Chapitre 2

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La pluie. Voilà ce qui désespérait le plus Louise depuis son arrivée dans les Highlands. La pluie, la brume, l’humidité et cette mousse verte qui recouvrait tout.  Ca ne faisait que quelques jours qu’elle était arrivée et elle s’ennuyait déjà. Sa tante, Cora, n’était jamais là. Elle n’était même pas présente quand la jeune fille était arrivée et s’était retrouvée devant un immense château de pierre, haut de plusieurs mètres, sans être sûre que c’était la bonne adresse. On aurait au moins pu la prévenir qu’elle allait vivre dans un typique château écossais. Le taxi l’avait déposée devant l’immense porte en bois et était parti sans un mot. Quand elle le regarda s'éloigner, il était déjà trop tard pour fuir. Elle avait frappé à la porte et une petite dame enrobée était venue lui ouvrir, en se présentant comme la femme de ménage. Elle s’appelait Madame Hendry. Seulement elle ne venait que deux jours sur la semaine et Louise était maintenant livrée à elle-même, dans la grande bâtisse.

Sa tante était rentrée tard ce soir-là. Louise avait cru bon d’aller se présenter afin de la saluer et qu’on lui attribue enfin une chambre. Elle se voyait mal dormir dans l’austère salon où elle avait attendu toute la journée. Cora ne lui avait adressé qu’un regard et quelques mots avant de retourner à ses occupations, lui laissant la liberté de choisir une chambre parmi toutes celles du château. Elle n’aurait qu’à fouiller dans les armoires s’il lui fallait quelque chose.

Louise eut rapidement fait de comprendre qu’elles vivraient dans la même maison, mais sans vivre ensemble. Elle n’avait aucune idée du métier ni des occupations de sa tante, mais une chose était sûre, elle ne serait que très peu présente. Au début, la jeune femme fut séduite par l’idée d’une totale liberté mais elle déchanta vite en se rendant compte que c'était fort peu utile dans les Highlands. 

Louise finit par comprendre qu’il n’y avait pas de cuisinière, pour la simple et bonne raison que Cora n’était jamais là à l’heure des diners. Les armoires regorgeaient de vivres en conserve et autres aliments mais rien d'appétissant. Il lui faudrait aller faire des courses au plus vite.

Ce jour-là, Louise prit le temps de visiter toutes les chambres du premier étage. Elle avait arrêté son choix sur la plus lumineuse, celle au fond du couloir qui donnait sur le lac. Son adorable forme circulaire adoucissait l’aspect rustique des pierres. La pièce était meublée simplement, telle une chambre d’ami mais une fois que Louise eut fini de déballer toutes ses affaires, elle aurait presque pu se sentir comme chez elle. L’humidité en plus s’entend. Depuis son arrivée, ses cheveux étaient incoiffables. Ils se présentaient désormais comme une infâme touffe de boucles brunes, pleine de frizzottis.

-         Génial… avait-elle soupiré après avoir tenté vainement de les discipliner.


***
Elle était descendue en ville le lendemain.  À pied. Car évidemment, elle n’avait aucun moyen de locomotion, sa chère voiture étant restée en France. Il lui avait fallu un temps fou pour atteindre ce que toute personne normale aurait considéré comme un hameau. La pluie l’avait accompagnée durant tout son périple et une fois arrivée à la civilisation, elle ressemblait à un chien mouillé. Elle mit plus de temps à rejoindre le village qu'à en faire le tour. Elle n’avait eu aucun mal à trouver la petite épicerie qui devait sans doute faire office de supermarché. Le magasin était tout petit et ne présentait que des aliments de bases et indispensables : quelques légumes, du poisson, des conserves, … Mais rien d’extraordinaire. Fini les oréos. Elle avait choisi quelques petites choses à manger, pour les jours à venir, et réussi tout de même à trouver une boite de biscuits au beurre. En cas de déprime, ce serait son seul réconfort. Elle était ensuite passée à la caisse, où une jeune fille d’à peu près son âge avait emballé ses quelques courses. Louise était du genre sociable et elle espérait se faire très vite des amis dans ce trou perdu. C’était la première fille qu’elle croisait et elle se devait de saisir l’occasion. Elle n'eut pas à réfléchir longtemps, l'autre fille engagea elle-même la conversation.

-         Tu es nouvelle, n’est-ce pas ? avait-elle commencé.

Louise lui avait souri, reconnaissante.

-         Oui, c’est bien ça. Je viens d’emménager chez ma tante Cora, qui habite dans le château près du lac.

-         Alors c’est donc toi, la fameuse nièce. Madame Hendry, la femme de ménage de Cora,  a parlé de toi à ma mère hier. Tu n’as absolument pas de chance de vivre là-haut. Il n’y a pas beaucoup de réseau et internet, n'y pense même pas. Cora n’est jamais là, elle ne l’a jamais fait installer. Tu risques de t’ennuyer sec.

Elle s’était interrompue, se rendant sans doute compte que son discours décourageait Louise.

-         Enfin, je suis sûre que tu trouveras des choses à faire, dit-elle comme pour se rattraper, les paysages sont magnifiques. Au fait, je m’appelle Aileen et toi c’est Louise c’est ça ?

Les deux jeunes filles avaient encore échangé quelques mots, avant qu’Aileen n’ait à s’occuper du client suivant. Louise était rentrée au château. Depuis elle n’était quasi plus sortie de sa chambre, si ce n’est pour se préparer à manger dans les antiques cuisines.


***


Elle avait passé les quelques jours suivants dans ses bouquins, mais à force de ne pouvoir parler à personne, elle finissait par se parler à elle-même. Elle attendais avec impatience le retour de Mme Hendry.

Après une énième journée à bouquiner dans sa nouvelle chambre et à croiser en coup de vent sa tante Cora, Louise décida qu’elle emploierait sa journée du lendemain à explorer le château. Elle se sentirait sans doute d'avantage chez elle en dehors de cette chambre, si elle connaissait un peu mieux la demeure. Le premier jour, elle s’était contentée des chambres du premier. Mais le château s’étendait sur plusieurs étages. Elle était certaine de découvrir plein de choses plus intéressantes les unes que les autres.

Ravie de cette idée, elle se mit au lit et s’endormit, la tête pleine d’enthousiasme et d’aventure.

 

 

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