Moi et aussi vous…

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Thierry s’assoit devant l’écran de son ordi, angoissé. Il doit remettre son travail de

philosophie demain alors qu’il n’a même pas encore réfléchi à la question de son prof

concernant la fameuse phrase de Socrate : connais-toi toi-même.

Il n’a pas la moindre idée qui lui vient. Alors, en désespoir de cause, il décide d’y aller

selon ce qu’il ressent vraiment et se met à écrire du plus profond de son cœur.

À la question « qui suis-je ? », je me réponds : je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est

qu’il se trouve en moi une entité que je connais à peine et qui obéit à mes instincts

de survie et dirigés par moi selon les règles de la société ; entité que je m’efforce de

manœuvrer tant bien que mal en l’orientant selon mes intérêts personnels et le regard

approbateur ou désapprobateur des autres. Alors, comme vous pouvez le constater,

il s’avère plutôt difficile de se connaître soi-même, n’en déplaise à Socrate dans sa

tombe. Cette tentative de définition de qui je suis colle-t-elle à la conscience ou à la

conscience additionnée du subconscient et de l’inconscience ?, dois-je ajouter ici afin

d’amplifier encore plus la difficulté. Pouvons-nous affirmer que nous sommes notre

conscience avec ses sous nuances ou ses ajouts ? La question est lancée dans l’univers

pour l’univers à l’univers. Et cette conscience majorée, ce « je » possible, serait-ce là

mon âme ? Difficile à dire, sinon impossible. Car cet élément immatériel se retrouve

également dans les animaux et les plantes, « ce principe de vie » comme le stipulait

Aristote. Alors, eux aussi semblent posséder une âme comme la nôtre ? C’est ce qui

anime (« anima » : mot latin ayant inspiré les mots : animal et âme) les plantes et les

animaux. Notre âme n’est-elle alors qu’une simple propriété de la matière ? Que de

questions sans réponse ? Aussi, de grâce, ne me demandez plus qui je suis, car je suis à

mille lieux de le savoir. Du coup, je comprends pourquoi on ne peut jamais connaître

réellement une personne, car elle-même ne peut pas se connaître. Voilà encore un mystère

de la vie insoluble : qui se connaît vraiment ? Désolé, mon cher M. Socrate, mais je ne

pourrai jamais me connaître moi-même, car mon être s’avère bien trop compliqué à

décortiquer et à définir. Voilà ce que Thierry écrivit dans son devoir de philosophie.

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