Chapitre 10

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Chapitre 10.

Dehors, il faisait encore nuit noire. Le soleil ne se lèverait pas avant une heure laissant encore le temps a la lune de briller derrière les épais nuages qui l’entouraient. Les habitations étaient silencieuses, seulement quelque courageux osaient sortir si tôt pour aller travailler ou pour faire leur jogging matinal. Pourtant, alors qu’on entendait des ronflements dans la chambre parentale des Henderson, leur fils était bien réveillé.

Regardant par la fenêtre, Mateo pensait au garçon hospitalisé. Il y a deux semaines de cela, ils avaient perquisitionné les appartements des neuf hommes susceptibles d’être le Fantôme de Boulogne. Cinq de ces hommes avaient été arrêtés puis interroger par les forces de l’ordre. Malheureusement, ils avaient, un par un, étaient tous mis hors de cause réduisant la liste des suspects a zéro. Ils étaient revenus au point de départ…

Après un demi-heure a contempler l’horizon, Mateo se décida à se préparer. Il était maintenant trop tard pour se rendormir et il ne le pourrait sûrement plus…

- Mateo ? l’appela son père de derrière la porte de la salle de bain.

- Ouais ?

- Je viens de recevoir un appel. Le gamin est réveillé.

Les gestes de Mateo se stoppèrent sous la surprise. Après deux semaines de coma, il était enfin réveillé ?

- Ok, je me dépêche.

Jay était déjà prêt pour partir. Il s’était préparé à toute vitesse, se lavant dans leur deuxième salle d’eau pour partir le plus rapidement possible.

Lors de l’appel, le médecin lui avait expliqué que le jeune garçon, malgré son bref réveil, ne pourrait pas encore répondre aux questions étant encore trop faible et intubé. Mais Jay voulait tout de même essayer de communiquer différemment pour avoir un minimum d’informations. Il devait avancer. Il devait coincer une bonne fois pour tout le criminel. Et le plus vite plausible…

Ils arrivèrent rapidement à l’hôpital en passant par les urgences qui menaient directement dans l’aile des soins intensifs. Jay connaissait le chemin étant venu une dizaine de fois pour interroger des victimes ou même des criminels. Néanmoins, cet endroit le rebutait toujours autant que la première fois. De voir autant de douleur physique que psychologique était difficile et différant que dans son bureau au commissariat. Ici, il ne pouvait rien faire, il était seulement spectateur.

- Papa ! Tu marches trop vite… l’interpella Mateo en trottinant pour le rattraper.

Henderson stoppa la fermeture de la porte de l’ascenseur pour laisser son fils entrer. Il est vrai qu’une fois dans ces pensées, Jay avait tendance a marcher vite agaçant toujours le binôme avec qui il était.

Un peu essoufflé, Mateo s’engouffra à son tour dans l’ascenseur.

- Et bah alors… C’est ton vieux père qui marche trop vite pour toi ? se moqua gentiment l’Henderson.

- T’es même pas vieux d’abord. Et puis en plus tu triches, tu fais du cardio depuis plus de dix ans ! grommela Mateo, blasé en croisant les bras sur son torse.

Le détective ricana. Il aimait charrier son fils qui répondait et boudait a chaque fois en faisant des moues pas du tout sérieux. Il ne s'en lasserait jamais…

Cela fit du bien à Mateo. Il aimait plaisanter avec son père, même s’il râlait toujours au final, il n’était jamais vraiment vexé ou en colère… Disons que c’était juste pour sauver les apparences…

- J’espère qu’on pourra en tirer quelque chose… Ce malade est toujours dehors à faire, je ne sais quoi en parfaite liberté…

Le détective n’avait pas remarqué a quel point son fils prenait à cette enquête à cœur, mais maintenant qu’il y pensait, il est vrai que Mateo avait durement travaillé et passé ces nuits a éplucher les différents dossiers. Puis, il lui avait a plusieurs reprises parler du jeune garçon hospitalisé, lui disant qu’il voulait absolument arrêter et faire payer le coupable. Après tout, cette enquête était sa première et il était sa première victime. Les premières fois ne s’oublient jamais, elles sont le tremplin qui détermine notre confiance et notre travail à fournir pour le futur en tant qu’inspecteur de police.

En dépit de tout cela, Mateo abordait tout de même un faible sourire qui trahissait sa joua. Il avait rendez-vous avec Elyo cette après-midi pour le déjeuner, puis le jeune garçon qui lui tourmentait l’esprit, était enfin réveillé. Que de bonnes nouvelles.

L’ascenseur s’arrêta enfin, les deux Henderson sortirent directement voir le médecin qui avait en charge leur victime.

- Il est pour l’instant endormi et ne peut par rester très longent conscient et puis il a toujours le respirateur. Il ne pourra toujours pas vous répondre, prévenait une deuxième fois le médecin.

- Je le sais bien, confirma Jay, mais je veux tenter de communiquer avec lui, il y a d’autres moyens d’avoir des réponses. Quand pensez-vous retirer le respirateur ?

- Pas avant un petit moment. Il est encore très faible et ses poumons sont encore trop abîmés pour fonctionner sans.

- Comment il va ? demande Mateo inquiet.

Le médecin soupira, ce cas était vraiment compliqué.

- Nous en saurons plus quand nous le l’extuberons pour lui faire d’autres examens et puis… Il a encore un poids inquiétant sans parler de l’état de ses poumons.

- En clair, il va pas bien, résuma le détective.

- Vous savez, cela ne fait qu’une semaine que nous l’avons pris en charge. La médecine n’est pas magique, il lui faut du temps pour agir.

Bien sûr qu’ils le savaient, mais ça ne les empêchaient pas d’espérer un rapide rétablissement, que cet adolescent puisse retrouver une vie normale.

Ils entrèrent en silence, le jeune garçon dormait à poings fermé. Le médecin le réveilla doucement puis releva le dossier du lit.

Le jeune garçon ouvrit ses yeux de couleur vert, ils étaient ternes et il n’y avait aucun éclat.

Il balaya la pièce du regard, puis les personne présente, il avait l’aire perdu.

- Tu es à l’hôpital, tu t’en souviens ? lui demanda le médecin d’une voix douce. Ces monsieur sont de la police, ils veulent te po… Hey, tout va bien.

Le docteur tentait de calmer le jeune malade qui commençait à paniquer.

Les machines reliées au corps du jeune garçon commencèrent à sonner. Il secouait ça tète de droite à gauche en fermant ces yeux très fort laissant ces nombreuses larmes tomber. Il s’affolait furieusement et s’il n’était pas relié par ça sonde au respirateur, il aurait eu une respiration difficile.

- Tout va bien. Tu n’as rien à craindre, tu es en sécurité.

De ses maigres forces, il tenta de se relever et d’enlever la sonde, mais le médecin l’arrêta immédiatement. Calme toi, dit-il cette fois plus fermement ne voulant pas qu’il se blesse.

Malgré plusieurs tentatives, le garçon continua à s’agiter. Meunier n’eut d’autre choix que d’appuyer sur le bouton d’urgence, cinq infirmiers et infirmières entrèrent rapidement. Ils lui injectèrent un calmant et le replacèrent correctement une fois le produit Avent agi.

- Je suis désolé, messieurs, le premier réveil s’est mieux passé, mais il y avait des risque que ça arrive.

- Je comprends, c’est normal.

Les deux Henderson sortirent de la chambre puis soufflèrent a l’unisson.

- Mateo, je dois retourner au poste, tu peux rester avec lui en cas de réveil ?

- Oui, oui, je peux, acquiesça Mateo, confiant en repartant dans la chambre. A ce soir alors.

Le détective en herbe pris place sur un fauteuil puis fixa l’endormi d’un air songeur. Ce garçon n’avait pas été porté disparu, alors qu’il avait été séquestré pendant un an. Quel parent pouvait avoir pour qu’il ne le signale pas à la police ? Quels parents ne s’inquiétaient pas de la disparition de leur fils ? Pour Mateo, c’était impensable, il y avait forcement une raison. Peut-être qu’ils connaissaient le criminel et qu’il les avait menacées. Où peut être, étaient-ils morts ?

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