Chapitre 20

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Chapitre 20.

Assit à son bureau, Jay classait le dernier dossier récemment terminé. Maintenant que le coupable croupissait en prison, les trois victimes pouvaient enfin passer à autre chose et se reconstruire.

Sa porte grande ouverte, laissait passer les éclats de voix de ses collègues et civils qui se pressaient à expliquer leur diverse situation. Il aimait avoir ce bruit de fond, restant attentif aux discussions qui pouvaient rapidement devenir intéressante, et puis avoir un bureau pour lui seul pouvait aussi s'avérer ennuyant. Parfois son ancienne place, aux côtés de ses collègues, lui manquait, l’ambiance plus amicale et chaleureuse rendait les journées plus légères.

Mademoiselle Brett toqua à la porte pour signaler sa présence faisant lever la tête d’Henderson.

- Oui ?

- Un certain inspecteur Ramirez pour vous a l’accueil.

- Vous pouvez me l’amener ?

Sans un mot, elle partit chercher le visiteur pour le conduire dans le bureau qu'elle ferma en partant.

- Bonjour, je suis l’inspecteur Ramirez, se présenta l’homme en lui tendant une poignée de main.

- Merci d’être venue, remercia Jay en se levant pour lui serrer la pince. Asseyez-vous.

Il sortit le dossier d’Anaël pour lui exposer les faits. Ramirez le prit et commença à le feuilleter sérieusement.

- Anaël Simon, il a disparu il y a un peu plus d’un an...

- Oui, je me souviens de lui. J’ai auditionné les deux parents, ils m’avaient l’air clean, le grand frère aussi.

- Vous avez lancé un avis de recherche ? Garder une trace de l’enquête ?

- Oui, un premier pour disparition non inquiétante, commença-t-il, on a d’abord pensé à une fugue parce que le gamin se faisait harceler depuis le collège. Il est venu porter peinte il y a deux ans contre deux de ses camarades qui ont n’on eux au final aucune sanctions.

Un harcèlement ? Une peintre posée ? Il n’aurait pas pu passer à côté, impossible. Il suffisait de marquer le nom pour avoir c’’est renseignement et ‘était la première chose qu’il avait faite en apprenant l’identité de l’adolescent.

- Après plusieurs jours sans nouvelles du gosse, j’ai lancé un deuxième avis de recherche pour disparition inquiétante cette fois-ci. On a interrogé ses amis et camarade, pour savoir s’il y avait une personne qui tournait autour du lycée mais on n'a rien trouvé. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il a disparu en rentrant de l’école. On a fait le chemin pour vérifier si nous pouvions trouver des indices ou des caméras surveillance mais nous n'avons rien trouvé. On arrive à le suivre à la trace jusqu’au cimetière qu’il traverse pour rentrer, mais il n’en a jamais ressorti, fini-il par expliquer.

- Je ne comprends pas. Il n’y a aucune trace d’avis de recherche ni d’une peintre pour harcèlement.

Le policier Ramirez qui le regarda étonner, se leva pour retourner l’écran d'ordinateur.

- Je peux ? demanda-t-il en tendant son bras pour réceptionner le clavier.

L’inspecteur vérifia alors la base de données de lui-même ne pouvant pas croire que tout avait disparu. Cela était tout bonnement impossible !

Notant le prénom et nom de famille de la victime, il se retrouva sur une page blanche, comme un inconnu des services de police.

- C’est impossible ! Je les ai moi-même rédigé ! Je m’en souviens comme si c’était hier !

L’inspecteur réitéra sa recherche plusieurs fois convaincue qu’il allait réapparaitre. Il semblait perdu.

- Je… Je vais appeler un collègue, il va faire une recherche de mon poste, peut-être que c’est un bug, qu’il ne partage pas les données.

Il joignit parole à action. Pendant que Jay restait silencieux et jaugeait son collègue, Ramirez tentait de trouver une explication, n’importe laquelle.

- Tu peux aller sur mon poste et lancer une recherche sur Anaël Simon, s’il te plaît ? ... demanda-t-il à l’homme qui se trouvait à l’autre bout de la ligne. Rien ? Ce n'est pas possible ! Réessaye !... Merde !... Non, non... Ouais, merci…

Il raccrocha visiblement désemparer. Il ne trouvait pas d’explication, il ne comprenait pas ce qu’il avait pu se passer.

- Je ne sais pas quoi vous dire… Je ne comprends pas.

Une plainte vieille de deux ans est un avis de recherche disparu. Qu’elle qu'un tentait visiblement de nettoyer sa trace. Mais qui ? Le fantôme de Boulogne ? Comme aurait-il fait ? Un flic ? Pourquoi ? Ou alors une panne ? Seulement ce dossier ?

- Bon. Vous allez me chercher s’il y a d'autre enquête qui aurait disparu des bases de donner, il vous reste vos archives papier ? Comparerez les. On doit savoir si c’est un acte délibérer ou un simple bug. Pour Anaël, il doit vous rester une trace papier pour la plainte et l'avis de recherche ? envoyez-le-moi le plus vite possible.

****

Mateo accéléra le pas, il était affreusement en retard. Le personnel soignant distribuait les petits déjeunés aux patients qui attendaient de pouvoir se remplir l’estomac de produit sucré. Passant rapidement devant la salle de soins, il manqua se peut de percuter une femme qui sortait de la pièce.

- Monsieur Henderson ? Tout va bien ?

Mateo reconnut de suite la femme en blouse bleue, une charmante aide-soignante qui s’occupait d’Anaël chaque matin depuis le début de son hospitalisation.

- Oh euh… Oui, désolé ! J’ai dû passer chez Anaël avant de venir, son frère ma demander de lui apporter de quoi s’occuper du coup je suis en retard, expliqua à la hâte Mateo les cheveux en aillent et les joues rouges d’avoir trop couru.

- Rien de grave, mais évitez de courir dans les couloirs, ne la prévint gentiment Camille avec un sourire. J’allais justement lui apporter de quoi déjeuner.

L'aide-soignante prise le plateau-repas dans les bras puis mena Mateo jusqu’à la chambre de l’adolescent.

Debout face à la fenêtre, Anaël contemplait le jardin intérieur pensif. Ses yeux balayaient les patients qui se promenaient seuls ou accompagnés, ses doigts caressaient distraitement la pierre de Jade que Mateo lui avait confié quelques jours plus tôt.

- Bonjours Anaël, comment tu vas aujourd’hui ?

Seuls les oiseaux chantants lui répondirent, le garçon gardait toujours obstinément les lèvres fermées. Ayant pris l’habitude, Camille ne s’en offusqua pas, au contraire, elle continuât la discussion.

- Il y a un grand soleil aujourd’hui, les températures se sont réchauffées, je vais voir avec le docteur meunier si tu peux sortir un peu dans la cour, je suis sûr que cela te fera le plus grand bien ! dit-elle avec entrain.

Anaël qui fut soudain plus intéressé par la discussion, la regarda, trouvant par la même occasion le regard du jeune policier qui reprenait doucement son souffle le visage toujours rougi par l’effort. C’était bien la première qu’on parlât de sortis, même à l’intérieur de l’enceinte de l’hôpital, l’adolescent ne quittait pas sa chambre seulement pour les rendez-vous médicaux.

- Bon, je vous laisse, je repasserais dans une heure pour récupérer le plateau.

Au même moment, le ventre d’Anaël se mit à gargouiller, la bonne odeur du chocolat chaud lui titillait agréablement les narines. Sans attendre, il se replaça, boitillant à cause de l’attelle à sa jambe, sous le drap fin qui lui servait de couverture avant de s’emparer de la tasse fumante d’une main incertaine.

Mateo hésita quelques secondes à lui parler. Il voulait lui annoncer ce que sa famille lui avait demander d’apporté, mais il connaissait sa réaction. Il allait à coup sûr se refermer ou paniquer à leurs simples évocations. Alors, il posa simplement le contenu de son sac sur le pied du lit, car après réflexion, peu importe la façon dont il le dirait, Anaël ne concèderait pas à la discussion, il en était sûr.

Ce fut un froncement de sourcil qui avertit Mateo. À la simple vu du livre poser sur le drap, le blessé compris d’où et de qui venait ces affaires. Il repoussa son plateau-repas, son appétit coupé.

Ne voulant pas lui laisser le temps de s’affoler, Mateo souffla nerveusement avant de prendre la parole pour s’expliquer.

- Anaël, je sais pas pourquoi tu paniques à chaque fois que tu penses à ta famille, mais tout va bien. Tu n'es pas obligé de nous en parler, ni de les voir.

Bien que sur la défensive, Anaël s’efforça de garder une respiration lente et soutenue, comme lui avait appris sa psychologue. Cela ne marchait pas toujours, mais s’il voulait un jour sortir de cet hôpital, il devait essayer.

- Le livre est de la part de ta mère, je ne savais pas que tu étais un fan de Roméo et Juliette, gloussa Mateo, tu as très bon goût !

Il lui tendit le livre biscornu, user par le temps puis passa à l’objet suivant.

-Un carnet à dessin avec des feutres et crayons de couleurs de la part de ton frère… D’ailleurs j’ai toujours pas trop compris l’histoire des feutres et du papier yaourt… Genre, du papier yaourt, ça existe… ? s’étonna Mateo, toujours sous le choc.

Samuel n’avait pas pu lui expliquer le pourquoi du comment, mais apparemment, il était impossible d’utiliser ces feutres à l’huile sur du papier normal. Anaël utilisait toujours ce ”papier yaourt” si spécial pour dessiner.

Plongé dans sa réflexion, Mateo rata le fin sourire amuser d’Anaël qui s’était finalement totalement détendu. Il serrait le livre dans ses bras en fixant le policier discuter joyeusement. Il arrivait toujours à le mettre à l’aise, à lui faire oublier le temps d’un instant ses idées noires et même lui donner un semblant de sécurité…

-Bref, bref, bref… Je m’égare ! De la part de Marianne, ton IPod et d’Alice, un livre de cuisine… elle a dit que tu comprendrais…

L’adolescent se raidit violemment, toute trace d’amusement envolé. L'on pouvait apercevoir ses mains serrées le drap faisant blanchir ses jointures et sa respiration s’accélérer. Il fixa le jeune policier, incompréhensif.

Voyant tout de suite le changement, Mateo se recula prudemment.

-J’ai dit quelque chose qui fallait pas ? C'est… C’est à cause de tes sœurs ? tenta de comprendre le policier.

Et il l’avait très bien vue, cette peur viscérale qui s’était emparée de ses yeux à la mention de ses deux sœurs. Il ne comprenait pas encore pourquoi, mais maintenant, il savait ou le problème se nichait.

Anaël secoua sa tête énergiquement, les lèvres scellées. La panique commençait à le ronger, lui resserrant la gorge.

- Pourquoi tu…

- C'est pas vrai… C'est pas vrai… murmura Anaël d’une voie cassée en se bouchant les oreilles de ses mains.

Surpris, Mateo écarquilla des yeux. Il venait de parler. Pour la première fois en plusieurs mois et après d’innombrable essaie et échec, il entendait enfin le son de sa voix.

Mais, aussi important était ce déblocage, il y avait urgence. Anaël paniquait de plus en plus.

L’adolescent repoussa la table et se recoucha sur le côté, tournant le dos à Mateo, le corps secoué de soubresauts.

- Elles sont mortes... Ma faute... Elles sont mortes... éclata-t-il en sanglots.

- Qui ? Qu’est-ce que tu racontes ?

- Je suis désolé… C’est ma faute… Désolé…

Anaël s’enfonçait dans une sombre litanie se renfermant sur lui-même.

Paniquant légèrement, Mateo fit plusieurs pas en arrière. La situation devenait hors de contrôle, il ne savait plus quoi faire à part demander de l’aide.

Se retournant face à la porte pour sortir et appeler un médecin, il voyait là la seule solution, mais le plus jeune le stoppa en lui attrapant le bras. Ses yeux reflétaient une intense frayeur comme ce jours là où il s’était réfugié sous une table pour échapper à sa famille. Mateo se souvint qu’il avait pu le calmer, qu’avec sa présence et ces encouragement il put lui venir en aide.

- Ok heu… Tu… Tu parles de tes sœurs ? De Marianne et d’Alice ? demanda le jeune Henderson qui tentait de faire de son mieux pour comprendre et garder son sang-froid.

Il y a plus de deux mois, il avait fait face à pire. Il s’en souvenait très bien. De cet homme, de cette batte de baseball, de son collègue Charles à terre la tête en sang… Et pourtant, en gardant la tête froide, en respirant et en pensant calmement sans se précipiter, il pouvait surmonter n’importe quelle situation.

Il reprit son soufflé, détendirent ses muscles et attendirent une réponse qui ne fut pas longue à arriver.

Anaël acquiesça vivement sans arriver à prononcer un mot.

- C’est faux. Elles sont vivantes, Anaël. Et elles vont très bien et tu leur manques énormément. Elles voulaient elles aussi te transmettre tout leur soutient, alors elles m’ont donné ce livre et ton IPod, affirma Mateo en s’asseyant sur le côté du lit alors qu’Anaël s’agrippait de toutes ses forces sur son pull.

Tout en continuant de le rassurer, Mateo passa plusieurs fois ces doits dans les cheveux de l’adolescent. Quelques minutes défilèrent avant que les larmes ne se tarissent et que la panique reflue.

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