Chapitre 12

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Chapitre 12.

Comme promis, le lendemain matin, Mateo s’était levé aux aurores pour arriver vers les huit heures trente dans la chambre du jeune garçon hospitalisé. Il avait apporté avec lui un bouquet de Lilas, pour égayer la chambre d’hôpital et pour, il l’espérait, le mettre en confiance.

Les fleurs étaient une passion pour notre jeune enquêteur, il aimait leurs odeurs, leur beauté et les significations propres, a chaque espèce et couleur. Et qui sait ? Peut-être que dans une autre vie, il aurait pris la voie d’un fleuriste ou d’un jardinier. En tout cas, ça lui aurait plus.

Il passa donc la porte de la chambre d’hôpital avec un grand sourire puis exposa fièrement ses belles fleurs sur une table collée au mur, dans un vase qu’une infirmière lui avait donné en arrivant. Il les renifla un instant en fermant les yeux. Puis il se tourna vers le blesser et le surprit, éveillé les yeux posés sur les fleurs qu’il venait de poser.

- J’espère que tu aimes les Lilas… J'ai hésité avec des pivoine mais le lilas a une odeur plus forte, tu pourras mieux les sentir de ton lit.

Leurs odeurs étaient rassurantes et elles représentaient le bon rétablissement. Elles étaient parfaites.

Le jeune garçon détourna le regard des fleurs pour le poser sur la fenêtre qui donnait sur la cours intérieure de l’hôpital, désintéressé.

Le sourire de Mateo ne se fana pas à la réaction distante de l’adolescent, il lui en fallait plus pour baisser les bras ou pour le décourager. Il savait qu’il allait avoir besoin de beaucoup de patience pour qu’il lui accorde sa confiance, surtout après les événements qu’il avait subis. Puis ce n’était pas comme s’il pouvait lui répondre, avec le respirateur artificiel.

C’est pourquoi il avait pris la décision de venir le voir tout les matin pendants quelques heures, avec du travail bureautique pour ne pas s’attirer les foudres du big boss, sans lui parler ni lui pauser des questions. Il se posait juste dans un coin de la chambre et travaillait en silence. Il espérait faire baisser sa méfiance avec cette technique sortie de son cerveau en pleine nuit. Et il y croyait ! Le garçon semblant indifférent et insensible lui jetait parfois des regards curieux et il ne faisait plus de crises de panique en le voyant s’approcher un peut plus près.

Mateo s’assit à la même place que la veille sortant son ordinateur portable afin de travailler sur diverses taches. Il relisait même plusieurs fois le dossier du fantôme de Boulogne espérant trouver le moindre grain de sable suspect. Surement, à force, il le connaîtra par cœur.

****

Deux semaines étaient passées. Mateo était chez une victime de cambriolage avec plusieurs de ces collègues. En l’espace de quatre jours, six cambriolages avaient été recensés dans le même quartier résidentiel. Et a chaque fois, seuls les bijoux et vêtements féminins de valeur avaient été volés.

- Mathéo, tu peux me donner le sachet des scelles, dans la mallette ? » Demanda un enquêteur accroupi devant un téléphone portable dernier cri.

Les vols ne sont assurément pas commis par une professionnelle. Dans chaque casse, plusieurs indices sont éparpillés un peu partout, des empreintes, de l’ADN, puis même des affaires personnelles de la coupable. La dernière fois, il y avait un verre utilisé par la voleuse avec du rouge à lèvre encore dessus… Une vraie novice !

Mathéo donna le sachet, puis s’accroupit avec son collègue pour l’observer.

- Tu vois, ce qui est bien avec les téléphones d’aujourd’hui, c’est qu’ils sont une bibliothèque d’empreintes. Avec ça, quand nos spécialistes aurons ouvert le téléphone, on aura toutes les informations possibles sur cette femme.

Mathéo acquiesça attentif. Chaque intervention était pour lui, une source d’informations pour s’améliorer et apprendre toujours plus.

- Alors ? L’affaire du Fantôme de Boulogne avance ? demanda le policier intéressé.

- Ouais… On peut dire ça. Le garçon ne me parle toujours pas, mais je le sens moins tendu qu’avant.

- C’est déjà ça. Si t’arrivais a le faire parler, vous auriez s’en doute, le coupable.

- Mathéo ? J'ai quelque chose à te confier, lui dit un autre policier qui s’occupait de la victime en s’approchant. Tu vas accompagner cette dame au poste puis prendre sa déposition. Tu t’en sens capable ?

- Oui, monsieur !

- Parfait, je viendrai te voir plus tard, j'ai une course importante à faire, le policier se retourna puis s’adressa à la victime. Madame, je vous laisse avec le jeune homme, nous vous tiendrons au courant de l’avancée de l’enquête, termina-t-il avant de demander à tous les policiers sur place de ranger leurs affaires et de quitter les lieux.

****

Arriver au commissariat avec Madame Marconi, Mateo alla s’installer à son bureau qui n’avait jamais servi. Et oui, c’était la première qu’il s’installait là, devant ce vieil ordinateur et sur cette chaise inconfortable. À la vue de tous dans une rangée de bureaux pour les policiers lambdas comme lui. Mateo préférait de loin celui de son père : bureau en bois, ordinateur plus récent, une multitude de rangements, mais surtout dans une pièce a lui. Il pouvait se concentrer et travailler tranquillement, isolé de toute l’agitation du commissariat.

Mateo remplit alors la déposition de la victime en lui pausant diverses questions, puis il lui proposa de porter plainte ce qu’elle accepta de suite.

Une fois le tout rédigé, Mateo laissa partir la victime puis en soupirant de fatigue, il alla se faire un café.

Le jeune policier avait l’impression que cette journée n’allait jamais finir. Entre ces visites à l’hôpital, son travail au commissariat et ses recherches sur le fantôme de Boulogne, il ne voyait plus le bout. Mais malgré ses difficultés, le jeune policier ne changerait pour rien au monde son métier, son envie d’aider son prochain et de protéger la population étant plus forte que la fatigue ou de tout autre obstacle. Il était déterminé et rien ne l’arrêterait.

La machine a café sonna, le sortant de ses pensées lointaines.

- Voilà mon jeûne recru favori ! s’exclama une voix en entrant dans la salle de pause.

- Charles ! Comment tu vas ? se précipita Mateo en renversant quelques goutte de café par terre.

- Je vais bien, je vais bien. J’espère reprendre du service le plus vite possible parce que je m’ennuie comme un mort chez moi. Mais toi alors ? J’ai entendu dire que les services internes t’avaient blanchi, c’est bien.

- Oui… Je suis soulagé. J’avais peur qu’ils me disent que j’avais mal agi.

Charles soupira de fatigue. Il ne savait plus quoi dire pour soulager la conscience du jeune enquêteur.

Tu as agi du mieux que tu le pouvais, Mateo, tu peux être fier de toi.

- Merci, Charles, remercia Mateo en lui souriant.

- Alors ? J’ai entendu dire que vous auriez trouvé la dernière victime du fantôme de Boulogne ? Il vous a parlé ?

- Ouais, mais il est dans un sale état, commençait à expliquer Mateo préoccupé, il est intubé et est, la plupart du temps, ou endormi, immobile a fixer le vide… Puis quand on essaie de s’approcher, il panique, totalement terrorisé. Tout ça, c’est compliqué, mais j’espère qu’avec le temps gagner sa confiance et réussir a le faire parler. Je veux vraiment l’aider. »

- Et je suis sûr que tu vas y arriver.

- Oui, j’espère.

- Tu me tiendras au courant ? De toute façon je ne compte pas rester en arrêt maladie indéfiniment.

- D’accord, oui, pour qu’on puisse faire d’autres patrouilles ensemble ! souriait Mateo, enchanté de faire à nouveau, équipe avec son collègue. Bon, je vais y retourner. Passe une bonne journée !

Mateo reprit place à son bureau.

Treize heures sonnaient à l’arrivée du policier qui l’avait charger de la déposition de la victime. Il passa vite fait à son bureau avant de se diriger vers celui de notre jeune enquêteur.

- Ça s’est bien passé ?

- Oui, monsieur. Madame Marconi à porté plainte et j’ai posé sa déposition sur votre bureau.

- Parfait, merci, Mateo.

Le policier repartit aussi vite qu’il était arrivé tandis que Mateo se replongeait dans l’article qu’il était en train de lire.

La presse avait été, par on ne s’avait de quelle façon, mit au courant de la découverte de la sixième victime, écrivant divers faits et rumeurs non vérifiés. Il y avait autant d’informations vraies que fausses et aucune source mentionnée.

Mateo passa le reste de sa journée à l’accueil du commissariat, avec mademoiselle Brett, apprenant comment gérer la population qui allait et venait, pour certains paniqués ou pour d’autres en colère.

- Vous devez signer ce papier, ici et là, précisait Bret, puis vous mettez vos initiales en bas de page.

- Vous pensez que j’aurais une réponse quand, à peu près ?

- Ça va dépendre de nos inspecteurs et des dossiers déjà en cours. De toute façon, je vous tiendrai au courant. »

- Merci bien, madame. Passez une bonne journée !

Mademoiselle Brett grimaça au ‘’madame’’, mais ne répliqua rien. Elle ne se trouvait pas encore assez vieille pour être nommée ainsi. Après avoir elle aussi signé le document, elle se tourna vers Mateo.

- Est-ce que tu pe…

Il n’y avait plus personne. Il était parti pendant qu’elle discutait avec la jeune fille.

- C’est bien le fils de son père celui-là… Toujours à se volatiliser, murmura-t-elle, amusé.

- Papa ! Papa !

Mateo appelait son père qui prenait un café en discutant avec un collègue dans la salle de pause.

- Oui ? Qu’est-ce qu’il y a ?

- Et si on se trompait ? demanda le plus jeune. Et si les initiales ne sont pas du Fantôme de Boulogne, mais de la victime ?

Mateo avait eu une idée en entendant Brett demander les initiales de la fille au comptoir. Ils n’étaient sûrs de rien avec cette enquête et le fantôme de Boulogne imprévisible. Alors, pourquoi pas ?

- Pourquoi est-ce qu’il aurait fait ça ?

- Je n’en sais rien, mais on peut pas laisser cette possibilité de côté. Si on arrive à trouver l’identité de notre victime, on arrivera sûrement à remonter jusqu’au Fantôme ! »

- Bon d’accord. Je vais essayer de chercher dans notre base de données une concordance avec les initiales et les personnes disparues ou en fugue et essaie du côté du gamin. Il réagira peut-être à la mention de son nom.

Mateo partit directement en direction de l’hôpital. Il savait maintenant quoi faire, ils avaient un nouveau début de piste.

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