Chapitre 9

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-         Aileeeeeeeen ! cria Louise.

Elle mit quelques secondes à localiser l’origine du cri. Elle se dirigea vers le sous-sol.  Elle se retourna pour voir si Darren la suivait mais il n’était plus là … « Evidemment…, pensa-t-elle ». Elle n’avait pas le temps se de poser de questions, il fallait qu’elle aille voir si son amie allait bien.

Elle dévala les escaliers de pierres. Il lui fallut un certain temps avant que ses yeux s’habituent à la pénombre et qu’elle puisse distinguer la silhouette fine de son amie. Elle s’approcha lentement.

-         Aileen ? Tu vas bien ? demanda-t-elle.

Aucune réponse ne vint. La silhouette lui tournait obstinément le dos.

-         Aileen ? Arrête, ce n’est pas drôle ! Tu m’entends ?!

Louise se trouvait désormais à côté de son amie, elle tendit la main lentement vers son épaule espérant qu’un contact physique la ferait réagir. Mais il n’en fit rien. Aileen gardait le regard fixe vers le fond de la pièce.  Elle avait les yeux exorbités par le peur. La faible lumière qui venait de la cage d’escalier luisait étrangement dans ses yeux. Elle ne bougeait pas. Louise jeta un regard vers l’endroit si terrifiant, mais elle ne voyait rien. Il faisait trop sombre. Elle décida de s’approcher prudemment. Elle ne savait que trop ce qui pouvait s’y cacher et n’était pas impatiente de retomber nez à nez avec la créature. Pourtant, il ne semblait ne rien y avoir, ni râle grave, ni silhouette squelettique. Juste l’obscurité.

Un nouveau cri retentit juste derrière elle. Aileen s’était approchée d’elle sans un bruit. Louise se retourna juste à temps pour voir son amie s’écrouler, inconsciente, sur le sol froid et humide de la cave.

-         Aileen ! Bon sang, ça suffit ! cria-t-elle.

Elle la saisit par les épaules et la secoua sans aucune délicatesse. Aucune réaction.

-         Logaaaaaaaaan ! Andrews ! Les gars !!! cria-t-elle, espérant se faire entendre.

Mais à l’évidence les garçons étaient bien trop hauts dans le tour pour entendre ses appels à l’aide.

-         Je reviens, dit-elle à son amie, bien que celle-ci soit toujours inconsciente.

Elle remonta au rez-de-chaussée. Les garçons descendaient justement à ce moment. Ils riaient et charriaient Andrews qui était arrivé en dernier.

-         Mais j’étais avec Aileen, je suis parti plus tard que vous, se justifia ce dernier. Ça ne compte pas !

Logan était sur le point de répliquer quand il vit la mine déconfite de Louise.

-         Lou ? ça va ? demanda ce dernier.

-         C’est Aileen, elle a crié et puis elle s’est effondrée… dit-t-elle à bout de souffle.

-         Où est-elle ? demanda  vivement Andrews.

-         En bas …

Ils descendirent tous les escaliers, Andrews en tête.

-         Ah ! Vous voilà enfin ! dit la voix d’Aileen.

-         Aileen, tu n’as rien ? s’enquit le grand blond.

-         Non, pourquoi j’aurais quelque chose ? Je suis bien capable de t’attendre seule quelques minutes voyons. Ne me sous-estime pas ! dit-t-elle en faisant un sourire éblouissant à son nouvel amoureux.

Celui-ci se retourna vers Louise et la foudroya du regard.

-         Louise, si tu essayais de faire une blague, ce n’est absolument pas drôle.

L’intéressée ne pipait mot. Elle n’aurait su quoi dire. Elle était encore en sueur à cause du stress que lui avait causé les cris son amie et elle la retrouvait souriant et chantonnant comme si de rien n’était.

-         Pourtant … Je t’ai entendu crier et je suis descendue. Tu étais comme figée, Aileen. Tu fixais le mur. Puis tu as crié et tu t’es écroulée devant mes yeux.

-         Mais bien sûr que non ! dit Aileen. Je suis restée à attendre Andrews sur les escaliers. Je n’ai pas bougé. D’où tu sors cette histoire ?

-         Je t’assure que c’est ce que j’ai vu ! s’énerva un peu Louise.

Voilà qu’il la prenait pour une folle, eux aussi. Peut-être l’était-elle vraiment. Mais tout lui avait semblé si réel…

-         C’était juste une blague, vous n’allez pas en faire tout un plat, intervint Logan. Remontons, cet endroit me donne la chair de poule.

-         Ce n’était pas une blague, murmura Louise pour elle-même avant de suivre le groupe qui remontait vers la sortie.

Logan n’avait pas suivi.

-         Tu viens ? lui cria Louise du haut des escaliers.

-         Un instant ! Je voudrais vérifier un truc.

La jeune fille le rejoignit. Il avait sorti son portable et s’en servait pour éclairer la pièce.

-         Qu’est-ce que tu fais ? demanda-t-elle.

Il ne dit rien mais illumina le mur qu’Aileen fixait si intensément quelques minutes plus tôt. Louise ne distinguait pas grand-chose. Logan s’avança et elle le suivit d’un peu trop près. Elle ne se sentait plus de rester dans cette pièce. Il s’abaissait et saisit quelques choses au sol qu’il mit dans sa poche. Elle n’eut pas le temps d’apercevoir ce que c’était. Il prit le temps d’observer les trois autres mûrs. Dans un coin de la pièce se trouvait de longues chaînes rouillées. Louise pensa à l’histoire de la sorcière et fut parcourue d’un frisson.

-         On y a va maintenant ? demanda-t-elle, tendue.

Sans un mot, ils quittèrent les sous-sols et la tour.

-         Tu devrais garder ceci, lui dit Logan en lui tendant le poing fermé.

La jeune fille ouvrit les mains pour recevoir le présent. Un médaillon en or tomba dans sa paume.

-         Qu’est-ce que c’est ? Tu l’as trouvé dans le sous-sol pas vrai ?

-         Je ne sais pas ce que c’est, mais je pense que tu devrais le découvrir, lui répondit-il.

-         Tu me crois alors ? Pas vrai ?

La jeune fille espérait du soutien de sa part et peut-être même des réponses.

-         Ce que je sais, c’est que les choses ne sont pas toujours ce qu’elles sont.

Ils furent interrompus par Gordon qui s’impatientait.

-         Bon ! ça y est ? Je vais rater le souper, si ça continue !

Louise jeta un dernier coup d’œil  à la tour encore saisie par l’effroi. Une ombre passa à la fenêtre. Elle regarda Logan qui l’attendait. Il lui fit un sourire rassurant. Le message était clair. Ils étaient hors de danger, pour l’instant. 

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AEllean


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AEllean
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Je viens de retrouver ce (très) très vieux texte dans mes archives.
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