Chapitre 14

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Chapitre 14.

Alors qu’il pleuvait des cordes, Mateo s’engouffra dans la chambre d’hôpital avec un nouveau bouquet de fleurs. Il avait acheté, cette fois-ci, des Gerberas de toutes les couleurs : blanc, jaune, orange, rose et rouge… Elles étaient magnifiques et sentaient terriblement bon.

- Bonjour ! le salua-t-il en mettant les nouvelles fleurs a la place des anciennes devenu toutes fanées. Je t’ai apporté des Gerberas… Elles vont égayer ta petite chambre toute blanche !

Le plus jeune, qui s’était réveillé, fixait les Gerberas d’un œil absent. C’était d’ailleurs la seule expression qu’il laissait paraître depuis son admission. Il semblait constamment perdu, fragile, dans la lune… Alors Mateo s’efforçait de toujours l’aborder avec un air joyeux et enjoué. Face a l’apathie du jeune garçon, il espérait le détendre un peu. Il voulait sincèrement lui venir en aide et cela commençait par trouver son petit prénom… Or, il y avait des centaines et des centaines de prénoms commençant par 0 et tellement d’origines ! Comme le dit le dicton : une aiguille dans une botte de foin ; une très, très petite aiguille dans une botte de foin de la taille d’une maison !

Cette fois-ci, il plaça le vase fleuri sur la table de nuit a droite du lit pour que les parfums soient plus perceptibles. Les fleurs arrivaient toujours à lui remonter le moral quand il n’allait pas bien, alors le jeune enquêteur espérait de tout cœur lui faire ressentir la même chose.

- Le docteur a dit que tu allais mieux…

Grâce a la sonde nasogastrique qui lui apportait les nutriments dont il avait besoin, il avait réussi à reprendre cinq kilos et en faisait maintenant trente. De jour en jour, il reprenait du poids et des formes !

- J’aimerais essayer de retrouver ton prénom, je vais en épeler plusieurs et toi, tu me feras un petit signe si c’est le tien, lui expliqua Mateo…

Le garçon fixait encore les fleurs dans leur vase. Obnubiler par celles-ci.

- Bon, alors… On commence : Ouriel ? tenta-t-il pour la première fois de la mâtiner.

Aucune réaction. Même pas un froncement de sourcils. Le prochain :

- Olivier ? essaya-t-il pour la deuxième fois, puis en voyant toujours aucune réaction chez le plus jeune, il continua : Orian ? Oscar ? Oli ?

Il continua à lui en proposer encore et encore… Mateo commençait à fatiguer… Il avait eu une mauvaise idée. De plus, son temps était compté aujourd’hui, il avait rendez-vous avec la journaliste…

Le jeune enquêteur prit son téléphone et alla sur Internet. Il nota sur la barre de recherche : prénoms commençant par 0, pour un garçon et alla dans la rubrique : prénoms les plus communs, en espérant trouver plus rapidement celui tant recherché.

Après lui avoir proposé une vingtaine d’affilée, le blessé sursauta, surpris.

- Owen ? répéta Mateo.

Les yeux écarquillés du blessé le fixaient avec terreur. Puis soudain, il hurla en plaquant ses mains sur ses oreilles.

Mateo se releva rapidement et amorça un mouvement vers le garçon en pleine crise de panique avant de se faire arrêter par deux infirmiers baraqués qui venaient d’entrer, alarmés par les cris. Ils avaient des visages soucieux et professionnelle. Ils le saisissaient le plus délicatement possible tout en lui administrant un léger sédatif pour le calmer sans le blesser.

- Nous avons biper le docteur Meunier, il va arriver, prévint un des deux hommes.

Trois petites minutes plus tard, le médecin entrait rapidement dans la chambre d’hôpital.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ? demanda-t-il essoufflé.

Le jeune avait la respiration sifflante et difficile. Il peinait à reprendre son souffle. Le docteur Meunier regarda vivement le moniteur qui affichait sa saturation en oxygène puis prit un stéthoscope pour écouter ces poumons batailler pour respirer avant de grimacer.

- Il nous fait une crise d’asthme !

Le docteur prit le masque a oxygène posé sur le côté, déjà relié à un boîtier qui délivrait un aérosol pour asthmatiques. Heureusement qu’il avait prévu le coup… Il en avait parlé avec Louise Meunier, sa femme, l’asthme était une séquelle prévisible vu l’état de ces poumons…

Il le posa sur la bouche et le nez du garçon avant d’ouvrir l’arrivée du médicament. Puis, il demanda aux infirmiers de lui apporter une perfusion de prednisolone.

- Qu’est-ce qui l’a mis dans cet état ? demanda le médecin à Mateo une fois son patient stabiliser.

- Je crois que j’ai trouvé le prénom du Fantôme de Boulogne… Il aurait jamais eu cette réaction juste pour son prénom à lui… expliqua le jeune enquêteur.

****

Jay Henderson avait reçu l’information de son fils. Il avait réussi a trouver la moitié de l’identité du Fantôme de Boulogne. C’était autant une petite avancée qu’une grande. En soi, savoir son prénom ne les aidait pas plus que ça, mais en même temps, il fallait bien commencer quelque part…

Leurs du rendez-vous avec la journaliste arrivait a grand pas. Jay qui avait imposé sa présence se préparait pour la confrontation. Son arme de service dans son étui, un dictaphone dans sa poche, il était paré a tout éventualité.

- Jay ?

Un policier en civil l’appelait de l’encadrement de sa porte de bureau. Il avait un énorme dossier dans les bras.

- Tiens, c’est ce que tu m’avais demandé.

- Merci, Arthur.

Après avoir déposé le lourd dossier sur le bureau, Arthur repartit rapidement a ses occupations en fermant la porte dernière lui. Le détective Henderson rangea le dossier dans son tiroir puis mit son épais manteau d’hiver.

Arrivé au lieu de l’entrevue, Jay pris place à une table en terrasse. Il commanda un café.

- Salut, papa. Tu n’as pas trop attendu ? lui demanda Mateo en arrivant.

- Non, ça va, je viens juste d’arriver. Ça s’est bien passé avec le gamin ?

Quand Mateo l’avait appeler pour le prévenir, il avait été rapide et bref, lui disant rapidement qu’il avait réussi à avoir le prénom du Fantôme de Boulogne sans expliquer le pourquoi du comment…

- Ouais… souffla Mateo en s’affalant sur la chaise. Enfin, au début, tout se passait bien, j’ai essayé plusieurs noms en faisant attention a ses réaction puis a l’appellation du : Owen, il s’est paralysé. Puis il s’est mis à paniquer et à hurler… et il a même fini par faire une crise d’asthme.

- Il a peur, c’est normal. Tu ne pouvais pas le prévoir.

- Si tu le dis…

Le serveur refit son apparition en même temps, proposant un café a Mateo.

- Tu crois qu’elle va venir ? Il est déjà treize heures quinze, s’impatientait Mateo en acceptant le café.

Au même moment, une femme habillée toute en cuir noir, des cheveux mis-longs, bruns, arrivait en moto. Après s’être garée non loin du café et avoir rangé son casque, elle s’approcha des deux Henderson et pris place sur la chaise restante.

- Sophie Persson, journaliste pour info-tv, ce présenta la jeune femme en leurs serrant la main a tour de rôle. Je n’ai que peut de temps a vous accorder alors on va faire bref. Je veux l’exclusivité de l’affaire.

Père et fils se regardèrent, incrédules. Etait-elle réellement sérieuse ? Croyait-elle vraiment qu’ils allait gentiment répondre a toute ses questions mettant en péril la vie de la victime et le bon déroulement de l’enquête ?

- Nous aimerons savoir quelles informations avez-vous en votre possession et qui vous les a données. Cette affaire est strictement confidentielle.

De son sac a dos de couleur blanc cassé, la journaliste sortit un maigre dossier.

- Je sais où est hospitalisé votre témoin et j’ai aussi une partie de son dossier médical… révèle Persson. Mais ce n’est pas encore suffisant, j’ai besoin de plus d’infos.

- Et vous pensez que nous allons vous les donner ? intervint Mateo en élevant la voix de surprise. Est-ce-que vous vous rendez compte de l’importance des informations que vous avez ? Le Fantôme de Boulogne est toujours en liberté, s’il arrive à s’avoir où il est, il pourrait essayer de s’en prendre a lui !

Mateo était abasourdi, la jeune femme ne pensait qu’à son reportage. Les conséquences n’avaient pas l’air de la percuter.

- Ne me prenez pas pour ce que je ne suis pas. Je le sais très bien, dit-elle vexée. Je ne compte pas donner sa localisation, mais il faut bien que je sorte quelque chose !

Elle n’était pas si crédule que ça ! Et elle était contrariée que deux inconnus l’a catégorisent comme fille naïve et inconsciente.

- On pourrait s’aider mutuellement… Donner-moi de quoi faire un article intéressant et je vous aiderai en cherchant de mon côté. À ce que je sais, vous n’avez pas encore l’identité de votre victime et moi, j’ai des méthodes et ressources différant des vautres.

Les deux policiers réfléchirent a sa proposition. Une aide supplémentaire était alléchante, mais pouvaient-ils réellement lui faire confiance ?

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