Chapitre 16

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Chapitre 16.

La femme pleurait. Les yeux écarquillés la main sur la bouche. Elle était pâle et ces jambes tremblaient.

Un jeune adulte regardait fixement le mur devant lui. Il était abattu, les poings serrés et affreusement triste.

À côté, il y avait les deux Hendersons et le médecin de la victime. Ils les observaient calmement, leur laissant du temps.

Aussi, sous une table, dans le coin de la chambre d’hôpital blanche, était caché le jeune garçon au centre de l’attention.

Tout s’était passé vite. Beaucoup trop vite. Les cinq personnes étaient entrées après avoir eu une longue discutions avec le docteur Meunier ; il leur avait expliqué la situation et les conditions pour passer la porte de la chambre. Pourtant, malgré la mise en garde du médecin et la bonne conduite des deux proches, l’adolescent avait pris peur et fui en les voyant entrer.

- Mon bébé… C’est bien mon bébé… pleurait plus fort Catherine.

D’un coup de tête rapide, Samuel avait confirmé aux deux policiers qu’il s’agissait bien de son frère, Anaël.

- Anaël ? l’appelait le médecin en s’avançant prudemment de la table où il s’était camouflé.

La mère du jeune garçon amorça un mouvement en avant pour s’approcher elle aussi, mais la main du docteur l’arrêta.

- Non. Restez ou vous êtes, vous allez lui faire peur. Je m’en occupe.

- Mais ? tanta-t-elle, penaude.

Jay prit la décision de faire sortir tout le monde. Ils devaient laisser le temps à Meunier de rassurer le jeune garçon, sans publique autour.

- On va sortir et attendre derrière la porte, annonça Jay a la famille. Dès qu’il sera prêt et en confiance, le docteur Meunier nous préviendra. C’est peut-être un peut trop brutal pour une première fois. Laissons-lui du temps… proposait finalement Jay.

- Mateo ? appela Meunier. Vous avez tissé un lien de confiance avec lui, restez.

Depuis qu’ils lui avaient retiré l’assistance respiratoire, Mateo arrivait petit à petit a gagner la confiance du plus jeune. Il ne lui parlait toujours pas, mais il lui avait déjà fait comprendre qu’il aimait bien qu’il soit là, qu’il était rassuré. À force d’effort et de patience, il avait là, la récompense qu’il attendait tant.

- D’accord.

En sortant, Samuel jeta un regard interrogateur à Mateo. Ils avaient tissé un lien ? Quel lien ?

- Ils sont partis, tu vois ? Il ne reste que Mateo et moi, tu veux bien sortir de là ?

Anaël faisait la sourde oreille, craintif. Il était angoissé et perdu…

- Anaël ? l’appelait alors Mateo en s’accroupissant à ses côtés. Tu vas te faire mal sous cette table, viens.

Mateo lui tendit sa main. Depuis quelques jours, il arrivait à avoir quelque contact physique. Main a main seulement, mais c’était déjà beaucoup !

La petite main valide du blessé vint alors se glisser dans celle du plus grand qui l’aidait à se lever. Son bras droit était toujours maintenu dans un lourd plâtre, sa jambe droite également, ne gardait plus qu’une attelle.

- Viens t’asseoir… lui murmurait Mateo en l’amenant jusqu’au lit où ils s’assirent l’un à côté de l’autre. Tu sais que tu es en sécurité ici ? Il n’y a aucune peur à avoir, Anaël.

Cela fit bizarre à Mateo de l’appeler par son prénom. Il n’avait pas l’habitude, mais il aimait ça. Il avait l'impression de le connaître un peu plus.

En entendant son prénom, Anaël serra plus fort la main du jeune enquêteur. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait peur. Peur de tout et n’importe quoi. Entendre son nom après plus d’un mois d’anonymat de la bouche de Mateo l’effrayait. Voir sa famille l’avait chamboulé…

- On a réussi à retrouver ta famille… C’est ta mère et ton frère derrière la porte, ils ont hâte de te voir et ils sont très inquiets pour toi.

Mateo lui parlait doucement, créant une bulle protectrice ou seuls Anaël et Mateo avaient accès.

- Tu veux les voir ?

Le jeune garçon secoua lentement la tête. Il ne le voulait pas, il n’était pas prêt. Les revoir le terrorisait autant que de revoir l’homme…

L’enquêteur en herbe lançait un regard entendu au médecin. S’il ne le voulait pas, c’était sa décision et ils la respecteraient.

- D’accord, c’est toi qui décides. Tu es libre de voir qui tu veux.

Meunier sorti discrètement pour prévenir la famille. Ils attendaient patiemment dans le couloir, assis sur des chaises.

- Docteur ! Alors, comment il va ? On peut aller le voir ? demandait rapidement Catherine.

- Allons dans mon bureau, répondit simplement Meunier.

Ils le suivirent donc dans les couloirs. Moins d’une minute de marche plus tard, ils étaient assis et attendaient les explications du médecin.

- Anaël refuse de vous voir, révéla-t-il avec regret.

- Qu’est-ce que vous nous racontez ? Je veux voir mon frère, claqua hargneusement Samuel.

Il avait attendu un an pour le retrouver, un an d’enfer et de culpabilité. Et maintenant qu’il l’avait enfin à portée de main, il ne pouvait le voir ? Impensable !

- Écoutez… Anaël a pris peur en vous voyant et est parti s’abriter sous une table… Je ne peux pas laisser ça se reproduire. Comprenez bien qu’il aurait pu se faire mal ou même avoir une crise d’asthme… C’est à lui de prendre cette décision. Qu'elle vous plaise ou non, on doit la respecter.

Christine pleurait maintenant à chaudes larmes. Entendre que son fils était terrorisé a l’idée de la voir, lui brisait le cœur. C’était son bébé, son tout dernier enfant. Il était celui que la famille devait protéger, celui qu’ils considéraient tous comme intouchable. Ce genre de chose était un coup dure et difficilement supportable.

- Mais… Mais pourquoi… ? Enfin, je suis sa mère ! Pourquoi est ce qu’il… Oh mon dieu… ! Mon bébé… Je ne comprends pas…

- Votre fils, a subi un grave traumatisme, madame Simon. Il va lui falloir du temps pour s’en remettre… commençait à expliquer le médecin. « Je vais demander une évaluation psychologique pour diagnostiquer un éventuel syndrome.

- Mais il va bien ?

Le docteur Meunier souffla. C’était toujours difficile d’expliquer à la famille l’état des victimes. Généralement, il était face a des personnes en panique, en pleure ou en colère, il était donc difficile de se faire comprendre.

- Il va mieux qu’a son arrivé, c’est certain, mais on ne peut pas dire qu’il va bien. Lors de son arrivée, il avait une côte logée dans ses poumons qui était déjà bien abimés, une déshydratation et il était très amaigri à cause d’une malnutrition. Puis son bras et sa jambe droite étaient cassés…

Meunier fit une pause en leur tendant le compte-rendu de son passage aux urgences ou toutes les blessures avaient été retranscrites.

- Pour ces poumons, il y avait de grands risques qu’il garde des séquelles à long terme. L’asthme était une éventualité et cela s’est confirmé a plusieurs reprises ce mois-ci. Il nous a faits des crises sévère.

- Comment ? Pourquoi ? Furent les seuls mots que la mère put prononcer. Elle craquait dans les bras de son fils ainé.

Cette fois-ci, ce fut à Jay d’expliquer les faits.

- Nous suspectons le Fantôme de Boulogne d’être a l’origine de l’enlèvement d’Anaël. Ces blessures concordent avec celles des autres victimes.

- Le Fantôme de Boulogne ? Attendez, c’est ce détraqué qui le détenait depuis tout ce temps ? Putain !

Le Fantôme de Boulogne, qui sévissait dans les rues de Paris, devenait de plus ou moins connu. Les Parisiens le craignaient, le redoutaient et certains se comportaient comme des paranoïaques.

Il laissait derrière lui, des familles brisées, des habitant en proie a la terreur.

- Il a été violé, lui aussi ? demandait Samuel en serrant sa mère dans ses bras, qui fut prise de tremblement.

Meunier respira une grosse goulée d’air, il devait maintenant annoncer l’une des choses les plus difficiles dans son métier.

- Oui, nous avons décelé plusieurs lésions anales, et physiques caractérisant une agression sexuelle avec aucune infection sexuellement transmissible, confirmait Meunier, désolé. « Physiquement, il n’a aucune séquelle du viol, nous devons penser davantage à son état psychologique

Catherine se leva, les yeux rouges et bouffis. Elle avait besoin de sortir, elle se sentait étouffer.

- Je… Les filles vont rentrer de l’école et elles n’ont pas les clefs. On va rentrer.

Sa voix tremblait et elle était anormalement blanche.

- Je comprends, Madame Simon, j’ai deux petites filles et je n’ose imaginer ce que je ferais s’il arrivait malheur à l’une d’elles… Prenez tout votre temps, je vous laisse mes coordonnées en cas de besoin, n’hésitez pas à m’appeler.

****

Dans la chambre d’hôpital ou était assis Mateo et Anaël, il régnait une ambiance calme et reposante. Anaël balançait inconsciemment ses pieds dans le vide et avait un visage apaisé. Dans sa main gauche, il tenait une pierre de Jade, le porte-bonheur de Mateo. Le jeune policier la portait tout le temps avec lui, il y tenait beaucoup. C’était tout naturellement qu’il avait eu envie de la lui donner. Il espérait que cette petite pierre lui fasse autant de bien qu’a lui.

- C’est une pierre de Jade, elle te portera chance. J’y tiens beaucoup, tu sais ? Elle était à ma grand-mère et à sa mort, elle me l’a offerte en espérant qu’elle m’aide à surmonter les épreuves de la vie. À mon tour, comme elle l’a fait avec moi, je te l’offre. Elle est à toi, se confiait Mateo en refermant les doits d’Anaël sur la pierre.

Ces a ce moment qu’une infirmière entra dans la chambre. Il était vingt heures et temps pour Anaël de ‘’manger’’.

- Excusez-moi de vous déranger, mais il est l’heure du repas.

Elle apportait avec elle une poche de nutriment pour Anaël, qui portait encore la sonde nasogastrique. Son poids ne suffisait pas encore pour retrouver une alimentions normal.

- Bon, je vais te laisser alors… Je reviendrai demain matin. Passe une bonne soirée et dors bien.

Lançant une dernier signe de main, Mateo ferma la porte en sous l’œil plein de gratitude d’Anaël.

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