Épisode 13, partie 1 : Nikolaï

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On était lundi, le dernier jour de la convention BDSM que Billy avait organisé avec l'aide de ses amis. Nikolaï Melkinov, malgré sa conséquente participation en tant que sponsor de l'évènement n'y avait aucunement assisté. Ce genre de convention ne l'intéressait pas véritablement. Même si en vérité, il aurait quand même eu envie d'y jeter un oeil pour voir comment son blondinet avait réussi à arranger tout ça. Il appelait Billy son blondinet, car depuis la sortie au Clovis, les deux hommes s'étaient fortement rapprochés. Sans forcément se considérer en couple. C'était assez particulier. Ils n'avaient encore rien fait du tout, mais pourtant, se faisait des câlins, des papouilles. Sans dire au reste de la bande qu'ils étaient casés.

Cela ne le dérangeait aucunement, comme ça, ils apprenaient à se connaître petit à petit, en faisant des activités qui n'avaient pas forcément de rapport avec leur pratique commune. En tout les cas, l'avancement, pour le russe, eut été qu'il avait arrêté de sortir le soir entouré de toutes ses gazelles attirées seulement par le fric et le faste. Il passait la plupart de ses soirées avec Billy, chez lui, ou bien même au Club, ou même ailleurs.

Conscient de la condition précaire de l'homme aussi timide qu'une souris, Nikolaï lui avait notamment proposé d'occuper une chambre dans son grand manoir situé en pleine ville, sur les boulevards, plus exactement, près du Parc Bordelais. Mais, comme il l'avait pensé, Billy avait refusé son offre. Lui disant que c'était vraiment super de sa part, mais qu’aux vues du lien qui commençait à naître entre eux, il voulait éviter un stress de plus. Le poivre et sel ayant bien remarqué que son blond semblait vite paniquer, pour beaucoup de choses, alors, il avait simplement sourit, lui disant qu'il comprenait. Même s'il fallait avouer qu'il s'inquiétait et que ça le faisait littéralement chier de savoir que le soumis dormait dans un appart'hotel près de la Rocade.

Heureusement, il le rassura en disant qu'il pouvait lui payer toutes les sorties qu'il voulait. Même si en soit, ça le gênait terriblement. L'homme riche n'allait clairement pas se prier. Amusé de voir le visage de Billy rougir à l'extrême à chaque fois.

Cela faisait bientôt une semaine qu'il n'avait pas pu le voir et passer un moment avec lui. À cause, bien évidemment de l'organisation de la convention. Car l'organisateur, c'était bien lui. Il avait beaucoup de choses à gérer. Mais semblait malgré sa timidité, épanouï dans ce qu'il faisait. Il avait fini, sur le conseil de Charlotte, par crée son entreprise d'évènementiel. Qui n'était pas ordinaire. Axé sur l'érotisme et le BDSM, il avait apparemment déjà des potentiels contrats avec le styliste du groupe, pour organiser des soirées de promotions auprès d'autres Clubs ailleurs en France.

Cette remontée dans la vie privée et surtout la carrière de l'ex vendeur de porte-à-porte, ravissait Nikolaï, qui le voyait s’épanouir de plus en plus. Surtout qu'il lui avait raconté sa vie avant ça. Son métier misérable, son licenciement, sa femme qui le met à la porte, le divorce, et le fait qu'elle refuse qu'il puisse voir ses enfants. Il en avait deux. En soit, le fait qu'il était déjà marié une première fois et qu'il ait des gosses n'importait peu pour Nikolaï. Au contraire, il se disait qu'il pourrait gâter les enfants à Noël. Lui qui avait toujours passé les fêtes seul.

Alors le tatoué attendait ce lundi soir avec une impatience toute particulière, vu que son ami devait se pointer chez lui ce soir, après avoir terminé tout ce qu'il avait à faire au Parc des Expos. Pour l'occasion, il lui avait prêté une de ses voitures, pour qu'il puisse se déplacer plus facilement.

D'ailleurs, il entendit le portail s'ouvrir dehors. Ce devait être lui, si c'était bien son portail qu'il avait entendu. Il décida enfin de se lever de l'un de ses canapés pour se diriger vers le meuble à alcools, non loin. Pour se servir un Martini. Le faisant très lentement, pour être toujours debout devant quand Billy entrerait dans le salon.

Billy ouvrant la porte d'entrée pour arriver vers lui après avoir retiré ses chaussures et son manteau dans l'entrée. Se frottant les mains, comme s'il avait froid.

- Il commence à faire frisquet !…

- Pas étonnant, on est fin Novembre, début Décembre. Je te sers quoi ?

- Humm… Un petit verre de Gin ? demanda Billy, en se frottant alors le visage faisant écho à son précédent geste.

Venant s'asseoir dans le canapé, il s'y blottit, alors que Nikolaï retournait vers lui avec les boissons dans les mains. Prenant ensuite une télécommande pour allumer sa fausse cheminée devant eux, au fond de la pièce, ce qui mit en marche le poêle de la maison.

- Voilà, comme ça tu vas vite te réchauffer, il ponctua sa phrase en le prenant bien contre lui. Billy ayant fini par avoir l'habitude, se laissa faire, même s'il souriait comme un gamin venant de recevoir un super cadeau.

Nikolaï trouvait ça tellement adorable. Il ne pouvait s'empêcher à chaque fois de ce dire que c'était lui le bon, et qu'il voulait passer la fin de sa vie avec lui. Sauf qu'il ne pouvait pas encore lui dire. C'était trop tôt pour Billy, il le savait très bien. Soupirant, il attrapa son verre de sa main libre pour en boire une gorgée. Imité par Billy, qui soupira à son tour, de détente.

- Alors ? Heureux ? demanda le russe, avec une pointe d'humour.

- Oh oui, tu n'as pas idée !

- Mais de quoi ? Du verre ? De moi ? De la convention ? Ou qu'elle soit terminée ?

- Hum… Si je te disais les quatre ?

- Je vois… C'était beaucoup de travail, pas vrai ?

- Ouais, je ne pensais vraiment pas pour le coup…

Reposant son verre, Billy vint se blottir contre lui.

- Elliot m'a dit que normalement, mettre en place une convention comme celle-là prenait au minimum un an… fini par dire Billy, l'air presque… Dépité.

- Ah oui… Effectivement, vu que vous l'avez fait en un mois, pas étonnant si tu es crevé.

- C'est ça. Après, si j'ai pu tout monter en aussi peu de temps, c'est avant tout grâce à tout le monde. Déjà à tes dons pour louer le lieu, et aux contacts d'Absynthe, d'Elliot et Léo. Grâce à eux, je ne suis pas passé par le typique mail « voulez-vous faire partie des exposants de ma convention », qui prend bien trois mois à être lu et répondu. Ils ont tous beaucoup de cordes à leur arc, je me sens presque inutile…

Tiens, une pointe de dévalorisation. Ça faisait longtemps. Depuis cette fameuse soirée, il avait fini par convenir avec Billy qu'il devait lui dire quand il se sentait mal, qu'il déprimait. Il lui répétait des mots de motivation pour l'aider à remonter la pente.

- Tu sais ce que je pense de ce genre de pensée, Billy.

- Oui, je sais pardon, je suis fatigué, c'est tout.

Billy se redressa pour le regarder droit dans les yeux et venir l'embrasser doucement. Nikolaï adorait ses moments de papouilles, alors, il lui sourit. Pour venir lui caresser la joue.

- Toi aussi, tu as pleins de cordes à ton arc. Mais tu ne les vois pas encore. Déjà, tu en as une, c'est l'organisation. Tu es très doué.

- Oui, mais moi… Je n'ai pas autant de contacts dans le milieu…

- Certes, mais les contacts, ça vient au fur et à mesure. Maintenant que tu as organisé cette convention, tu as les mails et numéros de tous les exposants. C'est un bon réseau pour débuter. Et surtout, s’ils ont appréciés l'évènement, c'est un plus pour l'avenir.

- Tu as raison.

Billy se remit contre lui, soupirant. Quand il soupirait autant, le tatoué avait compris que c'était parce qu'il était fatigué et qu'il avait besoin de dormir.

- Tu veux qu'on aille dans la chambre pour être mieux installés ? demanda-t-il alors, par pure gentillesse. Sauf qu'il senti le blond se figer d'un seul coup.

- Euh… Tu ne vas pas… Tu ne veux pas…

- Non Billy.

Se redressant pour s'asseoir sur le canapé, Nikolaï regarda dans les yeux celui qui faisait battre son coeur.

- Depuis qu'on se fréquente, est-ce que j'ai une seule fois insisté pour te toucher ? Ou pour le faire ?

- N…Non… venait de répondre l'organisateur, la tête basse.

- Alors arrête d'avoir peur. Si un jour, j'ai vraiment envie, on en parlera. Comme on se l'ait dit. Aller, maintenant, mon soumis adoré, tu lèves ton cul et tu vas te coucher dans le lit !

À cette demande, Billy ne pu que rire et se lever pour trottiner jusqu'à la chambre. Ils n'avaient même encore rien fait niveau soumission, simplement des ordres simples par-ci par-là, pour établir une relation de confiance et s'adapter à l'autre. C'est une fois arrivé dans la chambre, que l'homme aux yeux gris fini par tomber sur un carton d'invitation qu'il avait reçue quelques jours plus tôt. Se mettant à l'aise, c'est-à-dire en caleçon, comme l'avait fait Billy, qu'il entra avec lui sous la couette moelleuse, pour le prendre contre lui, la tête du blond sur son torse. Il alluma la télévision pour avoir un petit fond sonore, car lui n'allait pas dormir, contrairement à Billy, qu'il sentait vraiment piquer du nez. Il était tard, et sans doute son ami n'avait pas mangé, mais il lui cuisinerait quelque chose une fois éveillé.

Prenant le carton d'invitation, il l'ouvrit pour le relire. C'était la famille Longrey qui l'invitait à une soirée de gala qu'ils organisaient. Elle se déroulerait au Pressoir d'Argent, le restaurant de Gordon Ramsey, accolé à l'hôtel Intercontinental de la ville. Il ne savait pas vraiment s'il voulait y aller. Les Russes n'étaient pas vraiment très friant des soirées de charité, bien plus emballés par les fêtes, les soirées d'anniversaire, ou dans des Clubs. D'un autre côté, il ne connaissait que très peu de familles de son standing en ville, c'était l'occasion de faire connaissance. Tournant son regard vers Billy, il réfléchit quelques minutes, avant de doucement le réveiller.

- Billy ? Eh… Zaїtchik zaїtchionak, tu dors ?

Nikolaï venait littéralement de l'appeler petit lapin. Un surnom qu'il lui donnait de tant à autre, qui n'était pas trop intime et que Billy semblait tolérer. Celui-ci couina pour ouvrir les yeux en gémissant et en baillant.

- Oui ?… Qu'est-ce qu'il y a Niko' ?

- Je me demandais si tu serais d'accord pour m'accompagner à une soirée de gala prochainement ? cette fois, ce fut au russe de se mettre à rougir.

- Un gala ?

Ce mot semblait avoir réveillé instantanément l'homme qui s'était assit à toute vitesse dans le lit. Le stress semblant monter en lui, petit à petit.

- Ah non, mais pas en tant que couple ! Rassures-toi Billy. Simplement en tant qu'amis, si tu préfères. Je n'ai vraiment pas envie de te mettre dans l'embarra.

- Oh d'accord. Dans ce cas-là… Si tu ne hurles pas sur les toits qu'on est ensemble… C'est bon, ça me va.

- En plus, comme ça tu pourras parler de ton entreprise et ta liste de contacts pourra encore se rallonger.

- Oui, tu as sans doute raison. Même si je pense ne pas me tromper en disant qu'il y a sûrement peu d'adeptes du BDSM dans ce milieu, conclu Billy pensif.

Ce qui fini par faire rire aux éclats Nikolaï, sans que le blond comprenne pourquoi. D'ailleurs, cela eu fait de l'énerver. Il se mit à frapper son hôte avec son oreiller, rouge de honte.

- Mais arrête de te moquer de moi ! Qu'est-ce qu'il y a de si drôle à la fin ?! il fini par croiser les bras et tourner la tête à l'opposé de Nikolaï, comme l'aurait fait un enfant qui s'était décidé à bouder ses parents.

Le poivre et sel fini par s'arrêter de rire. Calmant son rythme cardiaque, pour prendre Billy par les épaules et enfin le prendre contre lui en gloussant.

- Mais rien, tu n'as rien fait. Juste… Tu n'as vraiment aucune idée du nombre de pervers lubrique dans les milieux aisés. Certaines soirées, en particulier les soirées privées organisées dans les grandes demeures, sont souvent les plus obscènes possibles. Les riches et les nobles ne montrent pas leur déviance en public, comme dans des Clubs, ils préfèrent le faire entre eux, en privée, à l'abri des regards pour ne pas être jugés, comme le commun des mortels.

- Alors c'est pour ça que tu es un pedobear ? questionna Billy, avec un sourire pervers sur les lèvres.

- Idiot va !…

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