Asailb

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    La légende raconte que les premiers hommes qui foulèrent le continent d’Asailb, qu’ils appelaient autrefois le Nord, ne connurent la paix que très peu de temps. Alors que les peuples qui s’y étaient installé prospéraient, le terrible dragon Asailb s’éveilla et sema la terreur sur le continent. Jamais pareille bête ne fût découverte au cours de l’Histoire. Asailb était une créature gigantesque, dotée d’ailes aussi grandes qu’un lac, d’un long cou épais où se dressait une tête rectangulaire démoniaque. Ses yeux brillaient d’un rouge vif et une épaisse fumée noire sortait de ses naseaux lorsqu'il crachait son feu infernal pour tout détruire sur son passage. Son corps était recouvert d’écailles bleues qui luisaient comme des saphirs à la lumière des flammes qu’il laissait derrière lui. Les hommes tentèrent de rebrousser chemin vers le Sud, mais sa cruauté était telle qu’il encercla l’ensemble du continent de son feu afin d’avoir le plaisir d’éliminer un à un toute forme de vie qu’il apercevait. Les quelques survivants se réfugièrent dans les forêts, dans des grottes, mais la forte carrure du dragon cachait le soleil : le continent était totalement plongé dans les ténèbres. Les récoltes et l’élevage devinrent alors impossibles, et le nombre de survivants diminua rapidement. Sur ces terres, tout espoir pour l’humanité semblait être perdu. Cependant, une nuit, au quatre coins du continent, six personnes entendirent un appel qui résonna au plus profond de leur âme. C’est ainsi que les frères Sérac, Askol et Ilanel, partirent rejoindre Bentor, Lidelane et Andrysse au centre du continent. Lorsqu’ils furent réunis, Asailb les repéra et plongea sur eux pour déverser toute sa haine et ses flammes sur ces individus qui osaient défier sa toute puissance. Sans qu’ils ne pussent l’expliquer eux-mêmes, ces derniers sentirent une force intérieure s’emparer d’eux : la magie émanait de leurs mains et ils pouvaient désormais se confronter à la terrible créature. Ils ne ressentirent pas la chaleur des flammes du dragon qu’ils venaient d’éviter. Asailb fut frappé d’éclairs bleus, verts, rouges. Après de longues heures de combat, alors qu’il était très affaibli mais toujours prêt à se relever, Sérac lui donna un coup fatal. Le corps immense de la bête s’effondra sur toute l’étendue du continent. Son poids était tel que sa chute causa un tremblement de terre. Dans un fracas de tonnerre, les parcelles de terre autour de son corps s’effondrèrent, avant que celui-ci ne se dissipe en fumée. Ce cataclysme donna au continent sa forme et son nom. Après cette victoire, les magiciens se répartirent l’Asailb en six royaumes sur lesquels chacun d’eux devrait veiller pour toujours, la magie leur offrant l’immortalité. Peu à peu, les hommes réapparurent sur le contient. Ils choisirent leurs rois, et construisirent monuments et habitats. Si une guerre faisait rage, elle n’était que de courte durée car les magiciens veillaient à ce qu’il fasse bon vivre en Asailb.
    Un jour hélas, et il s’agit maintenant de l’Histoire et non plus de légende, c’est une guerre entre les magiciens eux-mêmes qui éclata. On raconte que Lidelane, assoiffée de pouvoir, leva une armée en secret afin de renverser Ilanel et de prendre possession de son territoire. Les quatre autres s’unirent pour la capturer et elle fut condamnée à errer dans le Tunnel de l’éternité, une grotte enchantée créée naturellement lors de la chute d’Asailb. Compatissants pour la mort de leur frère, Bentor et Andrysse proposèrent à Sérac et Askol de se partager les terres désormais sans protecteur d’Ilanel et Lidelane. Askol choisit de s’approprier celles de Lidelane, plus proches des siennes, tandis que Sérac, bien trop endeuillé, préféra laisser à l’abandon le territoire de leur cadet qui avait été mis à feu et à sang. Les quatre magiciens restants, pour éviter que toute trahison telle que celle-ci ne se répète, lancèrent d’un commun accord un enchantement qui les empêcherait de pénétrer sur le territoire d’un autre. En cas de nécessité, leurs pouvoirs magiques leur permettaient de communiquer par la pensée. La vie reprit ensuite son cours. Askol ne donna plus signe de vie, si bien que l’on entendit même plus parler des habitants des Terres d’Askol. Son frère estima que la perte d’Ilanel l’avait certainement profondément meurtri.
    Une nuit cependant, Andrysse du haut de sa tour qui surplombait l’étendue de forêt sur lesquelles elle veillait, eut une vision. Elle vit dans un rêve, Ilanel, l’informer que le responsable de la destruction de son Royaume n’était autre que son frère Askol, et non Lidelane comme il était parvenu à le leur faire croire, et qu’il était encore à craindre.  Inquiète, la magicienne raconta son rêve à Bentor et Sérac, qui estimèrent que ce n’était qu’un rêve insignifiant.  Andrysse tenta de les convaincre en vain que la sensation qu’elle avait ressenti en voyant Ilanel était autre que celle qu’elle aurait eu en rêvant. Afin de prévenir d’un éventuel danger qu’elle appréhendait de plus en plus, elle fit en sorte de tomber enceinte d’un inconnu et donna naissance à un enfant demi-magicien. Elle le confia à l’un des rois qui occupaient ses terres, pour qu’il l’élève et lui apprenne à se battre. Ainsi commence le destin hors du commun du grand guerrier Xaël. 

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