La cyber Matriochka : Passou por mim e sorriu

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Je ne sais pas comment je suis arrivée là. Je n'ai pas peur. Il n'est pas dans la même pièce que moi. Cela fait un long moment que je l'attends. Je n'ai pas envie de fouiller son chez lui. Je suis partout chez moi, chez lui, ailleurs, il m'a ouvert sa porte, j'ai volé son cœur. Je l'habite, c'est ma nouvelle demeure.

Alors je m'allonge sur son canapé et me recroqueville en position fœtale, comme pour me retrouver. Et je m'endors. Je sens un souffle sur ma joue. Je me vois dormir, mais je ne vois rien d'autre. Mon sommeil est paisible. Je me sens bien.

Je me réveille, j'ai une couverture sur le corps, je suis bien, et heureuse. La lumière blanche du très petit matin filtre par les voilages. C'est doux. Les oiseaux piaillent. C'est joyeux. Il fait très tôt dans mon réveil, et il fait bonheur dans ma vie. A mesure que mes yeux se désembuent, je l'aperçois presqu'en face de moi. Je suis émue de le savoir près de moi, cette nuit, dans ce rêve, qui me réveille, endormie.

Il dort assis, semi allongé, dans un large fauteuil. Il est calme. Je comprends alors qu'il m'a veillé. Il a pris soin de mes rêves, de moi. Je le regarde, et une bouffée de tendresse m'envahit. Je ne veux plus bouger. Restée juste là, à attendre son éveil. Le regarder et imprimer pour tout le temps que je pourrais, cet instant en suspens.

Je regarde ses mains d'homme, je les aime, elles sont belles, douces, et jamais ne me blesse. Je souris à ses rides de joie, qui le font mûr, je les aime, elles me rendent joyeuses. Ses traits détendus m'apaisent, je ne veux être nul part ailleurs, ni dans un autre temps.

Je maudis ce qui rompras cet instant d'éternité.

Je ferme les yeux, et voit apparaître ses yeux noisette, et sa petite étoile cilée, derrière mes paupières closes. Il est le même dans mes songes, dans mes délires littéraires et dans ma réalité. Jamais il ne me déçoit. Je lui pardonne tout, je suis à lui, et je l'attends, il est mien. Il me visite, il me veille, il m'écrit, il me virevolte, il me douceur et je le sens homme.

Il bouge un peu, ouvre les yeux, s'étire, me regarde et voit mon réveil. En silence, il me sourit de tendresse. En sourire, je lui silence de douceur.

***

Dans ma réalité, je me réveille. J'ai le cœur gonflé. Le jour de le retrouver est en enfin là. Mon arc-en-ciel, c'est lui. Ici, ailleurs ou autre part. De jour comme de nuit. Tous les mots sont futiles et superflus quand je le vois dans mes rêves, quand je le sens dans ma vie, quand je le file dans mes écrits. Il est mon essentiel, mon évidence. Et c'est bien à ses pieds, à nos pieds, quand je suis dans ses bras, que se trouve le trésor tant convoité, tant rêvé de l'arc-en-ciel. Etre soi-même, enfin, dans les bras de celui qu'on aime. Protégé. Capable de décevoir parce qu'humain, mais ô combien forts de ce lien précieux. Ne nous jalousez pas, vous ne sauriez nous comprendre. Ce trésor n'est pas une légende, c'est une folie, c'est la mienne et je l'aime.

C'est le 10e jour, et petite matriochka, m'a apporté ce joli cadeau en forme de rêve. Maintenant j'attends de pouvoir me tenir dans tes bras. Mon esprit te criera de ne plus jamais nous laisser seuls de nous. Je te sentirais, et je fondrais de plaisirs sages. J'aurais retrouvé notre chemin, mon horizon.

http://youtu.be/Pr0bLX-zD5s

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