Chapitre 41 : Perfection.

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Depuis sa somptueuse villa, Priss barbotait telle une sirène, ses cheveux noirs plaqués à son crâne et le long de son dos, dans un grand bain en pierre bleu marine. Elle jouait de ses jambes, les frottant l’une à l’autre, où se faufilait l’eau chaude et les bulles, qui recouvraient le restant de son corps. Comme un cheveu au milieu de la soupe, elle paraissait minuscule dans la pièce ouverte et toute carrelée. Imposante aussi, sa peau pâle scintillant sous le lustre en diamant.

L’ancienne duchesse ne supportait pas être dérangée lors de ce moment de paix qu’elle s’octroyait chaque soir dans sa salle d’eau privée. En fait, non pas cette seule pièce lui était consacrée, mais bien toute une aile de la demeure. Priss Ibiss était une femme qui avait autant besoin d’espace que d’intimité. La structure de l’étage qui lui était réservée donnait l’impression d’avoir une deuxième maison à l’intérieur du foyer et il en allait de même pour Chuck et leur fille. Chaque membre de la famille avait sa propre chambre, son dressing, son bureau, sa salle de bain, son salon ou sa salle de détente. Il ne restait plus que la cuisine et la salle à manger, d’ailleurs bien trop grande pour trois personnes, pour passer un moment ensemble, si on ne comptait pas les nombreux couloirs tout droit sortis d’Alice aux pays des merveilles.

En effet, bien que les propriétaires de la maison ne s'entendaient pas toujours, ils avaient un goût commun pour le style British.


De la même manière, Priss se fascinait pour les nouvelles tendances en décoration, mêlant les différentes époques avec brio pour obtenir un résultat moderne et authentique. Une maison cubique et vitrée, décorée de jardins inspirés de la Nouvelle-Zélande avec un lac pour rappeler les marais où se logent grenouilles et nénuphars.

L’intérieur donc, se remplissait de manière éphémère par un mobilier moderne et anglais, de tableaux et sculptures pour y ajouter de l’excellence.

Elle choisissait la plupart des meubles, toujours avec l’accord de son mari qui ne se laissait pas faire, et notamment le bain dans lequel elle se détendait.

Toute la quiétude dont elle avait réussi à rassembler lors de sa trempette s’effondra instantanément lorsqu’elle entendit la porte de la salle de bain s’ouvrir. Elle grimaça un instant, se maudissant de ne pas l’avoir fermé à clé, puis fronça ses sourcils parfaitement bien épilés quand Chuck apparut à pied-nu dans la pièce.


  • N’ai-je pas déjà dit que je déteste que l’on me dérange lorsque je me lave ? lâcha-t-elle en croisant le regard un peu las de son mari, étendant ses bras de part et d’autre du bain.
  • Comme bien des choses, souffla-t-il tout en se déshabillant, esquissant un léger sourire fade en s’avançant à côté du porte vêtement.

Priss l’observa retirer tous ses vêtements, de la cravate au caleçon. Il avait beau être bien fait, elle ne voulait pas de lui dans sa salle de bain à ce moment même. Lorsqu’il décida de plonger à son tour dans l’eau, elle se redressa, se cramponnant aux bords comme si elle était sur un bateau tandis qu’il passait ses mains mouillées dans ses cheveux bleus.


  • Qu’est-ce que tu… ?! Chuck !! se releva-t-elle d’un coup.
  • Huuuum, de la place et une belle vue, sourit-il un peu plus mesquinement en s’installant plus confortablement, ses muscles s’apaisant d’une énième dure journée de travail.
  • Bon sang… rechigna-t-elle en se laissant tomber à nouveau dans les bulles qu’elle utilisa pour se cacher.
  • Vraiment ? pouffa-t-il en levant un sourcil. Il y a une époque où tu étais nue toutes les nuits dans…
  • Évitons d’en parler, l’assassina-t-elle de ses deux petites billes noires qu’elle avait à la place du regard. J’espère que tu as une bonne raison de venir me déranger, poursuivit-elle plus sèchement, repliant son minuscule nez lorsque leurs jambes se croisèrent inévitablement.
  • Je sais que ce n’est pas pour te plaire, mais c’est le seul endroit où tu accepteras que l’on discute ou plutôt… Le seul où tu es incapable de fuir.
  • Je suis capable de tout.
  • Bref, Priss. Je sais, mais ça ne va pas te tuer de m'octroyer cinq minutes de ton temps.

Réticente, elle rehaussa ses épaules.


  • J’ai déposé un petit quelque chose sur ton lit au passage.
  • Ah oui ? s’intéressa-t-elle soudainement.
  • Un collier, tu verras. Il en vaut la peine.
  • Je t’écoute, se montra-t-elle ouverte à la discussion.
  • Hum, comme c’est étonnant, souleva-t-il alors qu’elle lui montrait un visage plus que satisfait. Bien. C’est à propos de Laure…

Instantanément, elle tourna ses yeux dans leur orbite.

  • Quitte à me déranger autant que ça en vaille la peine…
  • C’est le cas. Je crois que nous avons fait plus d’une erreur, enchaîna-t-il. À propos de son éducation ou… Je ne sais pas, je dirais de l’exemple que nous avons pu lui montrer…
  • Je n’ai rien à me reprocher, je suis parfaite, rétorqua-t-elle en attrapant la savonnette pour la passer dans son cou.
  • Moi aussi, répondit-il en la fixant, légèrement songeur.
  • Alors quel est le problème ? se moqua-t-elle.
  • Je ne suis pas certain que cette image lui ait été favorable. Je crois qu’elle a dû se mettre beaucoup de pression sans que l’on ne s’en rende compte, tu ne penses pas ? Quand j’étais jeune, je tenais à faire mes preuves, mais je n’avais jamais pris en compte l’avis de mes parents. Je savais que je pouvais faire de grandes choses sans avoir à leur ressembler. Ici, Laure, a menti…
  • Oh si ce n’est que ça !

Après son exclamation, il n’y eut que le bruit de l’eau se mouvant pendant un instant. Chuck fronça les sourcils. Ce à quoi sa femme répondue par un petit sourire narquois.

  • Elle ment tout le temps, tu ne le savais pas ? En un sens, c’est un peu ce que je lui ai appris. Ce n’est pas facile d’être une femme dans ce monde, alors il vaut mieux mentir et ne l’ouvrir que lorsqu’on est sûre de soi. Tu fonctionnes de la même manière, je ne vois pas en quoi ça te choque.
  • Je ne mens pas, je prépare…
  • En silence, le coupa-t-elle. Ne sois pas étonnée que notre fille soit totalement névrosée lorsqu’elle tient autant de toi que de moi. Ça ne change pas le fait que je suis meilleure qu’elle.
  • Tu es vraiment dure avec Laure…
  • Tu ne l’as jamais été. Peut-être qu’elle a envie de continuer à confectionner des chiffons, mais je refuse qu’elle…
  • De quoi est-ce que tu parles ?
  • Oh, tu ne sais pas ? fit-elle en touchant ses propres épaules du bout des doigts, les observants l’une après l’autre comme s’il s’agissait de la plus belle chose au monde.

Laure ne tenait pas son côté pie de nulle part. Sa mère savait exactement ce qu’elle traficotait dans sa chambre où elle avait caché rouleaux de tissus et machine à coudre. Face au désarroi de Chuck, elle prenait du plaisir alors que ce dernier la regardait d’un air sombre.


  • Dis-moi donc.
  • Je ne pense pas non, gloussa-t-elle en s’enfonçant un peu plus dans l’eau.
  • Pénible. Tu es vraiment pénible.

Il se releva, excédé par son comportement. Priss releva les yeux sur son entre-jambe qui disparut bien vite de son champ de vision. Enfin, elle avait droit à un peu de tranquillité.


***


Dans une tenue plus décontractée, les cheveux encore mouillés et glisser en arrière sur le haut de sa tête, Chuck s’aventura dans la partie de la maison réservée à sa fille.

Il y faisait calme, un léger fond de musique se baladant dans les couloirs aux teintes pastelle. Laure aimait le chic - sweet - British, buvant un thé en lisant un livre dans son petit coin de détente sur une méridienne en velours d’un tissu bleu clair. Elle paraissait paisible et apaisée de la boisson chaude, les jambes recroquevillées en train de feuilleter les pages d’une histoire à l’eau de rose. Ces derniers temps, elle avait l’air plus douce.

Cependant, dès l’instant où elle aperçut son père en train de l’admirer avec amour et émotion, elle s’alerta, fermant immédiatement son bouquin. Elle se leva également comme pour quitter la pièce.

Chuck savait que tout ça n’était que comédie et qu’elle cherchait à fuir la discussion qu’ils n’avaient pas encore eu.


  • Tu vas dormir, ma belle ? demanda-t-il en frôlant sa chevelure d’un doigt lorsqu’elle lui passa sous le nez.

Au milieu du couloir, elle se figea, puis se retourna pour lui offrir un léger sourire.


  • Oui, je suis fatiguée… dit-elle en entamant le pas vers sa chambre.
  • Laure, je voudrais que l’on discute, intervint-il avant qu’il ne puisse plus le faire.
  • Non…

En la voyant secouer doucement sa tête en signe de refus et son regard confus chercher une échappatoire, il ressentit une pointe dans la poitrine. Elle ne lui faisait pas du tout confiance.


  • Mon but n’est pas de te réprimander, dit-il avec peine.
  • Quand bien même, je…

Elle referma son peignoir en même temps qu’elle refusait la discussion. Chuck ressentait tout son stress, certains gestes ne trompant pas.

Voilà qu’il se retrouvait perdu face à sa propre progéniture.


Embarrassé, il fit mine de ne pas l’être et pris les devants en s’engouffrant dans sa chambre. Laure le suivit, mal à l’aise qu’il entre dans son repaire. Lorsqu’il s’assit sur le bord de son grand lit en bois blanc et qu’il tapota sa main sur le matelas, elle laissa ses épaules tomber de quelques millimètres. Elle se sentait tout aussi démunie, devant affronter son père, l’homme le plus puissant qu’elle n’avait connu jusqu’ici.


  • Ne sois pas gênée, viens ici, insista-t-il en la parcourant de ses yeux transperçants malgré lui.
  • Je ne suis pas gênée, le reprit-elle d’un air faussement confiant et en venant s’asseoir à ses côtés.

Comme s’il prenait pour la première fois conscience de ses manières, Chuck pensa qu’elle était toute aussi parfaite qu’eux. Il savait que cette pensée n’avait rien amené de bon, parce qu’aujourd’hui, il pensa qu’elle l’était peut-être un peu trop. Il n’avait jamais eu à la cadrer, ayant hérité d’une petite fille intelligente, mais surtout soucieuse d’agir impeccablement en toute circonstance. Ils l’avaient ainsi faite.

À le voir se complaire dans un silence, pensif, l’angoisse de Laure grimpait crescendo.


  • Tu voulais… me parler de quelque chose ? demanda-t-elle en se rehaussant dans son siège, croisant ses fins mollets ensemble en dessous de celui-ci.
  • Oui. En effet.
  • J’imagine que c’est à propos du fait que j’ai menti…
  • Hum, approuva-t-il en hochant de la tête et en croisant ses bras, ne se rendant pas compte que ça ne faisait qu’augmenter sa peur. En partie, oui. Pourquoi est-ce que tu ne m’as pas dit que tu n’étais pas présidente ? lui demanda-t-il en la regardant droit dans les yeux.

Laure dut se concentrer pour ne pas déglutir trop fort, refermant un peu plus ses doigts tremblants dans ses paumes pour y enfoncer ses ongles. Elle prit un air détendu qui fit de la peine à son père.


  • Je ne voulais pas te décevoir, répondit-elle sincèrement, mais avec un visage qui ne reflétait pas ce qu’elle ressentait vraiment.

Durement, Chuck décida de la secouer un peu.


  • Je suis pourtant déçu.

Elle sourcilla à peine, intériorisant immédiatement la balle qu’il venait de lui tirer en plein cœur.


  • Je suis déçu, seulement parce que tu ne m’as pas dit la vérité et parce que d’une manière ou d’une autre, tu as jugé que je le serai, si tu n’étais pas présidente.
  • Parce que tu pensais que je l’étais…
  • J’ai manqué de tact, je te l’accorde, avoua-t-il ses torts. J’ai mis la charrue avant les bœufs en pensant que tu étais présidente sans même te demander les résultats, alors je comprends que tu aies eu, peut-être, difficile à me le dire. Cependant, je suis ton père, tu peux te confier à moi.

Laure baissa les yeux un instant, faiblissant et pensa que non, elle ne pouvait pas, puis les remonta dans ceux de Chuck.


  • Je voulais être la première étudiante de Saint-Clair à être présidente six ans de suite.
  • Pourquoi ? demanda-t-il, dubitatif.
  • Mais parce que… Tu as été président trois années et je voulais…

Elle s'arrêta en l'entendant soupirer.


  • Je voulais…

En fait, elle n'arrivait pas à s'exprimer. Lui non plus.


  • Laure, souffla-t-il chaleureusement en déposant une main sur le haut de sa nuque, l'obligeant à le regarder. Tu veux dire que tu t'es senti forcé de devenir présidente ?
  • Non, je…
  • Tu peux me dire la vérité, tu ne me fais pas confiance ? Je n'ai jamais voulu te forcer à quoi que ce soit.
  • Je sais, mais… Tu étais si fier…
  • Bien sûr que je suis fier. Tu es ma fille. Quoi que tu fasses, je suis fier de toi. Tu dois en avoir conscience. Tu ne m’as jamais déçu…
  • Sauf aujourd’hui, dit-il d’un ton un peu plus cassant.
  • Parce que j’aimerais que tu me racontes tes tracas…
  • Et toi ? Tu as des tracas à me raconter ? Avec maman… Vous vous disputez souvent, lâcha-t-elle presque en marmonnant, n’osant plus le regarder.
  • Hum, rit-il doucement. Tu es douée pour détourner la conversation, mais ça ne marchera pas avec moi. Je veux que tu saches que le fait que tu ne sois pas présidente ne change rien à ma vision de toi et de toutes tes qualités. Je sais que tu es une personne capable. Tu es pleine de ressources, la rassura-t-il en passant une main dans ses longs cheveux mauves.

Touchée, Laure en oublia presque le principal nœud de leur conversation. Elle s’en souvint comme un claquement de coup de fouet quand Loyd apparut dans son esprit. Chuck sentit qu’elle intériorisait toutes ses émotions.


  • Et à propos de ce garçon…

Elle sursauta à peine, mais assez pour le faire sourire.


  • Loyd Akitorishi…
  • Je ne veux pas en parler, déclara-t-elle précipitamment. Ce n'est rien.
  • Pourtant, tu lui as demandé de continuer de t’aimer.

Il visait juste, toujours là où ça faisait le plus mal.


  • Je crois avoir déjà donné mon avis à ce propos, mais par contre… J’espère que tu as conscience que tes mots sont forts.
  • Je… le sais… serra-t-elle les mâchoires. Papa, c’est… se releva-t-elle du lit. Je ne peux pas.
  • Tu ne me diras rien, hein ? pouffa-t-il en décollant lui aussi ses fesses du matelas.

De ses jolies prunelles bleues, Laure le transperça. Elle ne dirait rien, en effet, mais son regard en disait long. Chuck l’attrapa dans ses bras.


  • Je serais toujours là pour toi, ma princesse, lui murmura-t-il en baisant le haut de sa tête, puis son front. Aie confiance en toi, c’est la clé.
  • La clé de quoi ? lui demanda-t-elle, fouillant ses yeux des siens, plissés et surtout possédés par une once d’espoir.
  • Pour sortir de la perfection. Tu n’as pas à être parfaite, sache-le. Bonne nuit, ma chérie, je t’aime.

Ces derniers mots résonnèrent plusieurs fois dans la tête de Laure, qui se laissa tomber sur la chaise de son bureau. Serait-elle capable de le dire un jour ? Ces mots qui pouvaient la plongée dans une grande détresse et surtout dans un état faiblesse.


***


Le dimanche matin, Nice buvait un chocolat chaud dans le long fauteuil gris de son salon avant de débuter sa journée bien chargée. Elle se forçait souvent à se lever très tôt pour prendre le temps de regarder la télévision. Chose qu’elle ne faisait que rarement et encore plus, seule.

Dans sa petite laine, un long gilet de grosses mailles blanches, elle replaçait ses cheveux noirs, se délectant de sa boisson chaude qui réchauffait ses pommettes. Discrètement, elle échangeait quelques mots d’amour avec son chéri via son téléphone. Ce fut d’ailleurs Selim qui la prévint qu’il y avait une petite émission à propos de Billy Makes à la télévision. Quand bien même sa mère détestait les chaînes divertissantes Nice se risqua à changer l’actuelle pour tomber sur le joli minois du frère de Sky.

Comme elle s’en doutait, sa mère, toujours habillée de manière très classique vint jeter un œil à l’écran, interpellé par le changement de ton.

  • Franchement, tu n’as pas mieux à regarder…

Avant même qu’elle n’ait pu intervenir, Nice vit sa mère prendre une expression qu’elle ne lui connaissait guère. Elle pencha légèrement la tête, fixant la télévision d’un air étonné ou plutôt le clip dans lequel apparaissait Kimi.


  • C’est…
  • Billy Makes, j’étais curieuse…
  • Oui, ça, je sais, dit-elle en s’approchant de l’écran. Cette jeune fille, la blonde, est-ce que tu sais qui c’est ? demanda-t-elle ensuite, cherchant tous les moments où elle apparaissait pour la pointer du doigt.
  • Ah, oui… Je la connais très bien même…
  • C’est vrai ??
  • Quoi donc ? apparut alors Michael à son tour, un café à la main, son regard clair se posant directement sur les images défilants à la télé.

Nice put constater qu’il eut plus ou moins la même réaction que sa mère, cette dernière tapant dans ses mains et arrachant un sursaut à son mari qui était resté planté comme un piquet au milieu du salon. Décontenancé, Michael glissa ses doigts dans sa chevelure brune tout juste coiffée.


  • Chéri, cette petite… N’est-ce pas la fille d’Alicia et de Louis ? Elle lui ressemble comme deux gouttes d’eau ! s’exclama sa mère. Nice, assieds-toi bien, veux-tu ?

Les genoux enfoncés dans les coussins du fauteuil, Nice ne fit pas attention à la remarque cinglante, découvrant une grande peine dans les yeux bleus de son père.


  • Tu… la connais, alors ? demanda-t-il un peu ailleurs, ayant entendu ce bout de conversation, puis en se tournant vers sa fille.
  • Oui, elle est à Saint-Clair. Elle s’appelle Kimi Dan’s… Elle est sympa.

La micro-expression qu’elle vit sur son visage la rendit d’autant plus curieuse, s'appuyant au dossier du canapé comme un chat le ferait.


  • Mais ses parents… Enfin, sa maman est décédée et son père…
  • Est en prison, pauvre enfant, la plaignit sa mère. Et dire que nous l’avons côtoyé, même qu’il...
  • Tais-toi, Stella, répondit sèchement Michael dans un semblant de plainte.
  • Tu as connu ses parents ? insista Nice en essayant de capter son regard fuyant.

Michael avait l’air plutôt pitoyable, observant longuement le sol avant de faire de même avec le plafond. Il plaça ses mains sur ses côtes en soupirant avant de rentrer les pans de sa chemise kaki dans son chic pantalon noir. Passant alors un pouce sur ses lèvres qu’il venait tout juste de mordiller, il fixa Nice dans les yeux :


  • C’étaient de très bons amis…
  • Un tueur…
  • Stella ! Ne l’insulte pas ! s’énerva-t-il contre sa femme qui le regarda d’un air mauvais à la grande surprise de Nice. Et je n’avais, reprit-il, aucune idée d’où avait atterri sa fille.
  • Mais Dan’s, n’est-ce pas… ? Comment s’appelait-il… ? réfléchissait sa femme.
  • Dossan Dan’s, murmura-t-il, en découvrant la mine de Nice devenir plus égayée.
  • C’est son père adoptif ! Oh, mais… Lui aussi… ?
  • Oui, lui aussi, c’était un ami.

La manière dont Michael prononça cette phrase laissa une drôle d’impression à Nice. Contrairement à d’autres, bien plus parfaits, il n’arriva pas à cacher le sentiment qui le traversa. Sur son visage, on devinait trahison.

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