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« Tu penses toujours à ce lien ? » demanda le roi.

Abraham hocha la tête.

« J’aimerai vraiment faire qu’un avec Jullian », avoua-t-il.

Depuis leur visite chez le sorcier, cette idée ne cessait de tourner dans son esprit. Il voulait cet homme, il voulait qu’il le possède et le réclame comme sien. Peu lui importait les lois, les préjugés, les possibles risques. Si la nature les avait destinés l’un pour l’autre il n’y avait aucune raison de lutter. De toute manière, il savait qu’à la prochaine lune, ils se sauteraient dessus. C’était comme une sorte de doux murmure qui venait courir jusqu’à son oreille avant de lui donner des frissons.

Son père sourit. Il n’était toujours pas ravi de cette situation, mais il ne la changerait pour rien au monde. Quel meilleur cadeau que celui de voir son fils heureux ?

Il se confia :

« J’ai peur pour toi Abe, savoir que votre lien pourrait dégénérer ne me ravi absolument pas, mais si tu veux vraiment appartenir à Jullian fait le, cette volonté ne dépend que de toi »

Le roi s’approcha de son fils, et posa une main sur sa joue.

« J’ai juste peur que tu deviennes son calice. Car je suis bien placé pour savoir ce que le manque du sang de son calice fait et je ne veux pas te voir traverser ce genre de chose en sachant que ta soif pourrait être encore plus puissante »

Abraham savait qu’il parlait de sa défunte mère car malheureusement, le lien ne disparaissait pas après la mort, il persistait toujours plus puissant et douloureux.

« Elle te manque ? demanda-t-il.

— Autant qu’à toi », répondit doucement le roi.

Abe soupira. Il avait l’impression de n’avoir que de pâle souvenir de sa mère. L’éternité pour un vampire avait beaucoup de mauvais points comme le fait de perdre des être cher et ne jamais être sûr de pouvoir les rejoindre un jour, beaucoup s’ôtaient la vie après deux ou trois siècles de vécu. Aussi, il y avait le fait d’oublier des souvenirs, le cerveau n’avait pas la capacité de se remémorer de chaque instant, c’était pour cela qu’on faisait souvent appel à un sorcier qui figerai notre souvenir dans un objet (un peu comme dans la série Locke and Key)

« Tu sais, je ne t’en voudrais pas si tu retrouvais un calice » dit finalement le prince.

Son père le regarda avec curiosité.

« Tu es très prit en tant que roi et futur membre du conseil, mais je pense que maman serait heureuse de savoir que tu profites de ta vie, s’expliqua-t-il.

— Tu lui ressembles tu sais, esprit libre et indomptable », répondit-il en souriant.

Après ce doux échange, Abraham quitta la compagnie son père pour rejoindre son rouquin préféré. Il le trouva comme à son habitude à la bibliothèque en jouant avec Mickey.

« Jullian n’est toujours pas revenu ? demanda le prince

— Non, pas que je sache.

— Une fugue ça te dit ? » proposa-t-il.

Ce lui aux cheveux d’argent mordilla sa lèvre, impatient.

« Après ce qui t’es arrivé tu veux vraiment t’éclipser en douce ? soupira Benjamin.

— C’est pour la bonne cause, et j’ai besoin de sortir sans une horde de gardes, souffla-t-il doucement car il se savait épier.

— Qu’est-ce que tu as derrière la tête ? s’amusa le rouquin.

— Tu n’as qu’à venir avec moi, on passera se prendre des bières aussi. »

Benji approuva sur le champ. Après tout, qui était-il pour refuser une bière de sang ?

Ils se rendirent alors en ville, vers les quartiers ouverts de nuit principalement occupé par les vampires, et après avoir acheté quelques canettes, Abe les mena jusqu’à une bijouterie.

Son ami gloussa.

« Je n’aurais jamais pensé que tu sois romantique.

— Moi non plus ! » répondit le prince avec engouement.

Ils furent ensuite guidés entre les rayons par une adorable vampire. Et le prince trouva son bonheur avec deux adorables bracelets.

« C’est magnifique, souffla le plus petit en touchant l’or, admiratif.

— Tu pourrais lui prendre un os il serait content », soupira celui aux cheveux d’argent.

Jullian se fichait pas mal des petites attentions et des cadeaux à l’instar des siens, contrairement à la société des vampires (les sangs purs en général) qui adorait les parures.

« Je veux me lier à lui demain soir, et si ça ne marche pas je veux qu’il porte ma marque », avoua-t-il en rougissant.

Le rouquin sourit. Son ami avait changé, il gardait son mauvais caractère fugace celui qui le poussait à sortir un peu imprudemment comme à cet instant, mais la présence du Warrior l’avait bien apaisé. Surtout avec la relation qu’il entretenait avec son père.

Ils finirent par rentrer au manoir.

« Abe » l’accueillit froidement François.

Le roi des vampires se tenait dans l’encadrement de la porte principale, révolté. Celui aux longs cheveux savait ce qui l’attendait : un poing dans la gueule. Il allait le sermonner pendant des heures avec le même refrain barbant comme quoi il était le gentil mouton qui se ferait manger par le loup. A l’évidence il rajouterait le fait qu’il s’était fait kidnapper.

« Je me suis inquiété, dit-il finalement.

— On est seulement allé boire une bière de sang, j’avais besoin de sortir, souffla le prince.

— Bordel, fait ce que tu veux, mais préviens-moi si tu veux sortir qu’avec Benjamin ! »

Abraham resta assez surpris que son père n’en rajoute pas plus et retourne à ses occupations. Jullian se tenait sur le côté, agité et assez grognon. Il s’approcha de lui rapidement, et s’imprégna de l’odeur de son compagnon. Il l’observa sous toutes les coutures en vérifiant qu’il n’avait aucune blessure.

« Je vais bien ! Promis », s’empourpra le vampire en essayant de le repousser.

Ce fut impossible, le colosse l’encerclait comme s’il se trouvait dans un cocon. Il ne voulait pas le lâcher, c’était son instinct qui parlait plus que sa raison puisqu’il s’était bien rendu compte qu’Abe allait bien. Et puis, la lune presque pleine y était pour beaucoup.

« Ju’, je veux qu’on se lie demain soir », annonça le sang pur.

Surpris, le lycanthrope s’écarta.

« Tu es vraiment sûr que c’est une bonne idée ?

— Tu comptes avoir peur toute l’éternité toi ? » riposta celui aux cheveux d’argent.

Il avait raison, s’ils ne se jetaient pas à l’eau maintenant, ils auraient peur encore longtemps. Ils se mettraient des barrières, se feraient à l’idée que leur lien était dangereux et vivraient dans le doute pour l’éternité. Eliot avait été clair : cela pourrait marcher normalement, ou bien les effets seraient décuplés, soit, dans le dernier cas il ne se passerait rien.

Malgré tout, l’idée que la lune les ait liés pour une bonne raison persistait.

« Je veux vraiment le faire, je veux qu’on essaie, dit Abraham

— Tu veux la mort de tous les résidents, souffla le loup.

— Comme si c’était possible, nous sommes des morts-vivants. »

Jullian roula des yeux, mais il ne répliqua pas.

« Je veux seulement que tu me réclames comme tiens, que tes crocs soient profondément enfouis dans ma nuque pendant que…

— Ne termine pas cette phrase », gronda le Warrior.

Le prince sentit la vague brulante de désir l’assaillir lorsqu’il entendit la voix aussi rauque de son amant.

Le lendemain soir, la pleine lune emplissait le ciel nocturne avec magnificence. Le couple s’était rendu sur le territoire de la meute du nord accueillis à bras ouvert par les loups et s’était installé dans une adorable maison en bois un peu en retrait dans la forêt appartenant à la famille de Jullian.

Ils y étaient seuls, et tremblant d’anticipation.

Sous cette lune ils se lieraient, s’appartiendraient jusqu’à la fin des temps.

Après une douche, Abraham pénétra dans la chambre. L’air y était étouffant, bourré de phéromones par Jullian qui tournait dans la pièce comme un prédateur. Le cœur du prince se stoppa dans sa poitrine, il en oublia presque de respirer, comme si son corps s’était figé ; il frissonna de peur et d’excitation. Le regard que lui adressa le Warrior vola ses forces en lui envoyant un frémissement le long de son échine, il dût lutter pour tenir debout.

Ses joues prirent une adorable teinte rosée quand il fit un pas vers lui.

« Si tu n’es pas prêt nous pouvons encore attendre Abe, nous avons le temps », approuva Jullian, bienveillant.

Le prince secoua la tête puis alla chercher ce petit cadeau qu’il avait acheté la veille. Il lui tendit.

« Je veux qu’on essaie de se lier, et comme je ne suis pas sûr que cela fonctionne, je veux qu’on ait au moins ça », rougit-il.

Le lycanthrope sentit son cœur s’emballer lorsqu’il ouvrit la boite de velours et y découvrit deux bracelets d’or. Comment ce petit bout de vampire pouvait-il à ce point le bousculer ? Lui, le premier Warrior de la meute du nord et l’un des guerriers des plus redoutables ? Il l’aimait, plus que de raison.

A moi, pensa-t-il en revêtant le poignet de son âme sœur de cet adorable bracelet.

Et sur cette touche d’amour, ils se laissèrent aller à leurs instincts. Leurs prunelles brillèrent, le rouge face au doré, les crocs faces aux griffes.

Abraham débordait de désir, à tel point qu’il cru qu’il allait bruler. Il gémit doucement pendant qu’il s’enflammait contre son amant. Il sentait sans mal sa chaleur, son plaisir tendu séparé seulement par ces quelques tissus.

Jullian s’en débarrassa. Puis, dans une douceur bestiale, il s’empara de celui aux cheveux d’argent et le jeta sur le lit.

« Jullian » soupira le vampire lorsque son amant vint sur lui.

Il plaça ses grandes mains sur sa taille et le frisson qui jaillit de ce contact provoqua une énième plainte sa gorge. Le Warrior y répondit par un grognement. Dans un mouvement sans grande délicatesse mais dans une passion débordante, le colosse renversa le sang pur sur le ventre et utilisa une main pour pousser sa poitrine contre les draps, de l'autre, il le prépara à recevoir tout l’amour qu’il lui portait.

L’échange qui suivit ne fut absolument pas comme leur première partie de jambe en l’air sur le tas de fleur, ni comme toutes les autres qui avaient suivi. A cet instant ils savaient qu’ils allaient se lier, et même s’ils tentaient de réfréner leur envie pour profiter de l’instant, ils ne pouvaient se retenir réellement. Ils étaient impatients de s’unir.

Le lycanthrope assouvit leur volonté et combla son amant en un mouvement.

Il le remplit d’amour, le gâta de luxure et de sentiments qui les dépassèrent. Ils s’aimèrent sous cette lune pleine, dans cette nuit, pour l’éternité et jusqu’à jamais.

Abraham ne le voyait pas, cependant, le simple fait de le sentir contre lui, brulant, haletant, l’embrassant par instant lorsqu’il se penchait sur lui, le rendait fou. Il le sentit passer une main sur le haut de son torse, à la limite de son coup, avant qu’il le relève vers le haut. Le loup écarta ses longs cheveux sur le côté. Il savait ce qui allait suivre. Il savait as prochaine action et il attendit, le souffle coupé d’anticipation.

Ses crocs percèrent sa nuque avec fermeté. Le prince ouvrit la bouche dans un cri muet, tant cet instant le troubla. La douleur, le bonheur, l’amour, l’électricité, le froid, le chaud, Abe n’aurait su laquelle de ces sensations l’altérait. Il ne pouvait pas bouger, comme si son âme était détachée de son corps car le plaisir était trop important à supporter.

Après quelques secondes qui parurent une éternité, Jullian retira ses crocs et lécha la morsure pour la cicatriser, comme le voulait la tradition. Il finit par s’écarter de lui, le retourna pour lui voler un baiser tout en l’accompagnant contre le lit.

« Tu vas bien ? Je ne t’ai pas fait mal » demanda-t-il la voix rauque d’un désir encore brulant.

Le prince secoua la tête. Il se sentait bien, presque complet.

« Jullian, veux-tu devenir mon calice ? questionna-t-il d’une petite voix

— Oui, Abraham. Je veux t’appartenir comme tu m’appartiens. »

Celui aux cheveux d’argent s’exclama.

« Tu n’es décidément pas prêt aux journées d’anémies qui t’attendent, se moqua-t-il gentiment.

— Je serai prêt à affronter la mort pour toi mon prince », répondit le Lycanthrope.

Jullian s’assit et l’attira contre lui dans un doux baiser. Peu importe ce qu’il traverserait dans le futur, il voulait ce vampire, ce petit bout de sang pur qui faisait tourner en bourrique n’importe qui. Il le voulait pour lui, et il l’aurait avec son caractère.

Il lui tendit sa veine.

« Je t’aime Abraham. »

Le vampire planta ses crocs et referma la boucle de leur destin.

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Stéphane Vla
Les Thèmes Hasardeux d'un Écrivaillon sont une suite de textes en prose produits dans le cadres de challenges que nous nous lançons avec mes confrère et consœur d'écriture, Elena Baroso et Mickaël Jouot.
Chaque semaine nous devons nous efforcer de réaliser un récit, court ou long, contenant trois mots choisis arbitrairement.
J'ouvre donc le bal de mes contributions à venir avec un texte un peu haut en couleurs...

Les contributions d'Elena sont à retrouver à cette adresse :

https://www.scribay.com/text/1095305884/writing-challenge

Et pour les contributions de Mickaël :

https://www.scribay.com/text/1935586657/themes-hasardeux
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Caiuspupus



Marie se réveilla en sueur dans son lit, les yeux grands ouverts. Elle jeta un œil à son radio-réveil, mais constata que rien ne s’affichait sur l’écran.

Dans le noir, elle tâtonna nerveusement à la recherche de l’interrupteur de sa lampe de chevet, puis le trouva enfin. Elle appuya dessus plusieurs fois, sans succès.

Elle serra son doudou contre elle. Elle l’avait nommé “Lapinot”. C’était un bon gros lapin blanc usé qui n’était jamais passé par la machine à laver. À 10 ans, elle avait un peu honte d’avoir encore un doudou, mais cette peluche lui évitait de faire des crises d’hystérie lorsqu’elle se retrouvait plongée dans le noir : depuis toute petite, elle souffrait de scotophobie, la peur de l’obscurité. À tel point qu’elle s’endormait encore la lumière allumée, même si elle savait que sa Maman venait l’éteindre une fois qu’elle était endormie. En effet, tous les matins, au réveil, l’ampoule était éteinte et froide. Et tous les matins, Marie lui en faisait le reproche, et ça tournait systématiquement en disputes, sa mère ayant toujours le dernier mot : “ce n’est pas toi qui paye les factures d’éléctricité”.


"Mes parents ne me comprennent pas, ils font semblant d'être de mon côté, mais ils sont à côté de la plaque."


Elle était donc assise seule, dans son lit, plongée dans le noir, complètement tétanisée. Pourtant, la veille, et comme tous le soirs depuis ses 5 ans, elle avait bien avalé ses cachets pour dormir jusqu’au lever du jour. Elle avait une prescription pour ça, le psychiatre qui la suivait s’occupait bien d’elle, même si elle estimait que les médicaments l’abrutissaient un peu. Mais cette nuit, les somnifères n’avaient pas eu l’effet habituel. Marie sentit une panique sourde monter en elle, qu’elle parvint à contenir en serrant très fort sa peluche et en respirant lentement.


"Surtout, reste calme, pense à ce que t'a dit le docteur. Pense à des choses agréables."



Elle eut envie d’appeler ses parents, mais se ravisa aussitôt : ils allaient probablement se mettre en colère contre elle, elle avait trop abusé de leur gentillesse dans le passé. Depuis quelques temps, ils étaient devenus un peu irritables dès qu’il était question de leur sacro-saint sommeil.
Elle jeta un œil dans la direction de l’interrupteur de la chambre, qui était là, elle le savait, tapi dans l’obscurité, si près et si loin à la fois. De toutes façons, puisque l’électricité était coupée, ça n’aurait servi à rien. Et puis, il était impensable de se lever pour sortir de la pièce. Il y avait peut-être un monstre tapi sous le sommier, prêt à surgir, à lui mordre les jambes et à l’emporter avec elle sous le lit en la tirant par les cheveux. Elle avait lu quelque part que souvent, les petites filles avaient peur de ce qu’il y a sous leur lit. Les garçons, quant à eux craignaient ce qu’il y a derrière la fenêtre, ou derrière la porte. Marie, elle, était certaine que dans le noir, des monstres griffus se réveillaient. Alors, ils pouvaient surgir de partout, des portes, des fenêtres, des placards, de dessous le lit, du plafond, aussi. Surtout des faux-plafonds, ils sont traîtres, ceux-là.


"Ils sont là, dans le noir, je le sens. Ils me voient mais je ne peux pas les voir. Ils m'attendent."



Elle écarquilla les yeux pour capter un maximum de lumière, distinguer quelque chose dans la pièce, mais elle n’y parvint pas, à son grand regret. Le noir était profond, dense, il enveloppait tout.
Soudain, elle entendit un bruit. Une sorte de craquement. Elle inspira lentement, et tâcha de ne pas polluer les sons de la pièce avec sa propre respiration. Rien. Le silence complet. Ce craquement était certainement le fruit de son imagination. Elle se dit que dans le noir, l’ouïe était décuplée, puisque la vue ne parasitait pas les autres sens. Le moindre petit bruit devenait alors assourdissant. Elle serra fort son lapinot, se blottit sous la couverture, essaya de se convaincre que tout allait bien se passer, qu’il fallait juste se rendormir, et qu’au réveil, tout serait oublié. Elle jeta un regard vers la fenêtre. La nuit était très sombre, sans lune, sans étoiles, Et il n’y avait aucun lampadaire pour apporter un peu de lumière… En réalité, elle ne distinguait même pas sa fenêtre, elle imaginait juste sa présence, quelque part à gauche de son lit.

Puis elle entendit un bruit à nouveau, léger, celui de la pluie qui vient frapper les carreaux. Le craquement qu’elle avait perçu avait était peut-être celui d’un coup de tonnerre lointain? L’explication était logique. Elle s’enfonça un peu plus sous les draps, et se mit à compter lentement ses inspirations et ses expirations afin de faire venir le sommeil. Elle avait lu sur internet que cette méthode fonctionnait.


"Inspire, expire, inspire, expire, tout va bien se passer, il n'y a personne dans cette pièce, tout ça, c'est dans ta tête."



Au bout de 50 inspirations, et tout autant d’expirations, elle constata que cette technique ne fonctionnait pas. Elle était tendue, elle sentait une forme de présence près d’elle. Elle s’agita dans tous les sens, donna des coups de poings dans le vide, autour d’elle. Rien.


"Laissez-moi tranquille ! Partez d'ici !"


Elle eut envie de pleurer, les larmes montèrent en elle. Elle était sur le point de craquer complètement. Un souffle glacial vint alors la saisir dans le lit, suivi d’une sorte de bruit caverneux. Elle sursauta, et tout son corps se mit à trembler.


"Que vient-il de se passer, là? La fenêtre est fermée, ce n’était pas un courant d’air."



Elle tenta un timide “Il y a quelqu’un”? Aucune réponse, il fallait s’en douter… Pourtant, elle le sentait, il y avait bien une présence dans la pièce, qui lui voulait du mal.


Dehors, la pluie se mit à tomber de plus en plus fort, suivie de plusieurs coups de tonnerre qui ne firent qu’ajouter à la tension qui régnait dans la chambre. Marie se cacha complètement sous la couette avec Lapinot, et pria.



"Ne panique pas, Lapinot, tout va bien se passer. On va s'en sortir, ne t'inquiète pas, je suis là pour te protéger des méchants. "



Un rire strident retentit alors dans toute la pièce. Elle s’immobilisa, puis hurla, prise de panique. Toute la tension qu’elle avait gardée en elle explosa d’un coup.


Au même moment, un éclair vint illuminer la pièce. Un très bref instant, Marie put ainsi voir ce que l’obscurité lui avait caché jusqu’ici : sur le parquet, à deux mètres de son lit, gisait Lapinot, son bon gros doudou.


"Mais, si Lapinot est par terre, c'est que..."


Elle comprit instantanément, et relâcha son étreinte de la “peluche” qu’elle serrait si fort contre elle depuis son réveil.

Peu après, ses parents arrivèrent en trombe dans sa chambre, et découvrirent leur fille sans vie, dans un bain de sang, à côté d’une drôle de peluche qui souriait étrangement.

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