Père immonde…

2 minutes de lecture

Elle n’est âgée que de douze ans

Et ses larmes coulent abondamment

Lorsqu’elle raconte tout à sa maman :

« Papa me demande souvent de s’asseoir sur lui

lorsque tu es partie.

- Oui, et alors, c’est gentil.

- Non ! Pas vraiment ! Il me demande des choses.

- Quoi ? Quelles choses ?

Vas-y ! Parle, ma chérie !

- Il veut que je mette ma robe fleurie.

C’est sa préférée qu’il me dit.

Je dois être nue en-dessous aussi.

Alors je sens son pénis

Entre mes cuisses. »

Horrifiée, sa mère lève la main.

« Arrête ! Épargne-moi les détails, mon lapin. »

Paniquée, elle lance des regards éperdus

Autour d’elle, se sentant tomber des nues

Et croyant se trouver en chute libre dans un précipice

Sans fond. C’était trop pour elle, ce supplice.

Elle avait l’impression de suffoquer.

L’air lui manquait cruellement. Elle allait s’étouffer.

Sa fille chérie…

Son adoré mari…

Oh ! Non ! Non ! Non !

Elle se réveillerait sous peu. Voyons !

Mais elle ne se réveilla pas.

Et sa fille se tenait là,

Devant elle, meurtrie,

Violée par son père, anéantie…

Par son propre père !…

Elle vivait l’enfer !

Soudain la mère se ressaisit

Et, son enfant, dans ses bras, elle prit.

« Oh, mon amour ! Je suis tellement désolée.

Cet homme n’est plus ton père. C’est un dépravé !

Je vais divorcer.

Ton calvaire est terminé.

Ensemble nous allons nous en sortir.

Surtout, ne te laisse pas détruire.

Tu passeras au travers de ce délire.

Je t’assure. En dépit de lui, tu vas t’épanouir.

Mon trésor, je t’aime par-dessus tout.

À partir de maintenant, il n’y a que nous.

Mais nous serons fortes.

Nous fracasserons toutes les portes.

Ensemble, nous vaincrons l’adversité

Et nous retrouverons le chemin de la félicité.

Je t’en prie, ne ressens aucune culpabilité.

Car tu n’es pas responsable de son immoralité.

Malgré tout, pardonnons-lui,

Ma chérie.

En effet la rancœur

Pourrirait notre cœur.

N’empêche qu’il devra payer

Pour ses gestes inappropriés

Et être incarcéré,

Car on ne peut le laisser s’en tirer.

Oh, mon amour ! Comme tu as dû souffrir.

Ton propre père ! Ce qu’il t’a fait subir !...

C’est horrible, atroce, abominable 

Pour moi, c’est tout simplement inconcevable ! »

Là-dessus,

Elle se tut

Et, encore plus fort, elle enlaça

Sa fille chérie dans ses bras.

Toutes deux laissaient leurs larmes s’écouler,

Tandis que leurs âmes se perdaient dans les nuées

En quête d’une énergie divine susceptible de les aider.

Annotations

Vous aimez lire É. de Jacob ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0