La lettre

Moins d'une minute de lecture

 Il ne pouvait plus attendre maintenant. Il ouvrit le tiroir, décacheta l'enveloppe qui s'y trouvait depuis tant d'années et dans laquelle il avait glissé le petit mot que sa femme avait laissé sur sa table de chevet avant de mourir.

 Une larme apparut aux coins de ses yeux.

 Il lut :

3 kg de pommes de terre

1 litre de lait

et n'oublie pas le pain.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 8 versions.

Recommandations

Les VI contes de Mentque
Petite Nouvelle avec une contrainte particulière sur la forme.

Je vous laisse la découvrir à la fin du texte (avant / après votre lecture, c'est vous qui voyez).


Retrouvez le désespoir de "C", le super-héros suite à un événement tragique.
12
23
32
3
Défi
Raknaryne


C'était un matin banal, semblable à tant et tant d'autres. Il s'était levé comme chaque jour pour aller à son travail. Tout comme à son habitude, il prit sa douche avant de prendre un petit quelque chose à se mettre dans l'estomac. Il ouvrit ses volets et découvrit un ciel bien triste en face de lui. Ce ciel monotone était le parfait reflet de ce qu'était sa vie. Il ne l'avait pas vraiment choisit, mais il ne s'en plaignait pas.
Quelques minutes plus tard, il était dehors. Le vent était particulièrement frais pour un matin de printemps. Le lieu où il travaillait n'était guère loin de son appartement, si bien qu'il y allait à pied. Pour ne pas prendre froid, il releva le col de son manteau.
Encore une journée à passer dans son petit bureau à faire de la paperasse. Il détestait les jours comme celui-ci, ces jours où il était enfermé dans son douze mètres carrés. Lui ce qu'il aimait, c'était aller sur le terrain, communier en quelque sorte avec la nature.
Vint alors la pause déjeuner, bien plus vite qu'il ne l'aurait cru, mais son travail avait bien avancé, il pourrait partir un peu plus tôt pour une fois. Il prit son repas avec ses collègues avec qui il s'entendait plutôt bien. C'était de bons collègues et des personnes qu'il appréciait. À la fin du repas, chacun repartit dans son bureau et reprit son travail. Finissant plus tôt, il décida de faire un brin de rangement dans ses derniers dossiers, chose qu'il n'avait pas faite depuis un petit moment et cela commençait à se voir.
Aux environ de trois heures de l'après-midi, un de ses collègues vint le voir pour lui demander s'il pouvait consulter un dossier pour des recherches complémentaires.
- Je l'ai eu dans les mains il y a quelques minutes, je te le donne dès que je le retrouve !
- Heureusement que tu es en train de ranger ! le nargua son collègue.
- Tu peux parler !
Le téléphone les coupa. Il décrocha, s'excusant auprès de son collègue, tout en lui tendant le dossier demandé. Il le prit, mais voyant une expression qu'il ne connaissait pas se dessiner sur le visage de son partenaire, il attendit quelques instants, prêtant oreille à ce qu'il se disait, sachant que cela était terriblement indiscret.
- Ce n'est pas vrai !…Dis-moi que c'est une mauvaise blague !
- Tu crois vraiment que c'est mon genre de faire ces sortes de blagues ! cria l'autre au bout du fil.
- Mais…comment est-ce arrivé ?
La tonalité de sa voix venait de changer, envahie par un flot d'émotion très perceptible.
- Elle roulait sur la même route que d'habitude et un camion a déboîté juste devant. D'après ce que l'on m'a dit, elle a braqué pour l'éviter et a pris un poteau de plein fouet. Elle…elle est dans le coma…Les médecins ne savent pas si elle va passer la nuit…
Le correspondant fondit en larme, tandis que lui retenait les siennes en se pinçant les yeux.
- J'arrive le plus vite possible.
Puis il coupa son téléphone et regarda son collègue qui ne savait pas trop quoi faire.
- Si je peux faire quelque chose…
- Je…je dois y aller. Une amie a eu un accident, je dois aller la voir.
Il prit son manteau, parti en courant chez lui prendre sa voiture pour aller tout droit en direction de l'hôpital.
Environ vingt minutes plus tard, il était sur les lieux et demandait où se trouvait la chambre. Dans l'ascenseur, il sentit les battements de son cœur s'accélérer. Lorsqu'il arriva, l'ami qui l'avait appelé était sur un des bancs la tête entre les mains. Il se leva en le voyant arriver. Ses yeux étaient très rougit et des vestiges de larmes perlaient encore ses joues. Tous deux tombèrent dans les bras l'un de l'autre.
- Comment va-t-elle ? demanda-t-il.
- Son état est stationnaire, mais les médecins ne pourront rien dire avant demain. Cette nuit sera…décisive pour la suite. Je…je ne veux pas la perdre…
Il éclata de nouveau en sanglot. Lui aussi était dans le même état mais il se contenait bien mieux que ce qu'il ne se serait cru capable.
- Tu devrais aller te reposer un peu, ça te fera du bien.
- Comment veux-tu que je me repose ?
- Je sais mais essaye. Je vais rester ne t'inquiète pas. Au moindre signe de changement je viens te chercher. Promis.
À contre cœur son ami s'en alla, sachant qu'il avait raison. Et tôt ou tard, la fatigue nerveuse aurait raison de lui. Il s'avança alors seul dans la chambre. Il entendait les appareils murmurer ainsi que les "bip" du cardiogramme, calmes et réguliers. Puis il lui fit face. Elle était là, branchée de partout, sa vie entre les mains de ces machines. Son bras droit ainsi que la partie inférieure de sa jambe droite étaient plâtrés. De nombreuses perfusions étaient visibles dont il ne savait l'utilité pour la plupart. De même, de nombreux hématomes et éraflures se dessinaient sur son visage et les parties du corps à nu. Son visage, d'habitude si plein de vie paraissait figé dans une expression de douleur.
La vue de son amie dans un tel état lui enserra le cœur comme jamais cela lui était arrivé, lui tirant malgré lui quelques larmes. Il déglutit péniblement, tentant de les ravaler. En vain. Il prit alors une chaise et s'assit à côté d'elle, la tête entre les mains. Après quelques minutes, il la relava et observa de nouveau, les yeux rougit. Il prit alors sa main délicatement entre les siennes et la porta à son front tout en fermant les yeux. Sa peau était froide, comme vidée de toute vie. Tant et tant de moments passés en sa compagnie lui revinrent alors à l'esprit. Leur rencontre, les joies et les peines qu'ils avaient vécues ensemble. La naissance d'une grande amitié que rien ni personne ne pourrait jamais briser. Sa gorge se nouait au fur et à mesure que ces évènements lui revenaient en tête, comme si c'était quelque chose que jamais plus il ne connaîtrait.
- Je ne sais pas si tu m'entends, mais…je t'en prie…ne pars pas. Je ne veux pas te perdre. Tu n'as pas le droit de partir de cette manière. Nous avons encore…tant de choses à vivre tous ensemble. Tu dois te battre…l'heure n'est pas encore venue pour toi. Si je pouvais, j'offrirai ma vie en échange de la tienne, sans aucunes hésitations ni aucuns regrets.
Il marqua une pause, marquée de larmes supplémentaires.
- Pourquoi…pourquoi est-ce qu'il a fallu que cela arrive à toi ! Seigneur, je ne t'ai jamais rien demandé, mais je te supplie du plus profond de mon âme, laisse la vivre…ne me l'enlève pas ! J'ai besoin d'elle. C'est grâce à elle que je suis aujourd'hui ce que je suis. Je lui dois tout. Je t'en prie mon Dieu, entend ma supplication ! Je veux qu'elle vive ! Je t'en prie…
Comme une réponse, la main qu'il tenait fermement se mit à bouger, en même temps qu'il entendait un gémissement. Immédiatement il fixa son amie qui, péniblement, ouvrit les yeux et le regarda.
- Sa…salut.
- C'est…oh mon Dieu ! C'est pas vrai ! Attend ! Je vais chercher…
- Non ! Reste…s'il te plait. J'ai eu l'impression d'entendre…quelqu'un m'appeler…mais je n'ai pas beaucoup…de temps.
- Ne dis pas de bêtises ! Ça va aller !
- Je te remercie…d'être avec moi…en ce moment. Je ne voulais pas…partir…seule.
- Non, qu'est-ce que tu racontes ! Tu ne peux pas !!
- Je suis heureuse, de partir…avec toi…à mes coté.
Ne sachant que répondre à cela, il ne put qu'écouter la suite.
- Tu ne sais pas mai…je t'ai…toujours…aimé…mais je n'ai…jamais voulu… me l'avouer. Pardon…c'est aujourd'hui…que je le réalise…Je voulais…te revoir juste…juste une dernière fois et…tu es là…à mes côtés…alors…je pars heureuse…
Plus aucun mot ne pouvait sortir, il ne pouvait que la regarder refermer les yeux pour la dernière fois. Elle souriait. Déjà les médecins, qui entendait le son aiguë du cardiogramme, se précipitaient pour la réanimer tandis que les infirmières entraînaient le jeune homme au dehors de la chambre, mais il eut le temps le voir une larme perler sur la joue de son amie.
Après quelques minutes qui lui parurent durer une éternité, le médecin sortit l'air grave, suivit par les infirmières.
- Je suis désolé, dit-il simplement. Nous n'avons rien pu faire.
Le monde autour de lui s'effondra. Pendant quelques instants il avait cru à un miracle, mais ce n'était finalement qu'une farce diabolique qui venait de lui être faite. Et maintenant, il devrait annoncer à son ami la perte de celle qu'il aimait. Une épreuve de plus qu'il se voyait imposée. C'était celle de trop.
Non loin de lui, une fenêtre était ouverte, il s'y engouffra.
0
0
0
6
Défi
Naoki e

Il y a des choses qui ne s'oublient pas
Un regard, un sourir, une voix...
Peut importe ce que c'est, ils sont bien là
Il reste encré, à jamais en toi.

Moi c'est un regard, profond et douloureux
Celui d'un étranger, seulement un instant
Il semblait égaré, ailleurs, perdu, distant...
Tout son corps clamait qu'il était valeureux

Personne ne s'en est jamais aperçu
Qui s'occupe d'offir un regard chaleureux ?
Pourtant on a toujour su
Qu'un regard peut changer les malheureux.



3
1
1
0

Vous aimez lire Gérard Legat (Kemp) ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0