Chapitre 3

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Chapitre 3.

- Je sais vraiment pas comment tu fais pour le supporter depuis plus de quinze ans !

- Je fais avec… Tu sais, on n'a pas trop le choix, c’est notre supérieur et puis si tu tiens à ta carrière t’as intérêt à pas faire de vagues avec lui.

Cela faisait maintenant deux grosses heures que Mateo patrouillait avec son partenaire de la journée, le lieutenant Charles. Ils devaient veiller à la sécurité de la population en faisant des rondes en voiture. Bien évidemment, étant sur le terrain, son père pouvait être appelé par le patrouilleur en cas de pépin. Le détective était toujours angoissé à l’idée que son fils unique soit en première ligne et en contacte avec des personnes imprevisible. Il savait à quel point se métier pouvait être dangereux et il etait conscient que tout pouvait dégénéré en une seconde.

- Ici la patrouille : TANGO, DELTA 08, nous avons un code 10-107, nous demandons un code 10-40 code 1, demanda une femme par le canal d’urgence des policiers.

- Ici SIERRA, ZULU 02, bien reçu, nous arrivons, répondit le collègue de Mateo. Dis-moi ? Peux-tu me décoder ce qu'elle viient de déclaré ?

- Code 10-107 : c’est un signalement d'une personne suspecte. Et code 10-40 code 1 : c'est pour demander d’intervenir sans gyrophare, ni sirène, dicta le jeune détective.

- Exact ! Bien joué ! Je suis sûr que tu feras un formidable enquêteur.

- Merci, c’est gentil, le remercia Mateo.

Cinq minutes plus tard, les deux patrouilleurs sortaient de la voiture et se dirigeaient vers le lieu de l’intervention. Le cœur de Mateo martelait contre sa poitrine tellement il était angoissé, mais en même temps excité, de participer à sa toute première opération sur le terrain. Il s’avait qu'il y avait des risques, mais il avait confiance en son partenaire et en ses compétences.

- Clarke, qu’est-ce qu'on a ? demanda Charles en arrivant devant la policière.

- On a été appelé pour une simple bagarre de rue, mais on a remarqué un type louche avec une batte de baseball qui tourne autour de la maison d’en face, explique-t-elle en pointant du doigt une petite maison de couleur rouge.

Ayant déjà arrêté les bagarreurs, les deux policiers ne pouvaient s’occuper de ce type louche sans se mettre en danger. Les voyous pouvaient en profiter pour essayer de s’enfuir ou pour s’entretuer et puis, ils n’avaient pas assez de menottes pour pouvoir arrêter le troisième homme.

- On s'en occupe. Mateo, tu restes près de moi et tu ne fais rien d’irréfléchi, tu fais seulement ce que je te dis de faire. C’est compris ?

- Cinq sur cinq, monsieur.

- Bien, tu fais attention et tu sors ton arme qu'en cas de danger de mort. On y va.

Sur ces ordres, ils s’approchèrent prudemment de l'homme à la batte. Le temps froid et la pluie toujours présente depuis le petit matin n'aidait pas le jeune détective à se détendre. Il stressait et l’adrénaline coulait de plus en plus dans ces veines.

- Monsieur, nous sommes de la police. Nous vous demandons de lâcher votre batte et de lever les mains en l'air, ordonna le lieutenant Charles.

Mateo observa la scène qui se déroulait devant lui. Il avait l’impression que tout se passait au ralenti. Sûrement les effets de l’adrénaline.

L'homme se retourna et fixa les deux policiers sans obéir à l'ordre donné. Il était à moitié déshabillé et souriait comme un fou.

- Mateo, derrière moi, tout de suite, demanda Charles d'un ton grave en mettant sa main sur son arme de service sans pour autant la sortir. Je vous le répète une dernière fois. Lâcher-moi cette batte et mettez…

Le patrouilleur ne put finir sa demande que l'homme lui sauta dessus lui faisant tomber son arme à terre et se pris un violent coup de batte sur la jambe droite. Il cria de douleur puis se reprit un coup sur la tête l'assommant un instant. L'homme s’apprêta à réitérer un troisième coup qui aurait été fatal, mais fut interrompu par notre détective en herbe qui lui tira sur l’épaule. L’homme le regarda surpris, toujours debout avec son arme en main.

- Lâchez ça tout de suite où je tire une deuxième fois !! hurla Mateo avec sang-froid.

L’homme prenant conscience de la situation reprit peu à peu ces esprits. Il lâcha son arme puis fit un mouvement de recul en amenant sa main indemne à son épaule blessée.

- Les mains sur la tête.

L'homme s’exécuta tandis que Mateo lui pris ces poignets pour y faire passer ses menottes. Il l’attacha sur une barrière en fer avant d'aller vérifier l’état de son coéquipier.

-Charles ! Charles ! Tu m’entends ? s’inquiéta le jeune policier.

Charles reprit conscience avant de ce lever à toute vitesse.

- Charles, doucement, t’as pris un gros coup sur la tête. Je vais t’appeler une ambulance.

- Pas besoin, c’est bon. Je vais bien, refusa-t-il en se tenant la tête en boitillant jusqu’à son arme de service qui avait volé un peu plus loin.

- Tu saignes et t’as perdu connaissance, c’est plus prudent si tu te fais examiner...

- D’accord, si tu veux. Ça va toi ? Tu n'as rien ? s’inquiéta à son tour le patrouilleur.

- Oui, oui, moi ça va. Tu devrais t’asseoir.

Mateo l'aida à se mettre à terre avant d'empoigner la radio et d’appeler une ambulance pour son collègue et pour l’homme blessé par balle puis il appela le commissariat pour expliquer sa situation et demander à son tour des renforts. Dans l’état de son collègue, ils étaient dans l'incapacité de conduire l’agresseur jusqu’au commissariat.

****

Jay était en train de classer un dossier de vol a main armée quand il entendit l’appel de son fils. Son sang ne fit qu'un tour avant qu'il ne s'empresse de sortir et de le rejoindre. Il n'aurait jamais dû accepter que son fils s’engage, il aurait dû refuser qu’il le fasse ! Jay paniquait à l'idée de le perdre, il ne s'en remettrait jamais s’il lui arrivait quelque chose.

Arrivé sur les lieux, le détective vit deux ambulances et trois voitures de police. Il se dirigea rapidement vers l’une des ambulances. Il vit un homme allongé, entouré par des ambulanciers qui s’afféraient a lui prodiguer les premiers soins. D’après les informations qu'il détenait, c’était son fils qui lui avait tiré dessus.

- Ça va allez ? s’inquiéta Jay.

Il ne s'inquiétait pas plus que ça pour cet homme, qui s'en était quand même pris a son fils et son collégue, mais s'il mourait, cela serait forcement traumatisant pour le tireur. Son fils.

- Oui, ça va aller. Rien de grave a été touché.

En soufflant soulagé, Henderson se dirigea vers l’autre véhicule ou devait se trouver le patrouilleur Charles et Mateo, qui était d’ailleurs assis sur le rebord de l’ambulance les mains recouvrant son visage.

Jay se précipita pour le prendre dans ses bras, avant de relâcher la pression qui s’était accumuler depuis l’appel. Il n’avait jamais eu si peur pour la vie de son fils.

- Mon dieu, Mateo. Tout va bien ? Qu’est-ce qu'il s'est passé ? J’ai eu si peur !

Mateo relâcha lui aussi la pression éclatant en sanglots dans les bras protecteurs de son père. Il n’avait pas trop compris ce qu'il venait de se passer. Tout était si irréel, comme dans un film.

- C'est rien, tout va bien. C’est normal, le rassura son père en serrant le corps tremblant de Mateo. Tu as une bonne dose d’adrénaline, et là, c’est la descente. C’est normal. Tu dois respirer calmement, tu es en sécurité maintenant.

Le jeune policier se calma petit par petit écoutant les paroles rassurantes de son père qui ne le lâchait pas. C’était fini, il était en sécurité.

- Ça va mieux ? demanda-t-il en s’écartant.

Mateo hocha la tête, Jay lui tendit un mouchoir qu’il s’empressa d’utiliser les mains tremblantes avant de le pousser au fond de sa poche.

- Je... ça s’est passé tellement vite, mais en même temps si lentement… Il... il lui a sauté dessus et l’a frappé a plusieurs reprises ravec sa batte... Alors j’ai pas réfléchi, j’ai sorti mon arme et j’ai tiré… J’avais si peur papa, Charles était inconscient et pendant deux secondes, j’ai cru qu’il était mort.

- Ça n’est pas arrivé et tu as très bien géré la situation, affirma Jay en lui frottant le dos.

- Monsieur, vous voulez monter à bort pour accompagner votre collègue ? demanda un ambulancier à Mateo qui regarda son père pour lui demander s’il le pouvait.

- Oui, vas-y. Je vais suivre l’ambulance en voiture et on se retrouve à l’hôpital.

Mateo remercia son père avant de se relever et d’entrer dans d’ambulance qui démarra aussitôt les portes fermées.

- Mateo ? l’appela Charles.

Le jeune policier releva la tête qu’il avait baissée et regarda fixement son coéquipier les yeux rougis par ces pleurs.

- Je vais bien, grâce à toi. Merci.

- Non, j’ai rien fait et t’es blessé ! dit-il la voix tremblante.

- Et je serais mort sans toi, tu m’as sauvé la vie, Mateo. Pour une première intervention, tu n’aurais pas pu faire mieux, ironisa le patrouilleur pour le détendre.

- Tu crois que je vais avoir des problèmes ?

Charles fronça les sourcils en grimaçant quand l’ambulance roula sur une bosse.

- Qu’es-ce que tu racontes ? Pourquoi tu aurais des problèmes ?

Mateo avait l’air vraiment dans un état second, il n’arrivait pas à arrêter ces tremblements et sa voix déraillait à chaque début de phrase.

- Je... j’ai utilisé mon arme...

- Oui, et ? Je t’avais dit de l’utiliser quand cas de danger de mort, et s'est exactement ce qu’il allait se passer si tu n’avais pas tirée.

- Oui, ouais, je sais pas trop…

Charles rigola doucement.

- Te bille pas petit, ça va aller.

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