Chapitre 3

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C’est la douce lueur du soleil qui réveilla la jeune fille le lendemain matin. Une fois n’est pas coutume, le soleil était au rendez-vous. Louise battit lourdement des paupières. Elle n’avait jamais vraiment été du matin. Quand elle devait se rendre en cours, il lui fallait prévoir plusieurs alarmes afin d’être sûre d’être à l’heure. Elle ne prenait pas tellement de temps pour se préparer. Elle était loin d’être le genre de fille qui se tartine le visage d’un tas de produits cosmétiques. Ca ne voulait pas dire non plus qu’elle ne prenait pas soin d’elle. Elle se maquillait mais toujours dans des tons neutres et s’arrangeait pour que le tout reste naturel. Si bien que neuf fois sur dix, elle se contentait d'un petit trait d’eye-liner et d’un peu de mascara. Ce qui, si elle était dans un bon jour, lui prenait trois minutes en comptant large. Pour ses cheveux, c’était pareil. Il n’était ni question de lisseur, ni de boucleur, ni de coiffure élaborée. Elle humidifiait sa masse de boucles brunes avec un peu d’eau, une petite huile et le tour était joué. Cinq minutes pour se préparer, c’était un bonne moyenne à ses yeux. Mais depuis qu’elle était au château, elle en faisait de moins en moins. Et quand on part de peu et qu'on en enlève encore, ça ne donne rien au final.  Après tout, elle ne croisait jamais personne si ce n’est Madame Hendry qui la délogeait souvent de son lit pour faire le ménage. Et Louise ne voyait absolument aucune utilité à se pouponner pour passer la journée à traînailler dans la demeure vide.

Elle avait commencé ses explorations la veille et n’avait pas trouvé grand-chose d’intéressant. Elle s’était contentée d’inspecter la tour Sud, celle qui était réellement habitée, si l’on peut appeler cela habiter vu le peu de nuits que passait Cora dans sa demeure. Mais rien que dans cette partie, il y avait tout un tas de pièces. Certaines avaient été modernisées , comme une chambre qui devait sans doute être les appartements de Cora, et d’autres semblaient être restées intactes depuis la nuit des temps. Louise aimait beaucoup les vieilles choses surtout quand elles étaient pleines d’histoire. Seulement elle devait bien se rendre compte que ce n’était pas le cas de cette partie du château. Elle n’avait trouvé aucune bibliothèque ni aucune salle de banquet comme dans les films. Seulement des chambres et encore des chambres, toutes laissées à l’abandon mais régulièrement nettoyées tout de même. Certaines étaient totalement vides quand d’autres possédaient un lit et les rudiments d’un ameublement, mais aucune n’était chaleureuse ni même intéressante.

La seule pièce que la jeune fille trouva notable, était la chambre tout en haut de la tour. Aussi circulaire que sa propre chambre, celle-ci était cependant bien plus petite. Le toit était entièrement à découvert et la tête de Louise menaçait dangereusement de heurter les poutres visibles à chacun de ses mouvements. Elle n’était pas vraiment petite, mais elle n’était pas géante non plus. Une bonne taille, du moins, elle l’espérait. Mais quoi qu’il en soit, la pièce était loin d’être confortable. Il n’y avait ni lit, ni aucun meuble si ce n’est un vieux fauteuil  près de la petite lucarne. Il était très poussiéreux, mais la lumière y était douce avec ce soleil si inattendu. Elle projetait un halo qui s’étendait uniquement autour du petit fauteuil en borderie. Il était relativement cliché, ce fauteuil. Verdâtre, d’un ton délavé par la lumière et le temps et recouvert de fleurs roses tout aussi délavées mais soigneusement brodées. Typiquement, ce qu’on pouvait retrouver chez les vieilles personnes. Mais étonnement, elle le trouvait chaleureux. Elle avait entreprit de le dépoussiérer en tapant énergiquement dessus avec sa main mais avait fini par abandonner et s'était laissée mollement tomber sur celui-ci, soudainement prise d’une folle envie de se perdre dans sa lecture du moment. Elle avait sorti son livre de sa besace qu’elle emmenait toujours avec elle.

Elle avait passé un long moment à lire bercée par les lueurs du soleil. Celui-ci avait quasi disparu quand elle était sortie de sa lecture. Son ventre criait famine et elle décida de partir à la rechercher de quelque chose à manger. Le temps qu’elle ait fini son repas, il faisait déjà très sombre et elle avait dû se résoudre à reporter son exploration de la tour Nord au lendemain.

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AEllean


Je suis tombée sur un article sur les Haïkus dans un des magasines et ça m'a donné envie d'essayer.
Pour ceux qui ne connaissent pas, les Haïkus sont de très très courts poèmes japonais sur des sujets simples de la vie (la nature, les animaux, ce qu'on voit autour de soi. C'est une invitation à retrouver nos sens et la simplicité des mots). Ils doivent faire 3 vers, distribués en 5, 7, puis 5 syllabes.

Bonne lecture !
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AEllean
(deux minutes de lecture)
Je viens de retrouver ce (très) très vieux texte dans mes archives.
Je me souviens absolument pas avoir écris ça. Le bon côté, c'est que pour une fois j'ai été surprise par ma propre chute haha.
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phillechat

Ici j écrirai mes pensées
Des mots violents
Des mots voilés


Imprudents
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