La cyber matriochka : 1 | rouge |

Une minute de lecture


Rouge comme...

Mon visage teinte pivoine trahissant ma maladive timidité

Ma légère tenue de nuit, la plus soyeuse

Le vieux vin dans ma bouteille habillée de blanc brodé

L'encre de mon feutre caressant qui t'écrit en pointillés


Rouge comme...

Les cerises en duo que je ris de poser sur mes petites oreilles

Les poissons sereins de mon aquarium cérébral

Le virage que je prends quand je t'absente

La gorge du petit oiseau me chantant ton chant joyeux


Rouge comme...

Mon coeur débordant sans retenue de toi

Mon corps coulant de sa féminité éprouvée

La fleur, ton âme, trônant sur ton sein de coton noir

La petite coccinelle heureuse de ce printemps charmant


Rouge comme...

Une nuance de mon plus beau soleil couchant

Tes lèvres gonflées par le plaisir écrit

La petite blessure de mon désir sur tes souvenirs

L'amour sans faille qui me patiente en ce premier jour

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Défi
Sousou

Dans l’entrebâillement de la porte apparaît un visage. Un sourire espiègle se dessine sur le faciès buriné, les yeux azur pétillent de malice. Il observe, accroupi derrière le chambranle. Au milieu de la pièce, un frère et sa petite sœur étalés sur un tapis moelleux sont plongés dans un énorme livre illustré. Leurs pieds battent l'air au rythme des cris émerveillés qu'ils poussent devant chaque nouvelle image. Une main poilue passe l'ouverture, tendue vers les deux enfants innocents. Un claquement de doigts, et elle se retire vivement. La créature s'éloigne dans la pénombre en gloussant. Dans le salon, les petits continuent de tourner les pages frénétiquement. 
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Défi
Alwine
La contrainte de 2018 pour les 24h de la nouvelle était la suivante : la nouvelle doit se passer dans une seule et même pièce. Je pense avoir réussi à suivre la contrainte, qui était plutôt corsée ^^

Ce texte raconte l'histoire de 3 cambrioleurs venus dérober un livre rare, L'histoire de la nature des oyseaux de Pierre Becon, dans la bibliothèque personnelle d'un collectionneur d'ouvrages anciens.
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Défi
Deana



Je suis désolé Maman. Je n'ai jamais voulu te faire de mal. Mais ce soir, je sors tout du placard. 



Maman, je suis désolé, mais ton fils a beaucoup plus que le cafard. Mon cœur ne bat plus depuis longtemps, Maman. C'est plus facile de vivre sans. Tu vois, Maman, dans cette vie, le bonheur est une illusion. Beaucoup moins facile à atteindre que ce qu'ils nous font croire, à la télévision.  Je ne sais pas exactement comment tout a commencé, Maman, mais j'ai grandi beaucoup trop brutalement. J'ai fait confiance trop naïvement, et mon innocence est partie en courant.


Si tu savais, Maman, comment l'Abandon est violent. Il te fout des droites jusqu'à ce que tu tombes à terre, et continue de te frapper, avec pour seul droit celui de te taire. Mais je me suis relevé, Maman. Avec des bleus au cœur, avec du sang sur les dents. Mais Maman, pourquoi le monde s'acharne-t-il sur moi ? Parce que j'ai le cœur sur la main, parce qu'il se fissure d'un coup de poing ? Tu sais, Maman, j'ai toujours souri à tout le monde. Mais en contrepartie, ils m'écartaient de la ronde. Connais-tu ce sentiment de Solitude, Maman ? Comme un gribouillis, un nuage noir qui grignote chaque coup de vent. Il t'empêche de voir le soleil, il ne cesse de chuchoter à ton oreille. Il te murmure que personne ne t'aime. Il te hurle que tu ne fais pas parti du système. Et survient alors la sensation de ne pas être à ta place. L'impression qu'un n'importe qui te remplace.


Et tu sais, Maman, ce sentiment-là te tue tout doucement. J'ai souvent pleuré dans mon oreiller. J'ai souvent crié à m'en étouffer. J'ai fini par me renfermer sur moi-même, rejetant les mains qui me voulaient simplement de l'aide. Les gens ? Je les trouvais totalement divergents. Ils m'avaient vidé de toute confiance, me laissant face à l'insignifiance. Je suis vraiment désolé Maman, mais j'ai même pensé à l'alcool et aux calmants. Parce que tu sais, quand plus rien ne te fait du bien, tu ne sais plus ce que tu deviens. Tu ne sais plus ce qui te définit, et tout ce que tu veux, c'est que ce soit fini. C'est triste, Maman. C'est affligeant. Personne ne comprend. 


Je suis désolé Maman. Je n'ai jamais voulu te faire de mal. Je n'ai jamais voulu te faire pleurer. Mais ce soir, je sors tout du placard. 


Allons, Maman, ne pleure pas. De toute façon, je ne te méritais pas. Tu étais trop douce pour moi. Face à ta beauté, je ne faisais pas le poids. Moi, j'étais le vilain petit canard. Celui qui n'avait sa place nulle part. Tu sais, Maman, une lame de rasoir, c'est beaucoup plus plaisant. Mon sang vermillon coule, coule et fait office de colorant. Un adolescent mort dans son bain, c'est beaucoup plus classe qu'écrasé par un train. J'imagine les unes de journaux. Enfin mon quart d'heure de gloire à la radio ! Ce n'est qu'au moment le plus tragique, que je recevrais les bonnes critiques. 


Je suis désolé, Maman. Je n'ai pas réussi à être un combattant. 

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