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L’indice que Gregorio avait laissé sur la tasse avait fait mouche auprès de l’équipe enquêtrice des vampires. A l’évidence, aucun d’entre eux ne voulait tirer de conclusion hâtive sur cette affaire car cela impliquait une grande conséquence : les coupables seraient identifiés et la guerre proche. En effet, on ne savait pas encore s’il s’agissait réellement d’une preuve maladroite, ou bien simplement d’une coïncidence grotesque.

La marque était si fine, qu’il aurait pu s’agir d’un mauvais coup, et comme aucun sortilège magique ne marchait pour retracer avec sincérité les scènes passées (Il était possible d’en exercer quelques-uns, mais dans cette situation le meurtrier avait soit utilisé un sort pour brouiller les pistes, soit un objet magique qui effaçait son apparition.) la situation devenait de plus en plus compliquée.

« Il peut s’agir de loup, sous forme humaine évidement car si ce n’est pas une éraflure, ça ressemble à un symbole de meute, dit l’un des scientifiques.

— Mais si nous ne pouvons pas exercer de magie ici, il peut s’agir de l’œuvre de sorcier. L’arme blanche serait expliquée par un petit couteau.

— Pourquoi des sorciers s’en prendraient-ils aux Vampires ? Ce n’est pas comme si c’était eux qui nous avaient fait devenir ainsi », renchéri un autre.

En effet, aux origines, c’était les sorciers qui avaient créé le premier vampire, une sorte de revenant des morts, malgré tout différent d’un zombie, et qui répandait la peur et les ténèbres. Par la suite, les sortilèges s’étaient améliorés, et les sangs purs avaient vu la nuit.

Un de leur groupe plaça avec évidence les preuves possibles sur la table, réfléchissant avec intérêt.

« Une alliance ? » proposa-t-il.

Tous se regardèrent, un peu hésitant. C’était possible, cela expliquerait comment la vérité avait été dissimulé sur la scène, en plus la raison de la marque de la meute de loup. Même si cela ne collait pas totalement.

« Les loups sont très territoriaux, cela m’étonnerait aussi », contredit un autre.

Le chef en charge de l’affaire écouta attentivement les remarques de ses subordonnés. Ils n’avaient pas totalement tort, chacune de ces propositions pouvaient être possible, il ne restait plus qu’à savoir laquelle et c’était bien ce qu’il y avait de plus compliqué à faire.

Il ne fallait pas qu’ils tirent de conclusion hâtive, car s’ils accusaient les loups, ce serait comme jeter de l’huile sur le feu. Les querelles reprendraient plus abruptes qu’elles ne l’étaient déjà et ils détruiraient le mince équilibre qu’ils avaient établi.

« Bien, pour le moment ne faisons pas de déclaration. Apporter ceci au roi et à Marwick, il pourra nous éclaircir. » ordonna-t-il.

Et il les congédia.

Au Manoir, en marchant au côté du prince, le loup ne pouvait s’empêcher de penser à la discussion qu’il avait eu la veille avec le roi : il devait cacher la vérité à Abe sur ses sentiments et « Eviter de fourrer son nez partout. » comme il l’avait si bien dit. Pensif, il regarda la silhouette du vampire avec attention. Derrière ses airs un peu rebelles, ses jacassements idiots, ses conneries et ses fugues, il y avait une blessure, il l’avait tout de suite compris en apercevant cette larme, cachée au coin de son œil. Cela ne semblait pas être un secret, plutôt un malheureux fait, il aurait surement pu recueillir des informations de la part de Marcus, ou même de Benjamin, et c’était par fierté et respect qu’il voulait découvrir la vérité de la bouche du garçon.

« Jullian ! »

Le loup se stoppa net, recouvrant ses esprits.

« Décidément, tu me colles vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour assurer ma sécurité, mais tu te fiches éperdument de moi. I jag-eun saekki… » marmonna-t-il pour lui-même.

Morrinson papillonna des yeux, surpris et complètement perdu en entendant cette langue qu’il ne connaissait pas. A vrai dire, c’était du Coréen. Abraham n’était si doué en langues étrangères autant qu’on pouvait le penser lorsqu’il prononçait ces mots à tout va, en réalité, il ne connaissait quelques mots en vracs grâce à toute cette télévision et ces livres. Et il adorait voir cette expression perdue sur ses interlocuteurs.

Il avait eu le temps d’en voir un paquet en 128 ans, de têtes décomposées comme des insultes étrangères.

« Je veux sortir, détache-moi », réclama-t-il.

Jullian posa ses prunelles sur le vampire et lui dit blanchement.

« Je ne peux pas.

— T’es mon garde du corps, pas celui qui peut se permettre de me fixer les règles. Et si tu me dis que c’est parce que tu obéis à mon père, je t’emmerde », siffla-t-il entre ses dents.

Il leva la tête, parlant avec conviction et autorité qu’il avait hérité de son père.

« Détache-moi. Si tu ne le fais pas je fais venir Chris, et comme tu n’as pas le droit de me quitter des yeux, tu vas devoir regarder », le menaça le prince.

Le garde du corps ravala sa salive. La colère et la jalousie animait son côté animal, il lui dictait de le faire taire d’un baiser pour lui faire comprendre ses sentiments, pour qu’il fasse attention à lui comme un homme et non le chien ou simplement le garde qu’il voyait en lui. Il voulait être son égal, celui qui chaque soir pourrait se réveiller à ses côtés et partager des moments doux et sincères. Mais il resta silencieux, laissant le venin brulant des paroles du vampire qu’il commençait à aimer inconditionnellement l’atteindre.

« J’ai envie de sexe, et je veux sortir. »

Abe avait parlé lentement, et s’était approché du loup, si proche qu’il se sentait encore plus envouté par son odeur, si près qu’entendait à nouveau le son parfait que faisait son sang lorsqu’il coulait dans ses veines. Il brûlait d’émotions pour cet homme qu’il voulait détester.

« A moins que tu préfères t’en occuper ? » demanda-t-il d’une voix suave.

Ces mots avaient quitté sa bouche avant même qu’il les pense avec rationalité.

Le toutou à grande dents avait soudainement perdu patience faisant un pas vers lui, désireux comme il ne l’avait jamais été. Il s’approcha du garçon, encore, réduisant instantanément l’espace qu’il y avait entre leur corps puis de se pencha un avant, dans un mouvement qui consistait à aller l’embrasser. Le loup pouvait sentir tout cela, il sentait ces hormones s’agitant délicieusement devant son nez avec l’espoir de l’attirer. Leurs lèvres eurent à peine le temps de se frôler que le brun se retira, piqué par le souvenir des ordres qu’on lui avait donné.

Abe se redressa à son tours, troublé par cette alchimie qui naissait entre eux, et fut « sauvé » par une agitation plus loin dans le manoir.

« T’entends ça ? » souffla le prince.

Jullian hocha la tête.

« Il y a encore eu un meurtre. Vient ! » ordonna-t-il.

Avec précipitation il lui attrapa la main et l’entraîna à sa suite. Bien qu’ils se dépêchassent pour saisir quelques informations croustillantes (Abe avait été également punis pour les prochaines réunions et se verrait averti de quelques trucs seulement par son père ou Marcus) ils ne firent aucun bruit. Ils gagnèrent rapidement le couloir d’où provenait la discussion et le prince plaqua le loup contre le mur.

« J’écoute et tu fais attention que personne ne vienne, sinon je ne donne pas chère de ma peau », avoua le vampire.

Le garde ne put qu’hocher la tête sous l’ordre du garçon. Pourtant, entre l’échange qu’ils avaient eu un instant plus tôt et leur proximité soudaine, ses pensées furent mises à rudes épreuve. Il sentait sa chaleur, son odeur, entendait le son de son cœur qui battait lentement, ce fut ainsi que le besoin irrépressible de le garder pour lui et de le faire sien grandit. Il admira un moment son visage concentré dans sa tâche, avant de se sentir fiévreux.

« Jullian, ça va ? »

Il parvint à peine à hocher la tête, toutefois, ses yeux brillants ne mentirent pas.

« Maitrise toi gros toutou tu vas te transformer. »

Abe soupira, dégouté de ne plus pouvoir écouter la conversation avant de poursuivre :

« Tu dois aller courir ?

— Je ne peux pas.

— Fait pas le gros dur, j’ai envie de sortir, toi aussi et puis je serai avec toi. »

Jullian le regarda longuement. A vrai dire, le prince avait raison, il avait besoin de sortir et surtout, de s’éloigner de ce corps tentateur au cul bigrement sexy.

Ils sortirent du manoir, le Warrior retira le collier du prince en lui rappelant avec fermeté qu’au moindre écart il lui remettrait l’enfermerait à double tour dans sa chambre et irait seul, se changer les esprits.

« Tu ne pars pas », dit presque animalement Jullian.

Abraham regarda longuement le loup.

Ils étaient allés derrière l’orangerie, un peu plus loin dans la forêt dans une clairière assez dégagé juste au-delà de la propriété où la lune éclairait parfaitement les alentours – leur vision nocturne était parfaite, alors ils ne risquaient pas grand-chose. Le vampire leva les mains en l’air et s’appuya sur un semblant de tronc d’arbre mort. Il maugréa :

« Je ne bouge pas d’ici chéri. »

En plus, il pourrait le mater un peu pendant qu’il retirerait ses habits. C’est ce qu’il fit en daignant d’avoir son attention ailleurs, même si en réalité il regardait bien la stature de l’homme, ses muscles qui roulaient sous sa peau halée, ses cheveux court qui tombaient sur le front avec souplesse, et son sexe même. Il en apprécia particulièrement la vue.

Puis il le vit se transformer. Ce fut quelque chose d’étrange, pas spécialement hideux mais ce n’en fut pas beau pour autant, l’animal roula sous la peau humaine avec bestialité, et le prince ne put détacher ses yeux de la scène. Ses yeux brillèrent dans la nuit et il ne put contenir l’envie de s’approcher une fois que la bête se trouvait devant lui.

Il avait peur du loup, peur de sa prochaine action, peur de ses dents, peur de sa griffe qui pourrait s’abattre sur lui avec férocité, et pourtant, Jullian lui inspirait une confiance puissante, presque innée.

Ses mains, tremblantes, gagnèrent finalement son pelage sombre, le loup était assez proche pour le tuer, mais la manière dont il s’assit avec élégance sur l’herbe lui fit prendre conscience qu’il ne risquait absolument rien.

« Tu es tellement doux. »

La différence de taille entre le vampire et le loup lui rappela des souvenirs. La seconde forme de son garde du corps lui faisait penser au nounours qu’il avait lorsqu’il n’était encore qu’un jeune vampire. Il devait avoir aux alentours de huit ans, n’était pas très grand et venait de revoir une immense peluche le dépassant presque.

Jullian finit par se lever. Il appréciait grandement la proximité avec son âme sœur, malgré cela pour le bien de son égo et de son énergie sauvage, il s’en alla courir.

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Stéphane Vla
Les Thèmes Hasardeux d'un Écrivaillon sont une suite de textes en prose produits dans le cadres de challenges que nous nous lançons avec mes confrère et consœur d'écriture, Elena Baroso et Mickaël Jouot.
Chaque semaine nous devons nous efforcer de réaliser un récit, court ou long, contenant trois mots choisis arbitrairement.
J'ouvre donc le bal de mes contributions à venir avec un texte un peu haut en couleurs...

Les contributions d'Elena sont à retrouver à cette adresse :

https://www.scribay.com/text/1095305884/writing-challenge

Et pour les contributions de Mickaël :

https://www.scribay.com/text/1935586657/themes-hasardeux
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Caiuspupus



Marie se réveilla en sueur dans son lit, les yeux grands ouverts. Elle jeta un œil à son radio-réveil, mais constata que rien ne s’affichait sur l’écran.

Dans le noir, elle tâtonna nerveusement à la recherche de l’interrupteur de sa lampe de chevet, puis le trouva enfin. Elle appuya dessus plusieurs fois, sans succès.

Elle serra son doudou contre elle. Elle l’avait nommé “Lapinot”. C’était un bon gros lapin blanc usé qui n’était jamais passé par la machine à laver. À 10 ans, elle avait un peu honte d’avoir encore un doudou, mais cette peluche lui évitait de faire des crises d’hystérie lorsqu’elle se retrouvait plongée dans le noir : depuis toute petite, elle souffrait de scotophobie, la peur de l’obscurité. À tel point qu’elle s’endormait encore la lumière allumée, même si elle savait que sa Maman venait l’éteindre une fois qu’elle était endormie. En effet, tous les matins, au réveil, l’ampoule était éteinte et froide. Et tous les matins, Marie lui en faisait le reproche, et ça tournait systématiquement en disputes, sa mère ayant toujours le dernier mot : “ce n’est pas toi qui paye les factures d’éléctricité”.


"Mes parents ne me comprennent pas, ils font semblant d'être de mon côté, mais ils sont à côté de la plaque."


Elle était donc assise seule, dans son lit, plongée dans le noir, complètement tétanisée. Pourtant, la veille, et comme tous le soirs depuis ses 5 ans, elle avait bien avalé ses cachets pour dormir jusqu’au lever du jour. Elle avait une prescription pour ça, le psychiatre qui la suivait s’occupait bien d’elle, même si elle estimait que les médicaments l’abrutissaient un peu. Mais cette nuit, les somnifères n’avaient pas eu l’effet habituel. Marie sentit une panique sourde monter en elle, qu’elle parvint à contenir en serrant très fort sa peluche et en respirant lentement.


"Surtout, reste calme, pense à ce que t'a dit le docteur. Pense à des choses agréables."



Elle eut envie d’appeler ses parents, mais se ravisa aussitôt : ils allaient probablement se mettre en colère contre elle, elle avait trop abusé de leur gentillesse dans le passé. Depuis quelques temps, ils étaient devenus un peu irritables dès qu’il était question de leur sacro-saint sommeil.
Elle jeta un œil dans la direction de l’interrupteur de la chambre, qui était là, elle le savait, tapi dans l’obscurité, si près et si loin à la fois. De toutes façons, puisque l’électricité était coupée, ça n’aurait servi à rien. Et puis, il était impensable de se lever pour sortir de la pièce. Il y avait peut-être un monstre tapi sous le sommier, prêt à surgir, à lui mordre les jambes et à l’emporter avec elle sous le lit en la tirant par les cheveux. Elle avait lu quelque part que souvent, les petites filles avaient peur de ce qu’il y a sous leur lit. Les garçons, quant à eux craignaient ce qu’il y a derrière la fenêtre, ou derrière la porte. Marie, elle, était certaine que dans le noir, des monstres griffus se réveillaient. Alors, ils pouvaient surgir de partout, des portes, des fenêtres, des placards, de dessous le lit, du plafond, aussi. Surtout des faux-plafonds, ils sont traîtres, ceux-là.


"Ils sont là, dans le noir, je le sens. Ils me voient mais je ne peux pas les voir. Ils m'attendent."



Elle écarquilla les yeux pour capter un maximum de lumière, distinguer quelque chose dans la pièce, mais elle n’y parvint pas, à son grand regret. Le noir était profond, dense, il enveloppait tout.
Soudain, elle entendit un bruit. Une sorte de craquement. Elle inspira lentement, et tâcha de ne pas polluer les sons de la pièce avec sa propre respiration. Rien. Le silence complet. Ce craquement était certainement le fruit de son imagination. Elle se dit que dans le noir, l’ouïe était décuplée, puisque la vue ne parasitait pas les autres sens. Le moindre petit bruit devenait alors assourdissant. Elle serra fort son lapinot, se blottit sous la couverture, essaya de se convaincre que tout allait bien se passer, qu’il fallait juste se rendormir, et qu’au réveil, tout serait oublié. Elle jeta un regard vers la fenêtre. La nuit était très sombre, sans lune, sans étoiles, Et il n’y avait aucun lampadaire pour apporter un peu de lumière… En réalité, elle ne distinguait même pas sa fenêtre, elle imaginait juste sa présence, quelque part à gauche de son lit.

Puis elle entendit un bruit à nouveau, léger, celui de la pluie qui vient frapper les carreaux. Le craquement qu’elle avait perçu avait était peut-être celui d’un coup de tonnerre lointain? L’explication était logique. Elle s’enfonça un peu plus sous les draps, et se mit à compter lentement ses inspirations et ses expirations afin de faire venir le sommeil. Elle avait lu sur internet que cette méthode fonctionnait.


"Inspire, expire, inspire, expire, tout va bien se passer, il n'y a personne dans cette pièce, tout ça, c'est dans ta tête."



Au bout de 50 inspirations, et tout autant d’expirations, elle constata que cette technique ne fonctionnait pas. Elle était tendue, elle sentait une forme de présence près d’elle. Elle s’agita dans tous les sens, donna des coups de poings dans le vide, autour d’elle. Rien.


"Laissez-moi tranquille ! Partez d'ici !"


Elle eut envie de pleurer, les larmes montèrent en elle. Elle était sur le point de craquer complètement. Un souffle glacial vint alors la saisir dans le lit, suivi d’une sorte de bruit caverneux. Elle sursauta, et tout son corps se mit à trembler.


"Que vient-il de se passer, là? La fenêtre est fermée, ce n’était pas un courant d’air."



Elle tenta un timide “Il y a quelqu’un”? Aucune réponse, il fallait s’en douter… Pourtant, elle le sentait, il y avait bien une présence dans la pièce, qui lui voulait du mal.


Dehors, la pluie se mit à tomber de plus en plus fort, suivie de plusieurs coups de tonnerre qui ne firent qu’ajouter à la tension qui régnait dans la chambre. Marie se cacha complètement sous la couette avec Lapinot, et pria.



"Ne panique pas, Lapinot, tout va bien se passer. On va s'en sortir, ne t'inquiète pas, je suis là pour te protéger des méchants. "



Un rire strident retentit alors dans toute la pièce. Elle s’immobilisa, puis hurla, prise de panique. Toute la tension qu’elle avait gardée en elle explosa d’un coup.


Au même moment, un éclair vint illuminer la pièce. Un très bref instant, Marie put ainsi voir ce que l’obscurité lui avait caché jusqu’ici : sur le parquet, à deux mètres de son lit, gisait Lapinot, son bon gros doudou.


"Mais, si Lapinot est par terre, c'est que..."


Elle comprit instantanément, et relâcha son étreinte de la “peluche” qu’elle serrait si fort contre elle depuis son réveil.

Peu après, ses parents arrivèrent en trombe dans sa chambre, et découvrirent leur fille sans vie, dans un bain de sang, à côté d’une drôle de peluche qui souriait étrangement.

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