Chapitre 21

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Chapitre 21.

Le silence, aussi agréable qu'apaisant, était seulement entrecoupé par de petits reniflements. Malgré les minutes qui passaient, aucun des deux jeunes hommes ne bougeaient. Mateo poursuivait les mêmes gestes sur la tête de celui qui se détendait petit par petit fermement accrocher à son pull depuis une dizaine de minutes. Alors, après ce petit instant d'accalmie, l'Henderson se risqua à lui demander comment il allait. Redoutant un nouveau mutisme, Mateo se demandait s'il avait parlé sans s'en rendre compte ou si, au contraire, cela l'avait libéré. Et tandis que la peur panique disparaissait pour ne laisser qu'un jeune garçon aux besoins de sécurité, il pourrait replonger peut-être, ne parvenant plus à sortir le moindre son. Peut-être qu'il trouvait là, à défaut, dans son silence, le répit dont il avait cruellement besoin.

Mateo nageait un peu à l'aveuglette, mais de ce qu'il pouvait affirmer, c'est qu'il ne voulait pas laisser Anaël se noyer dans sa mer de mots douloureux qu'il avait tant de mal à confier. 

L'adolescent haussa des épaules puis se sépara de l'étreinte rassurante du jeune policier qui se replaçait plus confortablement sans s'éloigner pour autant. Et lorsque Mateo croisa son regard, il vit en eux une grande gratitude, un soulagement sans égal.

- M... Mer... Merci... bégaya Anaël d'une voix incertaine et douloureusement cassée. 

Dans une question muette et en fronçant des sourcils, il amena ses mains à sa gorge. 

- Ça fait longtemps que tu n'as pas parlé, ça doit être normal, le rassura-t-il. Et du coup, ça te plaît les cadeaux.

- Oui, c... C'est bi... Bien... 

Le plus jeune prit le carnet de dessins posés négligemment aux piers du lit, une moue sur le visage. Il le caressa des doigts distraitement semblant pensif. 

- C'e... C'est du pa... Papier layout, pas... Pas yaourt... 

- Oh vraiment ?! s'écria Mateo embarrassé. Enfin... Oui, peut-être que ton frère a dit plutôt quelque chose comme ça et pas yaourt... Ce nom m’y a fait penser et en arrivant j'étais persuadé que c'était du papier yaourt... 

Anaël secoua sa tête de droite à gauche d'exaspération et Mateo se mit à rougir de gêne. 

Du papier yaourt ? Il est vrai que maintenant qu'il y pensait cela semblait ridicule...

Depuis tout petit, Mateo se trouvait être une véritable calamiter au Téléphone Arabe. Il suffisait qu'on lui dise quelque chose pour qu'il la déforme et ressorte une phrase ou un mot approximativement voire totalement différent. Dans son travail, il devait souvent retranscrire les informations acquises, écrivant une dizaine de compte-rendu par semaine, alors il notait tout ce qui lui semblait capital, de cette manière, il évitait de se retrouver dans ce genre de situation...

- euh... Est-ce qu'on pourrait parler de ce qui s'est passé ? demanda le policier devenu plus sérieux. De tes sœurs et de cet homme ?

Rapidement, Anaël détourna le regard semblant soudain gêner.

- J'ai pas... Pas envie...

- Je sais bien, mais tu sais, c'est important. On doit l'arrêter, on doit le punir pour tout ce qu'il t'a fait à toi et a tous les autres. Et puis...

Mateo se fit interrompre par la sonnerie de son téléphone qui sonna soudainement.

****

Depuis ce matin, Jay ronchonnait. Tout comme son fils, il avait mal entamé sa journée, se levant en retard, fauchant pratiquement un coureur avec son chien, son ordinateur tombant en panne... Il aurait dû rester au lit et n’en sortir que pour se nourrir... Et pour couronner le tout, une femme venait d'arriver avec son mari en panique criant que leur fils avait disparu. 

Priant que cela ne soit pas l'œuvre du fantôme de Boulogne, Henderson les avait conduits dans son bureau pour les auditionner au calme. Après une brève présentation, ils entamèrent le vif du sujet.

- Hier soir, il avait une soirée pour fêter le retour d'un de ses amis mais il n'est jamais revenu. Il... il devait rentrer au plus tard à une heure du matin et il est dix heures ! On lui a téléphoné une centaine de fois sans arriver à l'avoir. Il... Il lui est arrivé quelque chose, j'en suis sûr ! s'écria la mère dans tous ces états.

- Il lui arrive de découcher ? S'il a trop bu pendant cette soirée, il aurait pu rester sur place ?

- Non, intervint le père plus calmement, jamais. Il lui arrive d'être en retard, mais il rentre toujours à la maison et il ne boit pas d'alcool. 

Jay souffla légèrement en se repositionnant sur sa chaise, il prit de quoi noter puis commença à dresser le profil du garçon disparu.

- Bon déjà, comment s'appelle-t-il ?

- Julien Faure, il a dix-sept ans...

- Vous avez une photo récente ?

La mère prit son téléphone pour lui faire découvrir le visage de son enfant.

Un blond aux grands yeux verts, la peau parsemée par de multiple petit grain de botter... Le profil exact des victimes du fantôme de Boulogne mais, cela ne signifiait pas forcément que c'était son œuvre. Fugue, accident, plaisanterie, oubli de prévenir les proches ou même, tout simplement l'égarement, on pouvait facilement se perdre dans les rues de Paris. Tout un tas de motif de disparition ! Bien sûr, l'enlèvement en faisait partie et ce "C.O" n'était malheureusement pas le seul détraquer et danger de la ville.

- Vous pouvez me donner les noms, adresses et coordonnés des amis qu'il devait voir ? réclama Jay en leur donnant une feuille et un stylo. Vous savez s'il avait des problèmes avec quelqu'un ? Un ami ou un camarade d'école ?

- Il y a un mois, deux garçons de son lycée l'ont attendu à la sortie des cours. Il est rentré à la maison, couvert de bleus, il nous à avouer être victime de racket par des terminales. On a été à l'hôpital puis on est venue porter plainte, ici d'ailleurs. 

- Ici ? s'étonna Jay dubitatif en inscrivant le nom de l'adolescent dans la barre de données.

- Oui, on a vu le lieutenant Soto. Un Asiatique avec des lunettes.

- Patientez un moment, je reviens tout de suite, prévint l'agent de police en sortant de son bureau. Brett, vous savez où est Soto ?

L'assistante réfléchit une seconde avant de lui relever qu'il devait être sur le parking pour une intervention avec son binôme le lieutenant Grid. Alors, Jay se dépêcha de le rejoindre.

- Soto ! l'appela Jay alors que la voiture commençait à partir.

La vitre de l'automobile étant ouverte, ils purent l'entendre l'appel. Le véhicule s'arrêta et la tête de l'appeler sortit par la fenêtre. 

- Tu te souviens de Julien Faure, un adolescent de dix-sept ans ? Il est venu porter plainte le mois dernier pour racket et coup et blessure.

- Ouais, pourquoi ?

- Tu as bien enregistré sa plainte dans la base de donner ?

- Euh, bah, oui. Pourquoi ? Il y a un problème ? répéta Soto intéresser.

Jay resta silencieux quelques minutes, réfléchissant à toute vitesse.

- Non, c'est bon, merci, se rétracta Henderson. T'as fait une copie papier ?

- Dans mon bureau, deuxième tiroir. Tu m'expliqueras en rentrant, on doit y allez, décréta le lieutenant en faisant signe à son collègue de se mettre en route.

La voiture partie et le téléphone de Jay sonna.

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