Chapitre 60 : Boy's time.

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Le voyage proposé par Saint-Clair, et plus précisément par le conseil des délégués des quatrièmes années, avait tout d’un séjour spécial.

En effet, les quatre jours s’imbriquaient entre Noël et le nouvel an. Une première donc d’emmener les étudiants loin de leurs familles durant la période des fêtes.

Malgré l’excitation générale, la première nuit fut très calme, au grand bonheur des professeurs, eux aussi exténués de cette journée. Le manque de sommeil dû à l’engouement du voyage et la première journée sur les pistes avaient tué l’ensemble.

Il n’y avait que deux petites souris qui avaient puisé dans leur énergie pour se confier l’une à l’autre.

Avant toute chose, les jeunes étaient passés à table. Le premier repas du soir s’était composé uniquement de plats chauds : soupe, croquette aux fromages, scampis à l’ail, tartiflette… Il y avait du choix au goût de tout le monde. Tout du long, dans une ambiance à la fois festive et revigorante, Sky n’avait pas arrêté de fixer Kimi.

Pourquoi avait-elle pleuré ? Cette question lui tournait dans la tête. Son fidèle bras droit le regarda, amusé, voyant les lèvres de son copain chercher sa cuillère à soupe dans laquelle trempait un breuvage au potiron et au rochefort. Il ne se détachait pas de la blonde qui avait clairement l’esprit ailleurs. Elle avait les yeux légèrement bouffis et plus qu’un air de fatigue qui s’était accentuée après la douche. Ses longs cheveux blonds étaient plus foncés d’être mouillés. Quand Kimi enfourna une part de quiche dans sa bouche, elle devint soudainement plus heureuse. La nourriture avait le don de la guérir de tous ses maux. La bonne ambiance autour de la table l’apaisait.

Et cette table attirait d’ailleurs l’attention de tous les autres étudiants. Autour du beau meuble épais, les Richess statuaient, accompagnés d’Ulys le mannequin, et du duo infernal que composait Steve et Kyle. Il y avait de quoi être interpellé face à la combinaison plus qu’intéressante, Kimi s’y fondant comme un poisson dans l’eau.

C’était de ce genre de moment dont elle était friande : un bon repas, dans la bonne humeur où chacun plaisantait et riait de bon cœur. Elle regarda les vieux lustres au-dessus de sa tête, puis la neige qui tombait dehors. Elle se sentit déjà mieux, et mordant dans sa fourchette, elle rendit à Sky un sourire qui le fit avaler sa gorgée en un coup.

Kimi se rappela ensuite qu’il l’avait alors vu pleurer et se sentit gênée. Elle s’étonnait même qu’il ne se soit pas encore moqué. Alors que la question le démangeait, Sky se taisait, car il avait appris à ne pas la bousculer. Il se rappelait de ses mots à la sortie de la Californie, mais surtout des moments passer à deux lors des examens.

Ils avaient plutôt bien ri, bien que Kimi avait prit de la distance après la première fois. Ça aussi, il l’avait ressenti, mais plutôt dans ses tripes qu’à sans faire une réelle réflexion. Il se fit presque à l’idée qu’il n’obtiendrait sûrement pas réponse, et au pire, il ferait une tentative auprès de Laure.

***

Dans la nuit, alors que tout le monde roupillait, profs comme étudiants, Kimi et Laure se faisaient face dans le grand lit confortable. Blotties dans les couvertures épaisses, il n’y avait plus que leurs têtes apparentes. Celle de Laure était devenue plus enfantine une fois le mascara retirer.

Kimi avait le cœur qui battait fort. Elle recroquevilla ses genoux sur son ventre, là où sa cicatrice la démangeait.

Laure approcha ses doigts de ceux de Kimi et la regarda avec compassion. Cette dernière le sentit, malgré le noir dans lequel elles étaient plongées.

  • Ces temps-ci…

Elle reprit son souffle et amena son menton un peu plus sous les couvertures.

  • Je pense à mon père…

Kimi avait décidé d’au moins lui expliquer cette partie-là. En sentant la main de Laure se refermer sur la sienne, elle eut un pincement dans la poitrine.

  • Est-ce qu’il y a… une raison particulière ? demanda-t-elle avec précaution.
  • Pas… vraiment, mais… réfléchit-elle un instant. Nous en avons parlé un peu avec Sky…
  • Avec Sky ? s’étonna-t-elle en se relevant légèrement.
  • Quand on étudiait ensemble et puis… C’est parce qu’il sait… Ah, je suis désolée de ne pas te l’avoir dit, mais je ne voulais pas qu’il sache… C’est quand on a fait l’échange, Dossan lui a brièvement expliquer et à la piscine…
  • Il a vu ta cicatrice, souffla-t-elle en les revoyant l’année scolaire précédente, face l’un à l’autre, quand le professeur de natation avait fait des siennes.

Elle acquiesça tout simplement.

  • Ce n’est pas que je ne voulais pas te le dire, mais… commença-t-elle, embêtée.
  • Je comprends. Même si j’avoue être étonnée que ce soit avec lui que tu en ai discuté en première… Parce que vous vous disputez souvent…
  • Oui, c’est un peu bizarre, dit-elle ses pensées à voix haute.

Laure aurait voulu lui demander si elle l’aimait bien, mais ça n’avait rien du moment. Elle l’invita à poursuivre.

  • Je crois que d’apprendre que Dossan m’a caché autant de choses… J’ai remis beaucoup en question… Je n’aime pas penser comme ça, et puis, on en a discuter tous les deux… Mais ça me fait encore mal, dit-elle difficilement. Parce que… je ne pouvais déjà pas compter sur mon premier père, alors si je ne peux pas compter sur le deuxième…

Elle craqua avant de finir sa phrase, cette dernière n’ayant rien de normal. Sa voix se brisa en pleurs. Laure se rapprocha pour la câliner.

  • Je ne vais pas te cacher que j’ai été… aussi un peu déçue… Plutôt surprise, en fait. Tu imagines, nos pères étaient copains ? essaya-t-elle de rendre l’atmosphère plus légère.
  • Plutôt deux fois qu’une, en plus, rétorqua-t-elle en pensant à Louis et Dossan.
  • Tu es bête, pouffa Laure, amusée malgré tout.

Ça avait marché, mais Kimi redescendit bien vite. Laure sentit qu’elle s’apprêtait à s’ouvrir.

  • Tu vois… C’est juste que parfois… Parfois, je me demande… “Pourquoi moi ?”, dit-elle, un poids lourd sur le cœur. Pourquoi je pouvais pas juste… avoir une maman et un papa… normales, sans devoir passer par tout ça et… Mais en même temps, sans ça, je n’aurais pas connu Dossan, ni Leroy, poursuivit-elle avec émotion, souriant légèrement. Mais au détriment de quoi ? craqua-t-elle ensuite. C’est quand même fou, non ? D’en venir à se dire qu’on a de la chance, alors que quand tu y penses… Mon père a essayé de me tuer et il…

Elle se rétracta un peu plus, les deux mains sur le ventre.

  • J’en cauchemarde… De ce moment où il m’a… Il m’a planté. Moi… Alors que j’étais sa petite fille, j’avais à peine sept ans… et il m’a prit ma mère ! se fâcha-t-elle en silence, les pleurs prenant le dessus. De quel droit… et comment… Comment on peut faire ça ?! s’étira-t-elle ensuite dans le lit, sur le dos, en attrapant sa chevelure dans une main.

En la voyant se tortiller, et en entendant son souffle se couper, Laure envoya valser la couverture d’un geste rapide et vint totalement l’attraper dans ses bras. À moitié couchée sur Kimi, la façon dont elle se rattacha à son dos, lui brisa le cœur. Elle la serra encore plus fort. Pour une grande Richess comme Laure Ibiss, qui usait sans cesse de son pouvoir, il n’y avait rien de plus frustrant que de se sentir impuissante, car elle comprit que de cette peine-là, elle ne pouvait rien en faire. Tout ce qu’elle pouvait essayer, c’était de l’apaiser en la réconfortant calmement.

Le cœur pourtant brisé, Kimi sentit un léger soulagement sur le moment même. Bien qu’éphémère, elle profita de ce repos et remercia Laure en s’endormant dans ses bras. C’était la première fois qu’elle lâchait autant prise à propos de son père devant quelqu’un d’autre que ses anciens amis.

***

Le lendemain, les camarades décidèrent de se joindre au groupe d’élèves et de professeurs qui profitaient des pistes dans la matinée. Des courses et des chutes légères s’ensuivirent à tue tête. Les plus valeureux, c’est-à-dire, Sky, Selim, Alex, Ulys et Kimi s’essayèrent même au snowboard une petite heure après le repas de midi.

Tandis que Faye et Nice construisaient un château de neige incroyable où Loyd vint déposé un petit drapeau de cocktail, Laure en profita pour le taquiner du regard. Il ne resta pas longtemps insensible à son air narquois et chercheur d’attention.

  • Le bouffe pas, hein, lâcha Faye, morte de rire avant de se prendre une boule en pleine face alors que Loyd se décida enfin à la chercher de force par la main. Elle peut être sacrément féroce quand elle veut, ne put-elle s’empêcher d’ajouter, toute rouge à cause du froid.

Nice pouffa, assise comme une enfant devant son château et leva les yeux vers ses deux amis qui partaient plus loin.

  • Je me demande s’ils vont conclure ? dit-elle en souriant joyeusement. Ah ! Je vais faire une entrée de ce côté-ci, revint-elle à son architecture.

Marchant l’un à côté de l’autre, à une distance raisonnable, Loyd et Laure se cherchaient ouvertement. Le premier tapa ses mains ensemble pour retirer la neige accrochée à ses gros gants. Il planta aussi ses yeux clairs dans les siens. Laure détourna la tête. Il émit un gloussement en regardant l’horizon tout blanc.

  • Qu’est-ce que tu me fais là ? demanda-t-il, le sourire aux lèvres.
  • Comment ça ? répondit-elle en croisant les bras.

Loyd la détailla entièrement. Elle avait la classe dans n’importe quelle situation. Laure portait une longue doudoune couleur prune et un legging noir rembourré de fourrure pour lui porter chaud. Les grosses bottines à ses pieds rendaient ses jambes encore plus fines et le cache-oreille qui entourait son visage lui apportait un petit air espiègle pour lequel Loyd se serrait mit à genoux.

  • J’y ai pensé hier, mais… J’aime beaucoup aussi quand tu fais une queue de cheval… dit-il en imitant le geste d’Alex.
  • Hum, haussa-t-elle les épaules. C’est pour éviter qu’ils ne prennent trop la neige.
  • Je vois, rit-il doucement. Et donc ? Tu m’expliques cette attitude ? Je vais finir par m’agacer, la joua-t-il au bluff alors qu’il était surtout amusé.

Elle se retourna d’un coup vers lui, à peu de choses près outrée, puis vit claire dans son jeu.

  • Pour rien, je suis normale.
  • Oh, allez… Dis-moi ce que je dois faire pour que tu me parles… joua-t-il ensuite la carte du garçon à ses pieds en venant, à défaut, attraper ses mains.

Laure marqua un petit silence, puis leva un sourcil :

  • Tu n’avais pas dit que tu nous prenais une chambre ? fit-elle en regardant finalement ailleurs.
  • Oh, sourit-il.

Son petit ricanement lui fit lever le deuxième. Elle le regarda de haut en bas quand il s’approcha très sûr de lui, attrapant son épaule, pour la tirer vers lui quand il approcha sa bouche de son oreille. Il marqua un petit temps où il ne dit rien, exprès, puis lui souffla :

  • Chaque chose en son temps mon amour, suivit d’un clin d’œil.

Si Laure avait pu se liquéfier, elle se serrait transformer en marre géante.

***

Au grand malheur des professeurs, qui avaient espérés que la raclette tape dans le ventre des petits pour les endormirent, ceux-ci durent faire face à une vague d’agitation le soir même. Du côté des filles, elles s’étaient réunies, mais réussissaient à se contenir malgré l’hystérie du voyage. Les problèmes se déroulaient surtout chez les garçons.

Loyd, adossé à la porte de sa chambre dans la pénombre, un bout de bois cassé en forme de corne de caribou en mains, attendait, la respiration lourde, que les surveillants finissent leur tour dans le couloir.

Quand la lumière qui passait en dessous de la porte s’éteignit, le reste des garçons s’agitèrent.

  • Chut, fit Loyd, un doigt sur les lèvres alors qu’on ne pouvait le voir. Attendons encore quelques minutes, chuchota-t-il, certain qu’il s’agissait d’un piège de la part des professeurs.

Après quelques minutes passées dans le silence complet, la voix de Steve s’éleva dans la pièce :

  • C’est bon maintenant, nan ?

Un cri général obligea Loyd à ouvrir la lumière qui pointa son arme vers l’Asiatique, assis en position de yoga au milieu des autres garçons qui le regardèrent effarés.

  • Mais depuis quand t’es là toi, bordel ?! s’écria Selim dont le torse se gonflait frénétiquement.
  • Chut ! fit Loyd qui vint se poser à genoux à ses côtés pour l’empêcher de parler davantage.
  • Je suis partout et nulle part à la fois, qui suis-je ?
  • Kyle Kuraga mes princesses ! cria ce dernier en roulant du dessous du lit pour sauter sur ses deux pieds. Très intéressant vos conversations, je suis sûre que les filles adoraient entendre ce que vous dites sur elles dans leurs dos.

Les deux monstres avaient réussi à s’infiltrer dans la chambre de Selim et Alex juste avant que Sky et Loyd y arrivent.

  • Alors, vous n’êtes pas contents de nous voir ? les charria le blondinet, surexcité et fier de sa prestation.
  • Nan, mais vous êtes des ninjas les gars, c’est un truc de fou, dit le plus petit.
  • Déjà qu’on se tapait l’autre… grogna Sky.
  • Que de gentillesse à mon égard.

Tous les regards se dirigèrent vers Ulys qui gardait un calme incroyable face à la remarque de Sky. En effet, en le voyant rentrer seul dans sa chambre, Alex lui avait proposé de se joindre à eux pour la nuit, ce à quoi Sky avait grandement montré son mécontentement. Il bouillonnait de sa présence tout comme Alex avait envie de fuir Steve qui s’enroula dans son dos.

  • Dis-moi baby, ça se passe bien la thérapie ? vint-il lui souffler à l’oreille, tel une ombre prête à lui voler son âme.
  • Mais oui baby, parfaitement, et toi ça va l’adultère ? dit-il en regardant droit devant lui, le restant des garçons interpellés par leur conversation.
  • Elle n’est pas mariée que je sache, marmonna-t-il entre ses dents tout bas et plantant son front contre le sien, toujours accroché en koala dans son dos.
  • Qui ça, donc ? répondit-il sournoisement.

Steve avait le don d’animer de profonds sentiments de haine dans les abysses d’Alex. Il se demandait encore lui-même ce qui l’empêchait de lui foutre une tarte, mais au fond les deux garçons trouvaient une certaine exaltation au fait de se foutre la misère continuellement. L’Asiat n’eut plus rien à répondre, voulant garder son secret bien au chaud.

  • Tu sais que je t’aime, toi ? dit-il d’une voix pincée en encadrant sa joue de sa paume. Oh, qu’est-ce dont que cet animal ? fit-il alors en sentant Selim venir se placer exactement de la même manière derrière lui.
  • Il est à moi, bouda ce dernier, bavant de sa joue écrasée sur son dos.

Les trois garçons se mirent à rouler de manière incontrôlée pour se débattre les uns des autres, au plus grand bonheur de Steve.

Kyle filmait le moment, le sourire aux lèvres, tandis que Sky passait du petit écran à la situation réelle, se bidonnant. Il y eut un instant où ils se regardèrent pour partager un rire commun et sincère, mais le blondinet se rangea vite dans ses sales habitudes et tenta de le déstabiliser.

  • Eh, arrête, fit Sky en le poussant à l’épaule. Tu ne peux pas juste profiter d’une soirée tranquillement ? Lâche un peu ça, éloigna-t-il ensuite son téléphone.
  • Hum, ma mémoire fera sans doute l’affaire, répondit-il en retour, les mains placées entre ses jambes assis en tailleur, tout en lui octroyant un regard assez sympa.

Loyd, debout, regarda ses compatriotes d’un air supérieur, le bout de corne à bout de bras et constata la proximité entre le journaliste et son meilleur pote. Il y avait en réalité une époque où ces deux là furent de bons copains lorsque Kyle n’était pas encore un monstre cynique et avide d’argent. Le temps d’une soirée, malgré sa rancœur envers le blondinet, il apprécia les voir rigoler sans arrière-pensée.

Il observa ensuite Ulys, et comment il était incroyablement beau, se mêler aux autres. Il s’entendait bien avec Alex, ce n’était pas un secret, mais Selim semblait aussi le porter dans son cœur. Satisfait, Loyd tapota son bâton sur le rebord du lit pour attirer l’attention de tout le monde :

  • Ahem, se gratta-t-il la gorge.
  • Loyd, président ! s’en alla Sky en levant son poing.
  • Un peu de silence, réclama-t-il, claquant la corne en bois dans la paume de sa main, et mettez-vous en ligne, je vous prie.
  • Huuum, j’aime les allures que ça prend, fit Kyle, pouffant dans la manche de son pull, les yeux luisants.
  • J’ai dit si-len-ce, articula-t-il, dominant. Soit, maintenant que vous êtes installés, voici le jeu que je vous propose, déclara-t-il face à ses six compatriotes, assis tous dans une position différente. Bien, je sais à quel point le jeu du gage ou vérité est apprécié lors de ce genre de petite soirée. Cependant, c’est dépassé et c’est pourquoi, j’ai décidé de le renouveler !
  • Mais il se prend pour qui le petit là ? le charria Selim, maintenant allongée sur le ventre au sol, ses jambes s’en allant dans son dos.

Loyd le foudroya du regard, très sérieux.

  • Messieurs, dit-il de manière très éloquente. Ce soir, je vous propose un nouveau jeu : simple et efficace, pour apprendre à mieux nous connaître. Je l’ai appelé… chercha-t-il dans un coin de sa tête, car il n’avait pas encore trouvé de nom… “Sucre-moi ou je te sucre”, déclara-t-il ensuite fièrement.
  • J’ai le ventre qui gargouille, lâcha Alex d’une mine triste.
  • Qu’est-ce qu’il va nous sortir encore ? fit Sky, déjà heureux et effrayé par la suite des événements.
  • Je vous explique les règles ! Vous connaissez tous l’expression de casser du sucre dans le dos d’un ami, n’est-ce pas ? Ici, c’est exactement ce que vous allez devoir faire ou du moins, nous faire croire. Exemple, dit-il en pointant Ulys de son bâton. Est-ce que Sky et Kyle ont déjà pris un bain tous les deux ? Vrai ou faux ?

Quand le roi de la cour bondit sur ses pieds, et que Kyle fut prit d’un rire contagieux, le mannequin eut un sourire en coin, sans cesse charmeur.

  • Je dirais que… Oui ? Vu sa réaction, tenta-t-il de répondre.
  • Bingo !
  • Quoi ?? Mais quand ?! s’écria Selim à quatre pattes.
  • Un certain shooting photo, pour… éviter un problème… et nous n’étions pas nus ! se défendit Sky aux aguets des rires de ses potes.
  • Certes, mais quel bon souvenir, pouffa Kyle.
  • Je vais te… vint-il l’étrangler pour de faux.
  • Je suppose que vous avez compris ? Il suffit de poser une question à la personne à côté de vous concernant l’un de nous dans cette pièce. Vous avez le droit d’inventer un mensonge, mais si la personne découvre que c’est faux, alors… Il y aura sans doute une petite punition à la clé, expliqua-t-il avec un rictus, tâtant son bâton. Je suis le maître de jeu, c’est moi qui anime, alors les gars, c’est parti ! Steve on commence avec toi, déclara-t-il ensuite.

Comme prévu, le petit jeu qu’il venait tout juste d’inventer eut un grand succès auprès des garçons. De cette manière, ils apprirent de la bouche de Steve que Kyle dormait avec un doudou dépassant de son slip et qu’il ne le lavait jamais. Non, Alex n’avait jamais fait un plan à trois, ce pourquoi Selim mérita plusieurs coups de bâtons sur les fesses.

L’Asiatique s’avérait avoir un quotient intellectuel de plus de 120 ce qui arracha des exclamations générales à la fois impressionnées et envieuses. Ulys ne s’était jamais non plus tapé une superstar plus âgée tandis que Selim était capable de s’enfiler cinq hot-dogs d’affiler. Loyd aimait effectivement chanter du Céline Dion sous la douche, mais selon ses dires, ça n’arrivait que très peu de fois.

  • Ulys, à toi, enchaîna Loyd. Puisque vous vous entendez si bien, ce ne serait pas le moment de nous poser une petite question sur Sky ? Hum ? tenta-t-il le diable.
  • Aaaah, c’est une idée, se prêta le blond au jeu, les deux mains aplaties derrière lui en jetant un œil à son adversaire.
  • C’est ça, ouais, rétorqua l’autre. Tu n’as rien sur moi, parce qu’on n’a rien en commun, ajouta-t-il tant autant hautain que joueur.

Tandis que Sky passait sa langue sur ses lèvres, content de prendre le dessus, Ulys hochait de la tête, digérant ses propos de manière cool.

  • Tu crois ? le provoqua-t-il en retour, arrachant de grandes exclamations aux garçons qui se mirent à mouvoir leurs mains ensemble pour faire durer le suspens.

Le concerné ne prit même pas la peine de le regarder, l’égo prenant le dessus.

  • Okay, si c’est comme ça… poursuivit Ulys en se frottant les paumes, puis en se relevant. Loyd, dis-moi : Est-ce que Sky à embrasser Kimi à Halloween ?

L’excitation redescendit d’un coup comme un ascenseur arrivant à son terme. Tout le monde regarda Sky. Cette fois, les sourcils froncés, il appuya sa langue à l’intérieur de sa joue. Loyd eut un mouvement de tête, comprenant que c’était vrai :

  • Alors ? fit Ulys, recoiffant sa belle tignasse.
  • Oui ? répondit-il tout de même à ses risques et périls.
  • Hum, je sais pas… Sky, à toi de nous le dire… ?
  • C’est bon, casse-toi de là ! se leva-t-il d’un coup en pétard, apportant la réponse tant attendue rien que par son comportement. T’es sérieux ? Tu utilises, ça ? Alors que… Nan, tu sais quoi ? C’est moi qui me barre… fit-il en se frottant ses mains à son tour, signalant qu'il laissait tout tomber.
  • Hop-là, attends un peu… essaya Loyd de le rattraper.

Il le vira d’un mouvement excessif, puis planta ses yeux dans les siens, lui signalant qu’il n’avait pas intérêt à aller plus loin.

  • Pauv’ type, lâcha-t-il d’un air dégoûté, quittant de suite la chambre tout en claquant la porte derrière lui.

Le silence s’installa.

Puis, tous les regards se tournèrent à nouveau vers le mannequin qui se vit ensuite accablé de questions. Loyd, de son côté, se mordit la lèvre inférieure en joignant ses mains ensemble dans un signe de victoire.

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