Des ombres, comme des fantômes…

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L’obscurité est totale. C’est la nuit.

Henrietta se réveille en sursaut

Et s’écrie tout haut :

- Lou ! Lou ! Réveille-toi !

Désespérée, elle secoue son mari,

Fermement, à deux bras.

L’homme ouvre les yeux, effrayé.

- Qu’est-ce qu’il y a ? murmure sa voix éraillée.

- Elle m’attend ! Que je te dis.

- Qui ça ? s’enquiert l’homme, toujours endormi.

- La mort ! répond la femme, terrorisée.

Elle se tient là, juste devant moi.

Tu ne la vois pas ?

L’homme a beau scruter la noirceur, il n'aperçoit rien.

- Voyons, Henrietta, reprends-toi. Tu ne peux pas croire...

- Je t’assure. Elle se tient debout près du lit, avec sa longue robe noire

à capuchon, sans visage et tenant sa faux à deux mains.

Elle m’indique clairement que mon tour est venu.

Bien sûr, pour le mari, l’attitude de son épouse est saugrenue.

Mais sa frayeur lui paraît si intense qu’il la croit.

- Non ! Je ne veux pas que tu partes. J’ai besoin de toi.

- Que puis-je faire, moi, contre la mort ? Si c’est mon tour...

- Dis-lui que je ne pourrai pas le supporter, mon amour.

- Je suis sûre, mon chéri, qu’elle t’a très bien entendu,

car sa tête sans visage semble te regarder.

À présent, elle te pointe avec son index crochu

comme si elle voulait t’emmener toi aussi.

- Ah ! Mais non ! Je ne suis pas prêt à partir, moi.

- Moi non plus, mon chou. Mais elle semble décidée.

Là-dessus, la mort balaie l’air de sa main griffue

Au-dessus du couple, qui ressent une rafale les secouer,

Juste avant de s’écrouler dans le lit.

Immédiatement, leur âme s’extirpe de leur corps,

Et, à leur grand étonnement, ils se mettent à flotter

Auprès du plafond, pouvant ainsi, leur dépouille, observer.

- Ah ben ça alors, s’exclame l’homme. Nous avons trépassé.

- Oui ! Je te l’avais bien dit, qu’elle était là, mon trésor.

- En effet, marmonne le mari, d’une voix stupéfiée.

Tout à coup, il y a un rire qui résonne, puissant.

Ils observent alors la mort qui les dévisage de son faciès absent.

Puis elle disparaît sans un mot, la paroi, en traversant.

Bientôt, des ombres, comme des fantômes, apparaissent

Et viennent s’emparer d’eux, et tous ensemble, ils disparaissent.

Le lendemain matin, leur petit-fils de douze ans

Les a trouvés sans vie et a hurlé comme un dément.

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