Première explication.

11 minutes de lecture

Je me réveillai et j'eus la surprise de voir qu'il faisait encore nuit. Comment était-ce possible ? Je me sentais si bien, totalement reposé comme après une bonne nuit de sommeil. Je tournai ma tête vers mon réveil et je vis qu'il était dix-neuf heures. Quoi ? Je n'avais dormi qu'une heure ou... Est-ce qu'on était toujours le même jour ?... Je me redressai vivement et je sentis un bras descendre de mon corps. Eric ! Je me retournai vers lui.

-Bonsoir, me dit-il en souriant avant de se redresser lui aussi et de poser ses lèvres sur les miennes.

Mon dieu, qu’il était beau ! Je lui souris en retour. Il était là, auprès de moi, c'était bien réel. Comme pour me prouver mes pensées, j’effleurai sa joue rugueuse de ma main.

-Eric, je viens de voir qu'il est dix-neuf heures mais je me sens si bien... Est-ce qu'on est toujours dimanche ? lui demandai-je, un peu hésitant.

-Non, Sébastian. Après l'union, le sommeil achève le lien qui s'ancre en nous pour toujours. Nous avons dormi vingt-quatre heures, nous sommes lundi, me répondit-il, le regard doux, comme apaisé.

“Lundi”... “Lundi” ? MERDE !!

-Ho non ! Mon travail !!

Je rejetai brusquement les couvertures et attrapai mon boxer au passage avant de l'enfiler.

-Où est mon portable, déjà ?

C’était à moi que je posai la question. Agité, je regardai partout sur le sol mais ne le voyant pas, je sortis de ma chambre sans un regard pour mon pauvre vampire, mon portable devant être au salon. Il fallait que j'appelle ma patronne et en vitesse ! Je le trouvai effectivement sur le canapé et je pus voir qu'il y avait plusieurs appels manqués... Merde... Comment allais-je lui expliquer la situation ? Je ne pouvais décemment pas lui dire que j'avais passé ma soirée à faire l'amour avec un magnifique vampire qui m'était destiné et qu'il avait fait de moi son calice !

En y repensant, mes joues rougirent. D'ailleurs, il fallait que je parle avec Eric de ce lien qui s'était créé et de ce que cela allait avoir comme conséquences sur ma vie. Et puis aussi lui demander ce qu'était exactement un calice ! Je ne savais pas vraiment ce que ça voulait dire et ce que ça impliquait mais pour l'instant, le plus urgent était d'appeler ma patronne !

**

Je venais de raccrocher, je m'étais évidemment fait passer un savon... Je m'étais excusé et avais donné comme explication que je me sentais mal cette nuit, que je ne m'étais pas réveillé de toute la journée et que je venais seulement de me lever, ce qui était à moitié un mensonge. Je ne mentais que sur cette nuit et parce que je ne pouvais pas lui dire la vérité, elle me prendrait pour un obsédé ayant des pratiques sexuelles bizarres, un fou, ou penserait que je m'étais drogué ou saoulé !

-Sébastian ?

Je me retournai et en voyant son regard si doux, je souris au plus bel homme que j'avais vu de toute ma vie avant de courir me serrer contre lui. Il m'enlaça et nous restâmes ainsi un long moment. Il ne portait qu'un sous-vêtement lui aussi et sa peau chaude contre la mienne me réconforta.

-Je vais aller nous préparer quelque chose à manger, je meurs de faim ! lui dis-je en me détachant doucement de lui.

En partant vers la cuisine, une pensée me traversa soudainement l'esprit. Je me stoppai et me retournai vers Eric qui me suivait.

-Eric... Est-ce que tu manges ? Je veux dire... De la nourriture ?

-Non... Mais je serai ravi de te regarder manger, mon Sébastian, me répondit-il en souriant et en comblant la distance nous séparant afin de me caresser la joue.

Un peu gêné par cette conversation légèrement irréelle, je partis me préparer à dîner. Enfin si on pouvait appeler ça un « dîner » car mon repas était composé de tout ce qui me faisait étrangement envie à ce moment-là : un grand verre de jus d'orange, un steak, des pâtes à la sauce tomate et plus de la moitié d'un paquet de biscuits au chocolat... Et je dévorais tout avec enthousiasme ! Une fois la dernière bouchée de ce que l'on va appeler « mon dessert », je me rendis compte de tout ce que je venais d'ingurgiter à vitesse grand V et je relevai la tête pour croiser les yeux de mon amant. Il me regardait encore si tendrement.

-Désolé... ne pus-je m'empêcher de dire, tout gêné que j'étais.

-Pourquoi ?

Il n'avait pas l'air de comprendre mon malaise.

-Je... Je viens littéralement de dévorer beaucoup de nourriture et surtout très vite devant toi, une personne que je connais à peine. J'ai cette impression d'être un ogre, ce n'est pas dans mon habitude, en plus !

Il eut un petit rire avant de se lever et de me prendre la main afin de m'attirer dans ses bras.

-J'ai bu ton sang cette nuit, que ton corps soit affaibli est tout à fait normal et il n'y a pas que cela. Tu es lié à moi qui suis ton vampire et cela peut t'épuiser si tu n'y fais pas attention. L'organisme des vampires est plus puissant que celui des humains. A partir d'aujourd'hui, tu devras manger plus, ne pas sauter de repas et bien dormir afin de toujours avoir l'énergie suffisante pour ton bien-être, mon amour.

-D'accord, répondis-je en rougissant en entendant qu'il m'appelait encore « mon amour », personne ne m'avait jamais appelé ainsi. Eric, qu'est-ce que veut dire être « un calice » en ce qui me concerne ? Et puis, peux-tu m'en dire plus sur les vampires ? Parce que tu as dormi près de moi toute la journée sans que le soleil à travers la fenêtre ne te fasse le moindre mal ! Et j'ai bu ton sang! Est-ce que je vais devenir comme toi ?

-Mon Sébastian, dans le rêve, je t'ai expliqué que les histoires des humains sur les vampires étaient édulcorées et je vais te dire en quoi. L'ail ne nous fait rien, tout comme le soleil et il n'y a pas besoin d'un pieu dans le cœur pour nous tuer, n'importe quelle arme peut faire l'affaire si elle nous transperce le cœur comme c'est le cas pour les humains. Nous vivons à l'inverse de vous puisque nous dormons bien le jour et vivons la nuit mais comme vous, nous pouvons peu dormir et profiter d'une partie de la journée. Nous aimons particulièrement la nuit car nous avons la particularité de voir dans l'obscurité. Nous avons une plus grande force que les humains, nous sommes plus rapides et le sang nous aide à nous régénérer afin de guérir plus rapidement nos blessures et nous donner de l'énergie. Comme tu le sais, nous pouvons créer des rêves et y introduire l'humain que nous voulons, et j'ai également un certain contrôle sur tes réactions si je veux te rassurer comme cela a été le cas dans le parc mais ça n'est possible qu'avec toi parce que tu es mon calice.

Il marqua une légère pause, sans doute pour me laisser assimiler toutes ces informations et reprit :

-Les vampires vivent durant des siècles et chaque vampire a un humain qui lui est destiné, destiné à devenir son calice. Une fois lié à son vampire, l'humain vivra aussi longtemps que lui. Le calice est un humain qui ne peut pas devenir un vampire. Il passe d'humain à calice, une sorte d'entre-deux puisque tu continueras à te nourrir comme tu l'as toujours fait, ton corps ne te semblera pas si différent d'avant mais à présent, tu ne vieilliras plus et tu vivras aussi longtemps que moi.

Quoi ?!!!!

-Si tu avais été mordu par un autre vampire que moi, rien n'aurait changé puisque tu m'es destiné, à moi seul. Tu serais donc resté le même jusqu'à ce que je te trouve. Allons nous asseoir, Sébastian, reprit mon vampire après avoir vu mes yeux s'écarquiller en réaction à ce qu'il m'avait dit précédemment. Il est temps que je te conte mon histoire pour que tu comprennes à qui tu viens de te lier.

Sur ses paroles, nous partîmes main dans la main nous installer sur mon canapé, l'un à côté de l'autre.

-Mon nom est Eric Moreau et à une époque, j'étais un humain. J'ai été transformé à l'âge de trente-quatre ans, il y a de cela cent ans. Je combattais durant la Première Guerre Mondiale lorsque je fus grièvement blessé et laissé pour mort sur le champ de bataille. Ce fut une bataille particulièrement sanglante... dit Eric, perdu dans ses souvenirs. Et il m'a trouvé, celui qui m'a donné cette renaissance, qui est devenu mon guide dans cette vie. Il m'a trouvé en pleine nuit sur ces terres détruites par les bombardements, par les barbelés, par les tranchées. J'étais le seul à être encore en vie... Il m'a mordu et m'a fait boire son sang avant de m'emmener loin de cet enfer. Il n'a pas attendu d'avoir mon autorisation pour me transformer car comme il me l'a expliqué plus tard, j'étais si faible que je pouvais mourir à tout moment.

En entendant que mon vampire avait souffert et failli mourir, mon cœur se serra. Je tendis la main afin de caresser son visage puis serrer ses deux mains dans les miennes. Il me sourit et reprit :

-Cet homme se nomme John Dubois et il a plus de deux cents ans. Malgré son âge, il n'a pas encore rencontré son calice. J'espère de tout mon cœur qu'il finira par avoir ce bonheur qui m'a été accordé, me dit-il en me caressant tendrement la joue. Je te le présenterai bientôt.

Je lui souris.

-Pourquoi est-ce qu'il a décidé de faire de toi un vampire ? demandai-je, curieux.

-Je suis un de ses lointains descendants. Il a toujours pris soin de notre famille. Il a un œil protecteur sur les personnes qui la composent autant qu'il le peut car avec les années, les ramifications familiales se sont étendues comme tu t'en doutes. Maintenant, je vais t'expliquer ce qu'est exactement un « calice ». Comme je te l'ai dit précédemment, chaque vampire a un calice qui lui est destiné, un seul dans toute sa très longue vie. Ils finissent toujours par se rencontrer mais le vampire ne sait pas à quel moment cela arrivera. Un calice est un humain qui a pour destin d'être lié à son vampire. Il deviendra alors son compagnon et aura pour devoir de nourrir son amant. C'est pour cela qu'il est appelé "calice", parce qu'il devient la source de vie de son vampire. Tant que ce lien n'est pas créé, l'humain ressent un profond sentiment de vide en lui et même s'il est bien entouré, une certaine solitude.

Je baissai les yeux, un peu triste. Il avait raison. Je m'étais toujours senti seul avec un sentiment de vide au creux de mon cœur et surtout différent, à part, n'ayant jamais réussi à me sentir à ma place dans ce monde et je ne comprenais pas pourquoi... Jusqu'à maintenant. Je me rendis compte que cela me faisait énormément de bien d'entendre que tout ce que j'avais ressenti était normal, que j'étais normal et que désormais, j'allais me sentir mieux, qu'il n'y aurait plus ce vide en moi. A vrai dire, j'en ressentais déjà les effets depuis que mon vampire avait fait irruption dans ma vie. Mon vampire... pensai-je, le cœur soulagé et avec tendresse. Il prit mon visage entre ses mains et posa doucement ses lèvres sur les miennes avant de reprendre la parole :

-Maintenant, tu ne ressentiras plus cette solitude, mon amour, me dit-il en me souriant. Tu es à moi et je suis à toi pour toujours.

Sur ces paroles si rassurantes, il me poussa doucement jusqu'à ce que je me retrouve allongé sur le canapé avec son corps sur le mien mais au lieu de m'embrasser comme je pensais qu'il allait le faire, il tendit ses bras afin de se maintenir au-dessus de moi sans me toucher.

-Dès les premiers jours du lien, tu vas ressentir certaines choses qui sont tout à fait normales mais je préfère te prévenir, continua-t-il, son visage ayant pris un air sérieux. Tu vas ressentir le besoin d'être auprès de moi. Nous ne pourrons pas trop nous éloigner l'un de l'autre mais cela va s'atténuer et deviendra ainsi plus supportable avec le temps, ce qui te permettra d'avoir tes propres occupations. Tu vas également ressentir le désir puissant que je te prenne et que je te morde, et tu te sentiras si bien à chaque fois que je le ferai... Le plaisir de l'acte sexuel et de la morsure va s'accroître entre nous grâce au lien.

Je rougis en écoutant ses paroles et je ne pus détourner le regard du sien. Je sentis que j'étais en érection... Il était vraiment possible de ressentir encore plus de plaisir ? Les sensations étaient déjà si intenses... Ses yeux se mirent à briller et il me fit un sourire limite carnassier. Avait-il ressenti mon excitation soudaine ? Si oui, j’en étais un peu gêné…

Je n'eus pas le temps de me poser plus de questions car Eric se baissa et me prit sauvagement la bouche en se pressant contre moi. J'en poussai un gémissement et constatai que lui aussi était excité. Il se frotta sans aucune pudeur contre moi, sa langue caressant la mienne, s'emparant de chaque recoin de ma bouche. Sexe contre sexe, je n'étais pas loin de jouir malgré le tissu de nos sous-vêtements qui nous recouvrait encore.

-Eric... gémis-je en détachant mes lèvres des siennes.

En entendant son nom, mon vampire se frotta encore plus durement contre moi et alors que je ressentais l'envie grandissante qu'il me morde et lui tendais mon cou afin qu'il accède à mon désir, je le vis se redresser légèrement avant de planter enfin ses dents là où ma jugulaire n'attendait que cela. En sentant sa morsure, je jouis dans un long gémissement, rapidement suivi par Eric. Une fois nos respirations calmées, il se redressa et plongea ses yeux dans les miens.

-Tu vois ? Le désir entre nous est puissant et va encore grandir, me dit-il dans un sourire tendre. Maintenant, que dirais-tu d'aller prendre un bain afin de nous relaxer ? Je veux que tu te sentes bien, Sébastian. Tu n'as rien à craindre de moi, mon amour.

Pour seule réponse, je hochai la tête de manière affirmative en lui faisant mon plus beau sourire. Je me sentais si bien auprès de lui. Non, je n'avais pas peur de cette nouvelle vie qui commençait parce qu'il était là, parce que lui appartenir était ma destinée et parce que rien d'autre ne comptait que cet homme magnifique qui voulait de moi comme moi je le voulais. Plus de tristesse désormais, plus de solitude. Seule notre union était ce que je désirais même si ma vie devait changer. J'étais prêt...

Annotations

Recommandations

Défi
Satis Anomalia

Faites comme tout le monde,
Soyez des clones,
Perdez vos neurones.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
~Erratum~
Un jour l'amour viendra....
Qu'il soit fille ou gars.
SAtis Anomalia




3
1
0
0
Naya

Les cuisines, ton manager aime bien appeler ça « la prod » – « le lobby », pour ce qui est du curetage des chiottes – qui sait, ça le flatte peut-être dans son statut de chaînon stratège d’une big multinationale, toi pour autant que tu saches ça t’a jamais empêché d’assembler correctement les petits pains du Big Mac, et vu ce qu’on te paie pour le faire ça te fait pas de mal, un peu de sémantique.
Il est dix-huit heures quand tu prends ta dernière commande, un double cheese sans le cheese et pas de salade dans le Big Tasty please.

Aux fourneaux, le rire de Ruben refait tourner les steaks sur eux-mêmes.

Tu lui harponnes un bras dans les vestiaires, y’a longtemps que vous vous êtes pas fait une petite bouffe juste tous les deux quand même, si on compte pas les burgers engloutis en deux minutes à la pause déjeuner.

Comme d’habitude Ruben te balance une date en l’air et comme d’habitude ton sourire résigné lui revient en boomerang. Sans te regarder, il s’enfonce sous sa capuche en silence, et slalome tout schuss entre les flaques d’automne poisseuses.

De retour chez toi, ton 20m² te tire la gueule et le ciel a des allures de punition collective. Y’a des coquillettes mutantes sous cellophane dans le frigo, de la poussière sur les plinthes, ta mère dépose à peine un pied sur le seuil qu’elle dégaine déjà le bidon d’Ajax et la paire de gants en caoutchouc rose qui va avec…

Ton père est là aussi, à cinq mètres de ta mère, distance nonchalante, et le trousseau de la Meriva qui tinte vaguement entre ses doigts, derrière son dos. Ça t’étonnera toujours, l’espèce de froid cordial qu’il y a entre eux, cette façon qu’ils ont de s’accommoder l’un de l’autre comme on s’accommode d’un parasite, deux inconnus bourrés de pudeurs hostiles pourtant largement dépassées, et même plutôt deux fois qu’une, il y a plus de vingt ans de ça.

Tu les as jamais vus autrement que comme ça d’ailleurs, depuis bébé. Depuis que ton père a aventuré sa coupe mulet comme MacGyver entre les jambes d’une minette trop consentante, à l’hiver 91. C’était en plein mois de février : il a prétendu être coincé au bureau à cause du blizzard dehors et toi t’avalais ta morve et tes petits pots de légumes devant Dragon Ball Zed-Zed-Zed – du moins c’est ce que ta mère te rappelle à chaque fois qu’elle touche l’enveloppe de la pension, des restes aigris jusqu’aux pattes d’oie.

« Bon, on la descend cette commode ? », te demande ton paternel, aux aguets comme un employé Darty alors qu’au loin ta mère bougonne – mais il est bouché ce siphon ou quoi ? – à quatre pattes sous l’évier.

Tes parents ont fait deux heures de route depuis Tours pour récupérer cette commode dont tu ne te sers pas – à part pour t’y cogner le petit orteil quand t’es à la bourre. Tu l’as eu du pote d’un pote qui te l’a exposée comme un coupé-cabriolet huit tiroirs toutes options – « Un vrai fourre-tout, j’te dis. » – et toi t’as sauté sur l’occase comme on saute sur tout ce qui bouge quand on a envie de meubler son appart, des projets en vrac plein la cervelle.

Tu lui as envisagé quelque dessein prospère à la lueur du petit chandelier de l’entrée, tout ça pour réussir à en tirer que dalle au final : ça fait un an que tu la regardes tous les jours s’encrasser de poussière à force de trôner sur ton chemin sans jamais savoir comment l’aborder.

Un peu comme ton père.

D’ailleurs, ça ne t’étonne pas qu’il accepte que tu la lui refourgues.

« Mais elle est pas vieille cette commode, Catherine…»

« Non, elle est pas vieille, Patrick. », ta mère : acerbe à tendance exaspérée, côté passager.

« Elle est pas du tout vielle. En la faisant poncer, y’a largement moyen d’en faire quelque chose de bien. Largement. », ton père : la foi aux poumons, mains posées à plat sur la portière du coffre.

Ta mère l’ignore, te prend dans ses paumes, bisous mon chéri, appelle-moi toutes les semaines hein, travaille-bien, ne sors pas tard, embrasse Ruben pour moi, et n’oublie pas d’apporter les papiers à la CAF, Guillaume, yeux fâchés puis yeux tristes, tu vas me manquer mon bébé, et ton père qui sifflote par-dessus le volant, qui guette le vide avec conviction. Il attend que ça se passe, que tu te casses, pendant que les minutes, les Parisiennes et leurs talons lui filent autour. Pendant que ta mère pleure comme si t’étais mourant et qu’il la regarde de loin, comme ça du coin de l’œil – si ça continue c’est lui qui va se mettre à chialer devant la note du parking.

Et seulement quand tu te penches vers lui pour le remercier, là seulement ça lui prend : il t’encercle de son bras velu, grasse tapette à l’épaule, et quand tu te délaces d’un coup il a des yeux fiers ; il se redresse et te tape même la bise.

La bise.

T’en rigoles encore dans ton canapé devant Manchester-Milan en direct-live. Au fond du couloir, la commode a laissé comme un renfoncement évanoui dans le mur, une empreinte fantôme pile dans ta ligne de mire.
13
9
15
64
Qalbi
Inspirer de fait réelle.
La méchanceté de l' Homme se construit avec son passé. Comment on m'a appris à me sentir vivante ? C'est une histoire banal à vos yeux mais à mes yeux ce sont mes épreuves,mon vécu. Personne ne peut savoir comment et la vie de chacun jusqu'au moment où on l'apprend. J'ai du faire des choix être battu ou être violé. Il m'a fallut du courage, beaucoup de courage pour surmonter le côté dure de la vie, je vous la donne à présent c'est votre tour.
4
7
115
7

Vous aimez lire Asylene ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0