Chapitre 19

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Chapitre 19.

Après être rapidement passé au commissariat pour retranscrire les informations accises, les deux Henderson purent enfin rentrer chez eux, extenués. Et alors que Mateo franchit à peine la porte de leur appartement, il se débarrassa de son manteau d’hiver pour s’éclipser dans sa chambre et s’y allonger un instant. Ces visites à l’hôpital lui prenaient plus d’énergies que prévues, de même que ces horaires de travail ne lui laissaient pas le loisir de souffler. Plus les jours passaient et plus l’épuisement se faisait visible...

De ses maigres forces restantes, il retira ses chaussures d’un coup d’orteils sur les talons, enleva son jean puis fini par s’écrouler sur son doux et moelleux matelas qui lui faisait de l’œil depuis qu’il s’y était extirpé le matin même, le rendant légèrement irritable. S’il le pouvait, il déciderait de ne plus jamais bouger et de finir sa vie avachie ainsi sur son si précieux lit...

- Mateo ? Il est vingt heures moins cinq... Elyo est déjà arrivé, avertit Catherine en lui secouant l’épaule.

- Hein ?

Surpris, Mateo se releva à la hâte. Il s’était encore endormi sans s’en rende compte, ce qui arrivait souvent ces temps si, tant la fatigue s'accumulait...

Après avoir enfiler un nouveau pantalon, il s’empressa de rejoindre son père qui discutait calmement avec Elyo sur le canapé. Les yeux encore ensommeiller, il s’assit à leurs côtés.

-Heu... Désoler... Je me suis endormi, marmonna Mateo.

Elyo qui le fixait se mit à glousser sans retenu, visiblement amuser, tandis que son père le regardait l’air lasse.

-Bah quoi ?

-T’as la marque de l’oreiller et de la bave sur la joue, révéla son ami en pointant la sienne.

Le jeune enquêteur se mit à rougir de gêne, puis s’empressa d’aller dans la salle d’eau pour se débarbouiller un peu, ce qu’il aurait dû faire dès son réveil... En allumant la lumière, il fut ébloui quelques secondes, ses yeux étaient encore en partie endormit et il luttait pour ne pas tout bonnement repartir se coucher. L’acclimations faite, il se dévisagea en soufflant, sa mauvaise mine ne le mettait pas en valeur... Ses cheveux partaient dans tous les sens lui donnant un air déprimé, la lueur de ses yeux se faisaient plus sombre qu’a l’accoutumé et de vilaines petites cernes les entouraient.

Il plaqua ses deux mains remplis d’eau sur son visage, pour se redonner contenance puis repartit s’asseoir au côté d’Elyo, plus sûr de lui.

****

Les discutions allaient en bon train. Elyo et Mateo rigolaient à une blague et les deux parents se regardaient avec des yeux doux comme de nouveau tourtereaux. Le plat principal dans les assiettes fumantes, un simple, mais délicieux hachis Parmentier fait maison, une bouteille de rosé fraichement ouverte et en bruits de fond, les infos du soir, l'ambiance chaleureuse marquait cette rencontre.

- Alors, Elyo, tu veux faire quoi plus tard ? Tu comptes rester lieutenant ou tu as d’autres projets en tête ? interrogea Jay en le fixant plus sérieusement.

- Heu... J’aimerais bien monter en tant que commissaire, mais je ne sais pas si j’ai les épaules pour. C’est de grandes responsabilisées...

- Tu veux donc commander, devenir notre chef ?

- Oui... Enfin, je veux être à la tête d’un service... ça me plairait bien... répondit-il du bout des lèvres.

Mateo gonfla ses joues en lançant un regard réprobateur a son père qui tentait d’intimider son ami pour une raison inconnu. Jusqu'à maintenant, tout se passait à merveille et cela devait continuer ainsi !

- ça va, ça va... Pas besoin de me regarder comme ça, je me renseigne, c’est tout, taquina l’homme de famille en souriant. Tu aimerais aller dans quel domaine ?

- Brigade des stupéfiant, annonça Elyo sûr de lui cassant un peu l’ambiance plaisantin, mon grand frère est tombé dans la drogue très jeune et il en est décédé. Beaucoup de dealer tournes autours des écoles, même des maternelles, les gamins font des cibles faciles, c’est bien connu... Du coup je me suis promis de tout faire pour arrêter ça.

En dessous de la table, loin des yeux indiscrets de ces parents, Mateo noua sa main à celle d’Elyo. Il ne lui en avait jamais parlé, d’ailleurs, il ne se confiait jamais sur sa famille. Comme un sujet tabou, une blessure pas encore cicatrisée.

- Tu ne m’en avait jamais parlé... Chuchota Mateo comme s’il avait peur de dire quelque chose qui ne fallait pas, en serrant sa main emmêler.

- Oui, j’aime pas trop en parler...

- Je suis sûr que tu y arriveras ! s'exclama Catherine optimiste.

Le reste du dinée se passa tranquillement. La bonne humeur de Catherine et les blagues de Jay réchauffait le cœur d’Elyo qui depuis qu’il avait parlé de son frère portait une mine plus sombre qu’en début de soirée. Mateo faisait tout pour pouvoir s’approcher de son ami sans se faire remarquer, ce qui s’annonçait plus difficile que prévus tant son père fut observateur.

- Et l’annonce officiel de votre couple, c’est pour quand ? demanda Jay quand il put enfin se retrouver seul avec son fils.

-J’ai jamais dit qu’on était ensemble papa... soupira Mateo. Tu te fais des films.

-Ah bon ? Pourtant j’ai très clairement vu les regards que vous vous lancez, vos bras se rapprocher pendant qu’on mangeait et vos messes basses... J’ai été jeune moi aussi, je sais reconnaitre les signes.

Le rouge aux joues et le cœur battant, Mateo acquiesça un peu honteux d’avoir été pris la main dans le sac.

-Tu crois qu’il m’aime bien ? Enfin, je veux dire... Plus qu’un ami ?

-Tu pourra être fixer qu’en lui demandant, mais vu comme il te regardait, je pencherais pour un grand oui !

Un rire gêné prit Mateo qui ne s’avait plus quoi faire. Tenter au risque de perdre son ami où ne rien dire pour être sûr de garder sa relation intacte ?

- Tu es fatigué en ce moment, releva Jay soucieux.

- Heu… Oui, je dors pas assez…

- Si tu te levais moins tôt, tu pourrais dormir plus longtemps, proposa finalement son père.

Sachant très bien ou voulais en venir son père, Mateo fit mine de ne rien entendre, il ne voulait pas avoir cette conversation. Il savait qu’il s’approchait trop, qu’il dépassait la ligne du professionnel, mais il ne pouvait plus faire marche arrière. Il lui avait promis, il se l’était promit… Ses sentiments personnels se mêlaient déjà, il ne le voyait plus comme une victime de l’homme qu’ils recherchaient, mais comme Anaël, un garçon brisé qui demandait juste un peu d’aide. Comme son protégé…

Malgré tout, son père disait vrai. Il devait trouver le temps de se reposer. Il ne pourrait pas tenir longtemps avec cette cadence.

Vers les vingt-deux heures, alors que la lune illuminait le ciel étoilé, Jay proposa a Elyo de dormir cher eux. Papa poule dans l’âme, il ne voulait pas le laisser partir si tard alors que les rues se faisait plus dangereuses.

- C’est gentil, mais je ne voudrai pas vous gêner…

- Allez, si je te le propose, répliqua Jay en lui tapotant l’épaule. Je n’aurais pas l’esprit tranquille si je te laisse partir comme ça.

Ils placèrent alors un matelas à terre dans la chambre de Mateo, l’habillant d’un drap rouge et d’une épaisse couette blanche, il se surprit à espérer passer la nuit autrement.

Aussi fugace que fût cette pensée, le jeune Henderson sentit ses joues chauffées fortement. Alors qu’une partie de son cerveau votait pour, l’autre hémisphère, plus prudente et craintive, faisait tout pour éloigner cette perspective, aussi plaisante soit-elle. Il devait garder la tête sur les épaules, être logique et réfléchi. Voilà tout.

- Ça te vas ?

- Oui… Oui, c’est parfait… Merci.

Un silence gênant s’éleva dans la chambre. Les deux garçons n’osaient ni se regarder, ni se parler, bien trop occupés par leurs préoccupations respectives.

- Dit, est-ce que tu… Euh… mes parents... bafouilla rapidement Elyo mal assuré.

- Hein ?

- Bah, tu sais, j’ai rencontré tes parents alors je me disais que… que je voulais te présenter les miens… Enfin !! Si t’es d’accord bien sûr, ne t’oblige pas à accepter pour me…

Le cerveau le Mateo s’arrêta brusquement de fonctionner. Ses neurones cessèrent de délivrer les ordres au corps et sa partie inconsciente, celle qui souhaitait plus que tout se rapprocher de son ami, pris le dessus. Ne lui laissant pas le temps de comprendre la situation, ses jambes le conduisirent tout près d’Elyo et ses lèvres se pressèrent sur les siennes, douce et chaude à la fois. Une explosion de sentiment éclata et le temps s’arrêta. Si au début, le baiser fût chaste, les deux hommes l’approfondirent, envieux. Les mains de Mateo se posèrent sur les hanches d’Elyo qui plaça les siennes sur la nuque de son vis-à-vis. Leurs lèvres se mouvèrent ensemble dans une dance endiablée et bouillonnant.

Leurs souffles entièrement consumés, ils se séparèrent à regret gardant leurs yeux scellées ensembles.

- Désolé, je… Je sais pas ce qu’il m’a pris… paniqua Mateo fébrile.

Sur un coup de tête et poussé par la même force que Mateo quelque seconde plus tôt, il l’embrassa à son tour. Un simple baiser innocent, mais plein de tendresse. 

- Mateo… Ça fait longtemps que j’en avait envie… Tu m’as fait attendre… ricana Elyo les yeux pétillants.

- Vraiment ?

- Oui, vraiment, vraiment envie… affirma-t-il en lui chuchotant à l’oreille.

Alors, voilà ? C’était fait ? Ils sortaient enfin ensemble ? Depuis qu’ils se connaissaient, Mateo éprouvait une attirance pour son ami, en apprenant à le connaitre, en le côtoyant chaque jour depuis lors, il en ressentait de plus en plus. 

Mateo s’écroula dans son lit, un immense sourire aux lèvres, laissant une place pour son ami ? Petit ami ?

- Alors on sort ensemble ? questiona Mateo nerveux.

- Mmh... Oui... Je crois bien, oui...

Le visage illuminer par une joie sans nom, Elyo s’allongea à son tour sur le lit au côté de son petit ami le collant timidement.

Le jeune Henderson sentit son cœur battre plus fort et un tas d’émotions lui chatouilla le ventre. Ce qu’il ressentait à ce moment était tout bonnement indescriptible et il le vivait pour la première fois. Avec ces deux ex-petits copains, Mateo n’avait jamais eût les papillons dans le ventre, ni l’impressions qu’il vivait le moment le plus heureux de sa vie. Les émotions, les sensations, les impressions... Tout semblait décuplé, irréel !

Tous deux plongés dans leur pensée idyllique, ils s'endormirent rapidement l’un dans les bras de l’autre.

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