Chapitre 10

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Voila la suite des aventures de Louise avec un peu de retard. J'ai eu une grosse panne d'inspiration. Je viens juste de terminer et je n'ai pas le temps de relire ce soir, mais j'avais hâte de vous le partager. Je le relirais demain. Je m'excuse d'avance des fautes, sans doutes nombreuses. 


Le chemin du retour fut pénible. Les garçons étaient tous sur les nerfs. La faim devait y être pour quelques choses mais Louise ne pouvait s’empêcher de penser qu’ils lui en voulaient un peu. Seul Logan lui adressa çà et là quelques sourires en coin. Elle n’eut pas plus le loisir de discuter avec Aileen. Son nouvel amoureux ne la lâchait pas d’une semelle, faisant barrage entre les deux amies. Elle ne semblait pas fâchée mais elle évitait tout de même soigneusement Louise. Celle-ci n’insista pas beaucoup non plus, préférant reprendre ses esprits et faire le point avant toute discussion.

Le ciel s’obscurcissait à vue d’œil mais pas seulement à cause de la nuit. De sombres nuages donnaient désormais au paysage un aspect lugubre qui était bien approprié à la situation. Un éclair fendit le ciel et Louise, perdue dans ses réflexions, sursauta et manqua de tomber. Logan la rattrapa de justesse. Elle le remercia d’un sourire et ils continuèrent leur chemin en silence.

Le temps qu’ils arrivent au parking, l’ambiance s’était un peu détendue.

-         On va boire un verre ? proposa Andrews qui semblait s’être calmé. Il fit même un sourire à Louise.

Celle-ci était encore un peu bouleversée et aurait mille fois préférer rentrer au plus vite. Mais elle ne s’était toujours pas décidée à se trouver une voiture et elle dépendait de son amie. Cette dernière semblait bien décidée à suivre le beau blond. Elle ne le quittait plus des yeux. « C’en est presque dérangeant, pensa Louise, mal à l’aise. »

-         Oh non, se plaignit Gordon, c’est bientôt l’heure du souper ! Mes parents m’attendent.

-         Je ne suis pas très chaud non plus, mais allez-y, je ramènerais ceux qui veulent, intervint Logan. Il jeta un regard à Louise et lui fit un clin d’œil.

Aileen ne parut pas déçue le moins du monde. Elle fixait toujours Andrews avec la même intensité. Elle clignait à peine des paupières. « Comme tout à l’heure, dans le cachot, pensa Louise ». Elle secoua imperceptiblement la tête, chassant cette idée. Elle avait déjà suffisamment de préoccupation sans s’en créer de fausses en plus. Rien que de penser à cette ombre et à ce bras squelettique, elle frémit. Essayant tant bien que mal de relayer ce sinistre épisode au fond de sa mémoire, elle intervint dans la conversation.

-         Moi je veux bien rentrer aussi ! Je suis épuisée.

Après quelques minutes de discussion, il fut convenu de Logan ramènerait Louise puis Gordon et que les autres iraient boire un verre dans le pub du coin.

Gordon était décidément un vrai boutentrain. Une fois dans la voiture, la tension s’était totalement dissipée et il passa l’entière du trajet à raconter des anecdotes loufoques sur la ferme de ses parents. Ils élevaient des moutons et certains béliers se montraient souvent récalcitrants. Ce qui donnait lieu à des situations cocasses qu’il détaillait à merveille. Si la jeune fille n’était tant obnubilée par ses sombres pensées, elle aurait très certainement passé un agréable moment. Le jeune fermier monopolisait la conversation, si bien que ni elle, ni Logan n’eurent à prononcer le moindre mot. Même si elle appréciait beaucoup sa compagnie, celle-ci aurait apprécié se retrouver seule avec Logan. Elle avait tellement de question à lui poser... Ça devait attendre, elle ne comptait pas passer pour une folle une seconde fois dans la journée.

Elle salua les deux garçons de la main et regarda le pick-up emprunter l’étroit chemin qui les ramènerait à la route. La pluie n’avait pas arrêté de tomber depuis des heures et la verdure qui entourait le château semblait trop verte, trop humide. Elle jeta un coup d’œil en direction du jardin caché. Mais elle détourna vite le regard, refroidie par les trompes d’eau qui lui tombaient sur la tête. Elle ne prit même pas la peine de se débarrasser de son manteau ou de ses vêtements mouillés et fonça directement vers la partie Nord du château. Elle parcourut les couloirs mal éclairés et arriva sans mal à la vieille porte en bas qui menait au côté plus ancien du château.

Son cœur se serra lorsqu’elle poussa la lourde porte dans un grincement métallique. Elle ne trouva rien d’autres que l’obscurité et cette entêtante odeur de moisi caractéristique de cet endroit. Il fallut un bref moment à ses yeux pour s’habituer à la pénombre et pour lui permettre de se déplacer aisément. Elle retrouva sans difficulté la salle de bal, aujourd’hui vide. Elle appela plusieurs fois le mystérieux homme en tartan, mais il ne vint pas.

Elle continua son exploration. Les assiettes et autres couverts étaient toujours exactement à la même place que la dernière fois, comme abandonnés abruptement par les convives. Tout était recouvert de poussière. À l’opposé de là où elle se trouvait, une petite porte se cachait derrière une lourde tenture pourpre. Louise l’aperçut seulement grâce au léger courant d’air qui parcourait la pièce, soulèvement le tissus qui la recouvrait. Avec prudence, elle entreprit de l’ouvrir. Elle eut vite fait de comprendre qu’elle avait trouvé les cuisines. Encore plus rustique que celles de l’autre côté de la bâtisse, il n’y avait ni taques de cuissons, ni évier digne de ce nom. De grosses marmites jonchaient çà et là le plan de travail. Des paniers vides et poussiéreux étaient disposés aléatoirement. La jeune fille poussa un long soupire avant de se laisser glisser dos à la porte. Elle n’en pouvait plus de toutes ces histoires.

Les courants d’air se firent plus intenses et elle frissonna. Ses vêtements avaient été trempés par la pluie et elle grelottait à présent. Elle mit ses mains dans ses poches en quête d’un peu de chaleur. Elle était épuisée et n’avait même pas le courage de retourner da sa chambre.

Un métal froid effleura ses doigts. Elle ressortit de ses poches le médaillon que Logan lui avait donné un peu plus tôt dans la journée. Elle l’observa avec attention. Il était en or, une pierre rouge, sans doute précieuses se trouvait au milieu. Toutes sortes d’inscriptions étaient gravées mais elle était bien incapable de les déchiffrer.

-         Hé ma petite, tu ne vois pas que tu es dans le chemin ?

Louise fit un bond et leva les yeux, le médaillon toujours en main. Une grosse dame, qui lui rappelait étrangement madame Hendry, la domestique de Cora, se trouvait devant elle, la toisant de haut en bas. Elle était vêtue d’une longue robe à carreaux verts et noirs avec par-dessus un tablier blanc recouvert de taches de graisse.

La cuisine avait totalement changé sur ces quelques secondes. La pièce abandonnée et poussiéreuses était désormais pleine de vie et de bruit divers. Les marmites n’étaient plus vite, des ragouts y mijotaient. De même que les paniers qui regorgeaient désormais de victuailles. La cuisinière n’était pas seule, une bonne dizaine de femmes s’activaient de partout. Chacune avait sa tâche.

-         Alors ? Tu bouges ? insista la grosse dame. On n’a pas que ça à faire. Si tu as faim, prends une pomme ! lui dit-elle en lui fourrant ledit fruit dans sa main vide, on mange dans moins d’une heure ne te goinfre pas trop Louise !

Elle l’avait appelé par son prénom. La jeune était trop éberluée pour répondre et se contenta de hocher la tête et de se relever. Elle voulut mettre son gouter récemment acquis dans la poche de son manteau mais elle eut beau chercher à tâtons, elle ne trouva aucune poche. À la place de son vieux jeans et de ses vêtements dégoulinants, elle portait désormais le même genre de robe que toutes les femmes présentes dans la pièce. Elle se composait de plusieurs jupons et Louise pouvait sentir le corset qui lui enserrait désormais la poitrine, la faisant dangereusement ressortir par-dessus son décolleté carré. Elle était toute vêtue de bordeaux et ses cheveux bouclés lui semblaient plus longs qu’ils ne l’étaient quelques minutes plus tôt.

Elle n’avait toujours pas bougé et la dame commençait à s’impatienter.

-         Le laird est en haut, dans ses appartements. Va donc le distraire au lieu de traîner dans nos pieds.

«  Le Laird, pensa-t-elle, Darren ? » Son cœur s’emballa. Elle repensait à leur  fabuleuse danse. Tout lui avait semblé comme dans un rêve. Mais actuellement, elle n’était pas sûre de rêver. Outre l’odeur forte du ragout de moutons dans les marmites, une odeur âcre de transpiration régnait dans la cuisine. Les occupants de celle-ci lui semblaient beaucoup plus réels. Elle les distinguait individuellement et pouvait les observer un à un. Elle pouvait aussi voir les chandeliers qui éclairaient la pièce et leurs lueurs vacillantes semblaient tout ce qu’il y a de plus vrais.

Elle pensa soudain à la pomme. La dernière fois, elle avait vu Darren manger un repas invisible. Pourtant, quelques instants avant, elle avait belle et bien saisit le fruit rouge. Ses yeux se portèrent sur ses deux mains. L’une d’elle tenait encore fermement le médaillon qu’elle avait presque oublié. N’ayant plus de poche, elle décida de passer le bijou autour de son cou. L’autre main tenait son futur goûter. Après tout, elle mourrait de faim. Ils n’avaient pas fait de pause repas de toute la journée. Elle porta le fruit à ses lèvres puis hésita un instant avant de mordre à pleine dent. Pendant un instant, elle crut bien que celui-ci se désagrégerait devant ses yeux mais il n’en fut rien. La chair tendre et juteuse lui remplit la bouche. Elle mâcha vigoureusement avant d’avaler, incrédule.

La boule rouge à moitié dévorée toujours en main, elle sortit de la cuisine par l’autre porte bien décidée à trouver Darren. Sa longue robe trainait sur le sol dans un bruit qu’elle appréciait énormément. Elle traversa différents couloirs suivant son instinct pour trouver le laird. Elle finit par trouver lesdits appartements. Elle frappa à la porte.

-         Un instant, dit la voix de Darren de l’autre côté de la porte.

Elle attendit patiemment. Elle n’en revenait pas de ce qui se passait. Mais si tout ceci était l’œuvre de son imagination, elle préférait ces images-ci à celle, beaucoup plus effrayantes, de la tour. Et si c’était réel, autant en profiter.

-         Louise ? Que fais-tu là ? lui demanda un Darren plus beau que jamais.

Il avait revêtu un tartan différent des autres fois, ses cheveux étaient coiffés avec soin.

-         J’aurais des questions à te poser, dit-t-elle.

Elle avait déjà pu constater que son ami avait différentes phases. Parfois, il semblait lucide mais d’autres fois, il débitait tout un tas de chose incompréhensible et ne se souvenait pas de leur précédente rencontre. Elle ne savait pas auquel Darren elle parlait.

-         Tu veux savoir ce qui s’est passé dans la tour pas vrai ? dit-il à mi-voix.

Elle hocha la tête.

-         Tu en as déjà vu beaucoup trop. Je ne me l’explique pas, commenta-t-il pour lui-même. D’ailleurs comment est tu arrivé ici ?

-         Je n’en ai pas la moindre idée, avoua l’intéressée.

Darren l’observait avec un regard intense. Il détaillait ses boucles emmêlées. Il tendit la main vers sa chevelure, hésitant. Louise aurait dû reculer. Après tout ce qui s’était passé, elle savait qu’il y avait quelque chose qui clochait chez cet homme.  Que ça soit ses manières, ses vêtements ou sa manie de disparaître, elle savait que ce n’était pas normal. Elle n’était même pas certaine qu’il puisse réellement la toucher. Pourtant, ses doigts effleurèrent ses longues mèches qui pendaient. Il s’approcha doucement si bien qu’ils se retrouvèrent plus proches que la jeune femme ne l’aurait cru.

-         Je suis heureux que tu sois revenue, dit-il tout bas, les doigts toujours enfouis dans sa longue chevelure brune. J’ai eu très peur qu’il t’arrive quelque chose.

Louise savait très bien qu’il faisait allusion aux mésaventures de l’après-midi. Elle aurait dû le bombarder de questions, elle aurait dû être terrifiée à l’évocation de la chose qui avait failli l’agresser… Mais pour l’instant, elle était perdue dans les iris dorés du bel écossais.

Il s’était encore rapproché, seuls quelques centimètres séparaient la bouche de Darren de la sienne. Son cœur battait à tout rompre et elle sentait ses joues rosir. Ce dernier lâcha finalement ses cheveux mais ne recula pas pour autant. Il fit remonter ses doigts le long de son cou jusqu’à son menton. Il pencha la tête vers elle. La jeune fille n’en pouvait plus. Elle était sur le point de défaillir. Il passa sa main par-dessous ses cheveux. Ses yeux se détachèrent enfin de ceux de Louise pour s’égarait vers sa poitrine qui lui était si joliment offerte.

Il se figea.

-         Où as-tu eu ce collier ? demanda-t-il d’une voix soudainement froide.

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AEllean


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AEllean
(deux minutes de lecture)
Je viens de retrouver ce (très) très vieux texte dans mes archives.
Je me souviens absolument pas avoir écris ça. Le bon côté, c'est que pour une fois j'ai été surprise par ma propre chute haha.
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phillechat

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