ouvert sur une chemise bleue également, un pantalon noir avec une ceinture et des chaussures marron.

Alors que je commençais à m'avancer vers Lucas, l'inconnu se tourna vers moi, me stoppant, et je pus voir qu'il avait les yeux dorés comme mon vampire mais en me regardant, ses yeux reprirent une couleur normale, c'est-à-dire vert clair, vraiment clair d'ailleurs et pas si différent du doré, finalement. Après m'avoir détaillé quelques secondes d’un visage impassible, cet homme reporta son attention sur mon meilleur ami. Il contourna le sofa et s'arrêta devant ses jambes. Il tendit alors la main jusqu’à son menton et releva son visage vers lui. Tous les deux se regardaient et ce moment paraissait intense. Je ne savais pas comment réagir, je n'osais pas bouger. Que devrais-je faire ?

-Lève-toi, mon calice, finit par ordonner cet homme à Lucas qui lui obéit aussitôt.

Lucas semblait être replongé dans son brouillard, un brouillard que je connaissais pour l'avoir expérimenté avec Eric. Je ne pouvais pas le laisser entre les mains de cet inconnu ! Qu'allait-il lui faire ? Le lier sans son accord ? Profiter de lui dans cet état ? Commençant à paniquer, je me mis à marcher vers eux.

-Ne le touchez pas ! Qu'allez-vous lui faire ?, demandai-je en colère, à cet homme.

Eric m'attrapa le bras avant que je n'atteigne Lucas.

-Il ne lui fera aucun mal. Ton ami est son calice, me dit mon vampire.

Mon Lucas, un calice comme moi.... C'était complètement dingue. Après avoir regardé mon amant durant quelques secondes, je me tournai de nouveau vers John et Lucas. Ils étaient enlacés. Enfin... Le vampire avait la tête dans le cou de mon meilleur ami et il semblait humer son odeur... C'était un peu gênant de voir ça.... Quant à Lucas, il paraissait être totalement ailleurs. Il ne réagissait pas et ses bras étaient ballants.

-Lucas ! l'appelai-je doucement, ce qui ne provoqua aucune réaction.

Je vis avec horreur, le vampire prendre mon ami dans ses bras et commencer à se diriger vers la porte d'entrée. Quoi ? Non ! Je dégageai alors mon bras de la prise d'Eric et me mit à leur suite.

-Arrêtez ! Où est-ce que vous l'emmenez ?

Ce John s'arrêta, se retourna vers moi et, ses yeux redevenus dorés, me montra ses canines qui étaient sorties. Who..... J'eus un petit mouvement de recul. Il me regarda alors un petit moment et satisfait sans doute que je ne bouge plus, il prit calmement la parole :

-Chez moi. Il ne risque rien, je ne lui ferai aucun mal. Ton ami est mon destiné, celui que j'attends depuis si longtemps...

Il avait reporté son regard sur Lucas qui semblait endormi, la tête posée sur son épaule. Je ressentis soudainement la présence rassurante d'Eric derrière moi avant de sentir sa main qu'il posa sur ma taille.

-Eric, fais quelque chose, le suppliai-je en me tournant vers lui.

-Je ne te le conseille pas, mon ami. Ne te mets pas entre un vampire et son calice, fit la voix autoritaire de John.

Sa voix me fit sursauter, elle était menaçante. Cet homme me faisait flipper... Je ne pouvais pas laisser Lucas entre ses mains ! J'étais sur le point de dire quelque chose lorsqu'Eric prit à son tour la parole :

-Tu as toujours ton vieux manoir familial ? demanda mon vampire à John, qui, à ma grande surprise, lui sourit.

Hein ?

-Bien sûr ! Je te l'ai dit, jamais je ne m'en débarrasserai. Il appartient à notre famille. Quand il y a besoin, je le fais restaurer. Vous pourrez m'y retrouver dans deux jours, dit-il en hochant la tête. Je vous y invite mais pour l'instant, tu dois le comprendre Eric, j'ai besoin d'être seul avec mon calice.

Je vis avec déception, mon vampire hocher la tête, montrant qu'il comprenait la situation et ne s'interposerait pas. John se retourna alors avec Lucas dans ses bras et partit. Il me fallut quelques secondes pour réagir.

-Non... murmurai-je en commençant à avancer vers eux afin de les rattraper.

-Sébastian.

Sa voix et ce brouillard désormais familier qui s'emparait de moi... Je me stoppai. Non, non, non...

-Regarde-moi.

Je ne pus qu'obéir. Eric vint jusqu'à moi et prit mon visage entre ses mains avant de me regarder tendrement.

-Ne m'en veux pas, Sébastian mais je ne peux pas te laisser faire. Personne ne doit se mettre entre un vampire et son calice, personne... Et John attend ce moment depuis si longtemps.

Il soupira avant de reprendre :

-Je savais qu'il était en ville et je l'ai averti que j'avais trouvé mon destiné. Je suis si heureux de t'avoir trouvé, mon amour, je voulais partager mon nouveau bonheur avec John, l'homme qui m'a sauvé la vie, l'homme à qui je dois tout ! Tu étais si angoissé à propos de cette soirée que je n'ai pas osé te dire que je l'avais invité à passer tard dans la nuit, une fois que Lucas serait reparti. Je voulais te le présenter comme toi, tu désirais me présenter ton plus proche ami. Ne m'en veux pas, s'il te plaît. Je ne m'attendais pas à ce que les choses tournent de cette manière... John ne devait pas être loin et il aura senti l'odeur de son calice, je pense. Nous lui demanderons des explications dans deux jours mais en attendant, il faut que tu sois patient, Sébastian.

Sur ces derniers mots, il posa tendrement ses lèvres sur les miennes dans un bref baiser. Je me sentais toujours sous son contrôle, empli de ce brouillard agréable.

-Je vais te faire oublier ta tristesse et ta peur, me dit-il, les yeux pleins de luxure et en me soulevant afin que je mette mes jambes autour de sa taille.

Il me ramena ainsi dans mon appartement, puis jusqu'à ma chambre et me remit sur mes pieds.

-Déshabille-toi.

Une sorte d'onde électrique me traversa en entendant son ordre et je commençai alors à faire ce qu'il m'avait sommé de faire, je ne pouvais pas lutter, le calice en moi réagissait à son vampire, je n'arrivais pas à reprendre le contrôle de moi-même. Et pour être honnête, je n'en avais pas envie. Je me sentais si bien ainsi, dans ce brouillard grisant, ce bien-être qui me faisait perdre tout contrôle sur mon corps, c'était si enivrant... Le calice en moi aimait ça mais... quelque chose dans ma conscience me disait qu'agir ainsi avec moi, me contrôler de cette manière parce que je n'étais pas d'accord avec lui, ce n'était pas une bonne chose... Je ne pouvais cependant rien y faire pour l'instant alors je décidai de ne pas chercher à lutter, -cela aurait certainement été en vain de toute manière-, et laissai le désir envahir mon corps. Les reproches viendraient plus tard... En décidant de me laisser aller et d'accepter la situation, un frisson me traversa et j'en poussai un gémissement. Je vis alors les yeux de mon vampire devenir dorés.

Mon pull venait de tomber sur le sol et le reste de mes vêtements ne tarda pas à suivre le même chemin. En moins de temps qu'il ne le faut pour le dire, je me retrouvai entièrement nu devant mon vampire. Ses yeux détaillèrent chaque partie de mon corps avec envie. J'y lisais le désir, son regard me brûlait et mon sexe se durcit et se leva sous cette délicieuse chaleur qui me traversait. Je le vis me faire un sourire de prédateur. Allait-il me dévorer ? J'espérais de tout mon cœur que ce soit le cas...

Eric dut entendre ma supplique car il se mit à se déshabiller sous mes yeux. Une fois nu devant moi, il s'approcha lentement et se jeta sur mon corps afin de faire de moi, son prochain repas...

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SAtis Anomalia




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Naya

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Il est dix-huit heures quand tu prends ta dernière commande, un double cheese sans le cheese et pas de salade dans le Big Tasty please.

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De retour chez toi, ton 20m² te tire la gueule et le ciel a des allures de punition collective. Y’a des coquillettes mutantes sous cellophane dans le frigo, de la poussière sur les plinthes, ta mère dépose à peine un pied sur le seuil qu’elle dégaine déjà le bidon d’Ajax et la paire de gants en caoutchouc rose qui va avec…

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« Bon, on la descend cette commode ? », te demande ton paternel, aux aguets comme un employé Darty alors qu’au loin ta mère bougonne – mais il est bouché ce siphon ou quoi ? – à quatre pattes sous l’évier.

Tes parents ont fait deux heures de route depuis Tours pour récupérer cette commode dont tu ne te sers pas – à part pour t’y cogner le petit orteil quand t’es à la bourre. Tu l’as eu du pote d’un pote qui te l’a exposée comme un coupé-cabriolet huit tiroirs toutes options – « Un vrai fourre-tout, j’te dis. » – et toi t’as sauté sur l’occase comme on saute sur tout ce qui bouge quand on a envie de meubler son appart, des projets en vrac plein la cervelle.

Tu lui as envisagé quelque dessein prospère à la lueur du petit chandelier de l’entrée, tout ça pour réussir à en tirer que dalle au final : ça fait un an que tu la regardes tous les jours s’encrasser de poussière à force de trôner sur ton chemin sans jamais savoir comment l’aborder.

Un peu comme ton père.

D’ailleurs, ça ne t’étonne pas qu’il accepte que tu la lui refourgues.

« Mais elle est pas vieille cette commode, Catherine…»

« Non, elle est pas vieille, Patrick. », ta mère : acerbe à tendance exaspérée, côté passager.

« Elle est pas du tout vielle. En la faisant poncer, y’a largement moyen d’en faire quelque chose de bien. Largement. », ton père : la foi aux poumons, mains posées à plat sur la portière du coffre.

Ta mère l’ignore, te prend dans ses paumes, bisous mon chéri, appelle-moi toutes les semaines hein, travaille-bien, ne sors pas tard, embrasse Ruben pour moi, et n’oublie pas d’apporter les papiers à la CAF, Guillaume, yeux fâchés puis yeux tristes, tu vas me manquer mon bébé, et ton père qui sifflote par-dessus le volant, qui guette le vide avec conviction. Il attend que ça se passe, que tu te casses, pendant que les minutes, les Parisiennes et leurs talons lui filent autour. Pendant que ta mère pleure comme si t’étais mourant et qu’il la regarde de loin, comme ça du coin de l’œil – si ça continue c’est lui qui va se mettre à chialer devant la note du parking.

Et seulement quand tu te penches vers lui pour le remercier, là seulement ça lui prend : il t’encercle de son bras velu, grasse tapette à l’épaule, et quand tu te délaces d’un coup il a des yeux fiers ; il se redresse et te tape même la bise.

La bise.

T’en rigoles encore dans ton canapé devant Manchester-Milan en direct-live. Au fond du couloir, la commode a laissé comme un renfoncement évanoui dans le mur, une empreinte fantôme pile dans ta ligne de mire.
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Qalbi
Inspirer de fait réelle.
La méchanceté de l' Homme se construit avec son passé. Comment on m'a appris à me sentir vivante ? C'est une histoire banal à vos yeux mais à mes yeux ce sont mes épreuves,mon vécu. Personne ne peut savoir comment et la vie de chacun jusqu'au moment où on l'apprend. J'ai du faire des choix être battu ou être violé. Il m'a fallut du courage, beaucoup de courage pour surmonter le côté dure de la vie, je vous la donne à présent c'est votre tour.
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