Chapitre 1

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Chapitre 1.

Cela allait bientôt faire six ans. Six ans que l’enquête avait débuté et il n’y avait toujours aucune progression, les forces de l’ordre n’avaient aucun indice, aucun suspect et aucune piste. Juste, des questions et une frustration grandissante à chaque corps retrouvé.

Tous les ans, au même endroit et a la même date le corps d’un jeune garçon âgé entre quinze et dix-sept ans est retrouvé mort, battu, affamé et violé dans le bois de Boulogne.

Le détective Jay Henderson, chargé de cette enquête depuis l’apparition de la première victime, fait de son mieux pour trouver le coupable, mais malheureusement sans erreur du criminel et sans indice, l’enquête est dans l’impossibilité d’avancer.

Dans exactement un mois, la sixième victime serait découverte. Cela laissait peu de temps aux enquêteurs pour retrouver le jeune garçon en vie… Ils avaient besoin de temps, d’indices et de suspects pour élucider cette affaire au plus vite.

Assis à son bureau, Jay relisait chaque ligne de l’enquête afin de trouver n’importe quelle piste, même la plus improbable. Il l’avait lue une bonne centaine de fois sans y aboutir. Peut-être qu’il avait besoin d’un regard nouveau, d’une personne qui n’avait encore jamais jeté un œil au dossier.

En soupirant, Jay se leva puis alla chercher un petit bleu. Une jeune recrue qui venait de débuter dans le métier et qui aurait un regard plus frais sur toute cette sombre histoire.

Arriver devant l’accueil du commissariat, l’inspecteur demanda à la secrétaire si elle s’avait ou se trouvait son fils.

- Oui, il rédige son rapport sur l’enquête de voisinage dans la salle de conférence.

Après l’avoir remercié, Jay se dirigea donc vers la salle ou se déroulait conférence, débriefing et réunion importante. Il salua ces collègues en chemin avant d’entrer.

- Mateo, je te dérange ?

- Oh, papa. Non, je rédigeais juste le rapport sur les interrogatoires du voisinage.

- Ça s’est bien passé ?

- Oui, super bien, même si je t’avoue que je me suis pas engagé pour faire ce genre de tache. Je trouve ça, comment dire ? Ennuyant ? J’ai envie d’un vrai dossier ! De travailler sur du lourd quoi ! répliqua Mateo en souriant à son père.

Celui-ci rigola devant l’impatience de son fils.

- Mateo, t’as seulement dix-neuf ans, et tu es diplômé depuis moins d’un an, c’est normal que tu ne sois pas encore sur ces dossiers-là. Mais dit toi une chose, chaque enquête, peut importe ça graviter commence par ce genre de tache et les premières pistes son souvent émis grâce a l’enquête de voisinage. C’est comme ça qu’on trouve des témoins et qu’on arrive à arrêter le coupable, expliqua le détective.

- Je sais bien, mais je trouve ça trop long. Je demande pas forcement d’avoir un dossier en charge ni d’aller sur le terrain, mais juste, jeté un œil et d’aider d’ici. C’est pas grand-chose…

Henderson trouvait que son fils lui ressemblait énormément. Ils avaient tout deux le même caractère et la même soif de justice ce qui le rendait aussi inquiet. Jay savait qu’en étant comme lui, son fils n’hésiterait pas à se mettre en danger s’il pouvait en sauver une autre. Il devait veiller sur lui comme un père, mais aussi comme un flic.

- Tu as déjà entendu parler du fantôme de Boulogne ?

- Oui, vaguement. Il enlève et tut des adolescents avant de les jeter dans le bois de Boulogne. Il y avait pleins de rumeurs sur lui qui circulait en cours.

- Ça fait six ans que je suis coincé sur ce dossier, j’ai aucun indice ni aucun témoin, j’ai rien.

- Je peux peut-être t’aider ? S’il te plaît, dit oui, mon papounet d’amour !

Mateo faisait les yeux doux à son père, il avait vraiment envie de faire quelque chose d’utile. Il voulait faire comme son père. Sauver des vies et emprisonner des méchants. C’était pour ça qu’il s’était engagé et il commençait vraiment a en avoir marre de faire des missions de paperasse ou ceux sans grand intérêt, il voulait plus.

- Et si je te disais que si je suis venu ici, c’était justement pour te demander de donner un coup de main à ton vieux père ?

- Je te dirais que tu n’es pas vieux et que tu es le meilleur papa du monde !! répondit joyeusement Mateo en se levant tout excité. Aller, on y va !

Père et fils passèrent ainsi toute leur journée à éplucher chaque page du maigre dossier sur le fantôme de Boulogne.

- Bon, déjà, on sait où et quand il enlève ses victimes ? demanda sérieusement le jeune enquêteur en regardant un dossier.

- Dans tout Paris. Il attend la fin de la journée quand ils rentrent chez eux après le lycée. Dans une rue, un peu isolées, voire, sans aucun passant, il est sûr de n’être pas vu par un témoin gênant.

- Je vois, il est prudent. Il sait très bien qu’en opérant non pas dans un périmètre restreint, mais dans tout Paris, on serrait dans l’impossibilité de prévoir sa prochaine cible tant le nombre de victimes potentiel est élevé. On n'a pas affaire à un débutant, relève Mateo, les sourcils froncés en mâchouillant son stylo. Comment il choisit ces victimes ?

- On ne sait pas trop, mais ils ont tout a peu près le même physique : des garçons de quinze à dix-sept ans, blond aux yeux vert, minces, petits et sans aucune histoire…

- Tu peux m’en dire plus sur eux ?

- Alors, la première victime s’appelait Loukas Hernandez, seize ans, blond aux yeux vert, un mètre quarante-cinq. Il a été enlevé le vingt-trois mars deux-mille treize, a même pas quinze minutes de chez lui, c’est sa mère qui l’a signalé disparu le jour même. Il a était retrouvé un an plus tard, mort au bois de Boulogne. Il avait des traces de viol, maltraitances et de dénutrition aiguë, il ne pesait plus que trente kilos quand on l'a retrouvé.

Mateo déglutit, ce que lui détailla son père était affreux, c’était inhumain. Il n’arrivait pas à comprendre comment on pouvait se montrer si monstrueux envers de pauvres gosses qui avaient pratiquement son âge.

- Deuxième victime : Billie Ross, dix-sept ans, même physique. À était enlevé le vingt-trois mars deux-mille quatorze en revenant du lycée, ses parents ont signalés sa disparition un jour après l’enlèvement. Il a été retrouvé au même endroit, le même jour un an après la première victime. Dans le même état. Pareil pour la troisième, la quatrième et la cinquième victime, David Pouffe, William Olivera et Louis Issand a l’âge de quinze ans, termina de présenter Jay. Je sais que ça fait beaucoup, ça va ?

- Ou-oui. C’est juste que j’arrive pas à imaginer le calvaire qu’ils ont pu endurer. Ils ont pratiquement mon âge…

- Je sais bien mon grand, mais il détient sûrement un jeune garçon et on a seulement un mois pour le retrouver.

- Comment ça, sûrement ?

Le détective soupira. Il ne savait pas trop quoi lui répondre, lui-même n’était pas sûr de sa réponse et il détesterait ça.

- Aucun adolescent avec cette description n'a été porté disparu depuis la cinquième victime. Peut-être qu’il a arrêté ou peut-être pas, mais on ne peut pas laisser tomber l’enquête. Je vois pas pourquoi il aurait arrêté, on a rien sur lui, mais je ne comprends pas non plus pourquoi on n'a aucune nouvelle disparition.

- C'est vrai qu'il est plus logique de penser qu'il a toujours un garçon avec lui et c'est clair qu'il n'a aucune raison d’avoir arrêté. Il m'a l'air d’être quelqu’un de très intelligent, méticuleux et qui fait attention. On n’a rien sur lui et il le sait très bien, il a forcément continué. Et on va y arriver, on va retrouver ce jeune et il sera en vie ! dit Mateo déterminé.

La nuit était tombée assez vite, les deux enquêteurs n’avaient pas vu le temps filer. La fatigue étant de plus en plus présente, ils décidèrent de faire rapidement le récapitulatif de toutes les informations qu’ils avaient avant de rentrer chez eux pour un repos bien mérité.

Qui sait ? Peut-être que la nuit portera conseil ?

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