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La meute du Nord séjournait comme son nom l’indiquait au Nord du continent. Si le manoir avait pris place sur le côté de la mer, avec une partie donnant sur un petit bois et l’autre sur les grandes villes, les loups s’étaient isolés dans les grandes forêt entourés de montages et de plaines. La place ne manquait pas, et étrangement la sécurité non plus. Les lycanthropes avaient cette faculté à défendre leur terre et leur possession mieux que quiconque. Nul ne possédait le droit de pénétrer, ou même de seulement traverser le territoire sans y être invité.

Ils empruntèrent les routes terreuses après avoir quitté les derniers villages humains, et s’engagèrent de plus profondément dans le bois. Les arbres étaient immenses, et malgré les centaines d’années et même plus que pouvaient avoir certains vampires, jamais ils n’avaient été si impressionnés par ce spectacle vert, boisé et humide. Ils pouvaient entendre les animaux sauvages vivre entre ces bois, sentir le vent qui faisait trembler la sime des arbres, ressentir la tension magique et bestiale des loups lorsqu’ils pénétrèrent dans leur meute.

Les loups étaient leur ennemi juré depuis des siècles. C’était dans les récits, les histoires, les cultures, tout. Ils se détestaient, jusqu’à la moelle.

Le roi jugea bon de s’arrêter, lorsqu’il perçu les premiers signe de mouvements. Ils descendirent des véhicules, et bien qu’en premier lieu les gardes se mirent autour de leur seigneur de la nuit, il les fit s’écarter pour qu’il se place en tête. Après quelques instants, plus tard, six loups firent leur apparition. Trois étaient de tailles imposantes, confirmant le fait qu’ils étaient des Warriors, excellent aux combats, tandis que les trois autres étaient des patrouilleurs, assez rapide pour prévenir la meute sans soucis avant que le intrus ne puisse toucher ne serait-ce qu’à un seul poil d’un dès leur. Par ailleurs, aucun d’eux n’était Jullian.

Aucun d’eux ne portait l’odeur de son fils.

« Restez sur vos gardes, nous ne sommes pas les bienvenus », lâcha le roi lorsque les loups reprirent forme humaine.

Tous les vampires avaient déjà rencontré des loups, néanmoins, ils n’avaient pas tous assisté plus particulièrement à une transformation de leur part. C’était quelque chose qu’ils auraient pu qualifier d’étrange, Abe l’avait déjà vu, et c’était réellement comme si une deuxième peau roulait sous l’autre avant de sortir en plein jour sans être toute fois semblable à une torture hideuse. Les six Lycanthropes s’avancèrent vers les vampires, se fichant complètement de leur nudité. Jonas, un garde attiré par les hommes, ne se gêna pas d’admirer la marchandise malgré le dégout qu’il pouvait avoir de sa race.

« Vous n’êtes pas autorisé à être sur ce territoire », dit le plus grand en tête de ligne.

Il avait la peau hâlée, les cheveux marrons, un peu comme la plupart des loups, à l’exception des blancs qui avaient naturellement leur peau très claire et une chevelure blonde virant presque au blanc (la couleur de leur fourrure allait avec celle de leurs cheveux sous forme humaines, hormis une personne qui se serait faite une coloration) et son regard, plus que sombre, attisait le comportement agressif des vampires. Pourtant, fier comme il l’était, le roi ne montra aucun signe de peur, ni d’agressivité, donc il fit preuve du plus grand calme qu’il possédait.

« Je demande à voir votre Alpha. »

Les loups se fichèrent pas mal de la demande qu’ordonna le roi, ils sortirent les griffes.

« Ne faites pas un pas de plus, nous n’hésiterons pas à vous tuer.

— Vous avez enlevé mon fils, je serais celui qui vous viderai de votre sang », se crispa le seigneur de la nuit.

Le chef du petit groupe fronça les sourcils. Il n’avait pas eu vent de cette histoire dans sa meute, même s’il passait les trois quarts de son temps à patrouiller le territoire, son alpha aurait prévenu la meute entière et encore plus s’ils avaient « kidnappé » le fils de ce sang froid. Pourtant, même s’il n’en avait fait par à personne, il avait détecté une senteur de vampire qui s’estompait au fur et à mesure sur le territoire, il avait mis ça sur le dos du premier Warrior qui était revenu de sa mission, et un doute commençait à titiller son esprit.

Contrairement à dans les contes, la télépathie n’existait pas, ni au sein d’une meute, ni entre deux âmes sœurs, par contre, ils pouvaient tout de même se faire comprendre par de simples gestes, sensations que seuls possèderaient les animaux à l’image d’un sixième sens. Par ailleurs, ils ne faisaient qu’un avec la forêt, et il s’avait, comme le vent allait vers la meute, que son chef était au courant de la venue de ces vampires.

« Nous vous escorterons jusqu’à la meute, seul », offrit-il finalement.

Marcus s’avança pour dépasser le roi et refuser cette idée grotesque de laisser son maître sans protection, mais d’un geste de main, le roi le fit s’arrêter.

« Attendez-moi ici, je ne veux pas avoir de mort sur la conscience. »

Il leur confia un bref regard traduisant sa pensée qu’ils ne devaient en aucun cas intervenir, et suivit les six loups qui se retransformèrent.

Ils marchèrent un long moment, bien plus d’une heure, jusqu’à arriver à une espèce de petit village où les maisons, toutes faites de bois épais, se fondaient dans le décor parfait de la forêt, le roi des vampires était déjà venu dans cette meute il y a des siècles de cela, et à part cet alpha qui avait repris la tête il y a trois siècles, rien n’avait semblé changé. Peut-être les mentalités avaient muri, toutefois il n’était pas ici pour faire ami-ami.

L’alpha les attendait, en effet, à côté de sa Luna et de son bêta. A vrai dire, dans un combat un contre un, le roi n’était pas sûr de remporter facilement la victoire. Il avait peut-être l’avantage de la vitesse vampires, mais le loup avait l’avantage sur la force et le fait qu’il pouvait aisément se battre sous deux formes. Par ailleurs, Jamie Kriger était le loup par excellence, il avait détrôné son prédécesseur d’une facilité qui en avait laissé plus d’un bouche-bée, et, pour couronner le tout, cet homme, était aveugle.

« François Tomlinson, je n’aurais jamais pensé que vous veniez jusqu’ici après avoir renvoyé mon meilleur Warrior. Vous êtes venus vous plaindre de ses services ? »

Il ne le regardait pas vraiment. Même s’il avait déjà fait sa connaissance quelques fois pour régler des affaires, le vampire était toujours aussi surpris que même sans le voir, sans l’avoir préalablement entendu parler, il sache qui se trouvait face à lui. Cet homme était un mystère, et par les nombreuses cicatrices qui fendaient sa peau sombre, il savait qu’il n’avait pas eu une vie facile.

Le sang pur se redressa, comme si soudainement il avait eu un complexe d’infériorité puis parla clairement :

« Mon fils a disparu, nous avons trouvé des traces de loups, nous sommes à sa recherche et je dois éliminer la possibilité qu’il se soit retrouvé ici.

— Votre fils n’est pas là, aucun vampire n’a pénétré mon territoire à part vous », répondit l’alpha calmement.

Le vampire ne discerna aucun mensonge dans la voix de Jamie, ainsi, il s’apprêta à le remercier et mettre les voiles aussi vite que possible quand une voix, glaciale, se fit entendre.

« Abe a disparu ? »

Jullian se tenait sur le côté, s’étant écarté du groupe avec lequel il parlait un peu plus tôt. Il avait reconnu l’odeur du roi de la nuit à peine il avait posé un pied sur leur territoire, et il n’aurait jamais pensé, une seule seconde, que sa venue soit pour ce genre de chose. Sa colère bestiale grimpa en flèche, et tout en s’avançant d’une manière menaçante vers le sang-froid, il sortit les crocs.

« Vous êtes en train de dire que vous avez laissé votre fils sans protection ? » demanda-t-il d’une voix sombre et rauque, presque comme si c’était son loup qui l’avait grondé.

A cet instant il l’aurait découpé en pièce, lui aurait arraché les membres pour le simple fait qu’il avait laissé son âme sœur sans défense dans des conditions qu’il savait pourtant dangereuses pour lui. On l’avait attaqué plusieurs fois !

Merde, pensa-t-il, Jullian savait qu’il avait brisé les règles imposées en touchant le prince, et au-delà de la haine qu’il portait directement à ce vampire, il s’en voulait terriblement. Il avait cédé à ses pulsions comme l’animal qu’il était et maintenant le regrettait.

« Calme toi Jullian », ordonna Jamie qui ressentait la colère de son ami grimper.

Néanmoins, face à sa moitié, l’ordre de son chef ne l’atteignait pas.

« C’est votre faute ! Il est en danger ! » S’emporta-t-il.

Le brun ne se transforma pas en loup, mais il fit quelque chose de très surprenant : une demie métamorphose. C’était à la limite de l’homme et de la bête. Son corps s’était recouvert de sa fourrure brune, il avait gagné en envergure et en muscle déchirant le pauvre t-shirt qu’il portait et sa tête devint celle d’un loup. Un pur loup garou des vieilles légendes effrayantes.

« Jullian ! » haussa la voix l’alpha.

Bien qu’impressionné, trois Warriors maîtrisèrent leur supérieur, ils le clouèrent au sol, le museau dans l’herbe, jusqu’à ce qu’il reprenne sa forme originelle. Des larmes de rages roulèrent sur ses joues puis s’échouèrent sur la terre ; tous savaient, que s’il avait réellement eu envie de lui arracher la tête (s’il l’avait fait une guerre aurait éclaté) les trois hommes n’auraient fait que le ralentir, ce n’était pas pour rien qu’il était le premier combattant de la meute.

Le brun souffla bruyamment de colère.

« Abraham est mon âme sœur.

— Il ne t’appartient pas ! » s’agaça le roi de la nuit.

Sa main tremblait, d’irritation, colère, et un brin de peur face à ce qu’il venait de voir car il savait que son fils aurait été la proie la plus facile pour cet homme au vu de ce qu’il venait de se produire. Ce fut la Luna, Melissa, qui fit couper court aux tensions par son rire.

« Vous vous opposez à cette union ? Quelle ironie », fit-elle.

Elle posa son regard bleuté sur le vampire, et bien qu’elle fût une femme, à l’allure mince et gracieuse, ses mots coupaient court à toute opposition, elle n’était pas la compagne de l’alpha pour rien. Elle lui demanda :

« Vous avez un Calice n’est-ce pas ?

— Elle a été tuée par l’un des votre, je refuse que mon fils subisse le même sort, siffla le sang pur.

— Vous pensez alors que les loups seraient capables de tuer l’un des leurs ? Votre fils est lié à Jullian et par conséquent, il est sous la protection de la meute du Nord. Je ne connais pas vos modes de fonctionnement, mais pour nous la volonté de la lune est la plus puissante de toute, si elle a décidé de les lier qu’il en soit ainsi, et vous n’êtes pas dans la position de contester quoi que ce soit », lâcha-t-elle.

Son homme vint entourer sa taille par son bras puis déposa sa main sur son ventre, et naturellement, Melissa entremêla ses doigts aux siens.

« Au lieu de tenter de les séparer, tentez de les réunir. Cela pourrait même être valable pour nos deux communautés », ajouta l’alpha.

Le vampire regarda le couple, puis Jullian. Il n’acceptait pas le blanchissement soudain des actions passées de la race, pourtant, ils avaient éveillé l’idée d’un futur où ils pourraient partir sur un pied « d’égalité » et surtout de complicité. François ne savait pas s’il faisait le bon choix, à vrai dire, son premier songe avait été celui de remercier grossièrement la meute puis de partir à la recherche de son fils sans plus de manières. Toutefois, quelque chose le retient. C’était comme une impression, un réflexe, une soudaine envie de faire autrement, et il ne retint pas ses mots :

« Si c’est votre souhait également, alors je propose que nous nous y mettions maintenant.

— Vous demandez un accord entre nos deux clans ? » Demanda-t-il.

La voix, et l’expression de l’alpha s’étaient faites curieuses, et un soulagement – accompagné de la surprise de beaucoup – s’exprimèrent de la part de tous lorsque le roi répondit :

« Et l’enterrement de la hache de guerre. »

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Stéphane Vla
Les Thèmes Hasardeux d'un Écrivaillon sont une suite de textes en prose produits dans le cadres de challenges que nous nous lançons avec mes confrère et consœur d'écriture, Elena Baroso et Mickaël Jouot.
Chaque semaine nous devons nous efforcer de réaliser un récit, court ou long, contenant trois mots choisis arbitrairement.
J'ouvre donc le bal de mes contributions à venir avec un texte un peu haut en couleurs...

Les contributions d'Elena sont à retrouver à cette adresse :

https://www.scribay.com/text/1095305884/writing-challenge

Et pour les contributions de Mickaël :

https://www.scribay.com/text/1935586657/themes-hasardeux
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Caiuspupus



Marie se réveilla en sueur dans son lit, les yeux grands ouverts. Elle jeta un œil à son radio-réveil, mais constata que rien ne s’affichait sur l’écran.

Dans le noir, elle tâtonna nerveusement à la recherche de l’interrupteur de sa lampe de chevet, puis le trouva enfin. Elle appuya dessus plusieurs fois, sans succès.

Elle serra son doudou contre elle. Elle l’avait nommé “Lapinot”. C’était un bon gros lapin blanc usé qui n’était jamais passé par la machine à laver. À 10 ans, elle avait un peu honte d’avoir encore un doudou, mais cette peluche lui évitait de faire des crises d’hystérie lorsqu’elle se retrouvait plongée dans le noir : depuis toute petite, elle souffrait de scotophobie, la peur de l’obscurité. À tel point qu’elle s’endormait encore la lumière allumée, même si elle savait que sa Maman venait l’éteindre une fois qu’elle était endormie. En effet, tous les matins, au réveil, l’ampoule était éteinte et froide. Et tous les matins, Marie lui en faisait le reproche, et ça tournait systématiquement en disputes, sa mère ayant toujours le dernier mot : “ce n’est pas toi qui paye les factures d’éléctricité”.


"Mes parents ne me comprennent pas, ils font semblant d'être de mon côté, mais ils sont à côté de la plaque."


Elle était donc assise seule, dans son lit, plongée dans le noir, complètement tétanisée. Pourtant, la veille, et comme tous le soirs depuis ses 5 ans, elle avait bien avalé ses cachets pour dormir jusqu’au lever du jour. Elle avait une prescription pour ça, le psychiatre qui la suivait s’occupait bien d’elle, même si elle estimait que les médicaments l’abrutissaient un peu. Mais cette nuit, les somnifères n’avaient pas eu l’effet habituel. Marie sentit une panique sourde monter en elle, qu’elle parvint à contenir en serrant très fort sa peluche et en respirant lentement.


"Surtout, reste calme, pense à ce que t'a dit le docteur. Pense à des choses agréables."



Elle eut envie d’appeler ses parents, mais se ravisa aussitôt : ils allaient probablement se mettre en colère contre elle, elle avait trop abusé de leur gentillesse dans le passé. Depuis quelques temps, ils étaient devenus un peu irritables dès qu’il était question de leur sacro-saint sommeil.
Elle jeta un œil dans la direction de l’interrupteur de la chambre, qui était là, elle le savait, tapi dans l’obscurité, si près et si loin à la fois. De toutes façons, puisque l’électricité était coupée, ça n’aurait servi à rien. Et puis, il était impensable de se lever pour sortir de la pièce. Il y avait peut-être un monstre tapi sous le sommier, prêt à surgir, à lui mordre les jambes et à l’emporter avec elle sous le lit en la tirant par les cheveux. Elle avait lu quelque part que souvent, les petites filles avaient peur de ce qu’il y a sous leur lit. Les garçons, quant à eux craignaient ce qu’il y a derrière la fenêtre, ou derrière la porte. Marie, elle, était certaine que dans le noir, des monstres griffus se réveillaient. Alors, ils pouvaient surgir de partout, des portes, des fenêtres, des placards, de dessous le lit, du plafond, aussi. Surtout des faux-plafonds, ils sont traîtres, ceux-là.


"Ils sont là, dans le noir, je le sens. Ils me voient mais je ne peux pas les voir. Ils m'attendent."



Elle écarquilla les yeux pour capter un maximum de lumière, distinguer quelque chose dans la pièce, mais elle n’y parvint pas, à son grand regret. Le noir était profond, dense, il enveloppait tout.
Soudain, elle entendit un bruit. Une sorte de craquement. Elle inspira lentement, et tâcha de ne pas polluer les sons de la pièce avec sa propre respiration. Rien. Le silence complet. Ce craquement était certainement le fruit de son imagination. Elle se dit que dans le noir, l’ouïe était décuplée, puisque la vue ne parasitait pas les autres sens. Le moindre petit bruit devenait alors assourdissant. Elle serra fort son lapinot, se blottit sous la couverture, essaya de se convaincre que tout allait bien se passer, qu’il fallait juste se rendormir, et qu’au réveil, tout serait oublié. Elle jeta un regard vers la fenêtre. La nuit était très sombre, sans lune, sans étoiles, Et il n’y avait aucun lampadaire pour apporter un peu de lumière… En réalité, elle ne distinguait même pas sa fenêtre, elle imaginait juste sa présence, quelque part à gauche de son lit.

Puis elle entendit un bruit à nouveau, léger, celui de la pluie qui vient frapper les carreaux. Le craquement qu’elle avait perçu avait était peut-être celui d’un coup de tonnerre lointain? L’explication était logique. Elle s’enfonça un peu plus sous les draps, et se mit à compter lentement ses inspirations et ses expirations afin de faire venir le sommeil. Elle avait lu sur internet que cette méthode fonctionnait.


"Inspire, expire, inspire, expire, tout va bien se passer, il n'y a personne dans cette pièce, tout ça, c'est dans ta tête."



Au bout de 50 inspirations, et tout autant d’expirations, elle constata que cette technique ne fonctionnait pas. Elle était tendue, elle sentait une forme de présence près d’elle. Elle s’agita dans tous les sens, donna des coups de poings dans le vide, autour d’elle. Rien.


"Laissez-moi tranquille ! Partez d'ici !"


Elle eut envie de pleurer, les larmes montèrent en elle. Elle était sur le point de craquer complètement. Un souffle glacial vint alors la saisir dans le lit, suivi d’une sorte de bruit caverneux. Elle sursauta, et tout son corps se mit à trembler.


"Que vient-il de se passer, là? La fenêtre est fermée, ce n’était pas un courant d’air."



Elle tenta un timide “Il y a quelqu’un”? Aucune réponse, il fallait s’en douter… Pourtant, elle le sentait, il y avait bien une présence dans la pièce, qui lui voulait du mal.


Dehors, la pluie se mit à tomber de plus en plus fort, suivie de plusieurs coups de tonnerre qui ne firent qu’ajouter à la tension qui régnait dans la chambre. Marie se cacha complètement sous la couette avec Lapinot, et pria.



"Ne panique pas, Lapinot, tout va bien se passer. On va s'en sortir, ne t'inquiète pas, je suis là pour te protéger des méchants. "



Un rire strident retentit alors dans toute la pièce. Elle s’immobilisa, puis hurla, prise de panique. Toute la tension qu’elle avait gardée en elle explosa d’un coup.


Au même moment, un éclair vint illuminer la pièce. Un très bref instant, Marie put ainsi voir ce que l’obscurité lui avait caché jusqu’ici : sur le parquet, à deux mètres de son lit, gisait Lapinot, son bon gros doudou.


"Mais, si Lapinot est par terre, c'est que..."


Elle comprit instantanément, et relâcha son étreinte de la “peluche” qu’elle serrait si fort contre elle depuis son réveil.

Peu après, ses parents arrivèrent en trombe dans sa chambre, et découvrirent leur fille sans vie, dans un bain de sang, à côté d’une drôle de peluche qui souriait étrangement.

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