Chapitre 13

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Chapitre 13.

- Tout est prêt ? demanda le docteur Monier aux infirmiers présents dans la chambre du blessé sous calmant.

- Oui, on peut commencer.

Monier se plaça tout près du jeune garçon allongé afin d’être dans son champ de vision tandis que ces collègues se plaçaient de l’autre côté du lit pour l’assister.

- Mon grand. On va enlever le tube dans ta gorge, commence à expliquer le médecin à son patient en lui caressant les cheveux pour le rassurer, ça va être très désagréable, mais tu ne dois pas bouger, d’accord ? On va essayer de faire vite.

Après un bref regard pour les infirmiers, le médecin redressa son patient pour le mettre en position demi assis puis, avec l’aide d’une seringue, il dégonfla le ballonnet qui s’assurait de l’étanchéité de ces poumons.

- On y va, prévint Monier, une infirmière d’environ vingt-deux ans prit la main du jeune blessé et la lui serra.

Enfin, il retira délicatement et rapidement la sonde de la gorge du garçon. Malgré la sédation du garçon, il se débattit faiblement essayant de se soustraire à la douleur de la sonde qui coulissait hors de sa trachée. L’infirmière qui lui tenait la main, la lui serra plus fort en le voyant fermer fortement les yeux laissant couler de nombreuse larmes. La douleur était difficilement supportable, ils le savaient tous.

- Voilà. C’est fini mon grand, annonça le médecin en lui souriant.

Le jeune toussait, toussait et toussait encore. Il avait mal à la gorge et de la difficultés à rependre son souffle.

- Tout va bien, c’est normal, lui dit doucement Meunier en lui enfilant un masque a oxygène. Inspire calmement et expire…

Après plusieurs minutes d’exercice respiratoire, sa respiration reprit un rythme normal.

- SAT a quatre-vingt-dix-huit Docteur, releva l’infirmière.

- C’est parfait. Tu peux faire venir Louise, s’il te plaît ?

Le personnel soignant sortit tous de la chambre laissant le docteur Monier seul avec son patient qui commençait a somnoler.

- Tu vas devoir garder le masque encore un moment. Louise décidera quand tu pourras l’enlever. Tu vas voir, c’est une formidable kinésithérapeute ! Et je ne dis pas ça parce que c’est ma femme ! plaisanta Meunier.

Un éclat de rire traversa la chambre sous les yeux maintenant clos du blessé qui s’était endormi, épuisé.

****

Mateo se félicitait d’avoir obtenu son permis de conduire deux ans plus tôt. Sans ce petit bout de papier, il aurait mis beaucoup plus de temps à se rendre a l’hôpital, c’est-à-dire : un peu moins d’une demi-heure… Pour un flic, pouvoir se déplacer en voiture était nécessaire, voire primordial. La rapidité des déplacements était décisive dans les missions.

Il arriva donc après moins de quinze minutes de route. Il se dirigea directement dans l’aile des soins intensifs puis entra dans la chambre du blesser après avoir toqué à la porte.

La pièce était éclairée par une faible lumière, le docteur Monier et une femme brune aux yeux bleus discutaient doucement en prenant des notes. Ils vérifiaient toutes les minutes les constantes du garçon endormi.

Mateo resta surpris devant cette scène. Il n’avait plus la sonde qui habituellement l’aidait a respirer, mais seulement un masque a oxygène.

- Monsieur Henderson ? l’interpela le docteur.

- Bonsoir… Je dérange ?

Le médecin secoua la tête en répondant :

- Non, bien sûr que non. Vous vouliez le voir ?

- Oui, nous pensons que les initiales brûlés sur son bras pourraient être les siennes. Alors, j’espérais trouver au moins son prénom en lui en proposant plusieurs. Il réagirait forcement en l’entendant…

- C’est une bonne idée… commenta la brune. Je suis le docteur Monier, sa kinésithérapeute.

- Mateo Henderson, je suis sur l’enquête de notre inconnu.

- Enchantée.

- Il va comment ? demanda Mateo en regardant le garçon.

- Il est stable… Nous avons pu l’extuber sans complication, ce qui est une très bonne nouvelle ! Ces poumons, on l'air de tenir le coup, mais on ne peut encore crier victoire…

- Il a de grands risques de garder des séquelles… Dans le meilleur des cas, il contractera un asthme et dans le pire, on devra malheureusement le transplanter, précisait la kinésithérapeute.

- Je vois…

La déception était perceptible dans la voix du jeune policier. Il espérait de tout cœur qu’il s’en remette le mieux et le plus vite possible. Or, apparemment, cela allait être plus compliqué qu’il ne le croyait.

Mateo s’était attaché à l’adolescent. C’était ça tout premier victime… Une victime qui avait pratiquement son âge, un garçon brisé…

- Restons optimiste, proposa le docteur Meunier. Son état s’améliore de jour en jour… C’est le plus important.

Il est vrai qu’à son arrivée, ses chances de survie étaient presque nulles. Ses poumons, son poids, sa déshydratation, ses blessures, son état, étaient critiques et son pronostic vital engagé. Mais les jours passaient et contre tout attente, il allait de mieux en mieux. Il s’était réveillé de son coma, ses poumons s’étaient en partie réparés, sa déshydratation avait été réglée, son poids augmentait, ses fractures et ses diverses blessures se remettaient doucement… Il n’était pas encore tiré d’affaire, mais il pouvait enfin souffler. Les complications, rechutes et séquelles physiques, psychologiques et, ou motrices n’étaient pas encore à écarter…

- Vous avez raison… Vous pensez que je pourrais lui parler dans combien de temps ?

- Ça va dépendre de lui… Je dirais d’ici demain matin. L’extubation a été éprouvante, il doit se reposer.

- D’accord, merci docteur.

Mateo repartit donc chez lui, bredouille. Il était a la fois triste de n’avoir pas pu discuter et trouver le prénom du garçon et joyeux qu’il aille mieux. C’étaient des émotions contradictoires…

Arrivé devant sa porte, son smartphone émit une mélodie. C’était un numéro masqué.

- Allô ? décrocha-t-il en cherchant ses clefs dans sa poche. Vous êtes qui ?...

L’individu au téléphone avait une voix de femme qu’il ne reconnaissait pas.

- Je n’ai rien à dire sur ce sujet madame. Comment avez-vous eu mon numéro et pour qu’elle journal travailler vous ?

Une journaliste ! C’était bien la première fois qu’une telle situation se présentait à lui… Que devait-il faire ? Puis tout un tas de question qui se bousculaient dans sa tête…

Son numéro, avait-il fuité ? Jusqu’à où l’affaire avait été divulguée ? Par qui ? Et pourquoi ?

L’enquête était confidentielle, il n’avait pas le droit de dévoiler des renseignements, il ne le pouvait pas. Pour la bonne conduite de l’enquête comme pour la sécurité du garçon. Si le Fantôme de Boulogne arrivait à trouver ou il était hospitalisé, il viendrait sûrement finir le travail, c’était un témoin gênant… Mateo devait trouver qui était cette journaliste et la faire taire, il ne pouvait pas prendre de risques, la vie du blessée était en jeu.

- Demain, rendez-vous au petit Géricault a treize heurs, dit-il en soupirant, agacé.

La journaliste ne répondit pas et raccrocha. Notre jeune policier ne savait pas si elle allait venir, mais il devait tenter…

Le soir venu, Mateo expliqua toute l’histoire à son père.

- Y’avait pas besoin de la rencontrer, tu aurais pu juste l’ignorer, Mateo. On prend l’habitude à force… lui dit Henderson en se réservant des pâtes.

- Non, je ne sais pas jusqu’où les infos on fuité. T’imagines si elle sait où il est hospitalisé ? Et si elle écrit un article dessus ? Ou si ça se retrouve sur le journal de vingt heures !? Il sera plus en danger qu’il ne l’est déjà ! C’est beaucoup trop risqué…

- Mon chéri, fait attention. Tu m’as l’air de prendre cette affaire beaucoup trop a cœur, s’inquiéta Isabelle soucieuse pour son fils.

- C’est normal mon cœur, c’est sa toute première enquête… Tu te souviens de mes réactions pendant la mienne ? J’étais paniqué pour un oui ou pour un non. J’étais une vraie calamité ambulant à ce moment là…

Mateo pouffa de rire en essayant d’imaginer son père de cette façon. À sa naissance, cela faisait déjà huit ans que Jay exerçait le métier de policier, alors il était difficile de s’imaginer le voir en catastrophe !

- Oui, c’était mémorable !

Les deux adultes partirent en fous rires laissant leur fils dans son imagination débordante. Il aurait vraiment aimé pouvoir le voir à ses débuts !

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