Le coup du sort…

2 minutes de lecture

Aurélie n’avait que treize ans

Depuis longtemps

Elle pensait à se suicider

Mais elle continuait de s’y refuser

De peur de se rater

Ou de se faire souffrir

Avant de mourir

Un moment donné, un événement

Qu’elle ne sut pas gérer

La décida à passer

À l’acte, à se tuer

Pour elle, la vie ne valait plus

La peine d’être vécue

Son père possédait un pistolet

Qu’imprudemment il laissait

Dans un endroit facile d’accès

Ses parents venaient de quitter

Pour le reste de ce terrible soir

Elle se rua dans le bureau de son père

Et sortit l’arme du tiroir

Puis, dans sa chambre, elle revint

Et, sur son lit, l’objet métallique en main,

Elle ne pouvait en détacher les yeux

Comme si celui-ci était précieux,

Un étincelant lingot d’or,

Vers sa libération, son passeport

Finie la souffrance de vivre

D’à peine survivre

Comme dans un état second,

Entre ses lèvres, elle inséra le canon

Et les doigts tremblants, elle appuya

Sur la détente en pensant à l’au-delà

La détonation fut horrible,

Lui bouchant les tympans

Et lui faisant échapper l’arme,

Ses yeux s’inondèrent de larmes

Et que dire de la douleur

C’était l’horreur

Dans sa mâchoire, dans ses dents

Elle s’avérait insoutenable, terrible

Mais quoi ? Se trouvait-elle en enfer ?

Mais que venait-elle donc de faire ?

Elle pencha la tête et vit tout ce sang

Qui maculait sa robe, ses cuisses d’écarlate

C’était son sang, oui, son propre sang

Elle s’était manquée, elle en restait coite

Ce qu’elle avait toujours appréhendé,

De souffrir

Avant de mourir

C’était produit, était arrivé

Étrangement, le goût de vivre s’empara d’elle

Et cette sensation merveilleuse lui donna des ailes

Elle appela les secours

Qui se pointèrent chez elle

Sans détours

Les médecins lui sauvèrent la vie

Et, elle, depuis,

Elle veut mordre dans celle-ci

À pleines dents,

Du moins celles qui lui restent uniquement

Depuis ce tragique événement

Si seulement

Elle avait décrypté avant

Ce qu’elle sait maintenant

Elle se serait évité bien des désagréments

Jusqu’à la fin de ses jours

Elle restera défigurée

Pour avoir un jour

Été désespérée

Mais jamais plus elle ne pensera à se suicider

Car désormais, pour elle, la vie vaut la peine d’être aimée

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